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Full text of "Les delices des yeux et de l'esprit, ou, Collection generale des differentes especes de coquillages que la mer renferme"

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LeDC, OT IMOLI. VU. 5. N. M, 


f 110 
Qc Li LE LION, 


LES DELICES 
DES YEUX ET DE L'ESPRIT, 


OU 


COLLECTION GENERALE 


DES 


DIFFERENTES ESPECES 


COQUILLAGES 


QUE LA MER RENFERME, 
COMMUNIQUE E 


AU PUBLIC 


PAR 
GEORGE WOLFFGANG KNORR. 
À 


NUREMBERG. 


1764, 


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des 


TABLE SISTEMATIQUE 


DES 


LIMACONS & des MOULES 


REPRESENTEZ 
DANS LES DEUX 


PREMIERES PARTIES. 


NB. Le Chifre Romain fans étoile marque les Planches gravées de la prémière Partie, & 
le même Chiire accompagné d’une étoile fe raporte aux Planches de la Seconde, 


Prémier Ordre. 


| I Divifon. 


1. Efpèce principale. Le Nautile. 


1, Genre. 


Le Nautile épais 
Le petit Nautile 


Les Umnivalves. 


Coquilles en Tour Spiral, 


- 


Le Nautile de papier à quille étroite 
Le Nautile de papier à quille large] 


La Coëffe de Cambrefine 
La Nacelle 
Le petit Batelier 


Cochleze contortae in linea Spirali. 


[Vautilus. 
Les Nautiles proprement ainfi dits. 


Planche. Fig. 
: - LUI 
- - IL 3. 
- - I, rx 
- - - IL 2. 


2. Genre. 


Table, Premier Ordre. I. Divis. Univalues, en tour Spiral, 


2. Genre. Sous - efpeces. 


La Carène des Holothures - 
Le petit Cornet de Pofte - 
La Trompe d’'Elefant - 
La Corne d’Ammon ] 

Le Cornet de pote à bandes J 


Pianche. Fig. 


NX". 4 
IT 6. 
X. 4. 
IL. 2" 


Il. Efpéce principale. Les Coquilles en Lune. Cocbleae Lunares. 


1. Genre. Coquilles en Lune. Cochleae Lunares. ; 


L'Auilier 

La Coquille à bofles | : : 
L'Oreille de Geant 1 

Le Tigre de Malabar è - 


La peau de ferpent bariolée J 
Le Fourneau ardent , ] 

La bouche d'Or J 
Coquille| de Nacre de perle - 
Bouche d'argent à côtes - 
Le petit Huilier - - 


Les Kafau > : 


La petite Coquille à boffes - 
2. Genre. Les Toupies, Jrochi. 


La grande Toupie tachetée - 
La Piramide tachetée - 
La Toupie à flammes } 
Pets de None J 
La Piramide - - 
La Toupie de Nacre de Perle ] 
Le bouton de Vefte J 
Le Limaçon de Pharaon ou ] 

du Pater nofter J 
Le Toit Chinois, ou } 
L'Entonnoir 


HE  : 
».® 
[XXI 3 
XIV 2 
Al, "22, 
EL 3. 
X. “6. 7 
1.6.3 ES 
SIC (1.2, 
LL 4 
HE  $ 
VA LE 
VIE SNLr 
XI 7 
XIL 4 
NX, $ 
XXX. 6. 
XXV 3.4 


Table, Premier Ordre. I. Divis, Univalues, en four Spiral. 


3. Genre. Coquilles en Tournant. 


Le Dauphin 

Le Limaçon à Lambeau, ou Lobetje 
Le Cor de Chañe ailé 

La Lampe de Pagode 

Le petit homme barbu 

Le grand Epéron &c. 


Le Limaçon à Perfpettixe, l'Efcargot en Tournant, 


le Labirinthe : = F, 


Planche. Fig. 


1] 
| nt XXIL 4, 
| 


AL ST, 2 


UL. Efpèce principale, Cochleae Semilunares. Coquilles en demi- Lune, 


1. Genre, Cochleae valvatae, Coquilles à Battant. 
Le Jaune d'Oeuf - - 

Le Limaçon nageant ou limonneux s 
La Nerite en Serpent : : 
La Coquille de Citron 

Le Jaune d’Oeuf | 
Le Limaçon nageant blanc : 

2 Genre, Ccbleae friatae, Coquilles ftriées. 
Le Mont des Alpes, } 
Le Turban J 

Sous- efpèce = - 


Le faune d’Oeuf à bandes s : 


IV. Efpece principale, Cajfides. Les Casques. 
1. Genre, Caflides Tuberofae. Les Casques tuberculez. 
Le Casque rouge ] 
Le Fourneau ardent J 
Le Casque à boflèttes ou raboteux 
Le Casque à Sillons profonds - 
2. Genre. Caffides verrucofae. Casques à Verrués. 
La Fourrure de Lit doublement dentelée ] 
La Harpe batarde 


4 2 


[VIIX 

‘ XL or. 
XILX, 4. $. 

XI, 

VIL 2 
VL.__ 67 

x, À 

X, La 

[ X. s$ 

ER, Lg 

. IX* z 

XVIE 7 

XXIV*, $ 

XVI <«. 
L'Etoile 


Table, Présmier Ordre. TI. Divis. Univalues. en Tournant. 
Planche. Fig. 


L'Etoile du matin 1 
Le petit Verre à Brandevin | . | XIN*. 2. 
Le petit Verre a liqueur de Banda | 
La Culote de Suiflè dentelée ] 
Le petit Verre à liqueur commun - - XX 3, 
La Meure dentelée ] : : XXV. 


La petite Bouche jaune ] 
3. Genre, Caflides laeves. Casques unis. 


Le petit Ourlet - . . OR 
Le Linceul un ] 
La Queué de Tortue unie J 


4. Genre. Murices, Coquilles à Aiguillons. 


La grande Araignée à doubles dents } 


” Le Peisne J : : St 
Le Puifoir ] | 
La Tête de Becañle ? = ë NICr “2:23: 
Le Bec de Cigogne J 

à " : XVHIT 27, 2 

La ie de PBécaffe dentelée : É UXXHX 4 € 
La Tête de bécaffe à bec court : = HX, 2. 
La Corne brulée noire, ou le Tifon noir . RE ete 
Le Tifon brun - - . XXVL AU 57 ‘2: 
Le Limaçon à aiguillons à bec de Corbeau ] 
Le Lirnaçon à ailes frifé | 
La Toupie dentée r - XXV. 7.2. 
Le Casque denté 
La Coquille de Pourpre J 
Le Scorpion - : - XI, , 4 &. 
Le Murex de Rocher, ou pierreux ] 
L'Efcargot en pié ? - ° VX, 2. 3. 


La Poe sèche 4 


Table. Premier Ordre. I. Univalues, en Tournanft, 


Le Limacon denté ] 
La Coquille en poire | 
L'Etoile du matin ° 
La Culote de Suiffe dentie J 
La Babine épaifle à den:, obtufes ] 
La Coquille pourprée ? 
/ La Culote de Suille a ée J 


Planche. 


XX: 
LCNTRS, 


IX. 


V. Efpèce principale. Coc feae globofae. Efcargots en boule, 


3. Genre. Limaçons à gre ofs. 


L'Oeuf de Vaneau . 
Le lut | 
La Retorte 


La Pouteille | 


La Figue 

Le Flaccon de mer } 

La Rave } à : 
Le Raïfort J 


2. Genre, Cymbia. Nacelles, ou Gondoles. 


L’Auget couronné en bout de Teton 
Le Groin de Cochon - 


VL Efpèce principale. Buccina. Les Buccins. 


1. Genre. Coquilles ordinaires en Trompettes. 


Les Tritons ] 
Trompettes J 

Le Sabot noueux ] 

Le Heëtor ? L : 

L’Huilier double J 

Le Buccin grainé ] 

L'Efcargot PBouille de ris J 

Le Buccin à crille - - 

Le Buccin d'Agate - 


no 


VIUX. 


XIX. 


XIX. 


IV %, 
XXX*, 


XVI* 
XXVHE* 
XXVIF, 


XXVTIX, 
XVI. 


Fig. 


Le 


Table. Premier Ordre. I. Divis. Univalves. en Tonrnant. 


Le Buccin mince tourné à gauche ] 

Le Limaçon de Xanxus J 
Coquille Sabote en Piramide ou ] 

Le Buccin mince de Marcaïb J 

Le Buccin entortillé, ou cannelé ] 

Le petit Paifan } : 
Le petit Nocud : . : 
Le Crapaud - 2 
Le Buccin Luhuanique - - 


2, Genre. Turriculae. Les petites Tours. 


La Tour à large ventre - : 

La petite Tour pliflée - : 

La petite Tour unie - = 

D'autres fortes - L 4 

La petite Tour à côtes - - 
Le Tuyau de paille 1 

L' Avoine de mer + - s 
Le Barroir de Tonnelier J 


3. Genre. Fufi. Les Fufeaux. 


Le Fufeau court à Sillons : , 
Le Fufeau façon de Tour e s 
Fufeau formé en poire - : 


4. Genre. Harpae. Les Harpes. 


La grande Harpe ] 

Le Chrifant gris J 

La Harpe noble ] 
Le Chrifant bariolé J 
La petite Harpe noble ] 


Le petit Chrifant ÿ . 7 
L'Amourette ] 
La Chauve - Souris dentée ; = 


La Coquille notée . . - 


Pianche. 


XVI 


XXX. 


XIV *. 


XWEL 


XIE *. 
XIV *. 


DOME 71 


. 


La 


Table. Prémier Ordre. I. Divis. Univalues, en Tournant. 


Planche. Fig, 
La Mufique fauvage - - XXIV. 1. 2. 
La petite Coquille notée - - KVM 4. 
VII. Efpèce principale. Sfrombi, Les Eguilles. 


1. Genre. Les Strombes. 


La Couronne papale - - - LUS” 
La Mitre Epiicopale - - - VI 2. 
2, Genre. Les Eguilles. 

L'Efcalier en caracol bâtard - | XL 5. 
La Vis de Tambour - = - VIIL €. 
La jambe de Tigre - - XXL 4. 
Une autre forte ] 

er É - - XXE. 
Un Piquier à bandes J ! 
L'Efcargot en vis à points [XXVILX, 1. 
Le Poinçon couronné J | AE U  VIL 7. 
L’Ffcargot boffu à vis 1 
La Vis de Tambour raboteufe - XVI 24. 


La Couronne papale des Indes occidentales J 


VIT. Efpèce principale. Jolufae. Coquilles en Cone. Cornets, Cylindres: 


3. Genre. Faftiatae. Coquilles à bandes. 


L'Amiral d'Orange - . - VII 3. 
* Le Vice - Amiral - - - VIL 2. 

Le Cornet d'Olive à bandes ] 

Le Couffin à dentelles ? - VI 5. 

Le Cornet façon d'Amiral à bandes & à flammes J 

L’ Amiral des Indes occidentales - = M. 2, 

Le Gateau au Beurre ] 

Le Cornet de Fromage verd | [ XV. 

Le Couflin à dentelles ? " 5 < 4 6. 

Le Cornet d'Olive à bandes: } (VIF, 3, 


Table. Prémier Ordre. I. Divis. Univalues , en Tournant. 


Le Cornet de Bois de Chéne ] 
Le Cornet de filet d'Aracan J 
Le Cornet couronné = : = 


2. Genre. Cori. Cones ordinaires, fans bandes. 


Le Cornet marbré 1 

Le Cornet tigré, ? - - 
Le Cornet en coeur bâtard J 

Le Cornet en coeur brun . - 
La Coquille aux Lettres, ] 

Le Tisre blanc ?. à : 
Le Cornet de F Alfabet J 
Livret d'A. B. C. ou } 
Croix de par Dieu J 

Le Chat de Chypre ' d 
Le grand Gateau au beurre 


Le petit Gateau au beurre - . 


Le Cornet d’Agate | 

Le Chaton tacheté ? - - 

Le Speétre J 

Le Cornet des Mennonites ] 

Le petit Cierge ; : 5 
La Bougie J 


3. Genre. Les Cones ventrus à Contours avancez. 


Le Barroir de Tonnelier - , 
Le Barroir de Tonnelier à bandes “ L 


Le Barroir de Tonnelier grainé : = 

Le Lion rampant - - . 
Le Cornet de Fiente de Mouche > : 
Le Cornet d’Ecaille couronné a > 


Le Cornet d’Ecaille uni Fa à 


Planche. 


XI*. 


[VHX, 
CRIE *. 
f VIN X. 
L'V* 


XXIV *Y, 


Fig. 


D 
4 


QNnrnNEE A 


Le 


Table. Premier Ordre. I. Divis. Univalves, en Tournanf: 


Planche. Fig. 
Le Cornet en Coeur grainé brun | 2 k IX 3. 
La Brunette 
Le Cornet d'Agate ] 
Le Chat jaune tacheté | 
Le Cornet en coeur bâtard | . 
Le Cornet d’Agate rayé ? l à " Lie 
La Brunette jaune | 
La Mulitre j 
Le Limaçon à nuages ] 
Le Baquet d'Agate J : É ” XVIM. £. 
Le Drap d’or | 


Le Francolin 


Le Cornet en rèts ? < L : br . 
L'Hébit brodé À VAS 2 3e 
La Perdrix | 

Le Moignon > - - XXVILX, 4. 


IX. Efpèce principale. Ælafae. Les Limaçons ailez. 


1. Genre, à dents avancées. 


La Griffe du Diable ] = 

Le Harpon de Nacelle J : = SE 
a Oral 

ES EP ; ; eo XÉVIE  % 


L: Scorpion J 
* Efcargot souteux 
7 PS RS | ; RL PR 
Le Harpon de Nacelle J 
2. Genre, à bords avancez de l'Embouchure. 

Le Tireur d’' Armes = - - XVX y. 2. 

Le Voile d'Artimon . - - - XVIH  «. 
X. Efpèce principale, Porcellanae. Les Porce'aines, ou Coguilles de Venus. 


_1. Genre. Les grandes Porcelaies, 
La Tortue - - - AL :1, 2 


Table. Prémier Ordre. I. Divis. Univalues, 


Le Limacon des rochers, Kliphoorn ] 

La Tete de Serpent ordinaire ? - 
L'Argus ordinaire 

Les Goutes d’eau - - : 
L’Efcargot du Cap 1 

La Carte Géografique ? - 

Le Cap, ou le Promontoire J 

La Taupe - - » 
L’'Argus - - = 

La Porcelaine à bandes - nu 
La Porcelaine à grains de petite V crole } 

Les Goutes d’eau 


2. Genre. Petites Porcelaines. 


La Porcelaine d’Agate tachetée de blanc 
Dos élevé ] 

Jamboesk blanc 
Porcelaine en boule : 2 


XI. Efpèce principale. Cylindri. Les Cilindres. 


3. Genre. Les grands Rouleaux. 


Le Cilindre de Porcelaine ] 
Le Camp Turc 


Le Rouleau d’Agate ? = 4 
La Datte méridionale 

L'Efcarcot de Pinema  ) 

L'Anc fauvage des Indes ° : 
La Datte ordinaire, ou commune : 

Les Goutes bleuës ue » 


La Datte brune ] 
Le Rouleau de Satin 


en Tournant. 


>arrhe to 
Planche. Fig. 


M, 3. 4 
XXVE 4. 
XXVE-: & 
XXKVIL 2. 3. 
XIE E L2. 
XXIVF, - 3. 

XXVIH*X, «. 
XVI*. 1. 
MIV: 34 
VX: 5 
DAS | 
XX 


* 
* 

ES a 
S 28 


IL. D ivi- 


Table, Premier Ordre. IT, Divis, Univalues non-tournées. Second Ordre ÿc. 
IT. Divifion du Prémier Ordre. Univalues non-tournées 


1. Efpèce principale. Tubulatae, Coquilles en tuyau. Sofenes univaluii. 


Planche. Fig. 
La Dent d'Eléfant ] 


Pinceau marin J : | L AR «5 3, 
Petite dent marine fans côtes - - XXIX. 4, 
Boïau de poule ] 

Tuïau en Serpent ? - - - XXIX. $. 
Siffict marin 

Serpent cornu - - =, AL: r, 


IT, Efpèce principale. Patellae. Moules en Plat, 


1. Genre. Les Oreilles marines. 


.L'Oreille-marine large - - XVI 2. 3, 
L’ Oreille de Nacre de Perle - - CCR 
La pétite Oreille de mer = - XVIX, 4 4. 


2. Genre. Patellae, Suceurs de Rocher. Petits Plats. 


Le Bouclier de Tortue - - - XXL r. 
Le Trou de Serrure > - XXX. 3. 
Le petit Plat - - - XX. 2. 
Le Plat en étoile : k 

La Forterefle ] : Ne 
Le Bouclier - - à XXVIX 4. 
Le Cuiilier de Table " “ XXVI*. 3. 


Second Ordre. Les Moules Bivalves. 


1. Efpéce principale. Chamae. Les Cames , ou Moules béantes. 


/ 


r. Genre. Les Cames rudes. 


Doublet aux ongles ] 


2 = = IX. 
Tuiles cavées } 


b 2 3 Sabot 


0) 
. 


Table, Second Ordre. Aloules Bivalues. 
Planche. Fig. 


Sabot de Cheval ] 
Le petit Pied de Cheval } : : NN in 
Le Doublet en Perfpeëtive J 


2. Genre. Cames unies. 


TITI * 

La Moule des Quaker - - PRES 
Moule béante à côtez inégaux - : XXEX. 
Came à rayons - É - RATS 3:04. 
Le Doublet d'Orange - - XXX 4. 
Le Doublet à raïons rude - - XX* ; 
La Langue de Chat - - - + 
Moule en A grec 1 
Le Camp Turc ? - - XX*Y, . 2, 
Le Doublet à perfpeétive J ; 
La longue Coquille aux Lettres . - VE 4 
La Moule unie aux Lettres - - XXVIHX 5. 
La Moule aux Lettres de Xulan - - XXVIIX 4. 
Le Doublet tricoté bâtard - - XXE 5 
La Marotte - - - XXI. 4 

3. Genre. Coquilles de Venus. 
La Moule de Venus à aiguillons - - Vs, 34 
La Vieille ridée =. - XXVIEX 2. 
La Vieille batarde - - XXVIHX, 3. 

4. Genre. 
Le petit Coeur 1 
Le Coeur humain $ =“ : XVIIL 3. 4 
Le Coeur de Venus J 


ll. Efpèce 


Table. Second Ordre. Aoubles Bivalves. 
IT. Efpèce.principale. Pelfines. Les Pcignes. 


1. Genre. Les Manteaux bigarrez. 


La Moule de St. Jaques 7] 

grande 

petite À 
Divers Manteaux bigarrez - - 
Doublets à raïions | 


La Tabatière de Neptune . 


Le Doublet de la Bouftole - FS 


Le Cadran Solaire - : . 
Le Doublet de Corail = - 


2. Genre. Peflunculi. Le Pétoncles, ou petits Peignes. 


Moule en peigne ordinaire = : 
Doublet aux fraifes = = 
Coeur de Venus faignant : = 


3. Genre. Arches de Noé. 


Arche de Noé véritable à . 


Arche de Noé longue - ° 


Planche. 
F XIV # 
XIV, 
IV. 
XVI, 
| XVHX, 


VHI. 
XVH. 
| XIX. 


fXXIX*, 


| XX* 
XXIX*, 
XXIX *, 


[XVI 
L'iLX, 
XXV*, 


D D A A 
Ÿ « « 


LI. 2, 


Table, Second Ordre. Moules Bivalves. 


Planche. 
Arche de Noé tournée . ï XXHHL. 
Arche de Noé épaifle - - XXIV. 
Le Doublet de Venus à côtes . = XXVHL 


Il. Efpèce principale. Tellinae. Tellines. Coquilles en affiette. 


1. Genre. Tellines proprement ainfi dites. 


Le Raïon bleu du Soleil + + F VI. 
La Scie 

La petite Violette J S à : VIE 
Le Raïon rouge du Soleil . : XIX. 


Le Jambon large | 


Le Doublet de Rofe : , XXI*, 
1. Genre. Solenes Bivalvii, Solenes bivalves. 


Le Doublet de la Goutière ] 
Le Tuiau d'Orgue. .  J : . 


IV. Efpèce principale. Mufculi, vel Mfituli. Mufcles ou Mitules. 


XXVIIT 


Le Mytule émoulu ordinaire x . IV. 
Le Mytule avec fon Envelope . s XXX. 


V. Efpèce principale. Offreae. Huitres. 


L'Huitre de Nacre de Perle . " XXV #. 
La Selle à | Angloife - : XXIV 
La Feuille de Laurier - : XXI 
Le Sabot d’Ane - - - VIL 
Le Manteau de Lazare ou le Traquet : x IX. 
L'Huitre pierreufe - 3 [XXIX. 
(XXIX. 
L' Huitre commune . » ? F. VE 
(VIIL, 


Ke. 


À 
3 


Le 


Table. Second Ordre. Moules bivalues, Troifième Ordre Multivalves. 


Planche. Fig. 
Le Doublet de Rocher ] XXI 


La Vieille J à / 1 
VI. Efpèce principale. Pinnae. Les Pinnes, ou Jambons. 

La longue Moule en jambon - 1: XXHIX, 1, 

La Moule en Jambon noire, dentée, à larges épaules XXVI*X 1. 


La Moule en jambon, rouge, dentée, à larges épaules XXVI*X 2. 


Troifième Ordre. Les Multivalves, 


La Tulipe marine, ou } 


- e *, 
Le Balanus J e. 5 
La Moule en Canard, ] 
Le Long-Cou, ou  } $ : Es NAN: a 


La Conque anatifère J 


Fin de la Table Siflèmatique. 


POST 


ROSE AE 


poison on entreprit cet GARE on s'étoit propolé d'être aufli concis dans les 
Defcriptions que la matière le permettrait. L'on à omis par cette raon quan- 
tité de noms & d'explications dans la préimière Partie. Mais à peine cezte Partie 
eut -elle vü le jour que plufieurs Amateurs des Curiofitez naturelles, que nous leur 
préfentons, nous témoignerent que des Defcriptions un peu plus amples fercient 
plus conformes à leurs Souhaits, Leurs détirs à cet égard furent une Loi pour 
nous, & nous déterminèrent non feulement à donner des déferiptions plus amples 
dans la feconde Partie, mais nous tachames aufi de remedier aux défauts de la pré- 
imière Partie en quelque façon dans ia Traduétion françoife, en y faifant infèrer di- 
vers Paflages, qui peuvent être regardez comme des additions, & qui rendent les 
Defcriptions plus circonftanciées. Nous avons cru faire encore plaifir à nos Leéteurs 
en ajoutant aux deux Parties une Table Siftématique de leur contenu. Dans j’ Arran- 
gement de cette Table nous avons fuivi à la vérité en génèral la Méthode de Mr. 
Rumpf, duquel nous avons même emprunté quelques dénominations fynonimes, 
que: nous avons inferées à la Table, quoi qu’elles ne foient pas dans nôtre Texte, 
en prenant cependant la Liberté de nous écarter quelques fois de cet Auteur, quand 
nous avons crû qu’un fentiment diffèrent du fien étoit mi-ux fondé, & qu'un Li- 
maçon ou une Moule rangée par lui dans une Claffe convenoit mieux dans une autre, 
Le Leéteur nous jugera.. Dans le fait il eft très - difficile d’être aprouvé par tous, 

parceque chacun à fon point de vüë particulier felon lequel il confidère les Diéeess 
en juge, &en détermine les Claffes dans lesquelles il trouve à propos de les ran- 
ger. C’eft aufli cette raifon qui nous a empêché d’entrer, dans un détail trop 
recherché des Sous - efpèces, 


Quant à la Vomenclature, comme chaque Amateur fe plait à cet égard à don- 
ner carrière à fon imagination & invente des noms à fa fantaifie, on fe romproit la 
tête fort inutilement à déterminer les noms de chaque pièce d’une manière abfoluë, 
Il a donc falu fe reduire à n’indiquer que les plus conus, & ceux qui font le plus 
en ufage. Chaque Leéteur verra aifément dans la Table quels font les Limaçons 
& les Moules qu'on n’a pas fpecifié dans cet Ouvrage, & nous nous ferons un 

plaifir d'y fupléer par une troifième Partie, file favorable accueil que nous 

efpérons pour ces deux prémières nous y encourage, 


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ANA NT R O POS. 


1 es Phyficiens de nôtre Siècle font tous les efforts poflibles pour porter 

l'Hiftoire naturelle à fà perfe&tion. On voit des témoignages pubiics 
de leur aplication infatigabie dans toutes les parties de cette Science, et de- 
puis le plus petit Vermifleau jusques à l’homme, qui eft la plus nobie des 
Créatures, tout à fervi de Sujèt à leurs recherches, et de matière à leurs 
travaux. C’eft dequoi on trouve mille preuves dans leurs ouvrages fur tout 
ce qui eft relatif à la Phyfique; car depuis le plus vil grain de pouflierè jus- 
ques au Diamant, et depuis le plus haut Cèdre du Liban jusques à l’hylope, 
à qui un vieux mur fert d’apui, il n’y a rien furquoi les plus grands hommes 
n’ayent exercé leur Sagacité, jusques là qu’on pourroit presque fe plain- 
dre du trop de Livres qui ont paru fur ces objèts, 

Il refte cependant encore quelques articles de l'Hiftoire naturelle, où 
nous manquons de lumières, qui femblent d'autant plus difficiles à aquerir, 
que l’on ne peut parvenir que par hazard à aquerir ces fecrètes beautez de 
la nature, et qu’il fe préfente des obftacles pour y parvenir, qui ne peuvent 
être furmontez par aucun effort humain, quelque art et quelque foin qu'ony 
aporte, au lieu que dans le Régne végétal comme dans le Regne animal, et 
ds des Recherches qui embraflent encore d’autres chofes, on rencontre 
moins de difiicultez, ec qu’il eftmoins impoflible d'atteindre à des Conoiffan- 
ces aflürées. 

Ces Créatures à la poffeffion desquelles on ne peut parvenir que par des 
accidens heureux font ces merveilles de la nature que la Mer renferme dans fon 
fein. Nous admirons avec plaifir leur beauté extèrieure, er les richeffes qui 
brillent dans les coins que la fage main de Dieu leur a afligné pour demeure; 
mais quand il s’agit d'examiner de plus près leurs proprietez, leur généra- 
tion, leur propagation, nous nous trouvons arrêtez par des bornes qu'il ne 
dépend pas toùjours de nous de franchir parfaitement. Il faut nous conten- 
ter le plus fouvent de les contempler extérieurement, ce qui ne nous empé- 
che pas d’y rencontrer des grands fujèts d’admiration. ‘Telles font dans ces 
Créatures, qui en partie paroiflent être denuées de toute force, mille mer- 
veilles, que le grand Architecte de l'Univers y a pofées, le mélange admira- 
ble de leurs couleurs, la conftruétion des corps, l’ordre incomprehenfble qui 
y eft attaché, et qu’il n’eft presque pas poflible d'exprimer, au point qu’on 
feroit facilement tenté de fe demander à foi-même d’où vient que le Créateur, 
après avoir deployé fur ces Creatures fi diverfes entre elles tant de thréfors, 
les a comme cachez dans des lieux, où il eft fi difficile à l’oeil humain de pé- 
netrer. 

C’eft dans cette partie de la Phyfique que felon moinous manquons enco- 
re de ces ouvrages qui pourroient nous diriger dans nos Recherches, et 
nous fournir des éclairciflemens. Il eft vrai ques dans les tems pafiez plufieurs 

Savans 


Savans célèbres y ont confacré des veilles. Tels font Gefñner, Ældovrandus, Im- 
peratus, Bonani , Rumpb, Lifler, Lang, et d’autres. Mais leurs Ecrits font de- 
venus trés-rares, ils coûtent en partie fort cher, parce qu’ ils renerment plu- 
fieurs autres matières étrangères à nôtre objèt, et en partie on ne les peut plus 
{e les procurer ni pour or ni pour argent, parcequ’on n’entrouve plus d’exem- 
plaire dans aucune Librairie, et qu’on n’en peut avoir de rencontre que par 
un très-grand hazard. 

le confidérai par ces raifons comme un travail utile, et dont le Public me 
fauroit gré, le deflein de remèdier à cet inconvenient en revoyant les meilleurs 
des Ouvrages dont je viens de parler, et en en faifant un Extrait re€tifié d’aprés 
nature et enrichi de figures enluminées. "Telle fut l’idée qui me determina de 
mettre la main à l’œuvre. Il y avoit déjà douze ans que Je nv’étois propofé 
de donner fur la même matière un Ouvrage de forme et de grandeur dibèrente, 
comme je pourrois le prouver par les planches que je fis graver alors. Le 
tems et les Circonftances ne m’ayant pas permis de pourfuivre ce prè- 
mier deflein, j’entrepris celui-ci, mais je fus dabord convaincu en voulant 
prendre l'Ecrit de Zonnani, où quelque autre de ceux que j'ai allèguez 
cy-deflus pour le Plan du mien, que je rencontrerois des difficultez incompa- 
tibles avec mes vüës. Ces Ouvrages ont beau être rares, ils n’en font pas 
moins défettueux et leurs figures fouvent très-héteroclites, d’où je tirai la 
conféquence qu'un Ouvrage tout neuf, et dans lequel on s’attacheroit fcrupu- 
Jeufement à la vérité et à la belle natureferoit beaucoup plus de plaifir aux 
Amateurs, que ces anciens Ecrits peu exaëts rechauffez. 

Voici donc du nouveau, qui n’a rien de commun avec tout ce qui a paru 
jusques ici fur cette matière. C’eft une des raifons qui ma porté à n''affranchir 
de toute gêne en le compofant. Mon but principal eft de donner au jufte en 
aufli grand nombre que je pourrai des repréfentations exaétes des Lieux ou 
lon trouve les Créatures dont il eft queition. 

Ce feroit une digreffion peu féante et très-fuperfluë, fi je m'avifois de fai- 
re icil’éloge de mon propre Ouvrage. Le Leëteur jugera mieux par fes pro- 
pres yeux, comment il mérite d’être apprecié que par tout ce que j'en pour- 
rois dire. On peut juger par les Tables des vüës, de larrangement, et de 
l'exècution de toute mon Entreprife. On verra que je me füuis proprement 
propofé de donner un Recueil complet enluminé de toutes fortes à Éoquille 
ges, ouvrage dont nous n’avOns point vû le pareil dans tout ce qui à paru en 
cesenre. Nous remarquerons feulement en deux mots encore, pour finir 
cet Avant-propos, qu’une Defcription bien entendue ne doit rien renfermer de 
fuperflu, ec rien omettre de néceflaire, et une Table exaëte des matières met- 
tra le Le£teur au fait de Ordre et de la quantiré de toutes celles qui font con- 
tenues dans cet Ecrit. 


Nuremberg, le 4. Novembr. 1756. V'Editeur, 
George Woiffoans Knorr. 


: 


Te .. a 
| = ds Ce 7 


Tab. I. 


Nc lecs Pompiliues = 


DES ESCARGOTS ET DES MOULES. 
PREMIERE PARTIE. 
PLANCHE L 


FIG MI 


ous commençons te Recueil intérefant par un très-bel Efcargot, 

qui par fa figure a quelque reffemblance avec un fromage de 

Hollande. On a coutume de le nommer la Carêne (*) par Île ra-* Schifs- 
port qu’il a avec une Chaloupe, & parceque tres-fouvent quand l Huitre Kuttel. 
qui s’y trouve en a pompé l’eau & allégé par là fa maïfon, on la voit 
nager fur l’eau & flotter pour ainfi dire comme un Vaifieau. Mr. 
RumwrH, le Piine des Indes, en a donné un deflein dans fon Livre inti- 
tulé A4mboinfche Rariteit- Kamer, Tab. XVII A. & l’a nommé Mautilus Major 
five crafus, & en Hollandois: Parlemoer-Horn, C’eft a dire, Efcargot perié. 
On n’y remarque ni en haut ni en bas aucun Contour marqué n'étant 
dans l’eau vers fon milieu que de la profondeur d’un quart de pouce. 
Quelques rayes ondées, quoiqu’unies, partent de fon Centre, où l’on 
voit encore en petits points blancs les grains du fel de la Mer, & tirant 
tout le long du dos en trois arcs comme des rayons, vont fe réünir au 
Centre du côté opofé ; mais on ne peut les diftinguer que par leur cou- 
leur. Ils ne font pas plus gros qu’un Cheveu & paroïflent tantôt rou- 
ges, tantôt bleus, tantot verds tour à tour, comme la Nacre de perle. 

La couleur qui paroit le plus à la fuperficie extérieure eft une efpé- 
ce de brun foncé, relevé vers le milieu par un Luftre qui tient de la 
Nacre. La Coquille eft entourée de rayons d’un rouge fonce qui font 
brillans, d’ailleurs inégaux & brifez à peu près de la largeur d’un brin 
de paille, qui, à en juger par l’attouchement, s’eièvent par rayes de- 
puis la plus petite circonférence jusques à la plus grande en fuivant la fie 
gure de la Coquiile jusques à fon ouverture, où ces rayes fe recour- 
bent un peu, & forment comme un bord un peu retréci. 

La Couleur intérieure de cette Coquille eft extraordinairement ma- 
gnifique. C’eft une efpéce de Nacre brillante, où l’ou voit éclater un 
bleu célefte tirant fur le verd clair, qui au premier mouvement fe chan- 
ge en couleur de fleur de pomme, & redevient d’un bleu turquin dés- 
qu'il y tombe queique ombre. 

A3 Les 


6 EX + LS 


Les Contours vont toujours en s’étrécifflant, jusqu’à ce qu'ils fe per- 
dent dans l'embouchure cave par un tour accourci & ombré. Il eft 
vrai que Philippe Bonannus met cet Efcargot au nombre de ceux qui n’ont 
aucun Contour marqué; cependant cette opinion ne contredit pas pour 
cela à l'opinion moderne, dés-que nous fupofons que cet Auteur attache 
une autre idée au terme de Contour. Car nous prenons l’expreflion: 
Cochlea turbinata dans un fens étendu, & entendons par là toutes les efpe- 
ces d'Efcargots dont la Coquille eft formée en ligne fpirale, foit que cet- 
te ligne tourne horifontalement autour de fon Centre, foit qu’elle aille 
du bas en haut comme autour d’une Colonne, & dans ce fens il eft vrai 
que le Mautilus a fes Contours, au lieu que Bouannus n’admet à ce qu'il 
nomme Cochlea turbinata que les Coquilles, qui ont leur plus grande lar- 
geur en bas, qui s’étrecifilent peu à peu proportionellement & vont 4 
boutir en haut en pointe, en fuivant toujours leur ligne fpirale comme 
autour d’une colonne de forte que depuis leur partie la plus bafle jus- 
qu’à leur pointe elles ne forment qu’une feule Chambre, & dans ce der- 
nier fens il faut convenir que le Nautilus n’a point de Contours, mais feu- 
lement des chambres jointes l’une à l’autre horifontalement en ligne fpi- 
rale, & non verticalement. La Coquille eft de l’épaifleur d’un couteau 
ordinaire, & la Grandeur de tout l'Efcargot s’étend fouvent jusques à 
deux ou trois Pans. L’Animal méme fe trouve au haut de l’embouchu- 
re. Il eft rond par l'extrémité qui touche la prémiere Chambre, mais 
en bas ou à l’extremité de l'embouchure, où il rampe, il eft plat. On 
le range dans la Clafle des Polÿpes, parce qu’il a quantité de bras de dif- 
fèrente longueur. Sa Chair eft en dehors cartilagineufe, raboteufe, ri- 
dée, de couleur brune, & tachetée de noir. On en mange. Il fe tient 
ordinairement au fond de la Mer, excepté après quelque tempete ou 
bourasque. Car alors le calme ayant fuccède on le voit fouvent paroitre 
fur la furface de l’eau. Les plus dangereux Ennemis de cet Animal font 
les Cancres & les Chiens de Mer, qui le trouvant fans defenie, c’eft à 
diré fans couvercle le devorent frequemment, ce qui fait qu’on en trou- 
ve fouvent la Coquiile vuide fur le rivage, 


_La Figure 2. repréfente très-bien le Nautilus que nous venons de 
décrire, coupé par le milieu. On y voit dans fon intérieur diftinéte- 
ment jusques à 35. Chambres. La prémiere a fon commencement fi avant 
dans l’Ffcargot, qu’on a fouvent bien de la peine à toucher jusqu’au 
bout, Son Diamètre eft aufli-grand qu'il le faut pour y pouvoir pafñler 
un doigt. En avançant, ces chambres deviennent toüjours proportionel.. 
lement plus petites & enfin fi étroites qu’elles fe perdent & échapent aux 
yeux, qui ne voient à leur place que quelques rayes fines ou veitiges. 
Fous les fonds de ces chambres ont de tres-jolies voütes, où l’on voit 
Jouer avec éclat le bleu, le rougeatre & le verd naiflant, 


Ce 


LE 


7 


1orrb. 


14 10 Ahorr ere. 


RS + EX 7 


Ce qu'il y a de plus remarquable c’eft que précifément au milieu de 
chaque fonds ou de chaque paroi de ces chambres il y a une petite ouver- 
ture ronde, tellement étroite dans la dernière qu’il feroit difficile d’y pai- 
fer une plume de corbeau. 11 pend à chacune de ces ouvertures en bas un 
petit tuyau, de la largeur d’un fétu de paille dont l'embouchure répond 
exattement à celle du tuyau qui fuit, d’où l’on pourroit inferer qu’ils {er- 
vent de pañage à l’animal, qui habite ce fuperbe palais orné de fi riches 
couleurs, pour aller d’une Chambre à l’autre jusqu’à fa pompeufe Anti- 
chambre, & à la grande embouchure: mais comme ces tuyaux font fi é- 
troits qu’il n'eft pas croyable que l’Animal, dont la Chair eft fi cartilagi- 
neufe & raboteufe par dehors, y puiffe trouver pañlage il faut croire que 
les Chambres font deftinées à un autre ufage.  Rumph nous dit là-deffus 
qu'une certaine Veine de l'animal pale par ces tuyaux €$ traverfe toutes les chambres 
jusques an centre de la coquille ou à la dernière Chambre, où elle el attachée, 88 ce 
point eft auf le feul où l'Animal tient à la Coquille. Or comme la Nature ne 
produit rien fans raïfon, & qu’il eft für par confequent que tant de cham- 
bres ont un ufage, il faut préfumer que l’animal qui, comme les vers. 
peut aparemment fe rendre plus gros ou plus mince felon qu’il s’allonge 
ou fe retire, penètre par cette veine dans l’intérieur des Chambres aufli 
avant qu’il peut, & que les parties intérieures molles de fa Chair le lui 
permettent, où la Veine s’enflant remplit les Chambres, ce qui fert à l 
animal foit à fe tenir plus ferme dans fa coquille, foit à fe mieux cacher 
au fonds de l'embouchure, pour ne pas devenir fi facilement la proye 
de chaque Ichtophage. 


PEANCHE IL 


La première Figure de cette Planche repréfente au naturel, ce Nau- 
tilus mince & rayé dont Rwmph a donné le deffein Table XVIII. A. & qu’ 
on appelle le Mautilus de papier eù égard à la fubtilité de fa Coquille, qui 
eft fi mince & fi légère que lorsqu'on en met une, même des plus gran- 
des de cette efpèce, fur la main, il femble qu’on n’y ait rien du tout. 
La Couleur en eft blancheître ou laiteufe, tirant dans le dernier cas un 
peu fur le verd, & affez fouvent für un jaune blanchiffant. Les Contours 
qu’il n’eft pas poflible de voir extérieurement, en font la plus petite par- 
te. À peine font ils aufli grands que la Circonference d’un fol marqué (*), 
On voit fortir du centre des rayes élevées, qui vont un peu en ferpen- 
tant, & qui s'étendent & s’élargiflent à méfure quelles s’aprochent de la 
grande ouverture, & qui font terminées au bord en pointes ou dents 
émouflées qui réfpondent juftement à celles qui font à l’autre moitié, 
Quelquefois ces raies en forment d’autres vers le milieu, comme des re- 
jettons qui par-ci par-là aboutiflent en fourchette à deux pointes. Ces 
cercles {ont en dedans caves, de façon que les dents ou pointes y CE 

n 


(*) eines 
Gro- 
fchens. 


8 EX + LS 


Un Dos plat, de la largeur d’un doigt, s’étend tout autour entre les 
dents des deux coquilles depuis la grande ouverture jusques à l'Arc du 
Contour où il va aboutir en fe retreciflant peu à peu. Mais de ce Con- 
tour s'élève la grande ouverture en arc rougeitre, jusqu’à ce qu’elle 
foit presqu’au niveau de la fuperficie des Contours, au lieu que l'Arc 
que forme la grande ouverture aux autres Nautilus s'élève beaucoup 
plus haut. 

L'Habitant de cette Coquille eft un Poljpe parfait. Il eft pourvü de 
huit piez ou bras, comme on voudra les nommer, tout garnis de ver- 
ruës. Il étend ces bras en long & en large au dellus de fa coquille, dont 
deux joints enfemble par une pellicule fine lui fervent de voile & il laif- 
fe pendre dans l’eau les deux bras les plus forts dont il fait ufage com- 
me d’avirons, pour diriger fon petit Bateau.  Aufli l’apelle-t-on le petit 
Bütelier. On ne trouve pas ce Nautilus fréquemment, & il eft encore 
plus rare d’en trouver un qui ne foit pas endommagé, vu fon extrème 
fineite. 

Figure 2. eft une plus petite efpèce de Muutilus de Papier.  Rumph l'apelle 
Tab. XVIII. B. Nautilus tenuis 8 legitimus, en Hollandoïis Doekheuiv, & cette 
efpèce fe diftingue de celles, dont nous avons déjà parlé, par trois en- 
droits. En prémier lieu les Cercles s'étendent avec plus de vivacité. 
En fecond lieu la grande ouverture s'élève par un arc concave plus haut 
que n’eft l'arc des Contours & s’y rejoint au milieu par une paroi re- 
courbée. Enfin en troifième lieu les pointes ou les dens des deux co- 
quilles ne fe répondent point l’une à l’autre par un juite vis à vis, mais 
fe trouvent arrangées de façon que celles du côté large du bord inferi- 
eur répondent à l’entredeux des autres. D'ailleurs cette efpeèce reflem- 
ble aux autres. 

Figure 3. elt un petit Nautilus, presque femblable par raport à l’efpéce, 
couleur, & conftruétion à celui que nous avons décrit ci-deffus PI KE 
Fig. 1. La difference confifte feulement en ce qu'au centre des Contours 
il y a comme un Trou umbilical tranfparent, d’où partent les rayons 
blancs & d’un brun rougeatre, formés en ondes. 

La Figure 4. repréfente un Efcargot, formé à demi en afliette, du côté 
ne où fes Contours font un peu eleves, d’une façon proportionelle aux tours. 
. Fes On l’apelle le Cornet de Poftillon lié de bandes (*). Sa Couleur eft blanche, & 
dite Pot.) Et marqué tout autour de raies d’un brun rougeitre qui font de la lar- 
horn. Seur d’un tuyau de paille. La grande ouverture eft coupée en droite 
CFalcia ligne, comme fi on en avoit té une partie des tours. Au dedans cette: 
#1.) coquille a le luftre de la nacre, & fon épaiïfieur eft proportionnée à fa 
grandeur.  Rumph la range au nombre des Coquilles faites en boule (Kugel-, 
Schnecken) & lui donne le nom de Cochlea terreftris. 

La Figure ÿ. eft celle du même Elcargot repréfentant l’arc du dos autour 
duquel paite une large raye d’un brun rougeitre, On y remarque aufli les 
tours de la partie inférieure qui {ont aufli concaves & comprimés de ce co- 
te, qu'ils font convexes & elevez de l’autre. Figure 


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EX + LS 9 


Fioure 6. eft un efpèce d'Efcargot qu’on devroit apeller le petit Cornet de 
poltillon.  Rumph en donne le delfein Tab. XX. n. 1. & l’apelle Rams- Hoorn- 
tie, ou Corne de Belier (*). La Couleur en eft blanche, & la figure celle d’uns Orisin 
Ver. Il ya le long du dos beaucoup de cercles entaillez, dont quelques uns #idder- 
font tout le tour, presque comme les articulations & membres du Ver deors. 
terre. Le point le plus remarquable à cet Efcargot eft que les tours ne 
font point contigus mais écartez l’un de l’autre comme ceux du reflort 
d’une montre. Il y a intérieurement un tuyau fin dans lequel on peut à 
peine faire entrer la pointe d’une épingle. Le Tuyau n’eft point au milieu 
de la coquille, comme au Nautilus, mais en dedans tout près de fon bord. 
L'intérieur de la coquille eft diftribué en plufieurs Chambres, dont les pa- 
rois ont l’éclat des plus belles perles. La prémière de ces Chambres ren- 
ferme un petit animal vifqueux, qui par la feuie aétion de Succer s’attache 
fortement aux rochers. Mais s’il arrive qu’il foit arraché de là par la vio- 
lence des ondes, il lui en coûte ordinairement fa première Chambre, qui 
fe brife, & dont les fragmens demeurent attachez au rocher. 


PH AON,C EL ES PDLE, 


L: première Fivure repréfente une grande Corne garnie de boffes, (Kno- 

belborn) qui apartient à l’efpèce qu’on nomme les Huiliers où Cruches à Huile 
Alkruiken (*), & a une Ouverture brillante formée en Lune. Cette embou-* Orig. 
chure eft couverte d’un bouclier qu’on apelle Nombril marin. Ce bouclier 2#/- 
tient fi ferme que l’homme le plus fort ne peut l’arracher tant que le pe- “#8 
tit Habitant de la coquille vit, & l’attire à foi au moyen d’une petite mem- 
brane forte. On donne aufli à cet Efcargot le nom d’Teux de la Lune, pax- 
ceque le bouclier qui eft à l embouchure reflemble à la Lune quand elle 
eft dans fon plein. La couleur en eft un fuperbe rouge foncé, qui après 
le prémier & le dernièr Contour tire fur le jaune, & jette un grand éclat. 
Le premier Contour eft d’une grandeur confidérable, & ventru. Il eft 
entouré de grandes boffes rayées de noir & de blanc, qui brillent de cou- 
leurs changeantes comme la nacre. Il y en a quafi trois rangées formées, 
& on compte fouvent plus de quarante de ces belles boffes autour de ce 
Contour. Comme la Coquille eft double favoir intérieurement de Nacre 
& couverte au dehors d'une peau colorée, ces boffes ne paroïffent fi bril- 
lantes que parce qu’elles percent la peau exterieure, qui s’ufe fur cette par- 
tie raboteufe. Celui qui fuit eft beaucoup plus petit que le prémier & eft 
rayé de haut en bas par des raies trés-proches l’une de l’autre fur un 
fonds abfolument noir. On trouve encore ici quantité de ces belles bofles, 
dont nous venons de parler, en trois rangées, mais elles font plus petites 
& plus unies. Le dernier Contour eft jaunatre & voûte, & au milieu il ya 
une pointe obtufe ou petit bouton. Du coté de | embouchure le grand 
Contour ventru {e retire beaucoup en trois coupures rondes, 


B Ce 


10 LX + LS 


C) grin- Ce que marque la Fivure 2. eft la Corne de nacre de perle cerclée de verd. (*) 

gerippt On lui a donné ce nom a caufe de la beauté de fa coquille intérieure qui a 
le méme éclat que la Nacre. Celle-ci apartient encore à la clafle des 
Coguilles faites en forme de Lune, quoique l’Ouverturereflemble affez aux Efcar- 
gots, dont l’Embouchure eft en demi-Lune. Quelques Coquilles de cet- 
te efpéce ont l’entrée jaunatre. 

On remarque diftinétément a cet Efcargot trois Contours qui ont tous 
troistout autour du dos des côtes élévées, qui vont du haut en bas. Quand 
on a l’ouverture devant les yeux ces Contours entrent de la droite à la 
gauche & font un peu tirés. Leur couleur eft verte comme l’herbe, à tra- 

e) or vers de quoi perce un brillant pareil à celui de la nacre. 
in. Si/- Figure. 3. C’eft ce qu’on apelle la bouche d'argent (*). Cette coquille a 
er. Mund.des cercies profondément entaillez, & eft d’un verd de plufieurs nuances. 
C> Mong-On la range dans la Claffe des Coïnes de la Lune (*).  Rumph, Tab. XIX. 3.) 
Hocrner. Les Cercles en font de largeur inégale, & à méfure qu’ils font plus lar- 
ges, ils font aufli plus profonds. Les taches dont elle eft parfemée fans ordre 
{ont d’un brun foncé. La Coquille en eft épaifle, & a l’éclat de la Nacre. 
Figure 4. eft aufli une Corne de la Lune. La Coquilleen eft unie & mince, 
La Nature a tracé fur fon Contour ventru une efpece de deffein géographi- 
que ; car on y voit des lignes noires fines comme un cheveu, qui partant 
de l’extrèmite fupérieure vont fe réunir à l’extrémité inferieure, & ont 
entre elles au milieu un efpace un peu plus large, qui femble avoir été com- 
pale, telles que font marquées les Lignes polaires fur un Mappemornde. 
Des bandes blanchatres tachetées de noir vont en travers comme la Ligne 
méridienne fur les globes. Le refte de la Couieur eft un jaune, fur lequel 
font difperfees des taches brunes comme des petites Iles. On n’en trouve 
gueres. 
La Figure s. repréfente encore une Corne de la Lure, quel’on met en 
Hollande comme toutes les Cornes de cette Struëéture dans la Clafie des 
Alÿkruyken & des Slekhoorns. Sa Couleur eft d’un Verd de mer. Le Contour 
de la Coquille eft marqué d’une bande élevée & ondée de plufieurs cou- 
leurs, qui femble fortir de la pointe fupérieure, & qui fait à diftances iné- 
gales jusques à trois fois le tour de chaque contour, fe terminant ià où 
commence l’embouchure, ou le bord avancé de la coquille. Quelques 
uns de cette efpece d°efcargots ont à côté de l’embouchure encore un petit 
trou fait en nombril, qui pénètre en droite ligne jusques à la pointe ce qui 
leur fait donner le nom d’Efcargot umbilical. Ya Couleur intérieure en eft argen- 
tine, ou telle que la nacre jaunatre. Cet animal eft de ceux que l’on mange. 


PLANCHE IV. 


(St. Ia- 
en ; L: prémière Figure eft ce q1 on apelle la Coquille de S. Faques, ou la Coquil- 
Nuther 4 rayons (*) Elle eit belle, & a irtient à la Clafle de céiiés qu’on nomme 
c) Ging. PétinES reaues, & n’a par Cette .aion aucun tournant creux (*) comme les 
lymum. au- 


1) | 

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4) Il 

LP IA NT 
Il JS ù 


ZX + LA tr 


autres. Les oreilles en font inégales & repofenttout-à-plat l’une fur l'autre 

contre les deux coquilles. Elles tiennent l’une à l’autre par une petite 
membrane. La plus grande des deux oreilles eft tantôt d’un coté, tantôt 

de l’autre, la coquille presque transparente, le dedans en eft blanc, & le 

dehors femblable à un Cadran folaire. On lui donne affez communément 

le nom de Manteau bigarré(*). Elle eft traverfée par des demi-cercles, où (* Ori- 
fa belle couleur jaune fe perd un peu, & tombe du blanc dans le rougeatre, gin. Bun- 
ce qu’on ne voit jamais plus diftinétement que quand on l’examine bien au te Man- 
grand jour ou en regardant une lumière à travers. Les Rayons dont ellet®l- 

eft marquée font fort fins, & peu élevez, ce qui fait que les rayes des in- 
tervalles ne font point profondes. Les Couvercles de ces coquilles font 

moins ventrus, & ont les mêmes rayons, qui fe joignent fi bien & avectant 

d'art à la courbure qu’il n’en peut pas fortir la moindre goute d’eau. La 
Couleur en eft diverfe, & ne doit étre regardée que comme un jeu de la 
nature. Les plus rares de cette efpèce font les jaunes, les rouges, & cel- 

les qui dans leur bigarrure ont le deflein le plus regulier. 

La Figure 2. eft une Coquille 4 rayons à oreilles égales. Depuis le haut 
jusques au milieu fa couleur eft bianchatre, de là en bas le refte eft brun. 
Les raions font plats par le haut & aflez larges, & les raies, qui forment 
les intervalles des rayons, font garnies tout du long d’écaiiles en arc, qui 
repofent l’une furl’autre par les extremitez, & forment autant de petites 
chambres où l’on peut mettre la tête d’une épingle, quand on tient la co- 
quille en ligne perpendiculaire comme elle eft repréfentée ici fur la planche, 
Elle eft aufli fort mince mais elle n°’eft ni aufli transparente ni aufli brillan- 
te que la précèdente. Une remarque générale à faire au fujét de toutes les 
Coquilles à rayons, c’eft qu’on les apelle quelque fois les Coquilles ou Mou- 
les volantes, parce qu’on a obferve qu’elles font de tems en tems un faut 
hors de l’eau, comme fi elles voloient. 

Figure 3. La véritable Coqguille de Venus (*), (Voyez RumrH, Tab.(+) Orig. 
XLVIITI. ) qui eft trés-diftinétément depeinte ici & dans la Figure qui fuit, Venus- 
eft d’une Struéture extraordinairement particulière. On la met au rang Mufchel. 
des coquilles en coeur ; (*) & on l’apelle aufli par cette raïfon le Cœur de Ve-;, 

Le ; Ta. : (Ô Herz- 
nus armé de pointes, cependant elle diffère beaucoup des autres coquilles for- \fufchel. 
mées en coeur en ce que le bec, ou la partie où les deux coquilles fe reunif- 
fent a d’un côté une courbure, de forte que les coquilles paroïffent en biais 
oblique, & qu'outre cela l’un des côtez eft beaucoup plus ventru que l’au- 
tré. Ainfi lès deux coquilles fe joignent d’un coté tout-à-plat avec tré - 
peu d’élèvation, au lieu que l’autre cote eft très-ventru & fe recourbe de 
fi près que cela forme une figure lenticulaire garnie de pointes comme on 
la voit fur la Planche. 

Ces pointes, ou ces aiguillons, font comme des Continuations des Cer- 
cles fubtils & élèvez, qui en forme d’arc font en travers le tour de la Co- 
quille. Les Cercles font diftans l’un de l’autre de l’épaifleur d’un couteau, 

% il y en a quelquefois deux qui Ve de la mème pointe. Il y a pro- 
z pre- 


12 EX +  X< 


prement à chaque cote deux rangées de pareilles pointes. Celles de la 
rangée exterieure font les plus longues, & tres-fouvent celles de l’autre 
rangée ne confiftent qu’en quelques petits moignons. Il eft rare qu’il ne 
manque aucune de ces pointes. Entre les rangées intérieures on voit un 
rond de forme ovale, couleur de chair, plus large d’un bout que de l’au- 
tre. On voit encore au milieu de cet Ovale devers le bec une ouverture 
oblongue, qui eft garnie ou dehors de Levres ou de babines, & cette ou- 
verture eft fermée par une petite membrane. La Conformation particuli- 
ère de cette Coquille a fourni l’occafion de l’apeller aufli Coquille-Mere. 

La Fiyure 4. reprefente la même coquille un peu relevée, pour qu'on 
puiffe en voir le bec, autour duquel les cercles viennent aboutir par une 
Courbure raccourcie. On aperçoit immediatement au deflous une foflette 
enfoncee en forme de cocur, & rougeatre de couleur. Quand on tourne 
cette fofiette du coté de l'oeil, & qu’on obferve les cercles fous ce point de 
vüë, la Coquille paroiït blanchätre avec des rayes d’un rouge pâle contre 
les cercles, mais en laconfidérant dans le {ens opofé, ce rouge paroit beau- 
coup plus chargé. 

Au dedans les coquilles font blanches, & ont foit au bec, foit au deffous 
à la foffette, qui eft formée en cœur, de petites dents fines qui fe joignent 
& tiennent par là les coquiles l’une à l’autre, qu’on peut ouvrir & fer- 
mer, comme une tabatiere dont le Couvercle eft bien juite. 

Fig.s. apartient à la Clafe des Coquilles qu’on apelle proprement Moules, 


ç) En al-en Hollandois Mofels, ou en Latin Mytulus (*) La Coquille n’en eft pas fort 


Jemand 
AMief[- 
AMigchel. 


épaifle, mais elle le devient du coté pointu où elle fe ferme, & à la cour- 
bure elle a jusques à l’épaiffeur d’un écu. Les deux coquilles font aufli 
ventruës l’une que l’autre, & quand elles font jointes elles font larges à 
un bout & étroites à l’autre. Un bord plat les termine aui forme au bas 
un arc oblong. Elles font doublées d’une peau couleur deNacre, & on y 
trouve aflez fouvent des perles de la groffleur d’une tête d’épingle. Au 
dehors elles font d’un brun rougeatre, & marquées de rayes blanchitres 
qu’on y voit depuis le bec jusques à l’autre extrémité, avec quelques ban- 
des en travers qu’on ne remarque jamais mieux qu’en les obfervant à quel- 
que lumiere. 

La Coquille Fig. 6. apartient à la précedente & les deux enfemble for- 
ment la Moule complette. Ici l’on peut bien obferver les bandes dont nous 
venons de parler, parce que la fuperficie eft plus-nie. La Couleur 
fe perd du cote du bec qui eft toujours fourré dans ‘e fable qui l’ufe. Au 
refte ces Coquilles font trés-polies, & ont le brillant d’un miroir, quand 
on ena Ôté la prémiere peau rude. Prés de la ferineture fe trouve ordinai- 
rement une touffe , qui relembie à de la mouile ou à de l'herbe menué. 
On nomme cela la barbe. Au fonds ce n’eft Qu’une quantité trés-grande de 
Fibrilles qui croïflent du dedans, & qui fervent à r’animalcule pour s’atta- 


cher fortement aux rochers. 


PLAN- 


ci 


LEZ 


Tab. 


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de. 
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RX +  2X 13 
PLANCHE av. 


Fi. r. Cette Coquille à rayons tient un rang confiderable entre celles 

auxquelles, vü la beaute de la Couleur, on a donné le nom de Manteau ro- 
341. On l’apelle aufli Doublet de Corail | à caufe qu’on trouve fouvent fur fa 
partie exterieure des élévations où petites boffes dort la couleur le difpute 
au plus beau corail. Elle n’a qu’une oreille. Son Epaifieur eft médiocre, 
& elle eft un peu ventruë. Au dehors depuis le bord jusques au delà de 
la moitié elle eft d'un rouge de corail tres-beau, auquel fuccede d’abord 
une bande blanche, puis une large, enfuite une autre d’un rouse de Sang, 
après une jaunâtre, fuivie d’une dont le rouge eft pale, & elle finit par des 
bandes jaunes. Vers le bec elle eft tout à fait jaunatre. C’eft de là que 
partent une trés-grande quantité de rayons fins, qui font tous entailiez, & 
qui femblent tenir les uns aux autres par des rayes ou lignes extraordinai- 
rement fines ondées, qui vont en travers & font trés-proches les unes des 
autres. Ces rayons ne font élevez que de l’épaifleur d’un fil, & c’eft dans 
les entaillüres qui les feparent qu’on obferve ces lignes qui les traver{ent 
avec tant d'ordre & de netteté. Six ou fept de ces rayons de fuite font 
fort elèvez & courbez en dehors ; il y en a autant qui font courbez en de- 
dans, & ce mélange forme jusques à douze fortés côtes fur le deflus de la 
Coquille. Chaque côte a au bas deux fortesélévations ou boffes & une tou- 
te petite vers le milieu. Le dedans paroit à la vüuë comme un velours gris- 
blanc. Le bord eft garni de rouge, & le Couvercle, ou l’autre coquille 
d'un rouge foncé en ondes, & tout plat. 
La Figure 2. peinte ici avec beaucoup de netteté d’après nature, repré- 
fente une de ces Coquiiles à rayons, aux quelles on donne le nom de Qua- 
dran Solaire, parceque les rayes & lignes dont elle eft marquée tout autour 
reflemblent aflez à celles qu’on voit fur un Quadran. Cette coquille eft 
mince & fubtile, & forme la partie fuperieure ou le Couvercle. Elle eft 
platte & presque concave au lieu que l’inferieure eft un peu convexe ou 
ventruë. Cette derniere eft aufli de diverfes couleurs rouges, decoree de 
plufieurs rayes, qui cependant ne font pas aufli régulièrement marquées 
que celles du Couvercle. 

Les rayes qui vont du bec aux bords font blanchatres & noiratres, & 
les bandes qui les traverfent noires, brunes, rouges, & jaunes. Toutes 
ces Couleurs font trés-vives, & ont un grand éclat quand on ies obferve à 
la lumière. En genéral cette Coquilie eft d’une beauté qu’il eft plus facile 
d'admirer que de décrire. 

En regardant le dedans elle paroit doublée d’un Veloursblanchitre avec 
un rebord qu tire fur le rouge. On l’apelle le plus fouvent la Coguille-Bouf- 
fole à caufe du raport de des Lignes àvec celles d’une Boulioie, cepen- 
dant ce n’elt véritablement point là celle à laquelle on a donné le nom de 
Doubiet de la Bouffole. 


pa La 


14 EX + LS 


La Figure 3. eft une Porcelaine. En Hollande on donne à toutes les Co- 
quilles de cette efpèce le nom de Kliphoorus, où Klipkouflen à caufe des ro- 
chers auxquels l'animal qui l’habite s'attache. La Couleur en eft un 
brun-clair qui n’a gucres d’éclat. Elle eft un peu ventrué en haut à l’en- 
droit des Contours. On y remarque à la fuperficie fuperieure une raye 
ailez large qui va en ferpentant d’un bout à l’autre jusques aux embou- 
chures. Toute la Coquille eft parfemée de taches blanchitres de figure 
à-demi ronde, comme de petites goutes d’eau, & a en travers trois ban- 
des pales de couleur fauve, qui en font tout le tour jusques à l'embou- 
chure & au travers desquelles on aperçoit diftinétément les taches ron- 
des, ce qui fait ranger cette Coquille au nombre de celles qu’on, nomme 
Argus à bandes, quoique le véritable Argus ait un brillant beaucoup plus beau 
& que fes yeux foient tous d’un blanc de neige ayans pour la plüupart deux 
à trois cercles. 

Figure 4. eft la même Coquille de porcelaine tournée du fens opofe c’eft 
à dire du coté inférieur. Son Ouverture mérite d’être particulièrement 
obfervée. Elle va du haut en bas tout du long de la coquille, tirant un 
peu du coté droit, parce la plus grande moitié de la Coquille contient 
les Contours du coté gauche. Ces Contours invifibles au dehors font 
trois, ou tout au plus quatre Tours, dont le premier eît fi grand qu’il 
occupe Ja plus grande partie de la Coquille, au lieu que le dernier eft 
prefque imperceptible.  L’interieur de la Coquille eft d’un rouge pâle, 
& fes Lévres ou babines font dentées de façon qu’on y aperçoit jusques à 
trente petits cercles élèvez & quelquefois davantage, qui font bruns de 
couleur & luifans. Il eft à remarquer que ces petits cercies élevez, que 
nous nommons des dents, ont beaucoup plus de corps du cote étroit, où 
les Contours ne font pas, qu’à l’autre, car du côté ventruils font plus fer- 
rez & avancent davantage dans la Coquille, étant plus plats & plus fins. 


PLANCHE. VI 


Figure r. Les noms dont on fe fert pour diftinguer les différentes 
efpéces de Coquilles & de Moules font une affaire de fimple Fantaifie. C'eft 
le pur ouvrage de l’imagination, que la conformation, les couleurs, les 
nuances, ou les taches déterminent à donner à telle ou telle coquille plu- 
tôt un nom qu’un autre. Mais comme rien n’eft fi trompeur que ces im- 
preflions de l'imagination, & qu’elles different felon que fes opérations 
font plus vives chez un homme que chez l’autre, les dénominations fe trou- 
vent affez fouvent peu convenables au fujèt. Celle qu’on a donné au 
Coquilles dont la claffe eft connuë fous le nom de ffrombi ou en françois 


(*) en Eguille(*) eft peut-être une des plus heureufes, & qui fe préfente dabord à 


Hollan- 
dois 
Schroev. 


l'Efprit.  Aïnfi en voyant cette Coquille chacun fera tenté de dire qu’elle 
reflemble à une Couronne papale & c’ eft aufli le nom qu’on lui a afeéte. 
Nous 


LKR + ES 15 


Nous remarquons dabord que toutes les Coquilles de cette efpéce font 
oblongues fans être ventruës. Le premier Contour eft plus long que tous les 
autres, & a fon embouchure longue & étroite toujours du coté droit. RumPH 
met cependant cet Efcargot au nombre des Buccina où Cogrilles Sabotes. (*) (*) en al- 
Ce qui diftinque cette Couronne papale des autres Coquilles, c’eft que lemand 
c’eft la plus belle de cette efpeèce. Elle eft marquée de taches d’un rougeÆX#rch lr- 
foncé fur un fond blanc, & a des lignes traverfantes un peu entuaillées, FA Pi 
toutes garnies de petits trous qui femblent avoir été faits l'un contre is 4 
l'autre avec la pointe d'une épingle. Lorsque la Coquille eft grande & a #22, où 
atteint fon Crü parfait on voit ces Lignes plus diftinétement au Contour {u- Tiress- 
périeur qu’à l’inférieur. Le bord des Contours, qui eft épais comme un #4: 
demi-écu, eft garni tout autour de dents ou pointes obtufes qui en font 
le tour, & donnent à cette Coquille l’air d’une Couronne, ce qui a détermi- 
né à lui en donner le nom, & comme fes Contours forment plufieurs tous 
l'un au deflus de l’autre, on l’a apellée /4 Couronne Papale. La moindre efse- 
ce de cette forte de coquilles a des taches d’un rouge päle fur un fond jau- 
nètre, & a peu d’éclat. | | 
Figure 2. eft une Eguille dont la coquille eft fort épaifie & péfante: fon 
fond eft blanc & brillant. Tous les Contours en font marquetez d’un double 
rang de taches quarrées dont la Couleur eft un beau rouge-clair. La Ligne 
inferieure de ces doubles rangs à des taches quarrées un peu plus grandes 
que les autres, & la Ligne fupérieure de chaque rang marqueté a le plus 
{ouvent des taches quarrées oblongues, qui font à la verité de la méme lar- 
geur que celles qui fe trouvent au dellous, mais elles n’ont pas la même 
profondeur. Tout au haut au prémier Contour on voit un rang de taches 
grandes & larges placées irréguiierement & ce rang fait le tour de tous ies 
Contours, & prend par cette raïfon la place deftinée aux autres rangs mar- 
quetez avec resularité. 
Ces Eguilies font un peu plus ventrues que les Couronnes Papales, ce 
qui provient de ce que les bords des Contours ne font pas aufli larges que 
ceux des dernieres. Ils font au contraire un peu courbez en dedans, & 
tellement joints au plus prochain Contour fuperieur & plus étroit, qu’ils 
paroïtlent y être comme entaillez, & comme les bords n'ont ni dents, ni 
couronne, on apelle cette Coquille la Mitre Epifcopale (*). Cette Coquille (*) Der 
eft blanche en dedans comme la Couronne papale décrite cy-delius. Maps 
on aperçoit un peu les taches rouges au travers de la Coquille vers l’em- be pie 
bouchure, | {chofs- 
Il eft à remarquer que l’Animal qui habite cette Coquille, & celui qu’on Mütze. 
trouve dans la précedente, font tres dangereux, parceque la Nature les a 
douez prés-de embouchure d’un petit os pointu qui tient à leur chair, 
avec lequel ils piquent & communiquent leur venin, dont le bleffé meurt. 
Si par hazard on en mange la chair fimplement bouillie, on court le risque 
d’un étouffement mortel. Cependant le commun Peuple de l'Ile de Ceram 
les mangent rôtis, & alors ils ne font aucun mal. 
Fig 


16 EX + LX 


Fioure 3. apartient à la Claffe des Coquilles d’Huitre, dont la Conforma- 
tion ef irregulière, & nomimeément à l’efpèce qu’on nomme Huitres pierren- 
(*)Stein-fes(*) On les trouve ordinairement au fond de la mer dans le fable, ou 
Auitern. fortement attachées aux rochers. Les élevations de la Coquille font trés- 
inégales, elle eft pleine de petites bofles, & a des écailles. On y voit par 
fois des anneaux, mais pas toujours. La Couleur en eft brune & jaunitre. 
Elle a au dedans l’éclat de la nacre. Le bec en eft un peu tourné en biais 
d'un coté, & a fept ou huit rides. On voit au deflous une coupüre, & on 
en obferve trois pareilles à l’un des cotez, qui quelques fois font le tour 
de l’Huitre entiere. Le bord inférieur eft trés-inégal, & prefque dentelé. 
L'autre Coquille eft beaucoup plus petite, & aflez plate, au lieu que celle 
cy eft ventrue; la prémiére a des écailles ferrées les unes fur les autres, & 
irrégulièrement polees. La couleur de celle ci n’eft pas d’un brun jaunatre 
comme à l’autre, mais grife, fauve, & noiritre. Ses deux Coquilles font 

fort épaifles & péfantes. 
Hivure 4. Cette Coquille eft toute particulière. Les Hollandois l”apel- 
C® Buch-lent Letter-Schulp, (Rumph, Tab. XLIHI. B.) ou la Coquille à Lettres(*).  Celle- 


es ci eft de la Claffe de celles dont les cotez font inégaux & en forme d’afliette, 


«> Ten. Celles cy font un peu plus ventrues que les Cogrilles en alliette (*) proprement 

Miulchel. anfi dites, mais elles n’ont pas autant d’épaileur. Leur Couleur eft au 
dehors d’un gris-cendré, de coté un peu plus jaunâtre, & tirant quelque 
fois fur le brun. Au dedans c’eft comme un Ivoire frotté avec de l’huile. 
Sur les deux Coquilles il y a en travers quantité de Lignes entaillées à di- 
ftance égale qu’on peut diftinguer par l’attouchement. 

Ce aui donne à cette coquille un prix particulier, ce font quantité de 
rayes d’un brun fonce, & dentelées qui font diftribuées fans ordre fur les 
deux Coquilles & ont pour la plupart la figure d’un W. quoique quelques 
unes ne forment qu’un feul angle, & d’autres un «, un # ou un # tel qu'on 
écrit ces Lettres en allemand u, nou m. Ces coquilles font fi minces qu’on : 
peut voir les rayes brunes à travers, quand on les regarde vis-à-vis d’une 
lumière. 

Figure $. Les Coquilles en affiette à côtez inégaux, j entens par là celles dont 
l'une dépalfe l’autre, laquelle depuis l’endroit où elles font jointes jusques 
au bord opofé, eft par tout aufli étroite que le cote le plus court, font tou- 
tes belles à voir, particulierement celles qu’on nomme rayons du Soleil, Cel- 
le qu’on voit fur la Planche VI. Fig. 5. eft une de ces Coquilles bleuës à 
rayons, & eïft trés-belle. , 

On apelle cette Coquille Rayon du Soleil parcequ’ elle repréfente trés-bien 
ces rayons que le foleil couchant darde vers le Firmament bleu, à travers 
des nuës, & qui s’élarsifflent à méfure qu’ils seloignent du Soleil. 

Cette coquille a aufli quantité de bandes traverfantes, qui font non feu- 
lement d’un bleu plus foncé que le refle, mais qui font aufli ridées, de for- 

te qu’on peut diftinguer leurs coupures par l’attouchement, ce qui n’em- 
peche pas que d’ailleurs la coquilie ne foit tres unie, & n'ait un éclat imcom-. 
parable. Figure 


= Tab. VIL. 


sis 


Le 
7 
ALL E al nuann ts a PU ALU 


EX noerr exe. Norib 


ZX + ES 17 


Figure 6. Le nom de celle-ci eft l'Efcargot nageant en forme de demi Lune (a) 
Sa figure eft fort tirée en biais, ce qui la fait paroitre comme fi elle étoit 
formée de travers. Le prémier Contour prend prefque tout l’Efcargot. 
Les autres font trés-petits, & ne paroiïflent qu’un peu fur le côté. La Co- 
quille en eft unie & de l’épaifieur d’un Ecu. Pnee on l’examine à tra- 
vers vis-à-vis d’une lumiere on y aperçoit quelques rayes traverfantes. 
Les petits Contours ont intérieurement une voye obfcure, & qui n’eft 
point tranfparente. 

La Figure 7. repréfente la même coquille tournée du coté opofé & alors 
on voit l'ouverture formée en demi-Lune & entourée d’un bourrelet 
épais. Immédiatement au deffus paroïit une élévation épaiile, & d’abord 
après une cavité qui re{lemble ailez à un trou de nombril que les chars & 
la graifle entourent, & il y en a qui ont en effèt un trou umbilical. Du 
refte la beauté, l’éclat, & la Couleur intérieure, reflemblent de tout point 
à l’extérieure. 


PPELSA ON CE ”"VIL 


La prémière Figure préfente une Huitre pierreufe, à laquelle on donne di- 
vers noms, tels que Crecerelle de Lazare, Manteau de Lazare, Manteau de Man- 
diant, où Sabot d’ane (b). Il y a dans cette Coquille tant du rare, qu'on ne 
peut fe difpenfer d'admirer fa ftrufture. La partie inférieure & ventruë, 
eft inégale, toute pleine de petites boffes, diftribuées fans ordre, & fa fu- 
perficie eft garnie par tout d’écailles qui vont en biais & font ferrées l’une 
{ur l’autre, au lieu que la Coquille fupérieure repréfentée ici eft platte, & 
a des pointes aiguës formées en biais dont l’une dépañle l’autre, placées 
fans ordre, comme les poils d’un Heriflon. Entre ces pointes on voit des 
lignes qui vont en ferpentant depuis la fermeture jusques à la Circonféren- 
ce. La Coquille inferieure eft abfolument blanche; on voit pourtant par- 
ci par-là entre les écailles un peu du gris-cendré, du verdatre & du bleu. 
La Coquille fupérieure eft rouge comme du fang.  Intérieurement elles 
font blanches toutes les deux. La nature a employé beaucoup d’art à la 
fermeture, où elle à placé trois foffettes dans la coquille inférieure, & a 
donné à la fupérieure trois crocs courbez, qui s’emboitent dans les foiïet- 
tes. Entre deux il y a un nerf noir trés-fort, qui s'étend comme un cuir. 
Au moyen de cette fermeture conformée avec tant d’art la Coquille fu- 
périeure fe joint aufli jufte à l’inférieure qu’un couvercle de tabaticre à fa 
boëte & s'ouvre de même. Or comme ces coquilles quand elles font fer- 
mées & qu'on les remuë violemment rendent un certain fon de claquet ou de 
traquet de Moulin, cela a donné lieu à leur donner le nom de Claquet ou de 
Traquet de Lazare. On peut aufli les comparer aux Crecerelles, dont fe fervent 
des Mendians muets pour être entendus. On a diverfes efpeces de ces 
Traquets de Lazare, dont celles qui ont des pointes, & que Rumph apelle 
Oftrea echinata, font les plus rares. 

GC Figure 


(a) Die 
halo- 
mond- 
fürmige 
Schwim- 
Schne- 
cke. 


(b)Laza- 
rus- 
Klappe, 
Lazarus- 
Mantel, 
Bettlers- 
Mantel, 
Elels- 
Hufe. 


18 LS + ES 


Figure 2. [1 y a une efpèce d’Efcargots nageans qui font prefque ronds. 
G@)Kugel- On les apelle Efcargots en boule(a). Cette Figure en repréfente un des plus 
Schné- beaux. Celui-ci a l'embouchure un peu tirée en biais, & la babine relevée 
cxen: enhaut. Les Contours ne paroiïflent qu’un peu au deflus, font fort pe- 
tits, & fe forment en globe. La Coquille n’en eft pas fort épaifle. Elle 
eit de couleur jaunatre, fur laquelle on voit des taches rougeitres, & des 
bandes qui vont en ferpentant, mais fans ordre.  Quelquefois cette Co- 
quille a moins de rouge & plus de jaune, & alors on l’apelle lEfcargot-Ci- 

tron, Ou le petit jaune d'Oeuf. : | 
Figure 3. Les Amateurs ont coutume de donner aux Efcargots qu’ils 
eftiment le plus des noms pompeux & diftinguez. Aïnfi l’on en trouve 
| qu’ on apelle Amiral, Vice-Ainiral, où Façon d'Amirul, qui apartiennent tous à 
Pitce) l'efpèce des Efcargofs formez en Quille(b). On leur donne ce nom parcequ’ils 
ne 7 ont effettivement la figure d’une Quille, & comme ils reffemblent auffi à 
6 un Cornet de papier, onles apelle affez communément des Cornets. On leur 
donne encore d’autres noms diftinétifs, felon que ces Cornèts différent en- 
tre eux. L’Efcargot reprefenté ici eit un Efcargot en quille, & a une longue em- 
bouchure qui va du haut jusques au bas. C’eft une Façon d’Amiral, & la Co- 
quille en eit entourée d’une large bande de couleur, comme on en voit aux 
flammes, pavillons ou banderolles du Vaiffeau Amiral en Hollande, & fon 
nom difinétif lui eft venu des Raïes flamboyantes, qu’on y voit tout le long. 
Ce) ban- Ainfi on l’apelle le Corüet à bandes, où à flammes (c). Le fond en eft blanc, & 
dirte,oder fort brillant. La bande en eft jaune, marquée de lignes trés-fines, & ont voit 
fammig- de ces Cornets, dont la bande fait le tour entier de la coquille jufques à deux 
teTutté. fois. La Couleur des flammes eft un brun foncé. Il y a fept ou huit Con- 
tours, qui aboutiflent enfin en pointe. Cette Coquilie eft tout-à-fait belle 
ca) Kiép- à voir. Quelques uns la nomment Couflin à dentelles(d). Je ne fuis pas de leur 
pel-Küf avis, & j'aimerois mieux l’apeller Le petit Chat tacheté. 
fea. Figure 4.  L’Efcargot ticré, l’Efcargot marbré & le Cornet du Cœur font trois 
Efcargots en Quilie que l'on confond afiez communément, & il eft dau- 
tant plus aife de s’y tromper, qu’extérieurement ils fe reffémblent beau- 
coup l’un à l’autre, & que même dans le peu qui les différencie, il n’y a 
que quelque plus ou quelque moins qui décide. L’Efcargottigré par exemple 
a plus du blanc & moins du noir au lieu que lEfcargot marbre a plus du noir: 
& moins du blanc. Le Cornet du Cœur eft d’un noir pale, ou d’un bleu foncé 
& a des taches prefque formées en cœur, de grandeur inégale, toutes bor- 
dées de lignes jaunes, bordure qu’on ne remarque pas aux deux efeces 
précédentes, non plus que les taches en forme de cœur. Ii eft aifé de voir 
que l’Efcargot que la Figure 4. repréfente eft un Cornet de Cœur, qui tire ce- 
pendant un peu fur la façon des Efcargots marbrez. Les Contours, quien 
fortent en pointe un peu obtufe, font un peu nouceux, & font une elrece 
de Couronne. Une obfervation particulière à faire c’eft que ce Cornet a: 
des cercles trés-étroits & prefque imperceptibles, placez tout prés l'un de 
l’autre, la Couleur les couvre, & on ne les aperçoit qu’en tenant ja Co- 
quille 


es 


Es 


e 


LS + ES 19 


quille de biais à la lumière, ou en les touchant de l’ongle. L’embouchure 
eit blanche au dedans. En la tenant vis-à-vis d’une bougie allumée, on 
voit la plus belle écaille de tortuë. Les Indiens en émoulent la Couronne 
& toute la partie inférieure, de forte qu’il n’en refte qu’un anneau qu’ils 
portent au doigt pour parure. | 
Figure s. qui eft d’une beauté extraordinaire, a un fonds argentin trés- 
brillant, fur lequel on voit quantité de rangées de petits grains, ou 
points élèvez, de couleur noire, lesquelles rangées font à diftance évale 
lune de l’autre.  Parci-par là il y a quelques taches, confiftant en un a- 
mas de petits points noirs, comme fi nombre de mouches y avoient pofé 
leur fiente & avoient fali la coquille en cet endroit. On l’apelle le Cornet ; 
grainé de Fiente de Mouches(a). En la confidérant par dehors, où l’on aper- (a) Die 
çoit fes Contours émouifez, on peut la mettre dans la Clafle des Cornets en Do 
Jorme d'Olive(b), ou des Barroirs de Tonnelier (ec).  C’eft l’efpèce que Remph a- gen. 
pelle voluta arenata, ou grainée de fable. Tecks- 
La Figure 6. nous préfente un Cornet grainé, qui n’eft pas d’une moin- Tutte.. 
dre beauté que celui dont nous vénons de parler. Les grains y font a) ce 
en rangées comme au précèdent. Mais le fond en eft jaune, les grains ti- 4, 
rans fur le brun, & un peu plus élèvez qu’au precedent. On voit au mi- (ce) Bütt- 
lieu une bande blanche, qui en fait le tour, garnie de grandes taches bru- cher- 
nes & rondes. Au fonds fupérieur il y a un bord blanc dentelé, qui prend Bohrer. 
fur le fond jaune , & a l'éclat de la Porcelaine. Le fond eft à flames, & - 
les Contours émouflez. Quelques uns ont apellé cette Coquille Le petit Chat 
grainé(d), d’autres le Coufin à dentelles (e) ou le Fromage verd(f). Le Leëteur (4) Das 
eft libre de décider en faveur de qui il voudra. Le nom Latin eft Volta granulir- 
falciata. te Kätz- 


La dernière ou Septième Figure de cette Planche eft une petite Coquille E Das 


£) Der 
; , = üne 
blanche, platte, & fort brillante au dehors, tire un peu fur le rouge. Ce te 


fines & trés-petites, qui s’enchaflent dans celles de l’autre coquille. On 
l'apelle par cette raïfon la Scie. (9) (g) Die 


Sacge. 
PEANCHE VIIL 


Figure 1. Nous avons déjà fait plus haut la remarque que parmi les 
Huitres pierreufes, il y en a quantité de difformes & telle eft celle que 
cette Figure repréfente, La Coquille confifte en plufieurs écailles four- 
rées l’une fur l’autre, qui font d’un rouge pale, & transparentes. Le 
Bec eneft jaunâtre, & n’a d’autre liaifon avec l’écaille qui fuit, fi ce n’eft 
qu'il y eft fortement attache, à mo P’'Huitre qui eft dedans CHE 

2 plus 


20 LY + LE 


plus, pour joindre les Coquiiles, & les tenir ferrées. Dailleurs la fuperficie 
de la Coquille eft cotonnee & fibreufe, comme la figure le démontre. 
Figure 2. Nous voici arrivez aux Coquilles aux quelles on donne pro- 
prement le nom d Amiral, & nous commençons par un Vice-Amiral. Cet Efcar- 
got, que l’on apelle aufli  4iral des Indes occidentales (*), a un fond brun-fon- 
@) Der ce, ourouge-brun, Il eft entouré en haut d’une bande jaune étroite, on 
on en voit de la même couleur deux plus étroites au milieu, & une plus large 
DL ” tout au bas. Ces bandes font parfemées de petits points noirs. Entre ces 
bandes on aperçoit dix à onze Cercles grainés de noiïratre & de blanc, qui 
font les mêmes tours. Les Cercles font un peu élevez & les grains for- 
ment fur ces Cercles des petites boffes, qui font aflürément un trés-bel ef- 
fèt. Les Contours aboutiflent un peu en pointe, & la coquille eft mar- 
queée ci- & là de taches de couleur argentine. 
Figure 3. Celui de tous les Amiraux, qui par fa beauté mérite lepremier 
rang, & qu’on voit ici trés-vivement dépeint d’après nature, eft l’Amiral d'- 
. Orange(b). La Nature à employé à cet Efcargot en quille tant d'Art & d’or- 
()Admi- dre, qu’aucun autre de la Claffe des Cornets ne peut lui étre comparé. Les 
TES Variations qu'on y remarque font toüjours plus belles l’une que l’autre. Un 
"article effentiel à cette coquille c’eft qu’elle a un fondsargentin plus ou moins 
blanchatre. Ce fond eft entouré de deux bandes larges Couleur d’orange, 
qui paroïffent tirées à laligne, & dont la couleur eft plus pale aux uns qu’aux 
autres. Outre ceux bandes on y voit depuis le haut jufques au bas des Cercles 
élèvez fort fins en travers, dont le nombre s’étend quelques fois jufques à 
trente. Ces cercles font tous marquetez alternativement avec regularité, en- 
farte que l’on voittotjours une tache argentine après celle qui eft d’un brun- 
foncé. Le plus haut de ces Cercles eft aufli le plus large, & le plus fort, & 
eft là comme un anneau de bordure pour toute la Coquille, après quoi vien- 
nent les Contours qui aboutiflent en pointe obtufe. Entre ces Cercles on 
obferve des Lignes grainées tantôt plus, tantot moins. Comme la Coquille 
eft aflez épaifle, la Couleur des bandes n’eft pas fort tranfparente. 
(c)Admi- Figure 4. La Coquille qui fuit eft une Façon d'Amiral(e) plus reffemblan- 
salarüg. te à un rouleau qu’à un Corwer. Celle-ci n’a que des Cercles grainez, & 
point de bandes. Le fonds en eft de Couleur d'Orange plus ou moins fon- 
cée, fur quoi l’on voit des taches telles que celies que la mer forme fur 
une Carte de Géographie, Les Contours aboutiffent un peu en pointe, ce 
(a) Bütt. qui fait nommer cette Coquille le Barroir de Tonnelier grainé.(@) 
 . Figure ;. eft une Coquille à rayons, jaunâtre, trés-jolie, à deux Oreilles 
FT égales, dont chacune forme un angle droit. Les Sillons fe trouvent entre 
les côtes depuis le haut jufques au bas entaillez en travers. Cette Coquiile 
eft ventruë, & fa partie intérieure eft couverte d’un brillant femblable à 
Ja nacre. L’autre coquille eft enfoncée, ou rentrante, & a les mêmes cô- 
tes, de façon pourtant que quand on joint les Coquilles, la Cote inférieure 
fe joint fi Jufte dans le Sillon fupérieur, que l'Artifte le plus confommé ne 
pourroit jamais mieux compalier un Couvercle. 
Figure 


. 


k 

(a 
+ 
à 
NH 


REX + LS 21 


Figure 6. {1 y a quantité d’efpèces d'Efcargots à Vis(a), qu’on apelle auffi a)Schrau- 
Efcargots d'Eguille (b), où Baguette de Tambour (c), qui ont fouvent plus de vingt ben- 
Contours vifibles. Les Coquilles ont en bas prefque l’épaiffeur d’un doit, $chne- 
& aboutiffent en haut en Pyramide pointuë. Le nom particulier de celle b) Nadel- 
qui eft repréfentée ici eft: La longue Vis d'Yvoire à contours ventrus(d). La rai- Schne- 
{on de cette dénomination eft, que chaque Contour eft ventru, & eft fort cken. 
ferré contre le Contour fuivant par une Ligne qui eft tournée de méme, © Trom- 
Sur chaque Contour on voit fept à huit cercles élevez, qui commencent à Kf 
l embouchure & ne fe terminent qu’à la pointe par une Configuration fem- DDielan- 
blable à celle d’un Tirebouchon. Le plus fouvent ces Coquilies font cou- ge Elfen- 
leur de chair, quoiqu’on en voye quelquefois de blanches & de grifes. La be 
Coquille en eit aflezépaitfe, & a au dedans la même couleur, mais elle ÿ eft SEnran2e 
unie, & on n’y aperçoit aucun veftige des Cercles.  Rumph l’apelle Sirom- chigten 
bus Tympanorum & les Hollandoiïs Trommel-Schroef, c’eft à dire Vs de Tambour à Wixdun- 
caufe de la reffemblance qu’elle a avec ces Vis dont on fe fert pour bander 5€2. 
les tambours. 

Figure 7. Cet Efcargot à vis porte le nom d Eguille à bandes 85 à points, mais 
Rumph V'apelle Evuille a tricoter (e), Marlpriem, gekaïtelde Naalde, Strombus denta- (e) Orig. 
tus, Où Efcargot a vis dentelé. La Coquille en eft plus mince que celle de la Strick- 
Figure précedente. Ses Contours font plats, au lieu que ceux de l’autre nadel- 
font tous ventrus. Chaque Contour eft couvert depuis l’embouchure juf- 
ques à la pointe d’une bande élevée ou d’un large cercle, qui eft entaillé 

ar tout, & l’on voit entre les entailles des petites rayes de couleur rouge- 

rune, qui vont du haut en bas, & ne font pas plus longues que le ruban 
n’eft large, quoique ces raies difparoïflent quand on y touche trop fou- 
- vent. On remarque entre les Cercles fur chaque Contour plat deux ran- 
gées de petits points bruns ou rougeitres. Cette Coquille eft d’un blanc 
brillant, entremélé pourtant de couleur de chair, qui paroit le long pref- 
qu’en ondes, ce qui obfcurcit ci- & là l’éclat de la Coquille. 


PAL AUN CITE, EX. f) Kinck- 


: hürner, 
Figure 1. On donne communément le nom de Coquille Sabote (F) à toutes jat. Buc- 

celles dont le prémier Contour eit plus long que les autres, entant que tous «27. 
les Contours font ventrus & oblongs, & aboutillent à une Ouverture large RSNDE 
& prefque ronde. Mais lorfque les Contours ne font pas fi ventrus, & que en ae, 
l'embouchure eft longue & étroite, on les apelle Eguilles.(9) Quand cette psc. 
ouverture longue & étroite a un large rebord le nom eft Efcargot ailé (h) ou h)Flügel- 
Corne à Babines(1). Si les Ailes dans leur étenduéë ont de l’épailleur on les sue 
apelle Babines épaiffes,(k) maïs au cas qu’on y voie outre cela des bofles ou ; ee 
des pointes on les range dans la Claffe des Efcargots-a-pointes (1). La Figure Hoerner. 
repréfentée fur la Planche eft de cette efpèce, & le nom qui lui convient k) Dick- 
le mieux eft Efcargot ailé à grofes lèvres &$ à dents obtufes. La Coquille en eft Lo 
trés-péfante & extraordinairement épaifle. Elle a en haut tout autour du Ge 


C3 premier (ken. 


22 ZX + LS 


prémier Contour une rangée de pointes obtufes, & au deffous deux ran- 
gées de petites boffes, Les Contours fupérieurs, qui aboutiflent en poin- 
te, font aufli garnis de petites pointes ou de verruës. La Couleur en eft 
grife, cependant on y remarque partout comme au travers d’une peau fur 
le fond des taches rouges ou d’un brun-foncé, & par cette raifon Rumpb l’a- 
pelle Aata tenticinofa, où Sproetje, ce qui fignifie Roufieurs, ou ces taches au 
() Som- vifage connues fous le nom de beutilles(a). La Couleur de l'embouchure, 
Meriprof- ft un rouge-vermeil, qui {e perd cependant peu à peu tant au bord de la 
babine, qu’à l’entrée de la Coquille, & paroiït d’abord dabord un bleu a- 
zur & enfuite un bleuturquin. Cette Coquille a beaucoup de brillant & eft 
trés-belle. À 

Fioure 2. De toutes les huitres pierreufes bofluës & ridées, il n’y en a fans 
doute aucune, qui ait une conformation plus reguliére que le Manteau de 
Lazare, qui eft dépeint ici. Cette huitre a un dos magnifique rouge de cou- 
leur, tout garni de boffettes ou de gibbofitez à peu prés-égales, qu'on voit 
en ondes le long des côtes ou des rayons. Du coté de la fermeture elle eft 
jaunître, & les rayons qui partent de là comme de leur centre, font là où 
ils commencent beaucoup plus fins & mieux rangez. Le bec un peu tour- 
né eft tout-à-fait concave, & a deux oreilles égales, dont les rayons font 
trés-beaux. On obferve fur fon dos raboteux encore cinq rayons jaunà- 
tres, difpofez à diftances égales, qui confiftent depuis le commencement 
jufques au bout en membres irréguliers dont les uns font garnis de pointes 
& les autres d’écailles. Ces membres en écailles font frifez comme des 
feuilles de choux, & aboutifient peu-à-peu du coté de la fermeture en peti- 
tes écailles, pointes, ou bofiettes, mais du côté de la circonférence ils s’é- 
tendent loin au delà du bord de l’huitre, & font un peu relevez. L'’inte- 
rieur de l’huitre brille comme la Nacre. On n’y aperçoit aucun rayon à 
caufe de l’épaiffeur de la Coquille. Le Couvercle eft plat & a des écail- 
les irregulierement diftribuées. 

Fig. 3 11 {e trouve des Efcargots qu’on apelle formez en poire(b) parce 
que leurs Coquilles font ventrues au milieu & ont la figure d’ une poire 
par les extrèemitez. En voici une trés-belle de cette efpece à laquelle on a 
c)Davids- donné le nom de Harpe de David(*), parce que l’une de fes côtes a beau- 
Harpe. coup de raport par fa conformation à celle d’une harpe, & que les autres 

qui règnent tout du long à diftance égale repréfentent les cordes de cet in- 
ftrument. Cette Coquille n’eft point épaïfle. Ses côtes font aflez larges & 
élevées. Elie eft unie, brillante de couleur brune-foncée, par ci par là 
marquée de flammes blanches & rouges, tachetée, & aflez femblable à un 
beau Marbre d’Italie bien poli. On y voit des rayes noires, qui traverfent 
les côtes, entre lesquelles il y a tout du long des rangées entières de demi- 
Cercles blancs. A l’extrèmité du premier Contour les côtes fe brifent en 
pointes émouflées, ce qui forme un efpace aflez large, qui continue jufques 
aux Contours fuivans, de forte que le fecond Contour fe trouve poifé pro- 
prement fur l’inférieur, prefque comme une Couronne à douze pans fur 

une 


€) Birn- 
tœrmig. 


TAXE. 


LR + EX 23 


une tour, & les autres petits Contours forment au deffus de cette Couron- 
ne un Ornement femblable à ces touffes ou bouquets qu’on voit quelque- 
fois au haut des tentes. Au dedans la Coquille eft rougeaitre & unie, fans 
fillons, parceque les côtes ne font pas concaves. 


PLANCHE 1 


Fi. I. La Clañe des Alkruiken, ou Cruches à huile, comme on les nom- 
me, & qui apartiennent aux Efcargcots proprement dits tels, eft trés-nom- 
breufe. On en voit fix fortes particulieres fur cette Planche. Celle du 
milieu marquée Fig. r. eft le Tigre Malabare.(a) D'autres l’apellent / Oreille de 
Géant flamboyante(b), ou la peau de ferpent colorée.fc) C’eft une Coquiile trés- (a) Mata- 
épaifle, ayant l'embouchure en forme d’oreille couverte d’un brillant de bariiche 
Nacre. Ce brillant perce aufli de biais fur les Contours àtravers un fond bril- pt 
lant de même, & noir comme l’Ebène. Cette couleur noire fe perd aux Con- p.52 
tours fuperieurs , & toute la partie fuperieure femble être de nacre.Cette mé- Riefen- 
me efpèce de Coquilles a aufli quelquefois au lieu de flammes des taches blan- Ohr._ 
ches, & par cette confidération on apelle celle-ci la peau de Serpent, & ’au- CC) die 
tre le Tigre. Mais elles fe reffemblent en un point c’eit qu’elles ont l’une & En 
Pautre près de l’embouchure un trou umbilical aflez large, qui va jufques gcnhaut, 
au dernier petit Contour où ce trou n’a plus qu’une ouverture trés-étroite, 
dans laquelle on ne peut pafler que la pointe d’une petite épingle. 

Figure 2. eft un petit Cornet de pofte(4> dont la Coquille eft fort mince. Sa (d) Poft- 

Couleur eft un rouge-clair. Elle eft trés-proprement ornée d’une bande hôrnchen 
noire, qui bore les Contours, & les extrèemitez de l'embouchure coupée. 
On voit la méme bande fur le dos en travers. Il y a des deux cotez enco- 
re une bande bianche, qui fait tout le tour des Contours, au bout defquels 
la Couleur rouge fe perd & devient jaunatre. Au dedans paroiît un bril- 
lant couleur d’or ou d’argent. Ce qu’il y a à remarquer de particulier, 
c’eft que les Contours ne font élevez nulle part; mais à méfure qu'ils s’e- 
trécifient ils rentrent en dedans ce qui a fait donner à cet Efcargot le nom 
de Trompe d'Elefant, par le raport qu’il y a de cette Coquilie à la Trompe, 
lorfque lElefant la retire & la roule enfemble, pour prendre quelque cho- 
fe, ou pour le tenir ferme. 

Figure 3. Ceci eft un Efcargot nageant, qui apartient aufli bien que la Co- 
. quille fuivante à la Claffe des Cruches à huile. Celle ci eft un peu plus tirée 
en biais. Les Contours en font fort voutez, & l’Ouverture eft faite en 
forme de Lune. Ee fond eft de couleur fauve tacheté de rouge-fonce. (e) Orig. 

Figure 4. eft de l'efpece des Turbans à la Turque(e), Cette Coquille eft Tulban- 
jaunâtre, & eft marquée de haut en bas de lignes rouge-brunes tracées en fe 
angle, comme on écrit en allemand un mou unn. Quand la couieur en jynalat. 
eft plus jaune, on range celle Coquille au nombre des Jaunes d'œufs marbrez, Falcia, ou 
Elle eft mince. Diadena. 

Figure ;. eft une trés-Felle Coquiile un peu enfoncée, à Contours cou- 
pez & difüintts. Le prémier elt ordinairement d’un rouge-brun, à _. 

coque 


24 ER + LS 


lèquel on voit briller du jaune, mais en haut, là où le prémier Contour 
commence à s’applatir & à fe retourner, de même qu'aux petits Contours 
reftans, elle eft bleuë. Le prémier contour eft environne de trois cercles 
marquez altérnativement de blanc & de rouge à la façon des Echelles qu'on 
voit fur les Cartes Geographiques. Elle brille en dedans comme la nacre, 
& n’a point de trou umbilical. | a. 

Fivure 6. Cette Coquille ex forme de Lune n'eft pas autant tirée èn biais 
que les précedentes, & fes Contours fuperieurs font aufli plus grands. La 
Couleur du fond eft comme celle d'une Corne qu’on 2 frottée d'huile, & 
l'on remarque fur les deux prémiers Contours diverfes rangées de taches 
noires oblongues, qui fe perdent aux autres Contours. L’Embouchure eft 
blanche & la Coquille épaile. 

Figure 7. Cette Coquille frifée a beaucoup de raport avec celles auxquel- 
les on donne le nom de Waffau(a). Le Contour inferieur eft feu aufli grand 

(a) Naf que tous les autres enfemble. Le fond eft couleur de Citron. Au fecond 
fauer. Contour on voit des Lignes noires à angles, qui defcendent en zig-zag juf- 

ques en bas à peu près comme les Graveurs reprefentent la marche de l'é- 
clair, & les Contours fuperieurs font comme de la Nacre verte. 

Toutes les Cruches à huile que nous avons décrites jufques ici font unies 
& brillantes, & leur Chair fe mange, 


PLANCHE XL 


Figure r. Ontrouve aufli des Efcargots qui ne font élevez qu’un peu, 
mais d’un coté comme de l’autre. Leurs Contours forment en proportion 
égale une Ligne Spirale comme les Cornets de Pofte. L’embouchure n’en 
eit pas grande, & prefque quarrée, à peu prés comme le profil d’un tuyau 
comprimé. Une des principales Coquilles de cette Clafle eft celle que la 

(by Per- Figure 1. repréfente & qu’on nomme la Perfpettive(b). RuMrH l’apelle 

feitiv-  Cochlea globofa umbilicata. 

Schnecke Elle eft élevée de deux tiers de pouce, & a la largeur d’un gros tu- 
yau de paille. Elle a aufli prefque la même couleur & abfolument le 
même vernis. Mais il eft néceflaire d'en faire une defcription plus 
détaillée. Le prémier Contour eft donc bordé en bas d’un Cercle blanc 
angulaire, qui avance, & fait le tour de tous les contours, jufques à 
la pointe, où il fe perd. Il vient enfuite un autre Cercle plus plat, plus 
large, & aufli élevé, décoré alternativement par tout de taches blan- 
châtres & de brun Chatein. Celui-ci accompagne le Cercle blanc inferieur 
en fuivant tous les contours jufques au bout. A cela fuccède un Con- 
tour femblable à un tuyau façon de paille, jaune à quelques coquilles, 
brun ou bleuitre à d’autres, & ayant à quelques unes des bandes des deux 
couleurs. Les Contours inférieurs font unis, les fupèrieurs ridez, com- 
me fe ride un brin de paille quand on le courbe. 


Figure 


Tab XZ 


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EX + ES 25 


Figure 2. Tournons à-préfent cette Perfpettive, & examinons la par def- 
fous. Nous y trouverons la raïfon de la dénomination qu’on lui a donnée. 
Nous voyons dabord ici comme à la premiere Figure ce Cercle blanc, que 
nous avons déjà décrit, & fur lequel on aperçoit quelquefois des flammes 
jaunes, puis paroît fur ce fond le même Cercle élevé tacheté de brun & 
de blanc, comme à la partie exterieure des Contours. Ce cercle les fuit 
d’un bout à l’autre comme on le peut voir aux Efcargots brifez ou coupez 
par le milieu. Une platte päle, couleur de paille, vient immédiatement 
aprés ce cercle, laquelle platte eft bordée d’un anneau coloré, & enfuite 
d'un cercle fort ridé ou entaillé. De-là on peut voir à travers tous les Con- 
tours, qui aboutiflent en pointes comme les Perfpeétives peintes, & ce 
n’eft qu’ au fond que la Perfpeétive eft fermée. Au refte la Coquille eft 
mince & tranfparente. 

Fig. 3. Parmi les Escagorts, dont les Contours ont beaucoup de ra- 
port avec ceux des Coquilles Sabotes, il y en a de dentez, qui ont au Contour 
inférieur un long bec. Leurs dents ou aiguillons les ont fait nommer Æs- 
cargots-Heriffons, mais on les apelle aufli etes de becafle à caufe du long bec. 
Leur Couleur leur fait donner encore le nom d’ Escargots pourprez. La Co- 
quille de cette espèce repréfentée fur notre Planche eft d’une beauté ex- 
traordinaire. Sa Dénomination propre eft la Tete de becaffe a doubles aiguillons. 
On l'apelle auffi l’Araignée, & encore Chauffetrappe, en latin Tribulus. 

Le prémier Contour eft aufli grand que les autres trois. Ils font mar- 
quez en travers par des petits Cercles élevez, qui font fins, & tout garnis 
de petites bofles. Trois groffes Côtes élevées fortent du plus petit Con- 
tour, & pañent fur tous les autres le long de la Coquille. La première de 
ces Côtes defcend près de l'embouchure, la feconde eft vis-à-vis, de l’au- 
tre côté, & la troifième pañle au milieu fur le dos. Toutes les trois ont 
des Aiïguillions longs un peu courbez, entre lefquels on en voit çà & là 
de plus petits. Ces Aïguillons ont pour la plüpart un pouce de longueur, 
& font trés-aigus, Ils garniflent le bec, qui eft long d’un doigt, & un peu 
courbé au bout, ce qui le fait paroître rompu. 

Figure 4, Quand on confidère cet Efcargot par le bas on aperçoit une 
Embouchure pareille à celle des Coquilles Sabotes, avec une Babine frifée. 
Cette embouchure s'étend par une éraflüre étroite jufques au bout du bec. 
Le Couvercle deftiné à fermer l'embouchure, qui s’apelle en làtin Oryx 
marina, OU Vnguis odoratus, rend une odeur agréable. On s’en fert pour par- 
fumer. En obfervant de ce côté les aiguillons inférieurs on voit à la plu- 
part une éraflure comme l’autre, mais trés-étroite & prefque fermée, tout 
comme fi ces aiguillons avoient eù autrefois une cavité, qui fe feroit re- 
jointe, La Couleur de la Coquille eft un peu rougeitre. Il y en a beau- 
coup de gris-cendré, & trés-peu de blanches. 

Figure $. Nous avons defliné fur cette planche encore un Efcargot-a-vis 
qu'on apelle ?Efälier en caracol irrégulier. La Coquille en eft blanche. Elle 


. eft de la longueur d’un pouce, & a des Contours ventrus, qui vont abou- 
| D tir 


26 RS + ZX 


tir en pointe en s’appetiffant proportionellement. On voit tout le long des 
Contours des Côtes élevées, qui femblent les tenir joints l’un à l’autre. 
L’Embouchure en eft prefque ronde, & comme bordée par l’une des côtes. 
Ce en quoi cette Coquille diffère de celle, qu’on nomme l’Efcalier en caracol 
regulier, c’eft que fes Contours font plus pres l’un de l’autre, & d’ailleurs 
ceux de la dernière, font plus ventrus, plus courts à proportion, & d’une 
ftruéture beaucoup plus belle. 


PLANCHE XIL 


(a) Kriv- Eicure r. repréfente un Æfcargot à toupie (a) & coloré, tout à fait char- 

fel-Schne- mant. On l’apelle ainfi à caufe que pofé fur fa pointe il refflemble fort aux 

cke. toupies (b) dont les Enfans jouent. Ses Contours font plats, s’étréciflent peu 

(b}voyez à peu proportionellement, & vont enfin aboutir en pointe. Ilya ici une 

Dittion. Remarque particulière à faire, c’eft qu'aux autres Efcargots les Contours 

de Kiche- font plus ou moins coupez & diftinéts l’un de l’autre, & fe recourbent en 

nn dedans dans une circonférence plus petite, au lieu qu’ici un Contour dé- 
paffe l’autre en forte que le Contour fupérieur paroit toüjours repofer fur 
celui qui fuit, comme on voit les tuiles difpofces fur les toits. Les coupu- 
res des Contours fupérieurs, qui dépaflent ceux qui fuivent, font un peu 
noueufes, Le fond eft de couleur blanchâtre, & couvert ça & là de ta- 
ches, qui font d’un rouge foncé. Entre ces taches on aperçoit des lignes 
d’un rouge clair. Prés de l'embouchure, qui a l'éclat de la nacre, ilya 
quantité de taches incirnates grandes & petites, & beaucoup d’anneaux 
ronds entaillez. Toutes les Coquilles de cette efpèce portent aufli le nom 
de Piramides. Les Hollandoïs les apellent Baggue-drellen © eft à dire Pets de 

(> Non- Nonne. (C) 

nen- Fioure 2. Nous avons vü fur la Planche XI. une féte de becaffle à doubles 

FürYSe dents; celle qui fe préfente ici eft une Tête de becalle fans aiguillons que quelques 

(ay pie uns apellent le petit Seau(d), ou le petit Puifoir a manche (e), parce qu’il femble 

Schuffe. qu’on puifies’en fervir pour puifer. Cet Efcargot apartient à la Clafle des 

@ . Das Efcargots pourprez à bec proprement ainfi dits. La Coquille eft marquée de 

or na nœuds fur les Contours, & en travers aiternativement de lignes brunes & 

dem Stiel. blanches en fillons. Trois groffès côtes comme des bourrelets regnent 

Latin. tout du long. , 

Harjiebum Figure 3. L’embouchure de l'Efcargot précedent cft repréfentée ici. 
Elle eft rougeître, prefque ronde, & aboutit à une fente étroite qui regne 
tout le long d’un bec mince, & s'ouvre un peu à l’extrèmité. Ce bec, 
brun de couleur, eft garni en haut de quelques raves élevées, qui montent 
en biais en tournoyant, ce qui le fait paroitre comme une coïonne torle. 
Il y a encore à obférver que embouchure ef mince, & a des babines peu 
dentées qui vont du bas droit en haut. D’auieurs ia Coquille eft fine, blan- 
che au dedans, & prefque tranfparente. 


Fioure 3 


Ta bXIT 


0 


un” 
\ 


” 


CRT 


Tab XII 


EX + EX 27 


Figure 4. Cet Escargot en toupie ne cede point en beauté à celui que 
nous avons décrit cy-deflus (Fig. 1.) La Struéture eft la même, mais celle- 
ci a fur fes Contours deux rangées de petits noeuds l’une fur l’autre, dont 
la rangée inférieure a les noeuds les plus épais. Un Verd celadon s’y re- 
pand comme en ondes tremblantes, qui fuivent la marche des Contours. 
Le fond plat du prémier Contour eft juftement fait comme à l’'Efcargot 
précèdent de cetteefpèce, mais les taches en font d’un rouge pile & ver- 
dâtres. L’embouchure eft dentée, & fe retourne un peu plus en dedans 
par une cavité, à peu près comme un tournant d’eau. 


PLANCHE XIII 


La riche Claffe de Coquilles, aux quelles on donne le nom de Porce- 
laines, nous fournit ici un très beau Klippkous, qu'on apelle Tortuë, ou en la- 
tin Concha tefludinaria. Cet Escargot a un dos élevé un peu boffu, qui d’ail- 
leurs eft uni & brillant. La couleur en eft un brun de chateigne, par-ci 
par-là un peu blanchätre, parfemée en particulier aux côtez de taches blan- 
ches tirant fur le jaune d’un brun foncé vers le ventre, & tout-à-fait noi- 
re au bord. A l’une des extrémitez où l’on trouve des veitiges presqu”? 
imperceptibles de petits Contours fortans fur une pointe pleine de noeuds, 
la Coquille eft plus large qu’à l’autre. Mais l’ouverture eft également éle- 
vée aux deux bouts. La fente n’eft point dentée aux extrémitez. 

Figure 2. Le ventre de la Porcelaine que nous venons de décrireeft d’un 
brun foncé avec une lueur bleuître. Vers le milieu cette couleur tombe 
dans le jaunâtre, après quoi vient l'embouchure dentée. Toutesles dents 
font fort élevées, d’abord d’un brun rouge, & à méfure qu’elles entrent 
dans la coquille elles aprochent plus du blanc ou du jaunatre. La couleur 
intérieure eft blanchätre mais fort ombrée. 

Figure 3. La plus grande partie des Coquilles Sabotes, dont le nombre eft 
trés-confidérable, font de groffes pièces. Cependant on entrouve aufli de 
cette espèce de petites qui font extraordinairement mignonnes. Telle eft 
celle dont nous donnons ici la figure. Ce petit Cornet a quantité de Cercles 
élevez & grainez, preflez l’un contre l’autre, qui font le tour de tous les 
Contours. Ces Cercles font d’un rouge-brun, & les Sillons qui les fépa- 
rent d’une couleur un peu moins haute. On trouve ça & là aux Contours 
des rebords élevez, comme s’il y avoit une nouvelle pièce ajoutée. La 
pièce entiere paroit de tous les côtez tournée en biais, & entre deux on 
aperçoit par fois un rebord d’un beau bleu. 

Figure 4. eft le côté opofé de la même Coquille Sabote. On y voit l’em- 
bouchure bleuë, entourée d’une babine blanche épaiffe & frifée, quiabou- 
tit à un bec court tourné en biais. La Frifure de la babine provient des 
Cercles élevez extcrieurs, qui y aboutiflent & la dépañfent, & entrent ainfi 
dans la même élevation colorez de bleu dans {e Contour. 


D 2 Fivure 


(a) Zacobi- 
ter- oder 
Strabl- 
Majchel. 


28 RX + ZS 


Figure 5. La dernière pièce de cette Planche eft un Escargot nageant 
formé en demi-Lune, La Coquille en eft d’un beau blanc, & brille com- 
me un yvoire poli. Le dos eft décoré de diverfes bandes noires ou ra- 
yons, qui le traverfent en ferpentant a diftance égale l’un de l’autre. Ces 
rayons paroiïflent à l’oeil comme de |” Ebéne noire raportée avec beaucoup 
d’art de finefle & de propreté fur un fond d’Yvoire. La Coquille eft fub- 
tile & transparente. RumrH l’apelle Falvata ottava five tenuis. 


PLAN GET EXT, 


Figure 1, Cette Coquille à rayons, où Coquille Facobite, (a) comme quelques 
uns l’apellent, apartient à la Clafle de me qui portent le nom de Man- 
teau roïal. On les nomme Manteaux, parce que leurs raions reffemblentaux 
plis d’un Manteau quand il eft fur les épaules, & les oreilles repréfentent 
le Collet. Quoique la plüpart de ces Cogrilles Facobites ayent à peu près la 
même figure, on ne donne cependant particulièrement lenom de Manteaux 
qu’à celles dont la figure eft la plus jolie, & la Coquillela plus nette. S'il 
s’y trouve de belles taches, on les apelle des Manteaux bigarrez. Mais lors- 
que ces taches font d’une couleur éminemment belle & pour ainfi direRo- 
ïale, & que la Coquille fe diftingue par fa netteté & par fa finefle, on lui 
donne par préférence le nom de manteau royal.  Alégard de la Figure, des 
Côtes, & des Rayons, on n’a qu’à relire ce qui en a été dit à la Planche 
IV. & V. Celle-ci cependant n’a point de bofles , mais des rayes delica- 
tes, qui forment des Sillons trés-fins. La Couleur en eft jaunàtre & rou- 
ge, où l’on voit des taches irrégulierement diftribuées, qui font d’un rou- 
ge-foncé, & qui paroïffent comme les ombres des plis d’un manteau fufpen- 
du. En haut vers la fermeture, il y a un anneau obfcur, qui ne paroit an- 
e. que parce qu’il entre dans les Sillons ou la Couleur femble fe ré- 
pandre. 

Figure 2. eft le Couvercle de la Coquille précedente. Il eft tout plat, 
& paroïit même être comme un peu enfoncé vers la fermeture. Sa Cou- 
leur diffère un peu de celle de la Coquille inférieure, ce qu’on voit à tous 
les Couvercles. Celui-ci a une large bande jaune en forme d’anneau au 
beau milieu. Les Côtes au bord extérieur font aufli elévées que celles de 
la coquille ventruë. Mais ces côtes fe perdent vers la fermeture là où le 
Couvercle paroit étre enfoncé, & femblent l’avoir été aufli, de forte qu’on 
n’en aperçoit presque aucun veftige. ; 

Fo. 3. repréfente une efpece particulière de la Claffe des Porcelaines 
On les apelle dos éievez, parceque ces Coquilies font entourées au travers 
du dos, & un peu plus pres d’un bout que de l’autre, par un haut bour- 
relet. Ces Coquilles font unies & brillantes. Leur nom hollandois eft 
Jamboefck. 

Figure 4. eft la même que la précedente, mais placée de façon qu’on en 


voit l'Embouchure, & l’intérieur. Ici elle eft blanche, au lieu que lau- 
tre 


: Ta bXI 


A 


ge. 


EX + LS 29 


tre partie eft jaunätre. Elle reffemble aux autres Porcelaines en ce que l’em- 
bouchüre y eft en long, mais elle en differe en ce qu’elle n’a pointde dents, 
& qu'aux extremitez elle ne fe relève point fi fort vers le dos. 


PLANCHE XV. 


Fiure 1, La prémière pièce de cette Planche eft un Efcargot incompa- 
rable, qu'on nomme PEfcargot en cylindre, où en rouleau, parcequ’en effet fes 
Contours femblent être roulez les uns fur les autres. Le prémier Contour 
prend prefque toute la Coquille. Les autres ne paroïflent qu’un peu, & 
fe terminent en une pointe fine & délicate. L’embouchure va‘en long, où 
l’on voit des rayes épailles, élévées & courbes. La Coquille en eft par 
tout trés-épaifle; mais unie comme un Verre poli, & brillante comme un 
Miroir. On l’apelle aufli par cette raifon le Cylindre ou le rouleau de porcelaine, 
& quand elle eft bien marquée & qu'elle a de belles couleurs on lui donne 
aufli le nom d’Efcaroot d'Avathe. En general elles font en haut un peu plus 
larges & plus ventruës qu’en bas, mais lorfqu’elles font tout du long d’une 
largeur abfolument égale, on les nomme Dafte. On en excepte celles dont 
les Contours s’élevent plus qu’à l’ordinaire, qu’on met dans la Claffe des 
Barroirs de Tonnelier.  Intérieurement les Embouchures font blanches, rou- 
ges, couleur de Saffran, bieuatres, &c. Pour ce qui concerne particulie- 
rement le cylindre repréfenté dans cette figure, il faut le compter au nom- 
bre des beaux Efcarvots d'Avathe. La Coquille en eft rougeitre, & eft mar- 

uée de quantité de lignes ou rayes d’un rouge-foncé, qui forment toutes 
d'un cote un efuece de Reëtangle, & paroiflent être pofées par les coins 


les unes für les autres, ce qui fait un trés-bel effet. On aperçqit encore 


au bas une bande bieué un peu élévée, & tirée en biais. #6 (149 af eo 102 


Figure 2. eft un Cornet en cœur d’un brun-chatein dont les Contours garnis 
de dents obtufes ne s’élévent que tant foit peu par le haut au bord. Cette 
Coquille eft marquée de taches blanches figurées en cœur & brillantes com- 
me l’Yvoire, qui vont en rangées tirées un peu en biais fur le Contour ex- 
térieur depuis le bas jufques à la Couronne, où la rangée, qui a commencé 
à la pointe du premier Contour, femble entrer au fecond dans l’'embouchu- 
re, où elle fe perd. On peut relire ce qui a êté dit fur ce fujet à la qua- 
trièéme figure de la feptième Planche. 

Figure 3. On l’apelle Coin de beurre. La Coquille en eft jaunatre. Elle 
eft ceinte de lignes étroites & de bandes larges, qui ne font point élévées. 
Les lignes confiftent en petits points bruns, & les bandes en taches brunes 
fur un fond blanc. Les Contours n’avancent pas. Ils font plats & unis 
fans dents. Il n’y a que les deux derniers, qui avancent tant foit peu & fe 
terminent en pointe obtufe. Rumph nomme cette Coquille Voluta fafciata, & 
en fait la troifième efpèce de celles qui portent en holiandois le nom deSpel- 
derverks-Kiifen, où Coufjin a fufeaux. 


D 3 Figure 


+. 
le 70.49! ge 
Fa 


3° LA + 23 


Figure 4. Celle-ci porte le nom de Coruet de bois de Chêne. Elle a une con- 
formation femblable à la précedente, à cela près que tous fes Contours s’a- 
vancent peu-à-peu. Le fond en eft proprement blanc, mais comme les 
lignes jaunes qui s’y trouvent en quantité femblent communiquer leur cou- 
leur au fond, comme une goute d'encre qui tombe fur une feuille de pa- 
pier brouillard, il paroît jaunätre. La Coquille eft entourée au milieu & 
vers l'extrémité inferieure d’une bande unie de brun foncé fur un fond 
jaunitre, laquelle bande confifte en plufieurs lignes brunes ondées trés- 
fines & contiguës l’une à l’autre. On voit fur la bande inférieure trois pe- 
tits anneaux minces, qui ne font pas plus gros qu’un fil. Elle eft blanche 
en dedans, mais les bandes brunes paroiïflent à travers. 

Figure 5. eft de la Clafle des grilles. On l'apelle /a petite tour à anneaux, 
ou apls, en latin Turricula plicata. La Coquille en eft afez épaifle & fes Con- 
tours ont du haut en bas tout autour de fortes côtes aigues par les bords au 
bout de chaque Contour, qui femble par cette raifon être denté là où 1l a- 
vance. La couleur en eft un gris-cendre, quelquefois tirant un peu fur le 
brun. Une ligne noire fait autour de tous les Contours en haut le tour, 
mais elle eft interrompuë, ce qui la fait paroitre comme fi elle pafloit fous 
les côtes en partie. Au milieu il y a une large bande de brun-foncé, qui 
fait en travers le tour du prémier contour. Sous cette bande on remarque 
quelques anneaux fins de la groffeur d’un fil. 

Figure 6. n’eft là que pour prefenter l’embouchure de la Coquille pré- 
cèdente. Elle eft blanche, & non feulement les bandes brunes paroïlffent 
à travers, mais de plus la Couleur brune pénètre le plus fouvent la coquil- 
le de part én part, & même affez fouvent cette couleur eft plus vivement 

“marquée en dedans qu’en dehors. 

Figure 7. eft de la Clafle des Cylindres de Porcelaine, dont il a êté déjà que- 
tion a l’occafion de la prémiere Figure de cette Planche. Mais celle-ci 
eit de l’efpéce qu’on nomme Dattes à caufe que leur Diamétre eft à peu près 
par tout le même. Sa Couleur eft un brun-foncé, lorfqu’elie n’eft pas trop 
ufce. Le dedans eft blanc tirant fur le bleu ayant un petit bord brun. La 
Coquille eft aflez épaifte, & ne court guéres le rifque d’être brifée de quel- 
le maniere qu’on la faififle. 


Ç*) Gien- PLANCHE XML 
Multheln. = 
Cefont cel. Fire 1. On compte dans la Clafie des Moules baillantes (*) àcotez iné- 


_. ds gaux ces Coquilles larges, quarrées en biais que l’on nomme petits bateaux. 
His Ou Celle qui eft deflinée ici porte le nom d'Arche de Noé.  RuMPH la met au 
vent en. nombre de celles qu’on apeile en latin Peflines, ou Coquilles a peicne. La Cou- 


trouvertes, leur en eft fauve ou brune, & fe ftruéture eît particuliere. Les deux Co- 


_ latin. quilles font ventruës & entre deux à la fermeture il y a une coupure platte 
hollindoss & large en ligne droite qui tient les deux becs éloigncz l’un de l'autre. On 
Dore voit fur cette coupure platte des quarrez tirez l’un ur l’autre en lignes 


biunes 


TaBXTT. 


pa 


| 


À 
ê 
(ê 


ZX + ES 31 


brunes un peu entaillées. Le quarré du milieu, qui eft le plus petit, fe 
trouve placé précifément entre les deux becs. Quand on pofe le coté le 
plus mince en bas, la Platte a juftement la même figure que ces dragons de 
papier que les Enfans font voler. De la fermeture en bas il y a quantité de 
côtes élevées de la groffeur d’un fil épais qui s’éloignent peu à peu lesunes 
des autres à mefure qu’elles avancent fur la partie la plus longue de la co- 
quille. Ces côtes font traverfées par des lignes plus minces, telles qu'un 
fil fort fin, ce qui forme prefque une efpéce de rêts de Chafleur, Au re- 
fte les deux Coquilles font égales. 

Figure 2. Nous préfentons ici la partie intérieure de l’une des deux Co- 
quilles dont nous venons de parler, pour en prendre occafion de faire re- 
marquer aux amateurs le bord fupérieur tiré en ligne droite. Ce bord eft 
-denté très-finement d’un bout à l’autre, & quand on y pañle le doit on di- 
roit qu’on touche fur la plus fine fcie qu’on puiffe faire d’un reflort de mon- 
tre. L'autre coquille à les mêmes dents, & quand on joint les coquilles ces 
dents fe ferrent les unes dans les autres, & tiennent ainfi les deux Coquil- 
les jointes enfembie. 

Figure 3. Cette Coquille en quille ou en Cone a toutes fortes denoms. On l’apelle 
Leopard, Cornet tiré à bandes d'orange, Cornet de lAlphabet, & toutes ces deno- 
minations diverfes ne proviennent que de la différence des taches qu’on 
remarque fur cette efpece de Coquilles. Quand les taches font grandes & 
figurent quelques Lettres Hebraïques on apelle cette Coquille le Cornet de 
T Alphabet Hebreu. Si le fond en eft jaune comme du beurre, on la nomme 
Coin de beurre. Ces Cornets font garnis de deux, ou de trois bandes, & quel- 
quefois de davantage, tantot larges, & tantôt ne paroïffant que comme des 
lignes jaunes. Quelques fois deux rangées detaches quarrées épaiiles tien- 
nent entre elles une rangée de petites taches. D’autres fois une feule ran- 
gée épaifle fetrouve entre deux rangées minces. On en trouve aufli où 
toutes les taches font de grandeur égale, & fe trouvent aufli placées à di- 
ftance égale l une de l’autre. Toutes fe reflemblent en ceci, c’eft queces 
Coquilles font fortes & péfantes, quelles ont un fond blanc marqué de ta- 
ches brunes & noiratres en rangées, à travers lesquelles paflent ici-& là 
des raies jaunes. Les Contours n’avancent point au déhors : au contraire 
chacun a au fond un bord un peu concave, comme une goutiere. 
| Figure 4. eft de la Claffe de Evuilles. Elle eft d’une longueur confidé- 
rable & belle à voir. Ses Contours ventrus s’élevent en Piramide. Ils 
font mouchetez de blanc & de rouge, & garnis de rayes. On y voit plu- 
fieurs boffes placées vis à vis l’une de l’autre. Le prémier Contour placé 
en bas a différentes rides, qui aboutifient à embouchure. Cette embou- 
chure eft jrefque toute d’un coté & a une babine épaitie frifce qui au mi- 
lieu de la partie inférieure fe termire en unpetit bec court, lequel fe cour- 
be ei biais. Le dedans eft bianc comme neige. On l’apelle lEfcargot boffn 
8 vis, en latin Sirombus angulofus, où la Vis de tambour raboteufe. (*) 


Figure 


()Rauhe 
‘Frommel- 
Schraube. 


(a) Efcar- 
got- Nan- 
xus. c'eit 
le terme 
chinois. 


32 EX + LAS 


Figure s. Ceci eft une Cogrille Subote peu commune. Elles eft de cou- 
leur de fleur de pommier fur laquelle on voit des flammes d’un rouge-fon- 
cé. Le premier contour eft garni d’une bande jaunâtre. La Coquille éft 
mince & brillante ; d'ailleurs elle reflemble aux autres Coquilles Sabotes, 
à un feul article prés , à l’egard duquel fa Conformation en différe, ce qui 
rend celle-ci remarquable. Voici cette difiérence.  Prefque tous les Es- 
cargots, quand on les tient devers foi de maniere que l’embouchure ouver- 
te foit vis-à-vis de l’oeil, ont géneralement la bouche tournée à la droite 
de l’obfervateur, & les Contours fe courbent en tirant du coté de la main 
gauche. Ici c’eft précifement l’opofé. Car dans la même polition cette 
Coquille a l’embouchure du coté gauche , & les Contours tirent vers la 
droite, ce qu’on voit trés-rarement. Au refte cette Embouchure a une 
babine épaifle retrouflée & eft blanche en dedans, Une Coquille fembla- 
ble porte le nom d’Efcargot - Xanxus. (a) 


PLAN CAE. X'VTE 


Figure r. On voit ici une efpèce particuliére de Cafque garni de bof- 
fes, qu’on nomme par cette raïfon le Cafque raboteux.  RuMrH donne à ces 
Coquilles le nom de Cochlee globofe, en hollandoïis Belhoorns , ou Efcarvot à 
se & alors on peut fort bien l’apeller l Efcargot à grelots raboteux, ou 
” Efcargot à grelots garni de bofféttes. La Coquille en eft regulierement ridée, 
& marquée en travers d’anneaux, de rayes, ou d’entailles, qui vont tou- 
tes aboutir à côté prés de l'embouchure contre une grofie babine. Aprés 
cela il y a cinq rangées régulières de boflettes. Ceiïles des trois rangées du 
milieu s'élèvent perpendiculairement droit en haut. Celles de la rangée 
la plus baffe font un peu couchées, & celles de la rangée Supérieure s’in- 
clinent aufli vers les Contours, lefquels n'avancent guéres en dehors. La 
Couleur eft roufle, l'embouchure blanche & large. 

Figure 2, On trouve des Coquilles, qu'on ne peut proprement met- 
tre ni parmi les Efcargots, ni parmi les Moules. Telles font les oreilles de 
Mer, qu’on apelle aufli Moules de Nacre de perle. On ne peut les regarder 
comme Efcargots, parce qu’elles n’ont pas un féul Contour entier, & on 
ne peut les cenfer Moules, parcequ'elles n’ont qu’une Coquille, & point 
de Couvercle. On ne laifie pas de les ranger dans la Claffe des Efcargots. 

L'oreille de Mer repréfentée ici eft de la plus belle efpèce. On y trou- 
ve un petit veltige de Contour du centre duquel fortent en demi-cercle 
des rayes innombrables, qui groflifflent à mefure qu'elles s'avancent, & 
couvrent toute la coquille. De l’autre côté de cette façon de contouron 
voit des rides, qui paroïflent partir de l'embouchure, & s’élévent en haut 
comme des ondes larges qui s’entrepouflent vers le rivage. Ces Rides 
forment des coupures fur la Coquille, qui y forment une Courbure conca- 
ve. Au bord exterieur du Contour on voit une rangée de points fort 
brillans, qui reflemblent à des yeux d’Infeétes, qui deviennent toujours 

plus 


ES 4 L | : 
ai e LE Le | 
a : h L 
M NO 
L Û | : 
L 


ZX + L<$ " 83 


plus gros à méfure qu'ils s’aprochent du bas, & paroiïffent enfin en bofïet- 

tes, qui brillent comme des grains transparens. Ils paroiffent à la fin con- 

caves & grands, & comme enchaflez dans du cuir , la partie du milieu 

étant toujours la plus élevée autour de l’ouverture. Partant de là la Co- 

quille fe replie tout d’un coup en un bord de la largeur d’un doigt, ce 

qui eft caufe de l’extrémité élevée , qu’on voit en dedans à un des cotez 
e la coquille. 

Figure. 3. En obfervant cette Coquille de l’autre coté on voit encore 
plus diftinétement que le Contour apparent, n’eft qu'une petite cavité, 
qui va un peu en biais & fert à l’animal pour fe tenir ferme. Les Points 
& boflettes qu’on voit au dehors, font, quand on les confidere au dedans, 
concaves jufques à la moitié, où elles s’enfoncent & forment les trous dé- 
crits cy deffus. On trouve quelquefois dans cette rangée des perles pré- 
cieufes, & l’Huitre habitante de la Coquille tire l’eau ou la rejette par les 
trous, quand elle s’eft fortement attachée foit fur le Sable foit contre un 
rocher. La Coquille même n’eft pas trop épaifle, mais fa couleur, foit 
dedans foit dehors, eft fi belle, qu’il n’eft prefque pas poflible d’en don- 
ner une idée jufte, Comme toute la moule eft de nacre de Perle, elle a 
un brillant extraordinairement magnifique. On y voit éclater tour-à-tour, 
& en changeant, un Verd celadon gai & foncé, qui tombe en fuite dans un 
rouge ardent, tantôt ponceau tantot clair. Cette Coquille eft toute plat- 
te d’un coté, mais de l’autre, elle a un bord élevé ; large d’un doigt, 
qui fe replie de nouveau par une Courbure refflemblante à un gros ourlet. 

Figure 4. eft un Efcaïgot en cone, ou en quille, dont les Contours ne font 
point élevez. La Coquille en eft blanche, épaifle, & a le brillant de la 
Porcelaine. Elle devient un peu rougeitre au fond des Contours, & eft 

arnie tout autour de tache quarécs brunes ou noirâtres régulièrement di- 
ribuées en rangées. On l’apelle le Cornet tigré blanc & noir , ou le Livret de 
l'A. B. C. (a) &c. Onla met au nombre des Coins de beurre blancs. ABC. 

Figure s._ Nous avons vü au haut de cette planche un Cafque à boffettes. Büchel- 
En voici un 4 pointes où à aiguillons. Les Hollandois l’apellent Schildpadde-Star- 8°n: 
ten, c'eft à dire Queuës de tortuës, en allemand schildkroeten-Schwanze, où aufli 
Bette-tyk; c’eft à dire Fourrure de Lit rayée, en allemand geffreift Bett-Zeuo. De 
tous ces noms on pourroit compofer celui ci le Cafque a doubles aiguillons en 
fourrure de lit rayée. Celui-ci a en bas une rangée & en haut deux d’aiguillons 
obtus, qui fortent de la hauteur d’un quart de pouce. Les Contours qui 
ne font guëres élevez font tellement au large l’un dans l’autre, qu'on peut 
voir fort avant entre deux la Continuation des aiguillons, La Coquille eft 
épaifle & péfante, d’un brun-rougeitre, garnie de bandes blanches étroi- 
tes, fur quelques unes des quelles les aiguillons font pofez. Au dedans el- 
le eft blanche comme de la chaux. 


E PLAN- 


34 RS + ZX 
PAL ANN CE OV 


Fioure 1. apartient à l’efpèce des Ævate-Bakken unies & brillantes, ou 
des cylindres, ou des Porcelaines. Elle eft conuë fous le nom d°Efcargot aux 
nuées. Elle eft bleuâtre, & marquée de nuées blanches. Il y a en travers 
des rayes , lesquelles font fi fines qu’on à peine à reconoître à la vüë les en- 
tailles que ces rayes forment, mais on peut s’en convaincre par l’attouche- 
ment. Le dedans eft rougeatre. Les Contours paroïflent être par en haut 
un peu au large les uns dans les autres, puis qu’on peut pañer par toutune 
tête d’epingle dans l’ efpace qui eft entredeux. 

Figure. 2. eftune charmante petite Coquille à rayons, qu’on apelle la C- 
quille d'Orange. Elle eft en dedans d’un rouge-brun, & en l’obfervant à tra- 
vers vis-à-vis d’une lumiere elle paroïit étre d’un rouge ardent, ou cou- 
leur de feu. Les Côtes en font unies, cependant on y voit deslignes fines 
tout du long dans les fillons. 

Figure 3. eft une belle repréfentation d’une jolie Moule en forme de cœur. 
Elle eft de celles dont les cotez font parfaitementégaux, & qui font .galement 
ventruës de part & d’autre, c’eft à dire dont une coquille eft faite com- 
me l’autre. Ce qu’il ya de plus remarquable, c’eft-que lesbecs fe touchent, 
ce qu’on ne trouve pas à toutes les autres Moules de cette Claffe. Les Co- 
quilles en font blanches, minces, rayées, & un peu ridées, ce qui cepen- 
dant ne paroit pas beaucoup. Les becs, qui font précifément au milieu, 
fe retournent fubitement en pointe, & fe courbent fort, ce qui forme des 
deux cotez un enfoncement fur la Superficie exterieure autour duquel les 
côtes fe recourbent avec égalité. Les Coquilles fe joignent admirable- 
ment l’une dans l’autre. Cette Moule a encore une autre figure fort difi- 
cile à décrire, car les Coquilles fe feparent tout autrement qu’à d’autres 
moules à deux coquilles, vu que l’ouverture va droit à travers de la Su- 
perficie. Cette Superficie eft en effet presque platte, & celle de l’autre 
côté eft beaucoup plus voutée, & méme un peu en pointe, de manière 
qu'il y a ici pour ainfi dire trois côtez, fçavoir celui qui paroit ici fur la 
Planche, & deux à la partie poftérieure. 

Figure 4. eft pareïllement une Moule en cœur, avec cette feule difference 
que la Coquille de celle-ci eft un peu plus épaifle, grife de couleur, & un 
peu plus ridée fur fon élevation. 

Figure $. Comme cet Efcargot par fa babine avancée a de la reffemblan- 
ce avec cette petite voile, qui eft attachée au Gouvernail des vaifleaux, ou 


€*) en al- au mât d’artimon, on l’apelle Foie d'artimon, en latin Epidiomis(*). La co- 


Jemand 
Bejans-Se- 
gel. 


quiile en eft unie, brillante, épaifle, en particulier fa babine, ou la levre 
de l'ouverture fe termine en un gros bourrelet, qui a l’éclat de la nacre. 
Les Contours s’élevent en haut en forme d’une petite Tour, qui finit en 
pointe. À l’égard de la couleur le fond en eft jaune-pàle marqueté tout au 
long en defcendant de rayes crochuës ou ferpentines. En avançant ee 

= 


Tab XV IL. 


ab. XIX. | 


ES 
\ | A ET WA \ 
| AN 


LK + ES 35 


le premier Contour ces rayes paroiffent plus droites, plus larges, & plus 
groffes. Au coté inferieur & au dedans la Coquille devient blanchatre ou 
d’une couleur d’argent brillante. 
Fivure 6. Le Barïoir de Tonnelier marbré d'Orange que l’on voit ici eft un trés-belEf- 
cargot en cornet a coquille épaiffe.Le fond en eft couleur d'orange fur lequelon voit 
tout le long des rayes d’un brun foncé qui defcendent en ferpentant. Cà 
& là on aperçoit des taches blanches, & le plus fouvent en haut & au mi- 
lieu une raye blanchâtre, Quand ces rayes blanches font coupées régulie- 
rement en bandes on range cette coquille au rang de celles, qui parmi les 
Barroirs deTonnelier portent le Nom d° Amiral, ou celui de Vice-Amiral(*). Quel- (*) Schou 
ques curieux l’apellent aufli 4chaat-Toot, ou Cornet d'Agate. ANR 


PLAN GHE XIX. 


Figure 1. Nous avons préfenté cy deflus à la Planche VI. Figure 5,une 
Coquille FIEUE en afjiette à cotez inégaux, & ici nous en voyons une rougeitre de 
la même efpèce 4 cotez égaux, à laquelle on donne aufli le nom de Rayon du 
Soleil, ayant en effet toutes les mêmes proprietez de l’autre. 

Figure 2. eft une Coquille à rayons trés-fine, à oreilles inégales ; les côtes en 
font prefque unies, & pourtant un peu entaillées par des rayes fubtiles. 
Le fond eft de couleur cendrée, entremélée de rouge-päle, ouclair, & di- 
vers arcs d’un rouge-foncé couvrent prefque toute la coquille. Ces arcs 
paroïflent tous être un peu retirez vers le milieu par des Cordons comme 
un rideau de fenêtre, & font tous marquez de petits points ou taches blan- 
ches, qui y femblent par fois répandues , comme de petits grains de fel. 

Figure 3. La plüpart des Moules de mer à côtez inégaux font un peu tirées 
en biais, ayant de fortes côtes dont les parties font enchafées les unes dans 
les autres par un tour incomparablement vif & hardi. Celle qui eft repre- 
fentée ici eft d’un gris cendre, laCoquilleen eft épaifle, &blanche par de- 
dans. Les cotes ou rayons en font fort élevez, & on y voit en travers de 

rofles écailles concaves & relevées, ce qui les fait aufli apeller des moules 
a écailles, & comme ces écailles reflemblent aux ongles de l’homme, on les 
nomme quelques fois Moules à ongles. On en trouve de cette efpece dont 
une Coquille feule péfe plus de deux, & aflez fouvent jufques à trois 
Quintaux. Et comme on a préfumé, vü cette énorme grofleur, que ces 
Moules devoient être trés-anciennes & tirer leur origine du tems de Noe, 
on leur a aufli donné le nom de Moules du Père Noé 

Figure 4. Ceci repréfente un Efcargot formé en figue.On n’y peut diftin- 
guer que deux, ou tout au plus trois Contours, qui ne fortent prefque 
point. Le prémier eft fort ventru & fe termine en Col oblong. On aper- 
çoit fur la Coquille des petits cercles fins, qui vont en travers & tout du 
long il y a fur le milieu du prémier Contour un Sillon un peu large, mais 

peuprofond. La Couleur en eft un gris-cendré. Toute la Superficie de 
l'Efcargot eft marquetée de taches, rayes, & petits points rougeûtres. La 
É2 Coquil- 


36 XX % XX 

Coquille en eft affez mince, & l'Embouchure large. Cette dernière eften 
dedans d’abord blanche, puis grife, un peuplusavant brune, & enfin rou- 
geitre. On j’apeile encore le Zut, la Retorte, le flaccon de Mer, mais le plus 
fouvent la Fivue. 

Fivure .. On compte aufli cet Efcargot parmi les Figues de mer, quoique 
celle-ci differe de la précédente en ce qu’elle eft moins oblongue. RumrH 
l'apelle Rapa, en Hollandois Knol où Rave ronde, cependant il sange cet Ef- 
cargot & le précedent dans la Claffe des Efcargots à boule, ou en globe. 
Celui-ci différe encore de l’autre en ce qu’il eft uni, qu’il a un plus grand 
nombre de Contours, le Col plus court, & l’embouchure plus large. Les 
Contours font plus tournez en dedans qu’élèvez en dehors. Lacouleurde 
celui-ci eft celle de fieurs de pomme, ou couleur de chair; ila un Colrou- 
geitre qui femble avoir été tordu par force, & cela à en juger par des ra- 
yes qu’on peut diftineuer par l’attouchement. Ce cou paroit rompu. On 
peut nommer cet Efcargot le Faccon de mer, & le mettre au rang des Efcargots 
a nombril. Au dedans la Coquille eft rougeitre & femblable à celle que nous 
venons de décrire fig. 4. 


PE A N'COHE XX 


Kivurer. Entre les Coquilles Sabotes & les Efcargots, furnommez Eguil- 
tes, ii y en a encore une autre efpéce dont le prémier Contour eft ventru 
comme aux Coquilles Sabotes, & tous les autres fortent comme aux Eguil- 
les, & l’on y remarque une Embouchure longue & étroite, qui fe termi- 
ne en un bec court. On l’apelle Fufeau. Tel eftl Efcargot repréfenté ici 
fous la Figure 1. & celuicieft de ceux qu’on nomme Fufeau court. Quant à fa 
conformation, on voit que les Contours ont au bord des boffes ou élevati- 
ons obtufes, plus plattes au prémier Contour qu’aux autres. Apres cela 
toute la Coquille eft ridée ou garnie d’un bout à l’autre de Cercles élevez, 
qui vontentravers, & entre lefquels il y a autant de Sillons de la même 
profondeur, tout comme fi cette Coquille étoit envelopée ‘de loin à loin 
d’un grosfil. Elle eft en bas d'un brun-foncé, & en haut vers les petits 
Contours ce brun-fonce devient brun tirant fur lerouge. Une bande blan- 
che entoure tous les Contours, au milieu de laquelie on voit un petit Cer- 
cle brun aïlez large. Cette bande blanche pénètre la Coquille, & on peut 
la voir en dedans par l'embouchure.  Dailleurs toute l’embouchure eft 
d’un brun-clair. 

Figure 2. Parmi les Efcargots à une Coquille on en trouve une efpèce 


(D Schif. platte & concave, à qui fa figure a fait donner le nom de petit Plat (* ) ou 


elchen. 


C°) Klip- 
kKleber. ? 


petite latte. Rumpx l’apelie en latin Lepas, où Patella. On ies nomme ordi- 
nairement Sucçeur de rocher (*) parceque cet animal s'attache en fucçant aux 
rochers de façon que fa coquille le couvre parfaitement & ceia avec tant 
e force qu’on ne peut l’en détacher qu'avec un fer en brifant la coquille. 
Ces Animaux ne changent jamais de place, & quand onles aarrachez de cel- 
le 


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LX + ES 37 


le qu’ils avoient choifie, on trouve une tache chauve là où ils s’étoient 
attachez au rocher. ]l y en a une grande quantité diverfificé par la figure, 
par la grandeur, & par la couleur. Celle-ci eft un rond oblon£, a un bord 
uni, eit fermée au milieu fans ouverture. La Concavité a demi-pouce de 
profondeur. Le dedans eft brillant & de couleur jaune, qui devient peu- 
à-peu blanche vers le fond. 

Cette Coquille a tout-au-tour en dehors des côtes élevées dont la troi- 
fième ou quatrième eft toüjours un peu plus haute que celles qui fe trou- 
vent entredeux. Ces côtes partent de la pointe ronde, qui eft un peu tirée 
vers le côté, commme des rayons, & font un peu grairées fur leur élévati- 
on. Elles paroiïffent en dedans à travers la couleur blanche, quoique la 
Coquille foit intérieurement unie de forte qu’on n’y voit aucun enfonce- 
ment non obftant les Coquilles extérieures. La chair de la plupart de ces 
Efcargots eftbonneà manger; on les grille fur leur propre Coquille. Quel- 
ques uns ont dans leur chair un os fort aigu. 

Figure 3. Nous voyons dans cette figure une Coguille à rayons peu élevée 
mais fort fine, qui apartient à celles qu’on nomme proprement Coguille à 
bouffole, où Doublets de la Lune. Cette Coquille , qui n’eft en effét que le 
Couvercle de la Moule à boutioie, eit unie, rougeaitre & a des rayons cou- 
leur de fleur de pomme, avec des lignes noires qui paroïfient à travers, 
& qui partant en haut du centre , vont toujours en s’élargiflant, comme 
aux Cadrans Solaires. 

Il y a en travers des petites rayes noires & fines, qui font ordinaire- 
ment deux à deux. Cette Coquille paroît d’une grande beauté, quand on 
la confidere à travers vis-à-vis d’une lumiere. 

Figure 4. La Coquille inférieure & ventrue de la Moule précédenteref- 
femble à de | Yvoire couvert d’un brillant de Nacre de perle, & ce qu’il 
y a de plus remarquable, c’eft que les cotes qu’on y voit & qui paroïffent 
aufli en dedans au couvercie, ne font point formées en fillons dans l’inté- 
rieur de la Coquille, comme aux autres Coquilles à rayons, mais élevées , 
& qu’elles fe terminent en bouts obtus en deçà du bord, de forte qu’elies 
n'aportent aucun empéchement à ce que les Coquilles fe joignent. Ces 
côtes font fines & paroiffent couchées dans la Coquille comme des fils d’ar- 
gent-trait. 

Figure . Les Oreilles de Mer de l’efpèce de celles, qui ne deviennent 
jamais fort grandes, & qui reftent toutes petites, ou ne furpañfent que 
trés-rarement la hauteur d’un pouce, font ordinairement jolies, nettes, 
& mignonnes. Telle eft celle que cette figure repréfente. Sa Couleur eft 
un rouge de Cinabre à travers lequel paroît par des Ouvertures un brillant 
femblable à celui de la Nacre. L’anneau large où l’on voit tout du long 
ces ouvertures ou trous, eit fort élevé & plat, & a des deux cotez deux 
bordures encore plus élevées. De là le fond defcend vers le Contour en 
plis élégans, dont le nombre marque ou prouve pour ainfi dire les années 
de la Coquilie. Le dedans rellembie à l’argent ie }lus pur &enal de 

Le e 


33 ER + ZX 


le rouge extérieur qu’on voit ici n’étant qu’une peau rudeàlavérité, mais 
joe, & comme couchée fur la Coquille qui brille comme la nacre, & 
qu’on y laifle à caufe de l'agrément qu’elle y donne. Quelques Amateurs 
apellent cette Coquille }’Oreille de Nacïe de Perle. 


PLANCHE XXE 


Eivure r. Les Succeurs de Rocher font marquez de tant de façons diver- 

fes, & parmi ceux qui n’apartiennent qu’à la même efpéceil ya tant de vari- 

ations, que l’Oeil qui les obferve n’a jamais fait. Car il ne fuffit pas d’y 

obferver fi la Coquille en eft élevée ou plate ? pointuë, ou ventruë en 

rond? angulaire, dentée, étroite, ronde, ou ovale? avec ou fans trou? 

fi le trou eft au milieu ou à l’une des extremitez ? fi elle eft garnie de cô- 

tes, ou fi elle eft unie? fi elle eft ridée, à foliettes grainée , à layettes, 

rayée, &c ? fi la Couleur en eft rouge, blanche, bleué, verte, jaune&c ? 

il faut encore faire une nouvelle attention aux différences infinies de la 

Conformation. Quelques unes de ces Coquilles font oblongues & trés 

(a) Schwü. étroites ; d’autres ont à un côté un bec courbe, comme s’il y avoit une 

len-Deckel, fermeture comme aux Moules à deux Coquilles, & cela a donné aufli occafion 

D aux dénominations différentes. On apelleles etroites des Couvercles de Bour- 

@) Milch.  relet (a), ceux qui ont une fermeture portent le nom de Jatte à lait (b) ou 

Napfen Coquille de Noix (c) on l’apelle aufli en Hollandois ORAMIES , ou Coiffure de 
€) Nuff-  Poifonnierè, (d) ou Bonnet de Matelot (e), Marotte, (F) &c. 


Schalen. 


(d) Fifi | - La Moule en plat (g), ou le Succeur de rocher que nous voyons repréfentée 

Weiber- ici reflemble parfaitement à l’écaille de Tortue, quand on l’examine à tra- 

Haube. vers, vis-à-vis d’une lumière. Cette Coquille eft prefqueronde, peuéle- 
; à-vis d’ l Cette Coquille eft prefq de, peuël 


(c) Matro- vée, & a une voute a peu prés platte & ronde, fans trou, à la place du- 


es quelonne voit qu’une tache blanche tirée d’un côté. En dedans fa cou- 
kappe. leur eft blanche tirant fur le bleuâtre comme du papier de pofte de Fran- 
(s) Schüffel- ce. On peut âpercevoir à travers la Couleur brune & les taches. 

Niufchel. Figure 2.  eft une Huitre difforme, ou Doublet de rocher (h) que quelques 


CFE MU uns , eü égard à la quantité de fes rides, apellent la Vieille femme bätarde. 
(i) en alle- Elle eft jaune, & quelquefois on en trouve de rougeitres, La Coquiile et 
mand Mond- épaifle & blanche en dedans. : ’ 

hoerner. Figure 3. Nous avons déjà eu occafion de remarquer que l’on donne 
G) Oel-Krü- 4 cette efpèce d’Efcargots divers noms comme Cornes à Lune (i), Cruches à 
Énsthwbare buile, (k) Efcargots nageans (1), Efcargots limonneux (m) &c. On décrit celle qui 
Schnecken. eft repréfentée ici en l’apellant l Æfcargot limoneux brun à bandes blanches, & 
(m) Schlamm 1] fuffira d'y remarquer quelaraye blanche, qui borde tout le tour de l’embou- 
Schnecken.  chure, eft un bourrelet élevé. Au refte la coquille n’eft pas épaifle & 
“Etes blanche en dedans. 

(0) Schüffel- Figure 4. On trouve aufli parmi les moules des Maroftes où bonnèts de 
Mufcheln. Fou (n), & même des Simples & des doubles. Les Simples peuvent être miles 


Cp? KHpp= au rang de celles qu’ on nomme Coguilles en plat (o) ou Succeurs de rochers (P), 
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2. Tia b. XXI 


ZX + ZX 39 


mais les doubles apartiennent à la Claffe des Efcargots où Huitres à deux Coquilles. 
Elles varient à l'égard de laconfiguration comme à l’égard descouleurs. La 
véritable BEse double eft de la forte à laquelle on donne le nom de Coquil- 
les en coeur de boeuf. (a 

Cette Se 4. ns préfente une trés-belle Marotte double bätarde à ban- PER 
des de diverfes couleurs. Les rayes qu’on y voit depuis la fermeture jus- fcheln. 
ques au bord, font un peu entaillées: mais É bandes noires qui vont en 
travers font unies, & on peut les voir en dedans en les tenant au jour. 
L'autre Coquille eft faite tout de même. 

Figures. Ceci eft la charmante Coquille que RuMrH apelle en latin 
CHAMA LITTERATA ROTUNDA, OU la Coquille baaillante ronde à Lettres, (b) au- @) Dierun- 
trement le Doublet tricote batard, qu'on nomme aufli la Coquille a Lettres de la É PURE 
Côte de Xulan. La Couleur en eft blanche tirant fur le jaune & a des rayes Muriel” 
en travers entaillées trés-finement. Au deflus on voit des lignes d’un brun- | 
foncé formées en équerre, qui ont des petites dents au côté intérieur, où 
les deux parties de l’équerre fe regardent. Ces équerres font diftribuées 
trés-irréguliérement , & de grandeur diverfe. Cette coquille diffère d’une 
autre de la même efpéce en ce qu’ici il y a en dedans des dents fines aux 
équerres, au lieu qu’à l’autre il femble que les Equerres ayent ête mar- 
quées en groiles lignes, fur lefquelles on auroit pañle par meégarde la man- 
che avant qu’elles fuffent féches, tirant du dehors en dedans. Au refte 
Ja Coquille eft trés-épaifle & forte, & tout au moins plus epaiffe qu’à celle 
‘qu'on nomme en latin Chama litterata oblonga. Le dedans eft blanc comme 
neige. 

i ne faut pas confondre cette Coquille avec une autre qui lui reffem- 

ble à peu prés, & que RumpH nomme en latin CHAMA OPTICA, ou Coquille k 
à Perfpettive, qu’on apelle aufli, quand elle eft bien belle le Camp Turc (ce): (€) Das Tür. 
Car cette Coquille à Perfpeétive a plus du double de l’épaiffeur de celle KéheLager, 
qui eft repréfentée ici, elle eft régulière à tous égards, elle n’a ni an- 
neaux ni entailles en travers, & eft au contraire unie par dehors comme de 
la Porcelaine, 


PE AN CHE XXIE 


Fivurer. Cette Figure repréfente une efpèce de Cogquille à rayons qu'on 
range dans la Clafle des Coquilles formées en afiette, quoique celle-ci differe 
de celles qui portent proprement ce nom, en ce qu’elle eft plus ventrué 
& beaucoup plus épaifle. Celle-ci a une courbure hardie & des ornemens, 
qui la font aflez reffembler à ces feuillages ou rinceaux qu’on voit fur les 
Éftampes, qui nous viennent de France, On l’apelle-Pied de Cheval.  Cet- 
te Coquille n’eft rien moins que fine, mais elle eft épaifle, & a des Coquil- 
les trés-fortes & élevées, qui s’étendent en arc, & s’éloignent les unes 
des autres à méfure qu’elles s’ avancent vers le bord. Entre ces côtes on 
en voit de plus étroites & plus bañles, qui fe terminent à un bord tres iné- 

sal, 


(2) Lappen- 
Schnecke. 
(b) Bart- 
Maennchen. 
(c) Pagoden- 
Lampe. 

(d) Das ge- 
flügelte 
Wiäldhorn- 
€) Der grof- 
1e Sporn. 
(#) Der Kra- 
sen. 


40 LS + L$ 


gal. La Couleur extérieure eft un blanc jaunûtre tout garni de rouge- 
foncé. Le dedans reflemble a de la craye qu’on auroit raclée. Le becfort 
par en haut avec un col recourbé , & quand on joint les deux coquilles , 
l'un des deux côtez qui paroïit coupé repréfente un coeur. 

Figure 2. Nous pouvons dire la même chofe du pied de cheval que la fe- 
conde Figure de cette Plancherepréfente, car cette Coquille n’eft propre- 
ment qu’une façon différente en la confidérant vis-à-vis de l’autre, de la- 
quelle elle differe en ce que fon bec n’eft point tourné en dehors, mais fe 
recourbe en dedans , fans être fort épais ; après cela ce bord eft plus cour- 
bé en ondes, de forte qu’on peut voir en dedans, comment les côtes, qui 
avancent ici beaucoup plus qu’à la précedente, fe terminent. Sur le bord 
intérieur du coté de la fermeture en defcendant on aperçoit encore une ra- 
ye jaune qui eft un bourrelet élevé, lequel feretourne en ligne Spirale dans 
une cavite oblongue, laquelle eft à l’autre côte de la coquille, & y forme 
la fermeture. 

Figure 3. Parmi les Efcargots formez en poire, tels qu’ eft celui-ci, il y en 
a, qui font marquez tout autour de lignes angulaires diftribuées fans ordre, 
& qui ont de grofles pointes ou aiguillons immédiatement au deflous des 
Contours. On les nomme Chauve-Souris foit à caufe de ces lignes angulai- 
res, qui femblent voltiger fur la Coquille, foit parceque la Coquille mé- 
me a quelque reffemblance avec les ailes de la Chauve-Souris. Nous l’a- 
vons déjà dit une fois; une imagination vive a le plus de part aux diffe- 
rentes denominations qu’on affeéte à nos Coquilles. Il y a nombre d’efpé- 
ces de ces Chauve-fouris, de blanchatres, dejaunes, de rougeitres , de gri- 
fes, de noiratres, &c. Les unes ont des aiguillons obtus:; d’autres les ont 
tellement pointus qu’on s’y pique comme à une épingle.  Celle-cy eft 
brune tirant fur le jaune & a des taches foncées. Elles font brillantes, ont 
une Coquille épaïile, blanche au dedans , avec un bord brun ou jaune à 
l'embouchure, dans laquelle on voit trois ou quatre côtesélevées oubour- 
relets, qui fe retournent au Contour , & s’avancent dans l’intérieur de la 
Coquille. RumrH met celle-ci. au nombre de celles qu’il apelle en latin Vo- 
LUTA, parce qu’elle n’a point de Couvercie. 

Figure 4. Nous voyons ici un Efcargot formé en fromage, qui eù égard à 
fes Contours reflemble affez à un petit Cornet de Poftillon. De forts crocs for- 
tent du bord du prémier Contour, qui femblent à des lambeaux roulez en- 
femble, & font intérieurement caves.  Dailleurs tout le tour eft cerclé, 
& ces Cercles font pleins de grains ; on en trouve de rouges comme ce- 
lui-ci; mais il y en a aufli qui font blancs, gris, & couleur de Nacre. 
Cette dernière a ordinairement un enduit de chaux blanche , fembiable au 
plâtre. Cet Efcargot a toute forte de noms. Le Leëteur pourra choïfir 
celui qui lui plaira le mieux parmi ceux-ci: Efcargot à lambeaux (a) en hollan- 
dois LosreTte, le petit Homme barbu (b), la Lampe de Pagode (c) le Cor de Chaf- 
Je ailé Cd) le grand epéron (e) le Colet (M) &c. 


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.. Figure s: . On voit ici la partie inférieure du méme Efcargot que nous, 
venons de décrire. Tout ce qu’il y a à obferver de plus à cette Coquil., 
le, c’eft que l'embouchure frifée brille comme de la nacre de perle, en- 
fuite les petites côtes qui vont en rond & font garnies de petits noeuds, 
& enfin le grand trou umbilical, que s’ enfonce dans l’Efcargot au milieu: 
en perfpeétive. 


PLAN C HE: XXIIT 


Figure . Voici une autre Coquille formée en poire qu’on apelle la Mujique 
fauvage. Elle apartient à la Clafle des Coguilles notées, mais on lui donne l 
autre nom parceque les Lignes n’y font pas rangées bien réguliérement, 
& que les petits points noirs, qui repréfentent les notes fur les Lignes, ne ù 
font pas aflez féparez les uns des autres. Car on trouve d’autres Coquilles 
notées où l’on voit formellent deux & quelques fois trois rangées, chacu- 
ne de cinq ou fix lignes fort nettes , fur lesquelles on aperçoit les notes fi 
diftinétément, qu’on diroit que cela eft tracé avec la plume. La Coquille 
ici -eft fort épaille & jaunatre avec une embouchure de même couleur, & 
là où le Contour inférieur rentre dans l’Efcargot on aperçoit des cotes. 
minces, comme ungros fil. En haut les Contours ont aufli des côtes, mais 
qui fe perdent en defcendant & ne paroiïflent en haut que commedes boffet- 
tes ou élevations obtufes. j 


. Figure2. eft une Huitre, à laquelle fa configuration particulière a fait 
donner le nom de feuille de Laurier. On l’apelle en latin OSTREUM CRATIUM 
Il y a au milieu de la Coquille une côte large, d’où partent des deux cotez 
des rayons élevez, qui forment un bord à pans. Elle n’eft pas fort épaifle, 
& celle-ci eft belle parce qu’elle eft couleur de pourpre, au lieu que com-. 
munément celles de cette Clafle font grifes. Sa reflemblance avec une feuil- 
le de Laurier n°eft pas la feule raifon pour laquelle on l’a apellée ainfi, 
mais aufli parce que cet animal acoutume de s’ attacher fermement aux Can- 
nes & rofeaux marins même hors de l’eau, de même qu’aux arbrifieaux Lez 
qui croiflent au rivage, de façon que de loin il femble que c’en eft une SEE 
feuille ce qui leur fait encore donner le nom de Moules pinçantes, (a) où Mou- CE) Flechten- 
les de feuilles. (b) Mufcheln. 


Figure 3. Cette huitre eft l'Arche de Noë tournée, torfe , ou tortueufe (c), (c) Die ge- 
en latin OSTREUM TORTUOSUM, qui d’un côté eft tordue de façon, qu'elle drehete No- 
forme trois faces. La Coquille en eft mince, en dehors grife, en dedans 4hs-Arcke. 
jaunètre, blanche & reffemblante à de la chaux , ou à de la craye fur la- 

uelle on auroit laiflé tomber de l’huile. Sa partie extérieure eft pleine 
e côtes fines, qui font garnies de trés petites boffettes ou écailles. Ces 
cotes font toutes tirées en biais, & fuivent la courbure de laCoquille. En 
travers on aperçoit quantité de lignes EE qui coupent les côtes, les- 
quel- 


(a) 


42 L& + ZX 


quelles avec les rayes font toutes vifibles en dedans, & forment des eavi- 
tez quarrées comme celles d’un gauffrier. 


Figure 4. Nous voyons fur cette Planche deux Efcargots à vis, ou éguil- 
les d’une trés-grande beauté. Ces Coquilles ne font pas d’un petit orne- 
mert dans un Cabinet, lorfqu’elles ne font pas endommagées, c’eft à dire, 
quand les pointes font entieres, & les Couleurs bien confervées. Lors 
qu’elles font bien longues & étroites & que les prémiers Contours ne font 
pas trop ventrus, eu égard à la proportion des autres, on leur donne af- 
{ez généralement le nom d° Eguilles, de Poinçons, de Piramides, de Baguettes de 


Tie. Taïnbour, & en HollandoisELZEN, MarrEL-PRIEMEN, &c, Cette Figure ici 


ger-Lein. depréfente exaétement au vif l’'Os figré, (a) que RumrH apelle aufli en la- 


tin Strombum Secundum. Cette Coquille eft affez forte, brillante, & a la Cou- 
leur de l'Yvoire. On voit fur les Contours de belles taches quarrées, bru- 
nes de couleur, comme des morceaux de ruban coupez, qui vont prefque 
jufques à la pointe, ou elles fe perdent. On remarque à quelques unes, 
là où les Contours fe touchent, une bande élevée, qui n’eft pas aux au- 
tres, qui monte en ferpentant. On apelle celles-c1 pour les diftinguer l 
Os tigré bande, Toutes les Eouilles, Alènes, où Coquilles en vis, ont à lembou- 
chure un Couvercle fubtil. Leur Chair eft venimeufe, & eit garnie d’un 
petit Os aigu empoifonné. 


Figures. eft aufMi une Coquille à vis de la même beauté que la précédente, à la- 
quelle elle reflemble parfaitement pour la Configuration, mais elleen difere 
par fa couleur qui eft jaunatre tirant fur lerouge, & marquée tout du long de 
Hignesblanches ondées. L’ Imagination des hommes n’a pas encore inventé des 
noms pour chaque efpece differente d’Efcargots & de Moules, & nôtre inten- 
tion n’eft pas d'augmenter la lifte de ceux, qui ont été imaginez; ainfi nous ne 
donnerons point de nom particulier à celie-ci, & nous contenterons d’imiter 
les Hoilandois, qui ont coûtume en pareil cas de mettre dans leurs Catalo- 
gues: une autre de la même efpèce, différemment marquée, ce dont le Lefteur aura 
la bonté de fe fouvenir dans tous les cas où nous ne mettrons que le nom 
général de la Clafle, à laquelle l’Efcargot, la Moule, ou la Coquille apar- 
tiendra, ce que nous ferons encore dans les cas, où une dénomination par- 
ticulière n’eft pas encore généralement adoptée, ou bien dans ceux, où les 
Auteurs modernes auroient admis un Changement denom qui rendroit l’an- 
cien douteux. Car il eft de fait que toutes fortes de gens, qui n’ont pas 
toujours le talent de penfer Siftématiquement, ou de claflifier avec exaéti- 
tude, fe font mélez de faire des Colleétiors de Coquillages, auxquels ils 
ont donne entre eux des Noms de fantaifie, qui ont duré, ce qui a occa- 
fionné dans les denominations toutes fortes de Changemens, foit en plus 
foit en moins, RumpH apelle cette Coquille ici en latin Strombum quintum. 


PLAN- 


À 
= 2 


LE + LS 43 
PEANPE HE XCIV. 


Figure r. Nous avons vü fur la Planche XXIIL. immédiatement précé- 
dente Fig. 1. un Efcargot formé en poire, auquel nous avons donné Ie nom 
de Mufique fauvage. Ici nous en voyons Fig. 1. & 2. une de la même efpece, 
mais plus grollière, d’un deffein moins regulier, & de Coquille beaucoup 
plus épaille. Les Crocs que l’on voit fur les Contours font beaucoup plus 
grands, & un peu courbez comme des Crochets obtus, mais au bas il y a 
quelques Côtes tortes qui grofliffent à mefure qu'elles entrent dans l’em- 
bouchure. 


Figure 2. nous repréfente le même Efcargot de fon autre côté, qui eft 
celui de l'embouchure, où l’on voit en même tems de quelle façon les co- 
tes dont nous venons de parler y entrent. Toutes les Coguilles notées n’ont 
pas généralement une embouchure aufli large, & prefque voutée, comme 
celle ci, &il y en a quantité qui n’ont pas aux Contours des Crochets qui 
avancent autant. On en trouve aufli qui ne font pas fi ventruës, mais qui 
font beaucoup plus longues & plus étroites, & dont les Contours font fort 
_élevez en dehors, comme aux Coquilles Sabotes. 


Figure 3. La préfente Coguille à rayons à côtez inécaux apartient à la Claf- 
fe des Arches de Noé. On l’apelle le petit Bateau. Elle eft blanche, extraor- 
_dinairement épaifle, & a des côtes élevées , qui du côté de la fermeture 
deviennent fi fines, qu’on les prendroit pour une toupe de Cheveux bien 
peignez au derrière de la tête. Des lignes courbes & élevées paroïflent en 
travers fur les côtes ou rayons, & font quelques fois fi avancées, qu’elles 
reflemblent aux ongles de la main. 


Figure 4.  eft la partie intérieure de la Moule précédente. Chaque Co- 
quille à un bec recourbé, & quand on les joint, 1l fe forme en haut un es- 
pace plat où l’on peut paller le petit doigt entre les deux becs prefque fans 
les toucher. La Couture, ou la Iointure des Coquilles a des dents fort fi- 
nes qui s’enchañflent les unes dans les autres d’une manière merveilleufe, 
& jufte les unes contre les autres. On peut remarquer l’épaifieur des co- 

-quilles à leur large bord. Elles font unies en dedans &tirent fur la Couleur 
de chair. 


Figure $._ X] y a parmi lescylindres où Efcaroots en rouleau plufeurs efpèces 

.de ceux qu’on apelle Barroîrs de Tonnelier. Nous en avons vü un pareil fur 
la Planche VIIL. Fig. 4. Celui-ci eft tout garni de petits points en rangées 

l’une fur l’autre , lesquels points ne fortent qu’un peu. Les Contours 

font décorez tout autour de petits noeuds ronds. La Couleur jaune du 

fond & les taches blanches varient nr pre fur les Coquilles de cette ef- 

j 4 ‘ pêce; 


(a) gedürrete 
Birn. 

cb) Fuff 
Schnecke. 


#4 EX + Z2<S 


pèce, & n’ont point de regle générale. Les unes ont plus du blanc, les 
autres plus du jaune. Quelques unes ont des taches plusgrandes, d’autres 
les ont plus petites. {a Coquille eft aflez éparle & blanche en dedans. 
En général ces Efcargots & autres de pareille efpèce apartiennent à la 
Clafñe de celles auxquelles RumpH donne ie nom de Yoluta maculofa, 
ou en hollandois GepLECcTE KarTies, c’eft-à-dire petits Chats, ou Chatons 
marquelez. 


PLANCHE XX. 


Fivure r. Cet Efcargot tout herifie de Pointes eft le même que les Ro- 
mains apelloient Murex (*). Les uns ont de grandes ailes, les autres des 
petites. Il y en a qui ont des aiguillons proprement ainfi dits, les uns 
longs, les autres courts, d’autres ont à la place d’aiguillons des lambeaux, 
des extrémitez frifées, des plis, &c. quifortent des cotes par deffüs le dos 
& à l'embouchure. Celui qui eft defliné ici eft de la derniere forte. On 
l'apelle l‘Efcarvot ailé à bec de Corbean, parceque les plis ou lambeaux qui en 
fortent font tous caves, & ont quelque chofe de la figure d’un bec de Cor- 
beau. Toutes les élevations de cette Coquille font jaunâtres tirant fur le 
blanc, mais dans les enfoncemens entre les côtes & les plis qui vont en 
travers, elle eft brune couleur de Chataigne. La Coquille eft mince & les 
Becs de Corbeaux ou Lambeaux frifez, qui en fortent , font fort déliez. 
Les Hoilandois l’apellent aufli GEDROOGTE PEER, ou Poire féche (a) où VoEr- 
Hoorw, ou l’Æfcargot en pied. (b). ; 


Figure 2. On voit ici l'embouchure de l’Efcargot précèdent. Elle 
eft toute garnie de frifures qui fortent descôtestraverfantes. Cetteembou- 
chure longue & étroite a quelque reffemblance avec celle des Eguilles, quoi 
qu’elle foit un peu ventrue, ce qui fait compter cette Coquiile dans l’es- 
pece des Efcargots ailez, non obttant que l'embouchure des £fcargots ailes, 
proprement ainfi nommez, fe termine ordinairement en lambeaux ou-en 
babines fort larges. 


Fivure 3. Cet Efcargot en toupie eft un ouvrage de la nature trés-beau & 
tres achevé. Les Contours ont des Sillons trés-profonds qui font termi- 
nez par des bords fort larges artiftement pliez & frifez, lesquels finiffent 
tous en autant de bouts triangulaires. Cette Configuration particulière lui 
a fait donner le nom de Toit Chinois, où de Temple d’uue Idole de la Chine, : af 

iure- 


€) Murex ; on trouve ce mot dans Plixe & dans Horace, & il défigne ce Poiffon à 
coquille ; du Sang duquel les Anciens faïfoïent la couleur de pourpre, & ce mot 
fe prend auffi dans #7gi/e pour la Couleur de pourpre. vids Dane, Difiong, La- 

à &no-Gallicunr, in ufum Delphini, vocabulo Murex. 


Tàa hXXT7 


E 


ETES 


BY + LS 45 


fürément la denomination convient à cette piece. La Coquille en eft affez 

épaifle, elle eft brunette, tirant aflez fouvent fur le rougeitre, entremélé 

de verd celadon. Elle apartient à la Clafle de celles auxquelles RumrH 

donne les noms de Trochus teïtius, Trochus quartus, Trochus papuanus, $ Trochus 

longævus. Cet Efcargot a coutume de fe tenir aux rochers hors de l’eau & 

de fe nourrir là de lhumidité falée qu’il en fucce. Quand il tombe dans 

l'eau, il y meurt, mais quand il eft au fec il peut fubiifter plus d’une an- 

née fans prendre la moindre nourriture, & c’eft de la que lui vient le nom 

d’Efcargot a longue wie (a). Éd gi |A 

Schnecke. 

Fioure 4. repréfente le côté inferieur ou le fond de l’Efcargot à toupie 

précedent, & ne lui cède n1 en beautez, ni en agrémens. Ce fond conii- 

îÎte presque uniquement en coquilles pofees les unes fur les autres, qui lui 

donne l’air, d’une peau de Crocodile. Ici l'Embouchure s’enfonce dans 

une efpéce de Trou umbilical qui femble s’unir à elle. Cette Embouchure 

eft d’un béau brun & dans l’enfoncement elle devient fort rougeatre, 


Figure ;. Ceci eft un petit Cafque à aiguillons (b), qu’il ne faut pas con- (b)geftachel. 
fondre avec une certaine efpèce d”Æftaigots en poire qui ont aufli des aiguil-pés peurm- 
lons & font marquetez de noir à peu près comme celui-ci, Car ces Efcargots Mo 
en poire portent les noms d’efoile du matin, de Culote de Suife dentelée, de téte de 
chat, & autres noms pareils, au lieu que nôtre petit Cafque 4 aiguillons porte p: 
proprement celui de petit Gobelet (c) où de Meure dentée. Les Contours ne PA ue 
fortent guëres, non plus qu'aux autres Cafques. La babine, ou l’aile de Stutzglaes- 
l'embouchure, a des aiguillons affez longs. Mais tout le dos eft marqué gen. 
de taches noires quarrées d’où l’on voit s’élever des petits aiguillons plus 
courts, qui fur quelques Coquilles ne paroiffent à la vérité que comme des 
boflettes, ou de petits moignons. Entre ces taches & aiguillons la Cou- 
leur de la Coquille eft d’un blanc de craye , ou d’ün jaunatre fale; au refte 
la Coquille mème eftforte, & aflez épaiite. 


Figure 6. L’embouchure de Y Efcargot que nous venons de décrire, 
quand on là confidère par dedans , eft frifée tout du long, ou pour mieux 
dire inégalement dentée. On voit là que les aiguillons font caves, & pour 
rainfi dire pliez en rouleaux. Le bord extérieur de l’embouchure à un 
ourlet jaune, ce qui eft caufe qu’on apelle cette Coquille affez commune- 
ment la petite bouche jaune. 


F3 PLAN 


46 LX + LS 


PLANCHE XXVI. 


CRU à Figure 1. y a des Macles (a) ou Efcargots à Aiguillons (Bb) qu’on apel- 
Ch) Set le aufli Efcargots de pourpre, où Pourpres (c). Cette figure en repréfente un 
Schinecken., tres-mignon. On l'apelle Brandaris, ou Ton coraux (d) à caufe de fa 
(ce) Purpur- couleur, qui eft un mélange de brun-foncé & de jaune, comme fi cette 
Es pièce avoit paile par la fumée, ou qu’on l’eût retirée d’un incendie. Le 
dans fon pi- 10m latin eft Murex Minor, & l’hollandois Munckÿzer. (e) Les Contours 
étionaire, au font figurez comme aux Coquilles Sabotes, & l'embouchure comme l'ont les 
mot Pourpre, Evuilles. L’on voit de trois côtez tout du long de grands lambeaux frifez, 
ne en la- qui paroiflent fortir des côtes, & être des Continuations des Cercles ou an- 
Lau ang Peaux qui vont en travers. Ces lambeaux frifez reffèmblent à des feuilles 
xum, ex quo de Choux frifez ou de Choux d’hiver, & font d'un brun-foncé & même 
PurpurA Er- quelques fois noirs. Les Cotes & cercles nombreux qui vont en travers 
FICETUR. {ont d’un brun foncé fans exception, & dans les entredeux la Coquille eft 
Brand- un jaune fale, comme fi elle avoit été fumée.  Daïlleurs elle n°eft pas 


Ce) id eft en fort épaifle. On voit encore de ces Efcargots, noirûtres, gris de cendres, 
allemand & de blancs. 
Mincheifen. 

Figure 2. Ce que cette Figure repréfente, c’eft l'embouchure au côté 
tourne du Tifon cornu, où l’on voit quantité de Crocsfrifez. Lerouge qu’on 
voit ici d’un coté ne fe trouve pas à toutes les Coquilles de cette efpece. 

(f) latine, A l'embouchure il y a un Couvercie, ou Ongie odoriferant (f), dont on fe 


Unguis odo- fert pour parfumer. 
ratus. 


Fivure 3. eft un Efcargot d’une grande beauté de la Claffe des Porcelai- 
nes. On l’apelle en latin PORCELLANA MONTOSsA.- c'eit-à-dire Porcelaine mon- 
tueufe. Elle eft de couleur brune claire, marquée de taches fauves ou de 
gris-cendré. Ce brun clair confifle en une infinité de rayes fines, traver- 
fées par d’autres rayes fubtiles, ce qui forme une cfpece de rêts ou de 
pointe. Le dos de cet Efcargot ovaie eft fort élevée & marqué fur le milieu 
d’une large bande plifiée ou agencée de façon que l’on diroit que ce font 
autant de golfes ou de Promontoires d’un coté ou de l’autre, comme on 
les voit marquez fur les Cartes géografiques, ce qui a fans doute occa- 
fionné le nom de Cap qu’on donne à cet Efcargot. La Coquille eft afez 
épaifle, extraordinairement unie & brillante, & fon embouchure dentée, 
quoiqu’un peu de loin à loin. 


Figure 4. eft une Porcelaine de l’efpèce de celles qu’ on diftingue en les 
(g) Waffer- aPellant Porcelaines païfemées de gouttes. (g). Elle eit jaunâtre, & marquetée 
tropfen, lat, de petites taches rondes couleur de chataigne, qui reflemblent à de peti- 
Porcellana tes gouttes d’eau. On voit en haut tout du long une raye blanche. La 
£utiata. f Couleur 


Tab XXT1. 


a 6 


1} 


_ 
& 


| 


SSS REX ÿ 


EX + ES 47 
Couleur n’en eft pas toüjours jaune. On en trouve aufli de blanches dont 
les taches ou gouttes font tantôt noires, tantot bleuâtres, tantôt de quel- 
que autre couleur obfcure. Il y en a encore où les taches font environnées 
d'anneaux. La Chair de cette efpece eft genéralement venimeufe de mé- 
me que celle des autres Efcargots dont la Coquille eft unie & brillante, 
particulièrement de ceux qni font marquez de rouge. 


Es 


PLANCHE XXVIL 


Figure 1. Voiciune Figure parfaitement bien tirée d’après nature, 
& qui fert de diftinétion à la préfente planche. C’eft un Efcargot 4 aiguillons, 
de ceux auxquels RumPrH donne le nom latin ALATAE, C’eit-à-dire Efcar- 
gots ailez, (a). Celui-ci eft le plus beau de fon efpèce. Le fond en eft 
jaunètre decoré par tout detaches & de rayes en flammes d’un brun clair. «à ki 
Les Contours fortent formez en Tour, cependant il y en a partie, qui pa- Sc 
roiflent fur un lambeau lequel fe termine en aiguillon ou en une Continua- | 
tion courbe. Le prémier Contour eft garni de noeuds, les autres ont des 
anneaux. É 


Quant aux aiguillons, ou fi l’on veut aux Continuations, cet Efcargot 
aune grande refflemblance avec les autres Æfcargofs a aiguillons, tellement qu'on 
pourroit penfer qu’il eft de la même efpèce, au moins à quelque petite dif- 
férence près; mais on fe tromperoit. Celui ci eft d’une forte toute parti- 
culiére, & pour la diftinguer on n’a qu'a bien faire attention à la difpofiti- 
on des aiguillons. S’ils s ont difperfez comme à la Coquille deffinée ici, 
& que les aiguillons, qui ordinairement au nombre de Six, fe préfentent 
courbes, comme des griffes ou ferres de quelques gros Oïfeau de proye, 
on l’apelle griffe du Diable (b). Au lieu que lorsque ces aiguillons ne font (4) Teufels 
point courbes, mais qu’ils partent de la Coquille en forme d’epieu ou de Klaue. : 
pique, & que la pointe feule qui les termine au bout eft recourbée, alors 
on leur affeéte proprement le nom de Harpon de Nacelle. (c). Nous ne pou- («3 Boots. 
vons pourtant pas défavouer que Rumpx ne fait de ces deux efpèces qu’ Häcken, 
une feule, à iaquelle il donne en latin lenom de Harpaco, qui fignifie 
aufli Harpon de nacelle | où d’efquif. Cette dernière efpèce a ordinairement 
fept aiguillons. Enfin lorfque les aiguillons ont leur courbure feulement 
d’un bout au côté ou à j’aile de l'embouchure, & que le refte pend en bas (d) Krabbe 
à la façon des araignées ou des écrevifles, on les apelle en ce cas des Car- 
cres, où des Grabes, (d) ou Efcargots enécrevifles, & ceux-ci ont le plus fou- (ce) Taufend- 


vent huit aiguillons. Quand il y en a un plus grand nombre on jes nom- #<#%*.. C'ef 
une eipéce de 


me Scorpions, où Millepieds, en latin MiLLEPEDA (Ce), Mende do 
luëé, qui a 
quantité de 


Aux PIS 


(a) Maul- 
wurf, 


48 ER + ES 


Aux trois efpèces les aiguilions font forts & épais, & Ta Coquille de» 
l'Efcargot même eft trés-épaifle. On conoit à l'embouchure, s’il eft male 
ou femelle. Les Conoifieurs apellent males ceux où les griffes ou Aiguil-: 
lons font fort ferrez prés de l'embouchure, & femelles ceux où l’on voit 
une fente ouverte le long des aiguillons en defcendant. La Couleur de. 
celles-ci eft jaunâtre, brillante & unie, & le dos ridé. 


Figure 2. La Couleur obfcure & noire de cette Coquille, qui eft belle 
& de [a Clafe des Porcelaines, Jui a fait donner le nom de Taupe (a). Elle 
a tout le long des rayes fines obfcures fur un fond brunet, traverfe de 
trois bandes plus claires lesquelles fuccèdent alternativement au brun fon- 
cé du fond. Un Miroir poli ne brille pas plus que cette Coquille Por- 
celaine. 


Figure. 3. On voit ici que l’intérieur de la Coquille que nous venons. 
de décrire eft blanc comme du lait, ce qui paroit fur tout aux petites dents 
fines & blanches qui fur le fond brun font tout le tour de l'embouchu- 
re 


PLANCHE, XXVIIL. 


Figure 1. Nous avons vüû dans nos Remarques fur les Figures de la 
Planche précèdente qu’il y a trois fortes différentes d’Efcargots à aiguillons, 
qui ne laiffent pas de fe reffembler beaucoup. Ces Obfervations indiquent 
que lEfcargot figuré ici eft le Harpon. de Nacelle proprement ainfi nommé, 
quoique la pointe de l’extrèmité qui lui a fait donner ce nom ne foit pas 
tant recourbée: car on en trouve dont les Aïguillons fortent à l’extrèmité 
prefque de la longueur d’un doigt & dont la pointe forme tout d’uncoup 
un croc courbe, ou un angle en équerre. Au refte la Struéture, la Cou- 
leur, & la Coquille font ici les mêmes qu’à la griffe du Diable. 


. Figure 2. Quelques uns mettent au rang des Manteaux bigarrez une cer- 
taine Coquille à rayons, qu’on nomme le Doublet de Venus a côtes, & c’eft 
celle que cette figure repréfente. La Configuration ne diffère guéres, de. 
celle d’une Coquille à peigne élevée. Elle a des côtes élevéesen arc, quifont 
voutées en dedans. Sur ces côtes on voit des Languettes trés-artiftement. 
travaillées & comme taillées angulairement , dont quelques bouts dépallent 
de beaucoup le bord de la Coquille. La Couleur eft blanchàtre entremé- 
lée de lignes rouges, & parci par là de quelques nubecules. 


Fioure 


Ta bxXXTT. 


LX + TS 49 


Figure 3 On voit au milieu de cette Planche une Moule toute parti- 
culière.  Rumph apelle celles de cette forte SorenEs 8rvarvir. Elle eft 
cinq à fix fois plus large que longue ; car depuis la fermeture jufques au 
bord , qui eft vis-à-vis, à peine trouvera-t-on un pouce de diftance, au 
heu qu’il y en a cinq jufques à fix à la largeur. La fermeture eft d’un 
côté & de là partent diverfes lignes vers la largeur qui fe retournent en 
long. Des deux cotez la Moule eft ouverte, & reflemble àffez, quand on 
en joint les Coquilles, à la gaine d’un couteau. On l’apelle communément 
Ja Moule a ongles, ou onglée (a) & quelques fois le Tuyau d'Orvues (b) com- 
me aufli le Doublet de Goutiere , (c) parce que chaque Coquille eft comme 
creufée en goutière. Ces Coquilles font fort fubtiles, & par tout rougeà- 
tres, ou couleur de chair, avec des rayes obfcures. On les trouve toù- 
jours dans le Sable pofées en ligne perpendiculaire. 


PLANCHE XXIX,. 


Figure 1. C'eft une huitre pierreufe difforme, couverte d’écailles, & gar- 
nie par accident de quantité de petits canaux, qu’on a coùtume d’apeller 
Siffèts marins. Or ces petits canaux font autant de Coquilles d’autres pe- 
tits animaux marins, qui fe font précédemment attachez au limon qu’ils 
trouvent fur la coquille de l’Huitre, qui y tiennent ferme, & y grandif- 
fent peu à peu à proportion de l’accroiffement de l’Huitre même. 


Figure 2. eft une autre Huitre pierreufe difforme un peu ridée, & qui n’a 
guère de courbure. Ce qu’elle a de particulier c’eft qu’elle a une belle 
Couleur, ce qui eft rare à cette efpèce d’Huitres. 


Figure 3. On donne ordinairement les noms de Tuyaux marins, Où Can- 
ges marines (4) Pinceaux marins Çe), Efcargots en forme de dent (f), & d’autres, 
aux Coquilles de efpèce-ci. Elles apartiennent à la Claffe de celles qu’on 
apelle en latin SoLENES Sozipr, pour les diftinguer de celles qui portent 
le nom de SoLENES BiVALVII, dont nous avons donné la defcription cy def- 
fus PI. XXVIIL Fig. 3. Elles ont cependant encore d’autres denomina- 
tions particulières. Celle que la Figure repréfente s’apelle Dent d'Elephant a 
cotes (8). Elle a des côtes éleveés, de façon pourtant que de ces côtes l’une 
eft toujours plus petite que l’autre & fa circonférence eft taillée en Poly- 
gone. L'ouverture du coté etroit de cette Coquille eft petite. Ce qu’il 
y a de plus fingulier c’ eft fa Couleur qui eft verte. 


Figure 4. Ceci eft une Dent de Mer fans côtes, (h) blanche de couleur, 
tirant cependant aflez fouvent fur le M Ces fortes de tuyaux É 
refte 


Caÿlat. Unguis, 
Datylus , 
Vagina. Get- 
man. dieNe- 
gel-Mutcheï, 
(b) Die Or- 
gel-Pfeife. 
(ce) DasRin- 
nen-Dublet,. 


(d) See- 

Rührlein. 

(e) Meer- 
infel. 

f) Zahn- 
SUR 
(g) Elephan- 

Zn 


(hungeripp- 
tes Mieer- 
Zähnlein. 


so EX + LS 


refte ont à peu prés la grandeur & l’épaifleur d’un tuyau de plume or- 
dinaire. La Coquille en eft trés - forte. 


Figure .. Voici une forte de petits tuyaux bien différente de la 
récedente. La Coquille en eft beaucoup plus délicate & plus fragile. 


a ‘ 0 p 
Ça) Die unor- Gn l’apelle le Tuyau en Serpent à courbures irrégulières (a) ou le boiau de 


dentlich ge- 


rime poule (b). 11 y en a plufieurs efpèces , & parmi ces efpèces quan- 
Schlangen- tité de variations, de forte qu’individuellement on trouvera rarement 
Rühre. deux de ces Coquilles qui foient parfaitement femblables à tous égards. 


DÉS Celle-ci eft blanche en dedans & endehors , & couverte d’un enduit 
5 qui refflemble à de la Chaux. On peut les mettre au rang des Tuyaux 
wiarins , €n Jatin TUBULARIA MARINA. ets 


PLANCHE XX\X,. 


Nous avons eù plus d'une occafion de donner à nos Leéteurs la 
defcription de divers Efcargots formez en poire. En voici encore un que 
quelques Auteurs mettent à la vérité dans la Clafle des Cornes en éguilles, 
ou des Æguilles cornues, où des Piramides, maïs il eft de fait qu’il a beau- 
coup plus de reflemblance avec la prémiere forte , : &.:fe termine 


d'ailleurs à une embouchure godronnée. Le nom particulier qu’on 
{e) Zacken- donne à cet Efcargot eft Coïne à crocs, Ç(c) où la Culote de Suiffe den- 
A . telée (d) & quelques fois ,; mais moins convenablement ; l'Etoile 
LtPetzer. du matin (e).  Il'eft à remarquer que les gros Crocs , ‘qu’on voit 
Hofen. autour du prémier Contour, font tous vuides- en dedans , :ce qu’on 
€) Morgen- n°’ obferve pas à toutes les Coquilles dentées de cette efpèce. En 
Stern. bas, pres de l'embouchure godronnée, on voit des’ lignes . entaillées , 


qui paroïffent s’y entrelacer,. &:fe perdent au.bout  peu-à-peu. 
Cette Coquille eift couleur de chair, mais ce qu’elle a de rouge fe 
perd çà & là dans le blanchatre , que des lignes ferpentines reguléres 
diftinguent tout du long. Au refte elle eft fine, unie, & brillan- 
te, mais au dedans d’un blanc tirant fur le bleuatre, tel. que celui 
de la Porcelaine des Indes. le AR 


(E) Schtifiel- Figure. 2. En faifant cy-deffus la defcription de la premiére Figure 
Mufcheln. de la Planche XXI. nous avons parlé des Moules en plat. C£) ou des 
(@) Nlipp- ASucce-rochers (gg), & de leur diverfité. Cette Figure ici, & celle 
kleber. qui fuit, nous en repréfentent encore deux fortes différentes, qui me- 
ritent une obfervation particuliére. 7 -Celle:ct -eft ‘une Coquille.polyso- 

ne, que fes bords. font ailéz reflembier au Plansou à Ja: Sciographie 

une 


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d'une forterefle. Quelques uns l’appellent Île Plat en étoile. (a) Elle 

eft blanche, & a tout autour des rayes brunes angulaires dentées tout C2) Stern- 
comme le bord extérieur. Des rayes fines partent du Centre vers la °hüfiel. 
circonférence & font rangées fur la Coquille comme des côtes fubtiles. 

Au milieu il y a une grande tache, qui quand on Îa confidere à tra- 

vers la bougie paroit être d’un rouge de Cinable incomparable. En 

dedans elle refflémble à de l’écaille de Tortue, & la tache y paroit 

plus grande & plus foncée qu’en dehors. La Coquille eft affez mince 

& peu élevée. 


Figure 3. Ce Succe-rocher n’eft pas moins mignon que le précèdent & | 
repréfente une Coguille en plat grillée :(b). Car on y voit partir du Cen- os Ses 
tre (qui eft ouvert à celle-ci) vers la Circonférence des rayons, qui Muihel sé 
paroiflent en côtes élevées entre lesquelles il y en a toujours trois ou ‘ 
quatre moins hautes, mais on y remarque aufli des anneaux ou Cercles 

exhauflez , qui font tout le tour de la coquille, & traverlent toutes 

les cotes, ce qui forme une quantité de cavitez quarrées, qui vers le 

haut deviennent toujours plus petites. La Couleur eft un gris-cendré 

fur lequel on aperçoit quelques fois des petits points, qui font d’un 

rouge de corail. En dedans cette Coquille eft blanche & affez élevée 

en pointe. 


Figure 4. Ceci eft une Moule, qu’on nomme Comfalme marine, Cc)(c) Micfr. 
ou Moule en Coin (d), & apartient à la Claffe des Moules formeës en Ca- Mufchel 
nard Çe) La Coquille en eft d'un brun foncé, & quand on la regar- NS 
de au travers d'une bougie , elle eft couleur de pourpre. Il y 24e) Enten. 
en travers des rayes en arc, qui forment quelques rides fur la coquil- Mufchel. 
le , fans que cependant celle-cy en foit moins unie, & moins bril- 
lante. Elle eft affez forte, & s’attache aux rochers par ce qu’on 


apelle la barbe. 


Figure $. repréfente l’intérieur de la Coquille précédente, où il y 
a à obferver que les rayes trés-fubtiles, dont elle eft marquée, for- 
ment un rond oblong , à peu prés comme les fibres ou lignes courbes 
d’un pouce s'expriment fur un morceau de cire, quand on } y apuye 
en quoi elle differe des rayes qu’on voit fur l'extérieur de la Coquilie. 


Figure 6. Ce petit Efcargot en toupie eft vraiment un Chef d’oeuvre de 


la nature. On y voit une Chainette, qui en fait le tour d’une façon 
femblable aux tours que fait une Chainette de Montre autour de fon Ci- 
Endre, quand la Montre eft écoulec. Cette Chainette confifte en une 


Gr2 lficre 


s2 RS + SX 


lifière noirefine, elevée, & grainée, qui a à diftances égales entre 
chaque noeud une boflette blanche, laquelle brille beaucoup, & for- 
me comme un rang de perles que l’art y auroit place. Entre ces 
Cerceaux la Coquille eft rouge, & aufli grainée. L’embouchure eft 
couleur de perle & a un grand éclat. 


Figure 7. La dernière Pièce de cette Planche eft une Coquille Sabote 
foïmèe en Piramide , blanche au fond, & entourée fur chaque Contour 
de trois bandes mignonnes, dont l’une eft rouge, l’autre verte, & 
la troifième noire ; qui perdent leur couleur en s’aprochant des Con- 
tours fupérieurs. La Coquille en eft aufli fine & aufli fragile que celle 
des Efcargots de terre. Au dedans elle eft blanche, & les bandes pa- 


roilent en travers.  C’eft celle que Rwmph apelle en latin: BucciNuM 
LINEATUM. 


Fin de la première Partie. 


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EES DELIGES 
DES YEUX ET DE L'ESPRIT, 


OU 


COLLECTION GENERALE 


DES 
DIFFERENTES ESPECES 


COQUILLAGES 


QUE LA MER RENFERME, 


COMMUNIQUEE 


AU PUBLIC 


PAR 
LES HERITIERS 
GEORGE WOLFFGANG KNORR. 
A 
NUREMBERG 
IL PARTIE. 


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AVANT-PROPOS. 


Lise favorable que le Public a bien voulu faire à la 
prémière partie de cette Colleétion avoit affermi feu nôtre 
Père dans le deffein de la continuer avec toute l’aplication 
poflible, & il y avoit déjà quelques Planches de gravées 
pour la feconde partie, lorsqu'un: mort prématurée nous 
l'enleva. Nous entreprenons de pourfuivre fon travail, 
pour ne pas laifler cet ouvrage imparfait & defeétueux, & 
nous pouvons promettre hardiment de contenter les Ama- 
teurs par les fecours confidérables que nous fournit Monfr. 
le Pafteur Schademok. Ce digne Sçavant, déjà aflez celebre 
par les profondes conoiffances qu’il a aquifes dans cette par- 
tie des Sciences, aufli bien que dans d’autres , & qui pof- 
fède une des plus fuperbes Colleétions, a eu la bonté de 
nous promettre qu’il nous communiqueroit les pièces les 
plus belles & les plus rares. Nous faifons ici tout exprès 
mention de cette Politefle pour avoir occafion de lui en té- 

moi- 


moigner publiquement nôtre reconoiffance, & afin que les 
Amateurs des beautez de la Nature {cachent aufli à qui ils 
auront l'obligation des nouvelles raretez que nous leur pré- 
fenterons. La Defcription des Ficures ne fera pas prolixe, 
cependant elle renfermera totjours ce qu'il fera neceffäaire 
de fçavoir. Nous la donnerons comme à la prémiere Partie 
en Allemand & en François, laiflant le choix aux Ama- 
teurs de l’une ou de l'autre Langue. Efpèrant au refte que 
nôtre Travail ne fera pas inutile, & nous aquerra l Appro- 
bation des Conoifleurs, qui eft le but de nos vœux. 


Nuremberg, en Novembre, 1764. 
Les Heritiers de 


George Wolfgang Knorr, 


Editeurs. 


N Le RE RE ES LA LE EX Gp EX RX EX ER ES EX À 
ÈS À À À À À À ir à + + + # + À 
RCE RER RSR RS ORSSOEE 


DES ESCARGOTS ET DES MOULES. 
SECONDE PARTIE. 
PLANCHE I. 


FIG:-1 


es Coquilles qu’on nomme Cornets d' Agathe (a) ont le prémier rangé (:) Agate. 
apres la Clafle des Rouleaux (b), qu’on a coutume d’apeller Ami- () Voi : 
raux, On met celles-là en partie au nombre des Barroirs de Ton- tæ es 
nelier, & en partie au nombre des Gateaux (Cc). Quelque fois on les fait (c) Rut- 
auffi pañer pour des Vice- Amiraux, Contre-Amiraux, (d) ou efpéces trwecke. 
pareilles. Nous debutons fur la prémiére Planche de cette feconde Par- DCE 
tie par fept de ces Coquilles choïfies, qui apartiennent toutes aux Rou- re 
leaux | ou Efcargots en forme de Quille où de Cone (e), qu’on range dans les (e)Kegel. 
Cabinets immediatement apres les Amiraux. Comme il eft affez difficile Schne- 
de bien diftinguer ces coquilles entre elles, parcequ’elles varient beau- ken. 
coup, & font tellement diverfifiées, que quelque fois on donne deux 
noms diffèrens & même des noms de toute autre efpèce à la même coquil- 
le, foit à caufe de fes couleurs, foit eù égard à fa figure, nous croyons 
que le Leëteur ne fera pas faché de trouver ici une Explication un peu 
détaillée, laquelle en fou'ageant fa mémoire écartera toutes les confufions 
que pourroient occafonner la reflembianceque ces Coquilles diverfes ont 
entre éiies. 
Les Cogrilles en Cône (Volutæ}), qu’on apelle aufi Piramides , ou (f) T#tem, 
. Cornets f) font pro; rement formées en Quille, où en Cône; les Con- } Roue 
tours ne font pas fort avancez, larges par en haut, & ayant d’un bout Tooten 
à l’autre une embouchure longue & étroite. Les Coquilles vont en droi- 
te ligne aboutir en pointe, & fe terminent par une extrèmité obtufe, en- 
forte que quand on les pole fens-deffus-deflous , elles reffemblent par- 
faitement à une Piramide. Telles font celles qu'on voit dans la prémié- 
vePartie, PI. XV, Fig. 2. 3. PI. XVI Fig. 3. PL XVIL Fig.4. 


Mais il y aaufliune autre forte d’Efcargots, qu’on nomme Cyhndres,ou 
Coquilles en rouleaux, où en calandre, qui ont aufli une embouchure loneue, 
mais qui ont beaucoup moins de diamètre, & leurs embouchures tirent 
vers le haut proportionnel'ement, fe!on que la Coquiile enticre fe termi- 
ne par le bas en cone avec un peu de ventre & un bout encore plus ob- 

5.3 tus, 


(a) Bucci- 
na en al- 
lemand 
Kinckhær- 
ner, 


6 BR + SX 


tus, ce qui leur donne ia Figure d'une Olive, ou d’une Datte, comme 
l'on peut voir fur la Planche XV. de la prémière Partie, Fig. 7. & PI. 
XVI Fig. 1. Rien n° empécheroit de diftinguer aifément toutes les Co- 
quilles l’une de l’autre, fi relativement à leur configuration elles diffe- 
roient entre elles autant qu'une véritable Coquille en cône, ou Foluta 
différe par exemple d'un Cylindre, ou d’une Coquille en calandre. Mais la na- 
ture marche à pas plus meéfurez, & produit entre ces deux efpèces tant 
d’autres figures, qui, fanscefler de fe reffembler, ne laïflent pas de va- 
rier entre elles, qu’on fe lafle enfin de chercher ces petites différences, 
& de les déterminer exattement. Aiïnfi l’on voit entre les Coquilles en 
cône & les calandres quelques figures variées de façon qu’on ne fçait plus 
fi l’on doit les ranger parmi les cônes, ou parmi les calandres. Encore 
pourroit-on {fe mettre au deffus de cet embarras, fi l’on n’avoit outre 
cela celui des coquilles, qui par leur figure & leurs couleurs femblent 
avoir pris quelque chofe d'une, quelques fois de deux, de trois, ou de 
quatre autres fortes, de façon qu’ on ne fçait plus à quelle Claffe la ranger, 
& que l’on demeure en doute fi on doit l’apeller Côxe, une calandre, une 
petite Tour, ou une Trompette (BucciNUM) à embouchure étroite, &c. C’eft 
ce qui eft la caufe que tant d’ Auteurs, qui fe font fort peinez pour divi- 
fer & fubdivifer les Efcargots & les Coquilles en Claffes & efpeces deter- 
minées, ontécrit quelques fois avec tant d’obfcurité & de confufion. Fau- 
te en verité qu’on doit leur pardonner, parcequeles Caraéteres diftinétifs 
d’une Coquille font pris quelquesfoisde teltrait, qu’un autre n’aperçoit pas, 
ou qu’il ne juge pas digne d’attention. Car presque chacun regarde une co- 
quille, & en confidère les partiesremarquables d’un pointde vüëdifferent, 
&quantaà l’intérieur dela coquille, ou à l’animal qui l’habite , ou la difference 
n’en cit pas fortremarcuable,ou l’on n’a pas encore eu occafion d'en examiner 
fufifamment & avec affez d'attention & d'exattitude les differencesfpecifi- 
ques, pour en pouvoir fixer les Caraéteres diftinétifs, & felon cette direéti- 
on en déterminer les Clafles & efpèces par des divifions & fubdivifions., : 


Pour comprendre plus aifément ce que nous venons de dire, on n’a 
qu’à fe donner la peine de comparer entre elles les Clafles principales 
de Cornets & des Rouleaux , dont nous avons parlé cy-devant, pour 
trouver qu’il y a quantité de Coquilles de figure intermédiaire , qui ne 
font ni Cornets ni Rouleaux , & qui doivent pourtant être rangées entre 
ces deux Clafles. Car on en trouve qui reflemblent davantage aux Cor- 
nets, d’autres aux Rouleaux, d’autres tiennent autant des uns que des 
autres. Il y en a même, qui fans rien perdre de leur reflemblance avec 
les deux dites fortes, en ont aufli avec d’autres. Telles font les Trom- 


pes (a) & ces Variations fucceflives de la nature font la raïfon de celles 


que l’on trouve dans Pine, RuMPH, Bonannus, Lisrer, & d’autres 

Auteurs, en forte que la mème coquille fe trouve dans l'un fous un nom, 

& dans l’autre fous un autre. £ 
a 


EX + ZX 7 


La premiére Planche de cette Partie qu’il eft queftion de décrire ici, 
ne nous préfente que de ces coquilles, qui n’ont nila propre figure d’un 
Cône ordinaire , ni d’un Rouleau, tels que nous en avons donné quel- 
ques uns pour échantillons dans la prémiere Partie, & qui ne peuvent 
étre placées précifément qu’entre ces deux Clafiesa. Pour ne pas aug- 
menter le nombre des denominations des Clafiès, Ramph met celles-ci au 
rang des Cones , ou Volute ; ainfi ces fept Coquiiles portent toutes le nom 
de Volutæ, ou en Hollandois Tooten, Cornets, Piramides, ou Coquilles 
en Cône. 


Cependant entre tous ces Cornets, ou Coquilles de cette efpéce, 
foit qu’ elles reflemblent plus aux Cônes ou aux Rouleaux, les Hollandois 
font une différence efentielle. Selon eux les unes font des Amiraux, 
& les autres des Cornets d'Agate, où jouës d'Agate. L'on apelle 4miraux, ou 
Wice- Amiraux, Où Coutre- Amiraux, (a) Où Soïtes d Amiraux, toutes celles, (#)Schout 
qui font en prémier lieu marquées de bandes, qui en fecond lieu font °YNacht. 
trés-belles en couleur , & dont en troifième lieu le deflein , les rayes & 
les points font extrémement fins, & alors on les apelle Grands- Amiraux à 
caufe de leurs beauté extraordinaire , ou par raport à leur couleur on 
les nomme Amiraux d'Orange, où , fi l’on a égard aux païs d’où elles vien- 
nent, on leur donne les noms d'Amiraux des Indes occidentales, de Cornets de 
Guinée, &c. Voyezla prémière Partie, PI. VIL Fig. 3. PI. VIIL Fig. 2. 3.4. 
On pourroit nommer Coruets d'Avate toutes les autres Coquilles en 
Cône, ou façon de Rouleaux, qui apartiennent à la Claffe des Cornets 
(Polute), quand elles font éminemment belles, & qu’elles ont beaucoup 
de brillant , fupofé qu’ elles ayent la Figure ordinaire des Cornets , & Jou- 
ës d’Agate lorsque l’embouchure en eft un peu plus ouverte & ventruë. 
Nous en marquerons la différence cy-deflous à la Planche IV. Fig, 1. 
Mais felon que leur Configuration eft plus ou moins anomaie , il faut ou 
leur trouver un nom encore plus diftimtif que ceux de Barroir de Tonnelier, 
vOoy. Part. L PI. VIE Fig. 4. PL XVII Fig. 6. PI. XXIV. Fig. 5. oude 
Corne à Couronne qu’ on verra cy-deflous PI. XI. Fig. 2. ou de Bougies &c. 
foit qu’elles foient grénées ou unies : ou il faut emprunter des noms ti- 
rez des Couleurs, de la figure, & des defféins, comme Gateaux (b}) Cor- Cb) But- 
aets en Cœur, Cornets de Bois-de-Chène (c) voy. Part. I. PI. XV. Fig, 2. 3. 4. Ce) Er 
Livrèts d' AB C, Efcargots à Nuñges &c. voyez Part. I. PI. XVL Fig. 3, PL XVIL. Chénhoiz 
Fig. 4. PI XVIIL Fig. IL. Tutten. 


Selon cet éclairciflement toutes les figures qu’on voit fur la prémiére 
Planche font des Coquilles en cone, & façon de Rouleaux, parce qu’el- 
les ont un peu moins de diametre que les Cônes ordinaires, & que la 
Ligne , au bout de laquelle eïles fe terminent en une pointe obtufe, n’eft 
pas ii droite. Elles tiennent beaucoup des Barroirs de Touanelier , leurs 
Contours s’avancent aflez haut, & en pointe. On apelle les se Tous 

| Aga- 


(a) Steï- 
gcnde 

Lôwen- 
utten. 


8 LS + EX 


d'Agate, & les autres Cornets d'Agate , parceque les deux fortes ont un bril- 
jant incomparable. On leur accorde le prémier rang après les Amiraux 
à caufe qu'elles font magnifiquement marquées. A préfent il ne nous 
fera plus fi diffcile, en confultant les couleurs & les deffeins de ces Coquil- 
les en Cône formées en calandre, de fixer les denominations particulieres 
par lesquelles les Curieux aiment à les diftinguer. 


Figure r. Ce Cornet d’ Agate eft le Chat jaune tacheté, que quelques uns 
appellent le Cornet en cœur batard. La Coquille en eft epaifle & blanche en 
dedans. L? Animal qui l’habite n’a point de Couvercle, mais il a la fa- 
culte de fe retirer fi avant, qu’on n’en voit rien. La Struéture interi- 
eure de ce Cornet reflemble à celle de toutes les Coquilles en Cône ou en 
Calandre ; c’eft à dire qu’il y a au milieu une efpece de Colonne brillan- 
te, polie & unie, qui va depuis la pointe , obtufe jusques dans la Cou- 
ronne , qui eft tres-fine & deliée en haut, & d'autant plus forte & épaifle 
par le bas. La Coquille, ou fes Contours, font trois, tout au plus qua- 
tre fois le tour de cette Colonne. Le premier Contour prend en long la 
moitié de la Coquille, le fecond le tiers, le troifième un huitième, & le 
quatrième eft à peine vifible. 

Figure 2. repréfente un Cornet en cœur batard grainé, & eft une Fouë à 
Agate. Cette Coquille eft par le haut plus large, & a moñns de la forme 
d'Olive, que la prémiére, à laquelle elle refflemble d’ailleurs , fi ce n’eft 
que fon Ouverture eft plus grande, ayant encore ceci de particulier c’eft 
qu'elle paroit étre toute parfemée de fable, ce qui lui fait donner le nom 
de Cornet gréné , particularité qu'on remarque d’ailleurs fur plufieurs de 
ces Chatons tachetez. Tous ces grains, ou petits points, comme on 
voudra les nommer, font élevez comme de petites têtes d’épingle, & 
alignez dans le plus bel ordre autour de toute la Coquille. 


Figure 3. eft de la même forte, mais comme le fond en eft brun, 
& les taches plus en forme de cœur , on l'appelle le Cornet en cœur gréné 
brun, & à cette efpèce la Coquille eft ordinairement plus épaifle qu’ à la pré- 
cedente. Son Embouchure eft fort avancée, comme à ce qu’on nomme 
la Touë d’Efcaroot. 

Figure 4. Ceci eft le Cornet en Olive à bandes, & apartient a la Clafle 
des Barroirs de Tonnelier , avec cette différence que la pointe fupérieure, 
où les Contours avancent , eft un peu plus obtufe. La Coquille n° eft pas 
épaifle, & labande, qui l'entoure, confifte en une rangée de taches blan- 
ches bordées de noir fur un fond jaune. Au refte tout l'Efcargot eft 
blanc comme neige au dehors. 


Figure 5. eft le Cornet au Lion rampant. (a). La Coquille en eftépaifle 

& fon nom lui vient en partie de la couleur de fes taches, qui font rouf- 
fes & jaunes tirant fur le brun ; comme on les remarque fur les peaux de 
Lion, & en partie parce que ces taches s’élèvent en haut & femblent s’at- 
tacher 


LE + LS 9 


tacher par leurs pointes à la Coquille, comme à peu prés les Lions, qui 
fervent de fuports aux armoiries , en tiennent l’Ecuflon avec leurs Grif- 
fes. Mais on ne fçauroit difconvenir que l’Imagination a le plus de part 
à cette dénomination , parceque, vü le deffein qu’on voit fur cette Co- 
quille, il conviendroitnneux, & feroit aufli plus naturel de la comparer 
avec une Carte Géografique. Le même Cornet eft quelque fois gréné. 


Figure 6. Quand les Hollandois comparent un Efcargot à une Tor- 
tuë, ce n’eft que relativement auxtaches brunes fonceés répanduës fans 
ordre fur un fond blanc ou jaunätre, (Comme on en trouve de pareïlles 
fur ce Cornet-ci, ils l’apellent dans leur Langue schildpadde-Hoorn, © eft-à 
dire Cornet en Tortuë , & ce que nous avons dit précédemment décide que 
celui-ci eft de la forte des Agates, & apartient particulièrement à la Clafle 
des Barroirs de Tonnelier. 


Figure 7. n’eft fans doute aufli autre chofe qu’un Cornet en Tortuë, 
mais pour le diftinguer du précèdent, il faut y ajouter l’epithète de cour- 
ronné, parceque tous fes Contours avancez fontentaillez & comme dentelez, 
au lieu qu’ils font unis aux autres. En general les Curieux accordent le 
nom de Couronnes ou l’épithète de couronnez, à tous les Efcargots & Cornets, 
dont les Contours, là où ils s’ avancent, font plus ou moins dentelez. 
Voyez dans la prémière Partie PI. VI. fig. r. PI. VIL fig. 4. PI. XV. fig.2. 
& relifez en les Defcriptions. 


PLANCHE LIL 


Figure 1. Nous avons vü dans la prémiére Partie de cet Ouvrage PI. 
VL. fig. 4. & 5. & PI. XIX. fig. 1. qu’il y a des Coquilles ex forx.e d'aflette, 
à côtez égaux & à cotezinégaux. Cela fait une efpéce particuliere qu’on 
apelle en latin Teline. Leur Caraëtère diftinétif principal eft que la Co- 
quille en eft mince, également platte des deux cotez, & peu ventruë. 
Ordinairement ces Coquilles font plus larges que longues, de façon pour- 
dant quela Fermeture, n’eft jamais bien au milieu, quoiqu’à celles qu’on 
nomme Coguilles à côtez évaux, il femble à la premiere vuë qu’elles s’éten- 
dent également aux deux côtez de la Fermeture. Les Coquilies tiennent | 
l'une à l’autre par une Charniére ou jointure fimple (a), qui cependant ()G#g5- 
eft accompagnée de deux nerfs où Membranes fortes. La prémiere eft 77 
en dedans ou deflus de ja Fermeture, & quand elle fe retire, les deux co- 
quilles s’ouvrent de façon qu’on ne peut plus les refermer qu’en ufant 
de force. Les Membranes tiennent en même tems au milieu de la Coquil- 
le, & à l’ Animal, qu'un bout de chair noueufe attache à l’autre Coquil- 
le. Ces derniéres fervent à lapetitebétearetirer l’une contre l’autre les 
deux Coquilles, qui fans cela s'ouvrent d’eiles mêmes & c’eft ainfi quelle 
s’y renferme. On trouve ces Coquilles, le plus fouvent dans un fable 
Seconde Partie. B humi- 


10 L< + LA 


humide à un pié ou à un demipié fous terre, & quand on en a trouvé la 
trace, quiconfifte en une petite ouverturefur le fable, on n’a qu’à creufer 
un peu pour les trouver. Cet animal dans le tems du flux fort de la mer 
{ur le rivage, les coquilles fort ouvertes, & la fermeture en haut, & s’ 
enterrent dans le fable mouillé encore &fangeux. Ceux de cette efpéce, 
qui choififilent pour s'arrêter le fable le plus fin & leplus blanc, ont ordinai- 
rement la Coquille la plus belle & la plus fine. Il y en a de moindre qua- 
lité qui s’enterrent communément dans quelque fable groflier & pierreux. 
Leur Chair eft belle, blanche & le plus fouvent mangeable. On voit à 
l’une des extremitez deux tuyaux vuides à barbes rouges, dont l’animal 
fe fert pour humer l’eau, & pour l’élancer. De l’autre bout 1l y a une 
ouverture, qui fert à l'expulfion des excrémens. Quelques fois on y 
trouve de bellesperles, qui ont la même couleur que la cequille. 

Sen à la Moule en afiete en particulier, qu’on voit ici fur la Planche, 
elle eft tout-à-fait ronde d’un côte, mais de l’autre elle aboutit un peu 
en angle. La Superficie de cette Coquille eft blanche, & a la Fermeture 
rouge, d’où partent quelques rayons de même couleur , qui font transpa- 
rens, parceque la Coquille eft mince. Outre cela ces Coquilies font cou- 
vertes d’eécailles fubtiles & fines, comme on voit à peu près fur la langue 
des Chats, ce qui fait donner à cette Moule le nom de Zingua Felis, © eft-à- 
dire Langue de Chat. Denomination, que nous n’aurions aflurément jamais 
dévinée, fi on ne la trouvoit dansRuMrH. Cette efpèce de Langues de Chat 
fe tient ordinairement dans quelque fable trés-fin ; mais il y a encore une 
forte de Langues de Chat de la même efpèce qu’on ne trouve que dans un 
fable groflier & pierreux, qui font de qualité fort inférieure & beaucoup 
moins belles à voir que les prémieres. 

Figure 2. Le Leéteur doit fe fouvenir que parmi les Efcargots à 

(a) Hrrex Aïguillons, qui portent généralement le nom de Murices (a), il y a aufli 
Poiffon à des Tètes de becafe, telles qu’il en a vü une à doubles aiguillons fur la Planche 
Sos XL fig. 3. & 4. & une fans aiguillons fur la Planche XII. fig. 2. & 3. de lapré- 
Anciens miêre Partie. loi l’on voit une Téïe de becafe à aiguillous fimples & bec court. 
faifoient Elle eft fort ridée par dehors, & femble n’ étre compofée que de pièces 
la couleur raportées ; qui fe joignent l’une à l’autre près de chaque aiguillon. La 
sal POU- couleur en eft d’un brun fale , mais l'embouchure eft d'un beau verd, à 
nn travers lequel on voit des bandes foncées. 


Figure 3. Boire fouvent de l’eau de vie, c’eft ce que les Hollandoïs 
par une expreflion bafle & populaire apellent: päspelen, c’eft à dire bnvot- 
ter. Et on fe fert pour cela d’une forte de petits verres tout garnis de 
boffes, qui tirent leur nom de là, & qu’on apelle par cette raïfon : Pim- 
peltjes, c’eft comme qui diroït petits Verres a biivotter. Or comme la Coquil- 
le, que cette figure repréfente eft toute pleine de pareilles petites boffet- 
tes, on lui donne de même qu’à toutes ceiles de cette efpèce en LÉ où 

e 


“ 


LS +  LX ïI 


de le nom de Pimpeltje, où petit Verre à Kau de vie. Cela n’eft-il pas bien 
fpirituellement imaginé. Maisil faut aufli indiquer le nom qu’on lui don- 

ne dans le monde favant. On la met ici au rang des Cafques, quoiqu’elle 

en diffère en cequ’elle eft fort raboteufe & toute pleine de verrues. Tous 

les Efcargots de cette efpèce portent le nom de Caflides verrucofe , c’eft à 

dire Cafques à verruës où Cafques raboteux , & on y trouve parmi les petits 

Verres à eau de vie, des Grenouilles, des Crapaux, des Hochequenës ; des 

Meures dentelées, des Culotes de Snifé (a) &c, qu’on apelle de l’un ou de l (a) Pimpei- 
autre de ces noms, felon que leur figure eft plus ou moins oblongue ou chen, Froe- 
formée en poire. Conferez avec ceci la cinquième & fixième figure de fhe, Hoch. 
la Planche XXV. de la premiere Partie, & leur defcription. La Coquil- us Ù 
le de cet Efcargot eft fort épaille & péfante, le fonds en reflemble à de la be 
craieblanche , entourée de quelques bandes noires. Les boflèttes, qui Schweizer. 
paroïffent être des Continuations de la coquille font toutes noires l’une Hofen. 
comme l’autre, laquelle couleur cependant pälit, ou fe perd un peupres 

des Contours. 


Figure 4. Dans le grand nombre d’Efcargots il y en a une efpéce 
qu’on nomme en latin Trochus (b), c’eft à dire Sabot, ou Toupie, COMIMC 44) en atle- 
nous avons vü dans la prémière Partie PI, XIL fig. 1. 4. & PI. XXV. fi3. mand Kreu- 
3.4. Quand ces Coquilles font un peu plus ventruës, & qu’elles ne ref- Jel. 
femblent pas parfaitement à un Entonnoir renverfé, on les apellefigu- 
re ouefpèce de Sabot, où de Toupie, & de cette elpece eft celle qui eft repré- 
fentée ici. Elle diffère un peu de deux autres de la même efpèce, dont 
l'une porte le nom d’Huitre tirée de fa Coguille Cc), & l’autre celui d’Efcar- (<y ausge- 
got de Pharaon, ou le bouton de Vefte, car elle tient de l’un & de l'autre. El- ftochene. 
le eft toute entourée d’anneaux formez par des grains ferrez l’un contre 
l’autre. Le fond de la coquille eît blanc fur lequel on voit des flammes 
couleur de Cinnabre fort proches l’une de l’autre. 


Figure 5. repréfente feulement | Embouchure avec le Trou umbili- 
cal de lEfcargot dont nous venons de donner la defcription. 


Figure 6. Comme il y a des Animaux marins 4 wue coquille & à deuxco- 
quilles, 1 y en a aufli a plujieurs coquilles, c'eft à dire dont la Coquille eft 
compofée de 3, 4, 5, 6. feuilles & davantage. On trouve ces Animaux 
ou feuls , ou par troupes & par nichées pour ainfi dire, fermement atta- 
chez aux rochers, ou au fond de cale d’un vaiffeau, où méme fur d’au- 
tres Moules ou Succeurs de rocher, & quelques fois fur le dos des Tortues. 
On diftingue cette efpéce par le nom de Balani, c'eft-à-dire gros-glands (4), Cd) en hol- 
ou Perrues, & l'individu qui eft figuré ici s’apelle particulierement la Tyli- landois Pa 
pe marine qui fleurit. fer 
Quant à fa configuration cet Efcargot a un fond plat & fort mince qui 
eft fi fortement attache au rocher, ou au fond de cale, qu’on nepeut l’èter 
“tt B 2 qu’en 


12 BK + LS 


(a) en alle- 
mand Bcts- 
backe. 


qu'en prenant à l’aide d° un cifeau partie du bois ou du roc où il fe trou- 
ve. Le dedans eft blanc: & uni, & le dehors eft compofé de trois ou de 
plufieurs efpeces d’Ecullons rougeitres, ou d’un gris-noir. Ces Ecuf- 
{ons font ou unis, ou rayez tout duiong & quelques fois profondement 
entaillez comme on voit aux Coquilles en peigne (PECTINES). Ces Ecuflons 
qui ont tantot une grandeur proportionnée & tantot inégale forment en 
haut une ouverture pareille à celle des Tulipes, & fe préfentent en trian- 
gle, en quarré, en pentagone, ou en hexagone irrégulier. L? Animal 
qui y habite eft vifqueux , mais cuit il prend de la confiftence & devient 
blanc. Il eft trés-bon à manger. On voit en haut à l'embouchure deux 
offelets dentelez. Quand ceux-ci fe féparent l animal étend de certains 
bras, qui paroïflent comme un plumet, & c’eft avec ces bras-là qu’il at- 
tire {a nourriture. La Figure qui eft fur la Planche repréfente trois de 
ces Zulipes marines jointes enfemble. 


Figure 7. Nous avons vu fur la Planche XVI. de la prémiére Partie, 
fig. r. &2.une Archede Noë. En voiciuneautre, quin’a que ceci de particu- 
lier, c’eft qu'une infinite de fibrilies en couvre le plus fouvent la Coquil- 
le, qui par jà femble barbue. C’eft par cette barbe ou ces fibrilles que 
P Animal s’attache fi fort aux rochers qu’on a de la peine à l’en arracher. 


PLANCHE IIE 


Figure 1. Dans la prémière Partie PI. XX VIL fig. . & PL XXVIIL 
fig. 1. on a vü une efhece d°Efcargots a aiguillons que les Amateurs ont cou- 
tume d’apeller Griffe du Diable, croc de batelier , Efcarvot en Ecrevife, &c. La 
préfente figure en fait voir un de la même forte. Comme nous avons 
déjà indique de quelle manière on les différencie, nous obferverons feu- 
lement ici que RumpPH ne met pas celui-ci au rang des Æfcargots à aiguillons 
proprement ditsainfi, mais il les range parmi les Efcargots ailez, qu’ilnom- 
me Aata. L’Efcargot de cette forte, dont nous avons donné:la figure fur 
la Planche XXVII. de ja prémière Partie fig. 1. & auquel nous avons 
donne le nom de Griffe du Diable, eft non feulement nommé de méme dans 
RumrH, mais cet Auteur l’apelle outre cela Harpago (a), c’eft à dire Croc 
OU Haïpon de marinier, parceque les griffes recourbées qu’on voit ici ref- 
femblent à ces crocs ou harpons dont les matelots fe fervent pour attacher 
les petites chaloupes à la terre ferme, au lieuque l’Efcargot, dont on trou- 
ve la Figure dans nôtre premiere Partie, PI. XX VIIL fig. 1. que plufieurs 
Curieux ont coùtume d’apeller Croc ou Harpon de Matelot, eft regarde par 
RumPH comme la femelle du Cancre, ou de l'Efcargot en Ecrevife, qu’ilnomme 
aufli Alata cornuta. Or l’Efcargot repréfenté ici ayant la même Configura- 
tion, il dépend de chacun de la mettre avec quelques Auteursaurang des 
Haïpons , ou de lui donner avec RuMprH le nom de Caucie. Ie remarque- 
rai feulement que quand l’ Aiguillon recourbe qu’ on voit à la Hu po- 

éri- 


TTL, 


2 


PC Dictz{ch ad nat. prit 4 


ES + ES 13 


ftérieure de la Coquille fe forme en équerre (ce qui a fourni l’occañon 
de l’apeller harpon) alors RuMprH lui donne les noms de Cornuta nodofa, 
ou Efcargot gouteux, où quelques fois celui de Scorpion. En général l’on 
peut dire qu'ici c’eft l'imagination qui décide, & fi un Amateur veut 
n'être pas embarraflé de tous ces noms difiérens, iln’a qu’àafechoifir un 
Auteur & adopter fes dénominations feules. Nous indiquons non feule- 
ment celles que RumrH a préferecs ; mais aufli ceiles qu’on trouve dans 
d’autres Auteurs, & laifons à ceux qui font les Colleétions le droit de 
ranger dans leurs Cabinets les Coquilles à leur goût, & de leur donner 
les noms que bon leur femble. 

Figure 2: & 3. Si l’on fe rapelle ce qui a été dit dans la prémiére 

panne, PIN: Ge. 2 PLV. 9.1. & 2, PL VHI Ge.s: PI, XIV. fe, 
1. & 2. Pl. XVIIL fig. 2. PI. XIX. fig. 2. & PI XXVIIL fig. 2. à l’occa- 
fion des Coquilles repréfentées aux lieux citez, onfe fouviendra qu’il 

a quantité d’efpèces de Coguilles a raÿons, où à Sillons, ou Moules en peigne, 
(lat. PECTINES). On en trouve de grandes & de petites, à coquille épait 
le & à coquille mince, ou ventruës deflus comme deflous, ou inégales, 
c’eft-à-dire concaves d’un côte & plattes de l’autre, 4 vue oreille, à deux 
oreilles | & quelques unes fans oreille, auxquelles, quand elles font belles, 
on donne les noms de Manteaux bigarrez, où de Manteaux Roÿaux , où d’au- 
tres pareils. Celles qu’on voit ici fig. 2. &. 3. font des , Manteaux bigarrez, 
à oreilles égales, que quelques uns apellent auf , Moules volantes, à caule des 
bonds qu’elles font en s’elançant hors de }? eau. La Coquille en eft min- 
ce, & reflemble aux Couvercles plats de ces Moules à rayons, dont la Co- 
quille inférieure eft affez épaifle & ventruë. L'une & l’autre ont en tra- 
vers des entailles fines, qui y forment une efpece de grillage, &ne difte- 
rent que par la couleur. 

Figure 4. Quand quelques Efcargots n’ont pas la Coquille aufti 
épaifle & ventruë que les Buccina où Coqrilles Sabotes, on les nomme Sirombi, 
ou Aiguilles, telles que nous en avons vü deux dans la prémiere Partie, PI. 
VL fig. 1. & 2. Quoique RvmrH mette celles-ci au rang des Buccina, el- 
les n°’apartiennent réellement point à cette efpèce. Mais RyvMmrH donne 
à une autre forte le nom de Strombi, que nous avons apellé Æivuilles ; cei- 
les-ci font beaucoup plus longues, & leurs Contours ne font point plus 
épais proportionellement l un que l’autre, puis qu’ils diminuent touséga- 
lement peu à peu. On en a vu dans la prémiêre Partie, PI. VIII. fig. 6. 
& 4. PI. XL fig. 5. & PI. XXII. fig. 4. & 5. 

Tout comme il y a donc entre ces Buccina, qui font en même tems des 
Strombi où Aiguilles, une qualité intermédiaire à laquelle on donne le nom 
de Fufeaux (a), (voy. Part. I. PI. XX. fig. 1. ), de même il faut placer en- ()enallem. 
tre ceux-ciencore un efpéce de petits Efcargots , qu’on nomme wrricule, "#7 » 
ou petites Tours , qui reflemblent à la tue par le haut aux Fufeaux, mais . 

2 dont 


(a) en allem 


gefaltenes 
Thuermchen. 


14 BY + XX 


dont la partie inférieure fe termine par un Conduit moins long ; telles 
font les Coquiiles repréfentées ici fous les Figures 4. 5. 6. & 7. Nous 
avons déjà donné cy deffus Part. I. PI. XV. fig. 5. & 6. la Defcription d’un 
Efcargot pareil. A préfent nous continuerons à décrire les ie Tours 
qu'on voit fur la Planche , auxquelles RvmrH donne aufli le nom de 
Turricule, quoiqu'il les place au rang des Buccina , où Coquilles Sabotes. 
L’Efcargot donc que la Figure 4. repréfente eft une petite Tour pliffee, 
ÇTuïricula plicuta (a). On y remarqueen travers des entailles ou Sillons pro- 
fonds , fort ferrez l’un contre l’autre, & du haut en bas des bourrelets 
ou plis elevez. L'Embouchure fe termine comme celle d’un Frfeau obtus. 
Sacouleur eft gris de cendre, & les Contours font fort marqüez, 


Figure 5. eft aufli une petite Tour, dont la Coquille eft beaucoup plus 
mince , & a pourtant des Sillons fort fins. Sa Couleur eft peu voyante 
& {a fuperficie rude à l’attouchement. Les Contours font tellement fer- 
rez, que la Coquille refflemble à un Cornet de papier obliquement plié. 


On peut diftinguez au bout le nombre des tours.  L’embouchure eft 
blanche. 


Figure 6. eft encore unepetite Tour pliée à Coquille fine. Ses plis font 


traveriez par des anneaux profondément entaillez & font d’un jaune 
fonce. 


Figure 7. eft une petite Tour unie, à coquille mince, brune de couleur, & 
entourée de lignes fines. On voit tout autour des petits points blancs 
rangez à diftance égale. L’Embouchure eft plus brune que blanche, & 
les taches blanches paroïflent à travers. 


P L A N'CH'E IN. 


Figure 1. Ruurx met cet Efcargot à la tête des J'olute, ou Coguilles en 
Cone, & l’apelle Cynbiux , c’'eft-à-dire Faiffeau à boire,-en hollandois vekroon- 
de Back, où Kroozboorn. Or quoique Rumph foit le principal Auteur fifte- 
matique relativement à tout ce qui concerne Îes Coquillages, il lui eft ar- 
rivé en ceci, de même que dans d’autres occafñons , de n’être pas fuivi 
par les Amateurs, qui n’ont voulu ni lui paffer le nom d'Efcargot à Couronne, 
nt l'intercalation de cette Coquille parmi celies qu’il apelle Folute. Eten 
effet on verra cy - deflous PI. XI fig. 2. un Corxef auquel €e nom de Corne 
à Couvroune eft afFefté, & quant à la Claffe dans laquelle cet Efcargot doit 
etre range 1] y a long-tems que les Hollandoïs en ont fait une efpéce par-. 
ticulicre, qu'ilsnomment Bakken, c’eft-à-dire Auve, ou Auget. Car lesHol- 
landois donnent le nom de Bak à tous les Vaifleaux de bois creufez, dans 
lesquels on peut mettre quelque chofe ; comme dans une petite Auge.. 
Ainfi ils apellent Bakken, ou Augets, toutes les Coquilles, qui ont une em- 
bouchure large, & creufee en long, plus oumoins ventruës, & ceft par cet- 

te 


IV, 


CD Ph LT rat. Prat. 


LX + LS 15 


te raifon qu’ils donnent à quelques Cornetsle nom d’Auget d'Auate, parce 
que leur embouchure eft plus large & plus ventruë qu'aux Cornets ordi- 
naires, Comme nous l’avons remarqué à la prémiére Planche de la préfen- 
te Partie. 

L’Efcargot , dont il eft queftion ici, eft proprement le cekroonde 
Tepel-Bak des Hollandois, ou l’Anget conrronnée en bout de Teton, où l’Efcargot en 
Anget, que quelques uns apellent Æfcargot en Gondolke. On lui donne l’épi- 
thète de couronné à caufe de la dentelure qui règne autour du prémier Con- 
tour, (voy. Part. [. la defcription dela figure 7. de la prémière Planche.» 
On l’apelle Bak, où Amget, parceque l'embouchure en eftlarge & ventrue, 
car on trouve de ces Efcargots qui ont jufqu’à 15. & 16. pouces de lon- 
gueur fur 9. de largeur. Enfin on le nomme Æuvet à bout de teton, (a) à 
caufe que les petits Contours qui avancent reflemblent à un bout de Te- 
ton. Cette Coquille eft unie & brillante. La Couleur en eft brune, fur 
laquelle on remarque deux bandes un peu plus foncées. On y voit des 
Lignes fines tout du long. La Couleur intérieure eft un blanc tirant fur 
le jaune. 


Figure 2. & 3. font des Manteaux bivarrez , à l'égard desquels nous 
avons déjà dit le néceflaire cy-deflus (voyez la Defcription de la Figure 
2. & 3. de la Planche précédente.) Nous n°y ajouterons rien ici, d’au- 
tant plus que ces deux Coquilles ici ne différent des précédentes que par 
le deffein, ce qui eft plus aife à voir fur la plänche que par une defcrip- 
tion. Ie remarquerai feulement que le Mauteau bigarré repréfenté fig. 3. 
a de petites écailles blanchatres. L'une & l’autre font également ven- 
trues. 


Figure 4. & s. Ces Coquilles d'une efpece particulière portent les 
noms de Tuyau de paille, Tuyau marin, & quelques fois celui d’Avoine marine. 
Elles reflemblent beaucoup à celles que RumrH apelle proprement Barroir 
de Tonnelier | & apartiennent à la Claife des Efcargots en rouleau. Elles font 
aufli minces & aufli legères que fi elles étoient de paille, & l’animal qui 
y habite s’élance aflez fouvent hors de l’eau par un bond fi violent, 
qu’une fleche décochée ne part pas avec plus de force, ce qui a fourni à 
-quelques amateurs l’occafion de lui donner le nom d’Efcargot en feche. Ces 
Coquilles font abfolument unies, & ont un beau brillant. La Couleur en 
eftou blanche comme neige, oubigarrée , fur quoi l’on obferve des lig- 
.nes & de beaux defleins. La partie inferieurefe prefente toujours com- 
me fi on en avoit rompu un morceau. 


Figure 6. eft une petite Tour, femblable à celle que nous avons décrit 
cy-deffüus , PI. IL fig. 5. avec cette unique différence , que cette Coquil- 
le.ci a davantage de taches blanches fur un fond plus rougeitre. 


Figure 


(a) Zizen- 
bak. 


16 LE +  LX 


Figure 7. reprefente l'Efcargot de la Claffe des Rouleaux, que RumrH 
apelle le Barroir de Tonnelier grainé (Terebellum granulatun), que quelques uns 
nomment aufli le Chaton graine.  X] eft entoure d’une grande quantité de pe- 
tits Cerceaux élevez, & lon remarque fur ces Cerceaux des petits points 
noirâtres , qui ne font pas fort élevez. Il y a une autre efpece de ces 
Coquilles, qui font plus larges , qui n’ont point de Cerceaux, maisbeau- 
coup de rangées de grains tous élevez. 


PA NAGER 


Figure 1. On voit au milieu de cette Planche une Tompie où Sabot ad- 
mirable, qui fe diftingue fort par fa beaute. Rumrx l’apelle Trochus pri- 
mus, five maculofus, ou la grande Toupie tachetée. La partie inférieure en eft 
pius large & la pointe à proportion moins haute qu’aux autres Toupies ; 
outre cela la Coquiile en eft forte & péfante. Elle eft toute pleine de 
Flammes en ondes, qui font d’un rouge incomparable, & d’un verd fon- 
cé au dernier Contour. Il feroit fuperflu d'en dire davantage apres les 
defcriptions que nousavons données des quelques Toupies Part. I. PI. XIT. 
fie. L'&4. Pl], XXV. Ge. 9.& 4 GELXXK Hp 06 

Figure 2. eftun Cornet à bandes qui apartient à la Clafle de ceux qui 
portent le nom d°Amiraux des Indes occidentales. Ha beaucoup de rapert 
avec l’Efcargot dont on a vu la defcription Part. I. PI. VIL fig. 3. Nous 
y renvoyons nos Leéteurs , de même qu’à ce que nous avons dit dans 
cette feconde Partie à l’occafion de la prémiere figure de la prémiére 
Planche. 


Figure 3. Cet Efcargot eft celui auquel on donne le nom de Volta 
Speétrorum, ie Rouleau des Spettres, ou le Spettre, parce qu’on prétend que les 
rayes jaunes, qui s’y trouvent , reflemblent à ces Speétres dont on trou- 
ve lafigure deflinée fur quelques Cartes Geografiques de l’Afie, derrie- 
ve la grande muraille de la Tartarie, au Defert de Lob. Dénomination par 
conféquent qu’on eft allé chercher bien loin. 

Figure 4. eft un beau Manteau bigarré ; rouge de Cinnabre, qui ne 
fe diftingue de ceux que nous avons décrit & figuré cy-deffus PI. III. & IV. 
que par quelques taches blanches rares. 

Figure 5. eft une Coquille fort mince & peu confidérable. Elle eft 
rude à toucher. On la met au rang des Æfcargots en boule, quoique vü fa 
Struéture elle ait quelque raport avec les Æfcargots-Porcelaines. 


PLANCHE. VI 
Fisure 1. repréfente la même Toupie, que nous avons vù fur la Plan- 
che précedente , fig. 1. & dont nous avons donne ja defcription. Ici l’on 
en 


ÉxC Hufeo el fhadelooc LANO. 
C 


0 Lonr .e Uleemann > anal. puit. 


_ 
0 


D 


VI” 


Ex cMufeo Schadeloockiane. 


To. Conr. A leemann ad nat. prix 


- 


LÉ + EX a” 


en voit la partie inférieure, qu’on apelle le fond. On aperçoit au milieu 
un Trou umbilical, qui va presque jufques à la pointe. Tout autour on 
voit des anneaux un peu élevez qui en font tout le tour en forme de ri- 
des ou de plis, jusques à embouchure. En travers il y a des flammes 
rougeîtres fur un fond blanchatre, qui au dehors fr les contours s’éiée- 
vent vers le haut. A proportion de la grandeur de cet Efcargot, l’em- 
bouchure en eft petite & oblongue ; cependant l’écuffon qui ferme cette 
embouchure eft rond, mais mince comme une lame de fer blanc, & tout 
garni de petites lignes rondes. La Couleur eft rouge tirant fur le brun. 
La Coquiile au dedans refflemble à de la Nacre de petite qualité, & n'a 
guéres de brillant, mais elle eft épaifle & forte, quoique le bord exté- 
rieur de l’embouchure paroïlle être mince. 


Figure 2. Nous avons déjà parlé des Fwfeaux dans la prémière Partie, 
à l’occafion de la prémière Figure de la vingtième Planche. Aiïnfi tout 
ce que nous pouvons dire ici de l’Efcargot figuré ici, c’eft qu’il eft d’une 
plus petite efpèce que la Coquille, dont on a vü la defcription au lieu ci- 
té , où nous renvoyons ie Lefteur. Cependant nous repéterons ici la re- 
marque que nous avons faite plus d’une fois, c’eft que les Coquilles re- 
lativement à leur ftruéture & à leurs couleurs ne pañlent pas tout d’un 
coup d’une Claffe à l’autre, mais fucceflivement & par dégrez. Quoi- 
que nous mettions donc cet Efcargot au rang des Frfeaux, il ne faut pas 
conclure de la que ce foit un Fufeau parfait à tous égards, car les véritables 
Fufeaux parfaits font plus étroits, & ont l'embouchure beaucoup plus lon- 
gue, Cependant comme celui-ci a aufli une embouchure aflez longue, & 
que fes Contours font fort élevez , on ne peut le mettre ni parmi les Co- 
quilles Sabotes, ni parmi les petites Tours, & encore moins parmi les Efcargots 
a Vis (b}). Aüïnfi on fe trouve dans le cas ou de faire de celui ci tout feul (a)Schraub- 
une efpèce particulière, ou de le ranger dans la Clafle de ceux qui lui Schnecke 
reffemblent le plus, qui font les Fufeaux. 


Figure 3. On fçait qu’il y a quelques Efcargots en Cone , auxquels on 
affeéte le nom de Cowflin à dentelles, & nous avons vü cy-deffus Part. I. PI. 
VII. Fig. 3. & 6. que quelques Auteurs donnent ce nom aux deux Cornets 
façon d' Amiral, dont on trouve le deffein fur la plänche alléguée; mais 
pour la Coquille dépeinte ici, c’eft le véritable & le plus beau des Couflins 
a dentelles. La Couleur en eft brune en haut & en bas. On y voit au mi- 
lieu & en bas une bande blanche décorée des deux côtez par des points 
d’un brun foncé. La figure en eft conique, le fond aflez plat, du milieu 
duquel il fort une pointe. La Coquille eft brillante comme de la Porce- 
laine, & l’Embouchure rouge de Cinnabre. Il y a encoreplufieurs efje- 
ces de Couflins à deutelles, mais qui differenttoutesentre elles par les couleurs. 
On n’a d'autre raifon de donner à ces Coquilles le nom de Couflin à dentelles, 
que parceque les taches brunes, les flammettes, & les points qu’on y re- 

Seconde Partie. C mar- 


(a) Butter= 
mwecken. 


18 LS + EX 


marque, refemblent, à ce qu’on pretend, aux rangées d’epingles, qu’on 
voit fur les Couflins fur lesquels on travaille a faire les dentelles, & qu’on 
apelle en hollandoiïs Speldeiverks-Kueffen. Cette invention n’eft-elle pas fort 
heureufe ? Elle fert du moins à nous convaincre, qu’il y a au monde des 
gens, qui ont l’imagination beaucoup plus vive que nous. Ce qu’il y a 
de facheux, c’ eft que nous nous trouvons dans le cas de nous fatiguer 
par une recherche de dénominations, qui dailleurs ne fournifient aucune 
matiere à penier. | 

Figure 4. On a indiqué dans la prémière Partie PI. XV. Fig. 5. & 6. 
qu’il y a aufli une efpece d’Efcargots, qu’on apelle Petites Tours, & nous 
avons préfente au Letteur fur la dite Planche un Modele parfait de la 
Figure qu’à une petite Tour proprement ainfi dite. Mais comme il y a des Ano- 
malies dans toutes les Clafes, on trouve aufli des Coquilles bitardes dans cel- 
le-cy. Telle eft celle, que nôtre Figure 4. repréfente. Elle a une poin- 
te obtufe parceque le Contour fupérieur eft plat, & n’avance point ; d’ail- 
leurs les Contours font fort ferrez l’un contre l’autre. La Coquille en eft 
fale, jaune de couleur, peu voyante, & un peu rude à toucher. Quant 
à fa Configuration elle a beaucoup de raport avec celles qu’on nomme 
Oreilles de Midas. 


Figure 3. Voici encore une Anomalie, car cette Coquille eft aufli 
une efpece de petite Tour, dont cependant l’embouchure eft moins étroite 
qu'aux autres, & au contraire aufli large qu’aux Coguilles Sabotes ; maisles 
Contours y font élevez comme aux petites Tours, avec cette difference re- 
marquable pourtant, qu’ ici les Contours font leur circuit l’un fous l’au- 
tre de loin à loin, de forte qu’ily a toujours entre deux un efpace ou fa- 
çon de Conduit qui s’éleve du bas en haut en ligne fpirele, Ce Conduit 
eft profond & reflemble à un Sillon. La Coquille eft aflez epaïfle , blan- 
che de couleur , fur laquelle, on voit des tâches d’un jaunitre pale difpo- 
fées regulierement. Le Conduit large & en Sillon qui s’élève en haut en- 
tre les Contours en ligne fpirale , & qu’on ne peut pas voir fur cette 
Sa vüla pofition de la Figure, eft blanc comme neige , & n’a point 

e taches. 


PLANCHE VIE 


Eisure 1. Ontrouve parmiles Eftargots de Figure conique quelques Co- 
quilles, qu’on nomme Gateaux au beurre (a), & nous en avons vü une 
cy-deflus, Part. L. PI. XVIL fig. 4. Leur Struéture eft conique, & n'abou- 
tit pas en angle vers le fond, dont les bords{font arrondis. On voit for- 
tir du milieu du fond les Contours avec une petite pointe ,; qui empêche 
la Coquilie de fe tenir fens deflus deffous. Elle eft de Couleur égale quant 


au fond , fur laquelle on remarque quelques rangées de taches. Quand 
ces 


@ 


Ex cAÂlufeo Schadeloockieno. 
CC / 


Jo. nr. Âlcemanr a2 nat. PIraE. 


LE + ZX 19 


ces Caraétères fe trouvent enfemble , on met alors cet Efcargot 
dans la Claffe des Gateaux, quoique d’ailleurs les Gateaux ne foient pas 
toüjours de cette Couieur. Car les Gafeaux au beurre proprement 
ainii dits, font jaunes , tachetez de brun. L’Efcargot donc dont i! s’agit 
ici eft compté parmi les Gateaux , nonobftant qu’il foit blanc de couleur & 
tacheté de jaune, parceque fa ftrutture eft pareille à celle des autres Ga- 
teaux. 


z Figure 2. On apelle Murices (a) la plüpart des Efcargots qui ont des {a Nous 
aiguillons, Je dis la plüpart, car il y en a quelques uns qui ont des ai- avons dejà 
guillons, auxquels on ne laiffe pas de donner un nom différent. Ajoutez vücy-defius 
à cela encore un Caraétéère diftinétif, c’eft que le prémier Contour , les ee 
autres qui avancent , l'embouchure , retfemblent par ces mêmes parties boiflon à 
aux Buccina, où Coquilles Sabotes , foit que l'embouchure fe termine en bec Coquille , 
long ou court, Ainfi les Efcargofs 4 aiswillons dépeints Part. I. PI. XVIL Fig. dont les an- 
dés Pl XUIL Fig g. 4. @ 5. PI. XXV..Fig.ss. &6: PL XXX, Fig, cent faio- 
1. & dans cette Seconde Partie PI. II.Fig. 2. & 3. & PI IL. Fig. r. ne font ee 
point des Murices, quoi qu’ils aient des aiguilions, n’ayant d’ailleurs rien pourpre. 
de commun avec les Contours & l’Embouchure des Coquilles Sabtes. Mais 
on doit donner ce nom à tous les Efcargots dont on a vu la Figure dansno- 
tre prémière Partie PI. XI. Fig 3. & 4. PI. XXV.Fig. 1, & 2. & PI. XX VI. 

Fig. 1. & 2. Il n’eft pas juftement nécefluire qu’ilsayent des aiguillons pour 
être qualifiez de ce nom, car dés-qu’ils ont une Struéture femblable à cel- 
le des Coguilles Sabotes, & qu’au lieu d’aiguillons on n° y remarque que des 
Frifures, des feuilles , des boffèttes, ou d’autres élevations. Rumrx les apelle dé- 
jà Murices, & les range dans cette Clafle, & c’eft par cette raifon que le 
même Auteur met dans le rang des Efcargots à aiguillons le petit Puifo re- 
préfenté Part. [. PI. XIL. Fig. 2. & 3. Et cela fuHit pour prouver que la 
préfente figure doit ètre placée parmi les Murices. On l’apelle en particu- 
lier Murex Saxatilis, c’eft à dire le Murex de Rochers (b), ou pierreux , par- Jen allem. 


? 1 inait © 6 1V jertTeux . Stein-Sta- 
S E eu: 7 
FL ce le trouve ordinairement fur les ri ages plierreux , & garnis de che Scliies 


cke. 
Figure 3. repréfente le même Murex Saxatilis de l’autre côté, où l’on 
peut voir l'embouchure. Celle-cieft garnie d’un bord retourne, où l’on 
voit de fortes côtes couieur de fafran. Le dedans de la Coquille eft rou- 
geatre, & blanc pour la plus grande partie. 
Figure 4. Aprèsles deux Figures, dontnous venons de donner la de- 
fcription , il y a encore une petite efpece que RumrH qualifie du nomde 
Murex minor, & qu’on apelle à caufe de fa couleur brune ou noiritre la 
Corne brulée | ou le Tifon, en Hollandoiïis Brandarife, (ec). Nous avons déjà (Oenaïlem. 
donné la figure & la defcription d’une de ces Brandariffés dans la prémiere-P"#d/hur». 
Partie PI. XXVL Fig. 1. & 2. où on la peut voir de deux côtez. Mais 
il y en a encore d’autres efpeces, & AE en fpécifie quatre, favoir 
e 2 


1 


(a) Kugel- 
S chnecken. 


20 LE + ZX 


r.) lagrife, 2.) la noire, 3.) la brune, 4.) lapak. Celle, que nous avons 
figurée fur la dite Planche XXVI. de la prèmicre Partie, eft la troifieme 
efpéce de cellgs que RumpPH indique, c’eft-à-dire la brune. Sur la préfen- 
te Planche Fig. 4. nous en voyons une de l’efpèce soire Quoique RumPH 
ne donne proprement le nom de Corne brulée où de Tifon qu’à cette derniere 
efpèce, cela n°empèéche pas qu’en Hollande on ne qualifie toutes les qua- 
tre efpèces du nom de Brandariffle , fans les diftinguer relativement à leurs 
couleurs autrement, fi ce n’eftpar le mot eex ander Sooït, c’eft à dire wne 
autre Soïte. 

Ce qu’il y a à remarquer fur l’efpèce noire, c’eft que les dents ou four- 
chons n° y font jamais aufli frifez qu’à l’efpece brune, & que toutes les éle- 
vations de la Coquille, ou les poiates qui en fortent, font noires comme 
du charbon, au lieu que tous les Sillons où profondeurs, qu’on voit entre 
les Frifures , les côtes, & les bofletes, font blanches comme neige, ce 
qui rend cette Coquille trés-belle. Il eft facheux qu’on n’entrouve point 
qui ne foit endommagée à l’extremité de la pointe du Contour fupérieur. 
Ordinarement cette pointe eft comme raclée ou couverte d’un limon de 
Mer , qui eit une efpece de chaux. RumpH donne aufli à cette Coquille 
le nom de Keï de Moie, en allemand Muencheïifen, en hollandois Munk-yzer. 

Figure 5. repréfente la même Coquiile de l’autre coté, où l’on voit 
une embouchure ronde, qui aboutit en un bec ouvert & fendu, ou, fi 
l’on veut, en queuë. La Couleur en eft blanc de chaux, ou bleuître. 
Au refte la Coquille eft ici plus épaifle & plus groflière qu'aux autres 
efpèces, & on la trouve fur lesrivages pierreux. 


PLAN C'ÉE NU 


Figure 1. Nous trouvons encore dans RumrH une autre efpèce d’Ef 
cargots qu’il nomme Cochlez goes ou Efcargofs en boule (a ), que les Hol- 
landois apellent à préfent Bellhooïzs, ou Efcargots engrelots (b». Proprement 


(b) Schellen- ON ne devroit mettre dans cette Ciafle que les Efcargots formez en Féflie. 


Schnecken. 


Il eft vrai que RuMrH y en range encore d’autres qu’il conviendroit mieux 
de placer parmi des efpéces toutes différentes. 

Ainfi RumrH compte entre les Efcargots en boule un certain Cornet de pote, 
voyez Partiel. PI. IL Fig. 4.& 5. que felon nous il auroit mieux convenu 
de ranger dans la Clafe des Cornets de Pofte proprement ainfi nommez (voy. 
encore la même Planche II. que nous venons d'allècuer, Fig. 6.) Ilen 


Ce) Perfpe- Ufe de même à l'égard des Efcargots à longueuié (ce) (voy. Part. I. PI. XI. fig. 
éliv- Schne- 1, & 2. qui, à ce qui nous femble, ont beaucoup plus de raport avec les 


cke. 


Cornets en Toupie où en Sabot (d), & de l’Efcargot depeint Part. I. PI. XVII. 


(4) Kragfel- Fig. 1. que nous aimerions beaucoup mieux ranger parmi les Cafques, de 


doerner. 


même qu'à l'égard de Ja Figue & du Haccon marin, ou de la Rave , (voy. P. 


re (0 uen cSihaPelo ockianr. 


-, È : 
LPETTUATITT a? naË. PIRAUT 


VII ” 


LKR + 2% 21 


L. PI. XIX. Fig. 4. & 5.) quiferoit mieux à fa place dansla Clafle des Fivues, 
ou des Efcaïgofs en poire. Onne fauroit difconvenir , & nous reconoiffons 
nous-même que ©’ eft un Ouvrage pénible de diftribuer tous les Efcargots 
en Claffes, fans qu’il y ait rien à critiquer à moins qu’onne veuillemulti- 
plier à l’infini le nombre des efpèces. Car lesanomalies fonttrop fréquen- 
tes, &les pièces ont individuellement trop de raport entre elles. 


Pour ce qui regarde l Efcargot dépeint dans la préfente figure, on 
peut à bon droit le ranger parmi les Æfcargofs en boule, oules Eftargots en gre- 
lots. On l’apelle communément la éfie à caufe de fa configuration, ou 
l Oeuf de Vaneau par raport à fes couleurs & les deffeins qu’on y obferve,. 
La prémière de ces dénominations eit fondée fur ce que cette Coquille 
eft ronde, ventruë, & trés-mince, & l’autre parce qu’on remarque fur 
un fond bleuitre tirant fur le blanc des taches & des points d’un bleu ti- 
rant fur le noir, femblables à ceux dont les Oeufs de Vaneau font marquez. 
Left vrai qu’il y a aufli des Fefles blanchîtres, gris de cendre, brunes, 
jaunètres, & de couleur égale. L’ embouchure a plus d’étenduë que 
l Efcargot même, & eft de Couleur aqueufe. Les Contours font roulez 
les uns fur les autres de façon qu’on ne voit que le prémier, & au lieu 
qu'aux autres Coquilles ils fe terminent en pointe, fi petite qu’elle foit, 
on obferve à celle-ci au contraire un trou qui penetre jusques au milieu 
AN Contour intérieur, & fe préfente pour ainfi dire comme un Trou 
umbilical. 


Figure 2. En décrivant dans la prémière Partie la Harpe qu’ on y voit 
fur la PlancheIX. Fig. 3. nous avons dit pourquoi nous l’apellons Coguille 
en forme de poire. RuMmpH la met parmi les Cyhindres où Calandres (a) qu’il (a) Palgen. 
nomme Volute, mais nous trouvons qu’elle dificre trop confidérablement Scérecker. 
des Calandres. , Quoiqu’il en foit nous préfentons ici une autre façon de 
Haïpe , qui refte toujours petite, & qu’on apelle, vu fa beauté toutepar- 


ticulière, la Harpe noble (b), pour la diftinguer de l'autre. GR ne ed- 
TTe. 


Figure 3. Nous avons parié aflez au long de la différence, qu'ilya 
entre les Efcargots es Cone, en Piramide, en Calandre, en rouleau, &autres, 
& nous nous en tiendrons là en attendant la Claflification fiftématique , 
que nous nous fommes propofé de donner à la fin de cet ouvrage, 
comme uné Table des matiéres. Cependant il eft clair que les meil- 
leurs Auteurs, fans en excepter RumrH, ont fort confondu ces figures, 
(j'entens par la les Coxes, les Piramides, les Cylindres, les rouleaux, & autres 
femblables) & qu’il manque par tout une dénomination exafte. Nous 
remarquerons toujours que la Figure repréfentée ici eft une des Foluta, 
ou Rouleaux de RuMrH, qui ajoute au nom de Yoluta lépithéte de pemnata, 
c’eft-à-dire garnie de plumes, ou empennée, parceque les lignes jaunes qu’on 
y obferve reffemblent presque à des plumes. Or on a une certaine efpe- 
ce de Volaille à plumes couleur d’or à flammes , qu’ on apelle en nur 

C3 e 


22 RK + LS 


de Goudlakeïs , où Draps d'or, & comme cette Coquillea des parties qui reffem- 
blent à ces plumes couleur d’or, on l’apelle Drapd'or, &onluidonneauflile 
nom de Francolin, en hollandois Kærhoen. On a vu une Coquille pareille 
dans la Partie. [. PI. XVIIL Fig. 6. 


Figure 4. Cet Efcargot apartient à la même Claffe où l’on range le 
précédent. Ce n’eft que parce qu'il diffère des autres par le deffein 
u’on lui a donné un nom particulier. Rumprx l'apelle le petit Chat, ou 
le Chaton tacheté, Et comme on qualifie à préfent du méme nom plufieurs 
autres Coquilles de cette Clafle, quoiqu’elles en foient différenciées par 
les couleurs & par les defleins, & même par la Conformation , nous n’a- 
vons pas manqué d'indiquer tout cela en détail là où il en a êté queftion. 
Voyez Part. L PL VIE Mg. 6 Part. Il PL L-fig. 1. PI. IV: 667: 


Figure 5. Nous avons vü Part. I. fur la Planche VIL fig. 3. un 
Efcaroot en boule de la Claffe des Efcargots uageans, où Efcargots en jaune d'œuf. 
C'eft celui que Rumrx apelle Valvata levis prima five Vitellus, c’eft-à-dire le 
premier Efcargot à battant, où à Volet , ou le jaune d'œuf , que cet Auteur met 
au rang de ceux qui font formez en demi-Lune, où des Efcargots à battant. 
Nous trouvons ici un Jaune d'œuf pareil , qui mérite ce nom par préféren- 
ce, parce ce qu’à l'égard de la Couleur comme de la Struéture, il eft par- 
faitement femblable à celui, dont RumpH faitmention fous la même qua- 
lification ; car il eft uni au dedans, & blanc comme neige, & au dehors 
il a une rangée de taches blanches, & un Trou umbilical à l'embouchure. 
Mais comme ce jaune d œuf paroit un peu plat & tiré, ce pourroit bien être 
la troifième efpece de celles dont parle RumrH , où fon Vitellus com- 
preflus, c’eft à dire Jaune d'Oeuf comprimé , car il reflemble à un Jaune d’œnf 
pole fur une afliette, que fon propre poids applatit, | 


PL, A NC EME 


Figure I. L'Efcargot qui fe préfente ici eft un de ceux qu’on nom- 
me Cafques ; cependant d’une forte un peu anomale. Ila en quelque fa- 
çon la figure des grands Efcargots nageans. 1] eft tres-grand, verd foncé de 
couleur, avec des flammes blanches, ayant une Coquille épaifle & pé- 
fante, garni debourrelcts fortsau deflus des Contours, & intérieurement 
de couleur de nacre. On les aporte des Iles Antilles, & on en fabrique 
des Gobelets ou V'aifleaux à boire, tout comme des Coquilles qu’on apel- 
le Carènes, où Quilles de V'aiffeau. ' 


Figure 2. Ceci eft un Cafque parfait qu'on apelle par préférence le 
Cafque rouge à caufe de fa couleur. La Coquille en eft fort péfante & de- 
vient trés-grande. Elie eft belle à voir, non feulement à caufe des entailles 
fines qu'on voit fur fon dos & des lignesblanchitres quilestraverfent, mais 
aufli par des élevations d’un beau rouge de fang, qui y font ae 

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(és x Au #10] CShadeloakians ; 
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ZX + ZX 23 


TI eft dommage que ce dos foit rarement net. Cela provient de ce que 
V Animal vivant ordinairement dans un fable mouillé, le dos étant hors de 
l'eau, il y croit un Limon marin de ja nature de la chaux , qui couvre 
la partie de la Coquille qui fort du fable, & ce limon s’incrufte tellement 
dans la Coquille , qu’on ne peut l’en détacher que difficilement ou point 
du tout. L’Embouchure en eîft grande, couleur de feu , & armée de 
dents fortes de deux côtez. On nomme ces Efcargots des Cafques, à cau- 
fe qu'il reflemblent à ce qu’on prétend à un Cafque de Cuirallier. 


PLANCHE X 


Figure 1. On met cet Efcargot en forme de ficue au nombre des Cafques 
à verruës, ou raboteux, quoique fa Coquille foit unie. Son nom diftinétif 
particulier eft la Queuë de Tortuë unie. On l’apelle Queuë de Tortuë, parce qu'il 
fe termine en bas par une Queuë courte & obtuie, & comme il y a d’au- 
tres Cafques raboteux de la même Configuration, on nomme celui-ci pour 
le diftinguer la Queuë unie. Quelques uns l’apellent aufli le Drap de lit ani, 
à caufe des lignes qui traverfent la Coquiile, & la font reflembler à un 
Linceul tiffu. Car il y ades draps de lit dentelez fimples &S doubles, comme nous 
avons vü dans la prémiére Partie. PI. XVII. fig. s. Cette Coquille-ci eft 
mince & legere, un peu ridée par en haut, la Couleur en eft bleuë ou 
brunätre , & quelque fois gris de cendre. On y remarque en traversune 
bande blanche tirant fur le jaune, qui paroit intérieurement à travers l 
embouchure, quand la Coquille eft brune ou bleuë. Le prémier Contour 
à quelques veftiges de dents, & l’on remarque là où les Contours font 
leur toursune efpèce de coûture profonde , de forte qu’on diroit que les 
Contours ne fe touchent point. 
Figure 2. Nous avons déjà vü Part I. PI IV. Fig. 1. & 2. PI. V. Fig. 
nr. PI. VIN, Fis. 5. Pl, XIV. Fig. r, & 2, PI. XVTIE Fig. 2, PL XIX. 
Fig. 2. & dans la feconde Partie, PI. TL Fig. 2. & 3. PI. IV: Fig. 2. & 3. 
& PI. V. Fig. 4. qu’il y a quantité d’efpèces de Moules à raÿons ; on en voit 
de ventrues également d'un côté comme de l’autre, & d’autres le font 
inégalement , il y en a à rayons grofliers & à rayons fins , à oreilles éga- 
les & à oreilles inégales , d’une méme couleur , & d’autres de plufeurs 
Couleurs. Celle-ci eit un Manteau bigarré à rayons fins 8S oreilles inégales. Cha- 
que Coquille en eft ventruë également. 

Figure 3. Il y a quelques Cafquesunis & gris de Cendre qu’on nomme 
Ourlets (a), en hollandois zoompjes, & en voici un de cette efpèce. Ce (a) Saïm- 
nom lui vient de j Ourlet mignon, qui borde l'embouchure. Cet Our- 4er. 

let eft blanc comme neige & eft tacheté alternativement de brun & de 
noir. 


On 


24 RS + LS 


On accorde à ces Ourlets l'epithète d’unis, parce que le plus ordinai- 
rement ils font unis & brillans, & marquez quelquefois en échiquier, quel- 
quefois par des ferpens, quelques fois par de fimples points.  L’Ourlet dont 
il eftqueftion ici diffère de toutes ces efpèces de deux façons. Car en pré- 
mier leu il n’eftnullement uni, puisqu’iladeentaillestrés-fines & mignonnes, 
tanten long qu'entravers, enforte qu’un Sillon (ou ligne creufe) eft ferré 
dans les deux fens l’un contre l’autre, de façon qu'ils fe traverfent tous. 
Ce que cette Coquille a en fecond lieu de particulier, c’eft qu’elle a fur le 
dos ou à l’un des côtez encore un autre Ourlet, qui vraifemblablement 
étoit l’ancienne embouchure, avant que la Coquille fut parvenuë à ce dé- 
gréde grandeur, & par cette raïfon on l'apelle l'Ourlet double. 

Figure 4. Ceci eft la Partie opofée du même Efcargot , où l’on voit 
l'embouchure. Tout ce qu’il y a à remarquer à cette Partie, c’eft qu’el- 
le eft dentée fort finement des deux cotez, & que la Couleur intérieure eft 
un jaune de Citron. 


Figure 5. CetEÆfcargot en boule eft un beau Jaune d° Oeuf à bandes. Sa Co- 
quille eft mince & marquée en travers de lignes fines & de bandes de di- 
verfes couleurs. On peut le regarder comme apartenant à l’efpêce que 
RumrH apelle Valvata quarta, où lEfcargot quatrième à battant, quoi qu’il en 
diffère un peu. Voyez la Planche précedente qui eft la huitième, fig.s. 


Figure 6. Nous nous fommes expliquez fufñifamment dans la pré- 
mière Partie à l’occafñon des Figures 1. & 7. dé ia quinzième Planche fur 
ce que nous entendons par les Efcargots en rouleaux , & par les Dattes, & 
tout Letteur intelligent verra afément que la Figure , dont il eft queftion 
ici, apartient à la mémeClafie. Mais comme cette Claffeaquantité d’efpe- 
ces différenciées entre elles, il s’agit à préfent d’en déterminer les de- 
nominations diverfes. Quant à la Coquille que l’on voit fur la Planche, 
on y remarque quelques taches comme des goutes d’une pluie fine, &ces 
goutes tirant fur le bleu, on apelle ce Rouleau les Goutes bleues. 


Figure 7. Quoique l’Embouchure de la préfente Coquille n’ait rien, 
quant à la Struêture , qui la rende différente des autres rouleaux | nous 
avons pourtant jugé à propos d’en préfenter ici la figure. Le Leéteur y 
verra que cette Coquille eft intérieurement couleur d'orange, ce quin’ar- 
rive pas toujours. Car on a des Coquilles de la même efpéce dont l Em- 
bouchure eîft rouge, ou blanche, ou bleue. 


P LANCE E XL 


Ficure 1. La figure 5. de la Planche VIH. & la figure 6. de Ja Plan- 
che X. nous ont déja fourni l’occafion de parler amplement des Jaimes d'œuf 
Aüinfi nous n’avons rien 4 dire fur la coquiile particulière de la même 

efpece 


XI” 


\ ÉX CAufeo Shaleloocthians. 


7 : + hs 
oh. Cbnr. Aléemann a. TA£. PA 


“ 


LX + LS 2 


efpèce, qui eft repréfentée ici, fi ce n’eft que e’eft le P'itellus pailidus de 
RumurH, c’eft-à-dire le Jaune d'œuf pale. Quelques uns donnent aufli au 
méme Efcargot le nom de fuif, nous ne fçaurions dire pourquoi. 


Figure 2. La Corne couronnée (a) que cette figure repréfente eft in- (a)enaïlem. 

comparable, & belle à charmer. On trouveroit difficilement, à l’excep- ne sois 
tion des Porcelaines, une Coquiile aufli unie, auf luifante, & aufli brillan- 
te que celle-ci. Le deffein en eft fi fin & fi délicat qu'à peine l’on pour- 
roit attendre de la nature une Produétion plus belle. Aufli range-t-on 
cette pièce dans la Clafle des 4xiraux. Le fond en eft blanc comme la Por- 
celaine de Saxe. On y remarque alternativement dabord une Rangée de 
points jaunes éloignez à diftance égale les uns des autres, & enfuite une 
rangée de points d’un brun foncé fort ferrez les uns contre les autres, qui 
repréfentent autant de lignes noires, ce qui va ainfi du bas jufques en haut. 
Enfin ce fond, dont la Couleur eft un blanc de Porcelaine, eft entoure 
de deux larges bandes jaunes dans lesquelles on voit les mêmes lignes de 
points jaunes & bruns, qui alternent aufli. Les Contours paroiïffent en 
haut, & avancent peu; cependant ils font garnis de dents, qui font com- 
parer cet Efcargot, de figure dailleurs conique, à une Couronne. L’'em- 
bouchure eft bianche, & les taches brunes paroiïflent à travers être de 
couleur rouge. s 


Figure 3. eft un autre Efcargot en cone, qu’on pourroit quafi placer 
avec plus de raifon parmi les Awgefs, parceque la Coquille n’aboutit pas en 
pointe en ligne droite comme au% autres Cones, mais qu’elle eft un peu 
ventruë. Voyez nos Remarques fur la prémière Planche de cette fecon- 
de Partie. Cette Coquilie n’eft point aufli belle que la précedente, & fes 
Contours fe terminent en une petite pointe un peu avancée. Au refte on 
la nomme Île grand Gateau au beurre(b) pour la diftinguer du petit Gateau, (byenallem. 
qu'on verra {ur la Planche fuivante. Nous avons vü des efpèces fembla: die grole But- 
bles cy deffus Part. I. PI. XV. fig. 3. & PI. XVII. fig. 4. fenvecke. 
Figure 4. La pièce repréfentée ici eft un Murex, ou Efcargot à aiguil- 
lons. Celui ci différe des autres en ce que fes Aiguillons, ou dents, ne {e 
terminent pas en pointe, mais en extrémitez obtufes qui ont chacune deux 
crochets, comme font faits les piez des Scorpions, ce qui a déterminé 
quelques Auteurs à lui donner le nom de Scorpion. En fecond lieu fa ftru- 
éture eft abfolument differente de celle des autres Efcargots à aiguillons 
relativement aux Contours, qui dans la préfente Coquille forment comme 
un corps fépare pofe fur la partie mférieure. La Queuë eft longue, & 
garnie de dents obtufes. Cet Efcargot ne devient jamais plus grand. Sa 
Couleur eft brune, ou quelque fois grife, où un blanc fale. 


Figure 5. L’Embouchure de l’Efcargot que nous venons de décrire 
eft ronde, un peu entaillée, couleur de plomb, & aboutit par la queuë en 
une fente longue & etroite. 

: SéConde Partie. D Planche 


se 


(a}enallem. 
die kleine 
Buiteriwvecke. 


26 BK + LA 


P L'A NC TE it 


Eicure 1. À l’occafion de la Coquille figurée cy-deffus PI. X. fig. 6. 
nous avons dit qu’il y avoit plufieurs efpeces d”’Efcargots roulez ou de dat- 
tes, & la préfente Planche le prouve. La prémiere figure eft une Datte d° 
Agate bigarree, qui comme les autres a une Coquille épaiffe & brillante. 

Figure 2. L’'Embouchure du dit Efcargot eft blanche, tirant fur le 
bleu. Quand la Coquille eft verditre on lui donne le nom d° Olive. 


Figure 3. Cecieftle petit Gateau au beurre(a), dont nous avons déjà 
dit un mot cy-deflus PI. XL. fig. 3. Celui-ci differe du grand Gateau, parti- 
culérement en ce qu’il a uneCoquille plus épaifle, & des lignes ou points 
d’un beau rouge plus régulièrement pofez fur un fond blanc. 


Figure 4. & 5. Ces deux dattes ont la même Configuration que les 
précédentes: elles {ont feulement un peu plus ventruës. Elles portent le 
nom d’Ane fauvace gris. Le prémier Contour eft gris. 11 femble qu’un 
Limon luifant y ct pofé deffus, à travers lequel on remarque diverfement 
des taches noires & blanches. Les autres Contours, qui avancent davan- 
tage, font d’un jaune ordinaire. 1] part enfuite de l’'Embouchure une lar- 
ge bande de plufieurs Couleurs, qui pañlant fur le dos entoure la Coquille 
en biais. Au refte l'Embouchure eft blanche, & a du coté du Contour un 
bourrelet trés-épais, dur & blanc comme neige, qui n’eft produit que par 
la bave de l'animal. Cette bave entretient la coquille, & la fait croitre, 
ce qui produit de nouveaux Contours, & de nouvelles Embouchures, foit 
par les Loix de la Nature Créatrice, foit par le travail même de l’Animal. 


PL À N'CH EE" KL 


Figure 1. Parmi les Efcargots marins on en trouve de courts & de 
larges, mais il y en a aufli de longs & d’étroits, qu’on pourroit propre- 
ment nommer des Vers marins, & qui ne différent en effèt de ceux qu’on 
trouve en terre ferme, que parcequ’ils ont une Envelope durcie pour do- 
micile, c’eft à dire uneCoquile. Or ces Coguilles en forme de canal, & leurs 
femblables , font une Claffe particulière d’Efcargots, & on les regarde 
comme une feconde efpèce des Efcargots à une Coquille, tout comme on con- 
fidere les Moules en plat, les oreilles marines, & les Ecuffons, comme une fecon- 
de efpece des Moules à deux Coquilles.… On leur donne généralement le nom 
de Solenes folidi, c'eft-à-dire Tuyaux folides, & ce nom les diftingue de ceux 
qu’on apelle Solenes bivalvi ouTuyaux à deux battans, tels què nous en avons 
vü un Part. I. PI XXVIIL fig. 3. Nous avons déjà repréfente & décrit 
quelques uns de ces Efcargots marins formez en canal Part.l. PI, XXIX. fig. 1. 
3.4. & 5. & comme il y en a encore d’autres efpèces, nous en livrons de- 
rechefune dans la préfente figure. Cet Æfcargot en forme de Canal porte fpé- 


cialement le nom de Serpent en corne, parcequ'il reflemble tant par fa F us 
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leur, que par fon Contour fuivi, à laCorne d’un animal, telle par exemple 
que l’eft celle de la Gazelle Africaine, La Coquille de ceserpent en corne eft mince, 
& cave jufqu’à fa pointe. On ne la trouve jamais plus belle que lorsfqu’à 
l'extrémité elle eft bien joliment formée par quelques tours en Tire-bou- 
chon, & non endommagée, & quelle fe termine en une pointe fine & aiguë. 


Figure 2. Sile Leëteur a confidéré attentivement la figure que nous 
avons donnée dans ceîte feconde Partie PI. IL. fig. 3. & à fa defcription, il 
ne fera pas néceflaire de rien ajouter ici. Nous obferverons cependant 
que l’Efcargot repréfente {ur la dite feconde Planche eft celui que RvMrH 
nomme le ue Cafque à Verruës, où a boffettes, ou le petit Verre à eau de vie 
de l'Isle de Banda(a), au lieu que celui ci eft chez le même Auteur la Verru- (aen allem 
cofa fecunda, c’eit à dire le fecond Cafque à Verruës, ou aufli les Culotes de Suiffe D Bandai. 
dentelées (b) , parce que fes dens, boflettes, ou élevations, comme onJthe Pimpel- 
voudra les nommer, font plus longues & plus obtulfes. chen. 


. Figure 3. . L’Embouchure des petits Verres à eau de vie eft ordinairement ae 
unie & luifante, & l’on y remarque de mignonnes bandes noires fur un Seche 
fond blanc. Jl y a de ces Coquilles, mais elles font plus rares, où le fix. 


blanc tire fur le bleu, & le noir fur le brun. 


Figure 4. On a déjà parlé fi amplement des Efcargots en Lune, (dont 
P Embouchure eft ronde comme la Lune dans fon plein) des Æfcargots na- 
geans, des Cruches à huile, des Efcargots fangeux , où a limon & autres pareils, 
dont nous avons en même tems donné les figures, (voy. Part I. PI. IL. fig. 
aus, sa. & 5-PI, X. fig. 1.3.4. 6. & 7. & PI, XXL. fig. 4.) qu'il feroit fu- 
perflu de nous arrêter long-tems à la préfente figure, & 4 celle qui la 
fuit. La Coquille de cet Efcargot eft fort mince, & couverte d'une 
matière gris de cendre, qui tient de la nature de la chaux, fous laquelle, 
quand on l’ôte , on découvre une envelope de nacre de perle , qu’elle 
cache. L’embouchure eft pareille, & aufli couleur de nacre. Elle eft 
faite comme un rond oblique , ou tirée en biais, Mais on n°y voit aucun 
trou umbilical. 


Figure 5. Cet Efcargot eft presque femblable au précédent, excep- 
té que les Contours fupérieurs font un peu plus ventrus, avancent un 
peu davantage, & font plus ferrez. Les Lignes blanches qu’on voit fur 
la coquille paroiffent comme fi on en avoit ôte la peau brune en la ra- 
clant. Cependant elles font naturelles, car on les trouve ainfi fur les ri- 
vages fecs du Cap de bonne efpèrance. 


Figure 6. RumpH met le préfent Efcargot qui porte le nom de Cafque 

à verruë, au nombre des Pimpelchen ; ou petits Verres à eau de vie, que nous 
avons décrit cy-deffüus fig. 2. & 3. Iln’a dans le fonds rien de commun 
avec les Cafques, fi ce n’eft une large embouchure, car d'ailleurs, vü fa 
Struéture, C’eft un parfait Buccinum , ou Coquille Sabote. La Coquille en eit 
D 2 mince 


(x) dans l”- 
Original al 


Jlemand: 
Bauren- 
Junzeæ. 


28 LE + LE 


mince, & toute couverte de Sillons , qui vont en travers. D'un coté 
du Dos, aufli bien qu’à l'embouchure, on remarque une côte élevée qui 
defcend, tout comme à j” Ourlet décrit cy-deffus PI, X. fig. 3. & 4. laquel- 
le cote a été de même./l’ancienne embouchure de lEfcargot. Chaque 
Contour a unefeule rangée d’aiguillons aigus & pointus, qui, commetout 
lEfcargot, eft brunatre; Ces aiguillons reflemblent aux pointes qu’on re- 
marque fur le dos des Crapaux, & c’eft là l'unique raifon pour laquelle on 
donne aufli à cet Efcargot le nom de Crapau. L 


Figure, Nous ne produifons ici l'embouchure de ce Crapau, qu'a- 
fin de faire voir au Leéteur en quoi le préfent Efcargot diffère des Coquil- 
les Sabotes. Car | embouchure aux dernières eft plus ronde, au lieu qu'ici 
elle eft un peu plus large & obiongue, & qu’elle a une petite fente ou 
ouverture non feulement en bas à la queuë, mais aufli une autre au pré- 
mier Contour. 


PL AN CALE XIV. 


Eicure 1. À l’égard de la préfente Coquille inférieure de la Moule de 
St. Taques, tout ce que nous pouvons faire de mieux eft de renvoyer nos 
Lefteurs à ce qui en a êté dit Part. I. PLIV. fig. r. &.2. Planche XIV. fig. 1. 
& 2. comme aufli à l’occafion de quelques autres figures pareilles. 


Figure 2. eft un Efcargot en Lune, & une feconde efpèce de ceux que 
l'on nomme fourneaux ardens. Les contours n’en font pas ronds, car ils ref- 
femblent à des ventres aplatis. Ils font au refte ridez, & garnis quelques 
fois d'une, quelquefois de deux rangées d’Aiguillons caves, qui reflem- 
blent à des clous, ou à des becs de Corbeau. L’Embouchure eft au de- 
dans couleur d’or & ardente, mais il n’y a point de trou umbilical. 


Figure 3. Cette Figure repréfente un Efcargot qui par fa partie fupe- 
rieure reflemble à une petite Tour, par celle du milieu à une Coquille Sabote, 
& par l’inférieure à un Efcargot aile. On peut la mettre au rang des petits 
Efcargots ailez. Elle eft unie & luifante comme de la Porcelaine. Son fond 
eft blanc entouré de bandes jaunes, & elle paroit étre comprimée, tant 
elle eft platte. Le Contour inférieur femble étre placé trop bas à propor- 
tion des autres. Cet efpèce ne devient gueres plus grande. Elle vient 


des Indes, du rivage de Luku, ou Lubuana, & porte par cette raifon lenom 
d’'Efcargot Lubuanique. 


Figure 4. & 5. Il y a plufieurs efpèces d’Efcargots pareils à ceux que 
les deux Figures, dont il s’agit ici, repréfentent. Comme ils font ventrus 
on pourroit les placer parmi les Efcargots en cone quoi que leur coquille fe 
- ternnne en pointe. Leur ftruéture baroque leur a fait donner le nom de 
petit Paifan.(a) Quelques uns de cette forte ont des Siilons profonds, & 

en les touchant par dehors on diroit qu'ils font couverts de laine. D'’au- 
tres 


LITE LE 110. 


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tres font unis & n’ont que des lignes brunes à la place des Sillons. Ceux 
de la prémière forte ont l'embouchure blanche en dedans, les autres l'ont 
rougeitre. CetEfcargot ici a un petit Ourlet à l'embouchure; les autres 
fortes n’ont point de bourrelet, car leur embouchure fe termine tout u- 
niment. 


PLANCHE: XV. 


Figure 1. On apelle Efcargots ailez tous ceux dont l’Embouchure eft 
étenduë par une large babine. Quand il y a des dents on les nomme Ecre- 
vifles, & fans dents ce font des Efcargots à habines (a). On a déja parle des (ae aller. 
deux efpéces, dont chacune a encore des noms particuliers. ‘Voy. Part. £cpes- 

JL. PLIX. fig.r. PL XX VIL fig. 1. PI. XXVIIE fig. 1. & Part. IL PLUIL fig.r. Sc 


La préfente figure nous montre un bel Efcargot ailé qu’on apelle le 74- 
reur d'armes, Où l'index. Le prémier nom vient de ce que le Couvercle de 
cet animal eft armé de dents, & tient ferme au petit bras de la Chair, au 
moyen du quel l’'Efcargot dirige & gouverne ce Couvercle en Maitre, & 
s’en fert pour fe battre avec tout ce qui l’attaque. Pour en avoir le plai- 
fir on n’a qu’à le mettre vivant dans un plat avec quantité d’autres Efcar- 
gots, & on le verra fe battre, & s’efcrimer, jusques à ce qu’il foit peu-à- 
peu venu à bout de les faire tous fortir du plat. L'autre nom tire fon ori- 
gine de cette pointe dure & avancée, qui fort de l'embouchure, & qui 
reffemble à la figure que fait l'Index quand on montre quelque chofe du 
doigt.  Ordinairement cette pointe avance autant que les Contours, & 
eft toujours un peu courbée en haut. Au refte cette Coquille eft unie & 
luifante, quoiqu’elle ait quantité de rides. La Couleur en eft jaune ou 
brune, marquetée de petits points blancs. Le prémier Contour eft garni 
d'une rangée de grofles bofles, & à méfures que les Contours deviennent 
plus petits, les boffes s’apetiflent auf. 


Figure 2. L’Embouchure de l’Efcargot précèdent, qu’on voit ici, 
eft fort épaifle, & eft garnie au dedans d’un bord poli & uni, large, & 


blanc comme neige. Plus avant dans l'intérieur fa Couleur eft rouge de 
pourpre, & ardente. 


Figure 3. Parmi les Coquilles Sabotes il y en a qui ont en bas la queuë 
auffi longue, que l’eft l'élévation des Contours à la partie fupérieure. El- 
les portent le nom de Fwfeaux, qu’on divife en longs & courts, comme 
aufli en étroits & en larges. Celle-ci eft un Fifeau court 8$ large, dans la- 
quelle efpèce nous avons aufli rangé la pièce qu’on a vüë Part. I. PI XX. 
fig.1. Elle eft de coquille épaïfle, à Sillons profonds. Le fond en eft 
quant à la couleur d’un jaune pâle, & couverte de côtes d’un brun jau- 
nâtre, qui font couchées deffus comme une ficelle ronde, 


12 


5 
neckRer. 


D 3 Figure 


30 EX + LS 


Figure 4. & 5. Nous avons donné cy-deflus Part. L PI. XXII. fig. r. 
& PI. XXIV. fig. 1. & 2. deux fortes de Coquiiles notées. Ceci en eftune 
efpéce courte, mais plus diftinéte, marquée de fix lignes qui l’entou- 
rent, fur lefquelles on voit des taches noires femblables à des notes de 
Mufique. Toute la Coquille eft épaufle, & en particulier on voit une 
grofle babine à l'embouchure, au bord de laquelle on obferve des bandes 
noires qui paroïllent à travers. Le côté opofe de l’embouchure a plu- 
ficurs cotes élevées, qui s'y enfoncent. On range aufli ces Coquilles dans 
la Claffe des Efcargots en calandre, quoiqu'on en trouve qui font formées en 
poire. 


PLANCHE XVL 


Figure 1. On apelle cet Efcargot la Porcelaine d'Agate tachetée de blanc. 
Comme elle a beaucoup de reflemblance avec d’autre Coquilles que nous 
avons déjà décrites, nous renverrons nos Leéteurs à ce que nous en a- 
vons dit. Voy. Part. I. PI. V. fig, 3. & 4. PI. XIIL fig. 1. & 2. PI, XXVL 
fig. 3. & 4. PI. XX VIL fig. 2. & 3. 


Figure 2. & 3. On a parlé maintes fois des Coquilles Sabotes, qu’on a- 
pelle en allemand Kinckhürner (voy. Part. I. PI. XIL fig. 3. & 4. PI. XVL. fig. 
5. PI. XXX. fig. 7.) & dans d’autres paflages, où il a été queftion de fi- 
gures anomales de la même efpèce. Peut-être quelque Leéteur feroit-il 
curieux de fçavoir l'Etimologie de cette dénomination allemande. Selon 
nous donc ce mot de Kikhorn eft une prononciation corrompuë de celui 
de Klinckhorn, où Klino-horn, c’eft-a-dire Efcargot fonnant, ou tintant, nom qu” 
on donne à cette efpece de Coquilles parce que quand on les tient à l’o- 
reille elles rendent par le mouvement de l'air, caufé foit par le vent foit 
par des perfonnes, un fon, un tintouin, ou un bourdonnement. Or nous 
préfumons que dans ces anciens tems ou l’on donnoit de ces coquilles aux 
Enfans pour jouct, ils fe difoient l’un à l’autre, écoute donc comme cela 
fonne, hüre wie es RINGT, en omettant la Lettre /, que les Enfans pronon- 
cent difficilement, en quoi même les Pères & Meres ont aflez coutume 
de les imiter, quand ils badinent avec eux. On laïfloit dans ces badi- 
nages aux Enfans la liberte de choifir entre plufieurs Coquilles ceiles qui 
tintoient, ou refonnoient le mieux, en allemand (on imite ici leur langa- 
ge bégayant) die am beften KINKEN, & ce n’eft que de là que peut étre venu 
le nom de Kä#khora, (Et ce pourroit bien être aufli là la raifon du nom 
françois: Coquille Sabote, parceque le Sabot eft un jouët d’Enfans qui quand 
ils en badinent rend aufli un Sox, un efpèce de tintouin, où de bourdonne- 
ment.) Ce nom a été adopté par des Amateurs, ou Collefteurs non lettréz, 
& je ne vois aujourd’hui aucun inconvenient à le conferver. Quoiqu'il 
en foit, la figure préfente eft une Coquillke Sabote. Or on apelle celles de 
cette cfpece Buccina, où Efcargots en Trompette, parceque les Indiens après y 

avoir 


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LX + ZX 31 


avoir fait une ouverture à la pointe, s’en fervent comme d'une Trom- 
pette, & font avec cet inftrument un bruit effroiable en tems de guerre. 
Mais comme il y a plufieurs efpeèces de ces Efcargots-Trompettes, on diftin- 
gue encore par un nom particulier les Coquilles de cette forte, qui font 
unies & marquées de flammes de diverfes couleurs, favoir par celui de 
Cornes de Triton, parce que les Tritons font peints des mêmes couleurs. Il 
y a de grandes & de petites Cornes de Triton. Celles-ci font de la derniere 
efpèce. 

La Coquille en eft belle & brillante, ondée comme du papier marbré. 
Ses Contours font ventrus également de tous les côtez & la proportion 
gardée. Son Embouchure eft dentée de brun, & garnie de côtes blanches. 
Le prémier Contour feul eft toujours aufli grand que tous les autres en- 
femble, & par tout où la Coquille s’eft reprife, & a cru, on remarque 
les veitiges de l’ancienne embouchure, qui confiftent en une élevation 
entaillée & dentelée, quirègne tout du long. 


Figure 4. & 5. eft une Coguille-Sabote dAgate de trés-grande beauté. La 
Coquille en eft épaifle, de couleur jaune-blanchitre, marquée de rayes 
couleur d’orange, & luifante comme un miroir. ile n’a ni bofles, ni 
lignes, & quand on la touche on diroit que c’eft une piece de porcelaine. 
Il y en a qui font blanches comme neige, d’autres font bieuâtres, ou rou- 
geàtres. Ce en quoi cet Efcargot a quelque chofe de particulier, qu’on 
ne trouve pas aux autres Coquilles Sabotes, c’eit qu’il a derriere le pli de 
embouchure une efpece de trou umbilical large, qui s’y enfonce obli- 
quement. 


PE AN'C HE XWIT. ; 


Figure 1. Ceci eft un de ces Manteaux bigarrez, dont on a tant de dif. 
fèrentes efpèces, & entre lefquels on trouve tant de variations, comme 
‘ nous l’avons démontré dans la préfente Partie Il. PI. IL. Fig. 2. & 3. PL. IV. 
Fig. 2. & 3. PI. V.Fig.4. PI.X. Fig. 2. & PI. XIV. Fig. 1., fans manquer à 
alleguer aux lieux citez, toutes les Moules de même efpeèce, qui ont été 
dépeintes & décrites dans la prémiére Partie. Si quelqu’ un fe donnoit la 
peine de comparer toutes ces diverfes figures les unes aux autres, il 
ne pourroit s'empécher d'admirer les variations infinies & magnifiques 
que la Nature met dans fes produétions. Car dans une même Clafle de Co- 
quilles on trouve tant de diverfité eu égard au deflein & aux couleurs, 
qu’il n’eft pas poflible d'y déterminer tout avec exactitude, ce que nous 
pourrions encore moins faire, fi nous avions le bonheur de voir enfemble 
les principales efpèces de chaque Claffe, telles qu’on les tire de tous les 
Océans, & de tous les Golfes de la Mer. Car il eft indifputable que dans 
toutes les Mers du Monde chaque Climat, chaquelle, chaque Côte, cha- 


que rivage, chaque Golfe produit non feulement des efpèces RSS 
" EICAT- 


32 LE + ES 


d'Efcargots & de Moules en general, mais aufli que ces efpeces d’une me- 
me Clafie font differencices entre elles par les detfeins & par les Couleurs, 
felon la qualité diverfe du fond de la Mer, du Sable, du Limon, de la Moufe, Esc. 
ou aufli felon le dégré du Sel de la Mer.  C’eft dequoi l’on peut fe convaincre 
parfaitement en comparant par exemple une Claffe de Moules venuës des 
Iles Antilles, avec la même Clafle dont les Moules auront ête tirées de l’Ile 
de Sumatra, de la Côte du Perou, où du grand Golfe du Mexique. Car quoique 
toutes ces Moules foient differenciées entre elles par le deffein particulier 
de chacune, elles portent encore des Caraëteres diftin£tifs généraux quant 
au fond de leur Couleur, par lefquels on peut reconoitre celles qui vien- 
nent des Indes orientales où occidentales, & celles qu’on a prifes aux Iles Antilles 
ou au Golfe du Mexique. Il faut confidérer que la Coquille eft produite 
par la bave de l'animal, & dés-lors il eft naturel que les différens Climats 
de la Mer (pour m’exprimer ainfi}, la nourriture qui n°’eft pas par tout 
la même, le plus ou le moins de fel dans un endroit que dans l’autre, con- 
tribuent beaucoup a divertifier le fuc des alimens que l'animal tire à foi, 
& de là vient la varieté des couleurs. Au bout nous devons convenir 
qu'il ne nous eft guëres poñlible de dévoiler en petit la grandeur des fe- 
crèts de la Nature, & un Examen plus détaillé des caufes prochaines aux 
quelles on doit attribuer la variete des belles couleurs qu’on remarque fur 
les Coquilles, feroit pour nous une entreprife tout aufli difficile, que fi 
nous voulions éclaircir & décider la queftion : pourquoi la peau & les 
poils des animaux d’une même efpèce ou les plumes bigarrées des Oïfeaux 
d’une même efpèce différent fi fort, & d’où proviennent par exemple la 
couleur rouge, Ja bleue, les taches, les flammes, les rayes, les lignes, 
les points, ou l’uniformité de la couleur ? 


Les Couleurs provienrent, dit-on, de la refraétion de la lumière. 
Cette refrattion eft dirigée par la qualité de la fuperficie, où elle agit. La 
fuperficie fe forme de l'écoulement des fucs les plus fins felon fa Configu- 
ration ou ftruéture. Cette ftruéture, & la nature des parcelles fines & 
imperceptibles dont elle eft compofée, tire fon origine ou de l'Archite- 
éture impéretrable & arrangement des Vaifleaux, qui conduifent les fucs 
à la fuperficie, ou de la nature des fucs même. La nature des fucs eft 
conforme à ceile des principes dont ils font compofez, & de la maniere 
dont ils {e refolvent, ce qui fe fait par la digeftion & diftillation dans les 
parties intérieures, en quoi toute la ftruéture de l’animal, les alimens 
qu’il prend, & l’Element dans lequel il vit, ont le plus d’infiluence. 
Comment pourrions nous pénetrer par toutes nos recherches jufques aux 
veritabies voies & caufes de toutes ces merveilles, tandis que la Nature 
travaille & produit ici les plus grandes chofes fi fort-en petit, & pour aïnfi 
dire tellement en mivnature, que nos yeux armez même de tous les fecours 
poflibles n° y peuvent rien voir au delà, & que nôtre efprit s’ y perd? 


Nous 


LE +  Ly 33 


Nous devons donc nous contenter de la conoiïffance quoique bor- 
née que nos expériences peuvent nous procurer. Si elles ne nous don- 
nent pas de grandes lumières , elles nous éclairent toùjours en partie. 
Nous fçavons ainfi que les Climats chauds nous fournifient des piéces 
plus belles, plus achevées , plus diverfifiées en couleurs que les rudes 
contrées du Mord, & plus nous aprochons des regions froides de la terre 
moins nous trouvons de beautez dans les ouvrages de la nature. Per- 
fonne n’ignore, par exemple, que les Indes, où le foleil fe fait fentir 
avec tant de force, font plus riches en Oifeaux décorez des plus belles 
couleurs, en Vegetaux magnifiques, en Marbres, que nôtre Europe, & 
fpécialement la Partie d'Europe, qui aproche le plus du Septentrion. On 
voit par là que le Soleil en meuriffant mieux tous les fucs des differentes 
Créatures fur lesquelles il opère dans les Païs chauds, produit des beau- 
tez dont les regions Septentrionales demeurent privées. 


Voilà juftement ce que nous avons obferve aux différentes produéti- 

ons de la nature que l’on trouve dans les Mers. Nous convenons ce- 
pendant qu’il n’y a point de règle fans exception. En attendant il eft in- 
contelftable que les Efcargots & les Moules qui fe diftinguent le plus par 
leurs différentes beautez & par la varieté de leurs couleurs ont propre- 
ment leur patrie dans les Mers des Climats chauds ; au lieu que celles 
des Climats froids nous en fourniflent une plus grande quantité de cou- 
leur egale ou unie, & peu de couleurs variées, mais rarement ou point 
du tout de ces pièces, où les couleurs les plus voyantes, telles que le 
rouge deCinnabre, l’Orange, le violet, lepourpre, font en même tems 
couvertes du brillant le plus pompeux, tel qu’ on le voit fur l’or &fur 
l'argent, quand il eft poli, ou aufli fur les peries. Nous ne difons 
tout cela qu’en pañlant, vu que le Couvercle plat d'une Moule, ou 
Coguille de S. laques depeint dans la préfente figure, nous vient des Iles 
Antilles, & du Golfe du Mexique, Contrées, qui abondent particuliére- 
ment en coquilles d’efcargots, & autres, de couleursbigarrées. Quant 
à leur ftruéture & proprietez, nous en avons parlé fuffifamment foit 
dans la prémiére Partie, foit aux lieux citez de la feconde. Ces Cou- 
vercles tiennent prés des oreilles à la Coquille inférieure par un nerf, 
au moyen duquel l'animal ferre tellement l’une contre l’autre, qu’il 
n’en peut pas fortir une goutte. 
Figure 2. eft un petit Manteau bigarré dé lamèême efpèce , qui s’apel- 
le en Latin : Petten tenñis. A celui-ci les oreilles font de figure obtu- 
fe, & les coquiiles ventruës également. Sa Couleur rouge paroît fur 
toute fa Coquille, qui en dedans a le luftre du Velours. 

Figure 3. On produit ici une Coquille inférieure d’une Moule de 
St. Iaques, fort ventruë, à côtes larges unies, traverfées par des bandes 
larges blanchâtres & jaunâtres, ce qui provient de ce que la coquille fe 

Seconde Partie. ; : E con- 


34 RS +  LX 


continuë & prend une plus grande circonférence à méfure que l’ Animal 
croit. L’ordre alternatif de ces couleurs eit exprimé aufli diftinétement, 
& avec autant de juftefle, que fi on s’etoit fervi d’un compas pour en 
marquer les limites. 

Figure 4. Nous avons déjà donnécydeflus, Part. IL. PI. XVII. Fig. 
2. & 2. une ample defcription de l’Oreille de Mer. Tout ce qui nous refte 
à dire fur ia Coquille dépeinte dans la préfente figure, c’eft qu’elle eft 
de la petite efpece des Oreilles de mer, qui ne déviennent jamais plus gran- 
des, mais qui d’ailleurs ont la même ftruéture que l’autre. Une autre 
différence à obferver, c’eft que celle que nous avons décrite dans la di- 
te Part. I. PI. XVIL fig. 2. paroit telle qu’elle eft, quand on lui a té fa 
Croute, & donné le poliment, au heu que celle-ci eft dépeinte avec fa 
peau brute extérieure, comme elle fe trouve, quand on la fort immé- 
diatement de la Mer. Cette peau eft aufli décorée d’ornemens & de def- 
feins, qui lui font propres, & fe trouve aufli à quelques une de ces O- 
reilles de mer d'un rouge de cinnabre , comme nous l’avons vü Part. I. 
PI. XX: fig. 5. 

Figure 5. Ceci eft i2 coté retourné & intérieur de la même Co- 
quille, où l’on voit un rouge ardent briller conjointement avec le verd, 
à travers un éclat femblable à celui de la nacre. 


PLANCHE XVIII. 


L- Fisure 1. Ontrouve dans la Clafle des Efcargots à aiguillons entre 
autres une efpéce, où l’on obferve une embouchure longue, qui aboutit 
en pointe, comme par exemple à la tete de bécalle à dens doubles, Part. I. PI. 
XL Fig. 3. & 4. & au Puifoir, Part. I. PI. XIL. fig. 2. & 3. On remarque 
à la méme efpéce quantité de variations, tant par raport à l'embouchure, 
au’ à l'égard des aotillons & des couleurs. Quelques unes de ces co- 
quilles ont plus pius de reffémblance avec les Sabotes, d’autres avecles 
- efcargots formez en poire. A quelques unes il n°y a point d’aiguillons 
du tout, à d’autres on ne voit que des élevations, ou noeuds, courts & 
caves, d’autres encore ont des crocs trés-longs & pointus. 

Sur ces principes l Efcargot reprefente ici eft une téte de becaffe dente- 
fée, mais dont les dens font courtes, caves, & courbées comme un bec 
de corbeau. ‘Tout autour de la Coquille on voit quelques entailles, ou 
Sillons. La Couleur en eft argentine claire, & tire un peu vers le cen- 
tré au Sommet, & à la partie inférieure du bec. 

Figure 2. ne repréfente que l'embouchure de l’efcargot précèdent, 
& n'aautrement rien deremarquable, fi ce n°’eft qu’on y remarque fou- 
vent une babine courbée vers l’intérieur. La couleur eît plus claire au 
dedans, & tire un peu fur le brun au deflous du bec. f 

Figure 


Cr Cu 2o Schadeloockiano | 


CNT Kleemann 20 nat pirat. 


é 


Le 


il 


… 


RX + ZX 35 


Figure 3. Le Leéteur fe remettra qu’à l’occafon de la PI.IIT. dela 
préfente feconde Partie fig. 2. &3. & à la Planche précédente XVII. fig. r. 
3. & 3. nous avons eû occafion de parler dediverfes Moules à peigne & Man- 
teaux bigarrez en renvoyant le Leéteur à ce que nous en avions dit pré 
cédemment, de forte que nous n’avons rien de plus à ajouter ici, fice 
n’eft qu’ on trouve cette Coquille eu peigne ; à une oreille & à ventreplat, 
dans la Mer Adriatique. Elle eft mince, d’un brun violet, à Sillons pref- 
fez & à cotes, & il faut noter que ces côtes font marquées de fines en- 
tailles, que l’on aperçoit moins par les veux, que par l'attouchement. 
Quelques fois on remarque fur la même cfpèce en travers des flammes 
& des ondes de figure élégante. 


Figure 4. A la referve de ce qui a été dit Part I. PI. XXI Fig. 4. & 
s. & PI. XXII. fig. 1. & 2. & à la Part. IL. PI. IL. fig. r. nous n’avons pas 
eù occaïon de parler d’une Mowle beante ou Came, & comme en voici 
une , nous entrerons dans quelque détail par raport à toute l’efpéce. 
On apelle ces Moules Cames , en latin Chamæ , où Moules beantes, en aile- 
mand Gien-Mufchela | parce qu’à l'ordinaire elles font ouvertes, & fe pré- 
fentent comme une bouche béante. On les divife en deux efpéces prin- 
cipales, fçavoir les brutes ou rudes, & les unies. Les brutes ont en travers 
ou des cercles , ou des écailles, ou des aiguillons; voyez Part. I. PI, 
 XXIL fig. 1. & 2. Pour lesunies, elles font ou abfolument unies àtous 
égards, ou trés-finement rayées. Voyez Part. IL PI. IL fig. 1. Toutes 
font également ventruës, mais les côtez ne font pas égaux, & à la plu- 
part la Coquille eft aflez épaïlle. Celle, que nous voyons dépeinte ici, 
eft de l’efpece des unies, de couleur de chair tirant fur le brun, entre- 
mêlée de rayons d’un brun-foncé, & traverfée de Cercles d'une cou- 
leur un peu plus claire, qui font le tour. La fermeture eft placée obli- 
quement à lun des cotez & l’on voit aux deux coquilles deux petites 
dens qui entrent dans deux foffettes placées vis-à-vis. A l’un des côtez 
les deux coquilles tiennent l’une à l’autre par une pellicule. Quand/ 
animal retire cette pellicule, les Coquilles s’ouvrent, Au refte ces co- 
quilles font aflez épaifles, & {€ joignent fi parfaitement que le moindre 
air n’y fçauroit pafler. Au dedans elles font blanches, & fufceptibles 
au dehors d’un poliment incomparable. 


Figure 3. eft encore comme fig. 3. une Petfinite qu’on trouve dans le 
Golfe Adriatique. Les Coquilles font également ventrues, & pourvüës 
de côtes larges, quine font pas trop élevées. Il y a en haut deux oreil- 
les. La Couleur de l’une des coquilles eft blanche tirant fur le bleu, 
fur laquelle on voit des taches brunes & des anneaux. L'autre Coquil- 
le eftpartout plus blanche , & moins marquée, 


D) 


eue | :. Fe PLAN. 


(#) enaîle- 
mand C#- 
pes - Mujchel. 


36 EX + 2$ 
PLAN CE :KIS 


Figure 1. Nous avons vû fur laPlancheIX. de la prémiére Partie, fig. 
3. une Haïpe de David, & une autre efpéce de la même coquille dans 
cette feconde Partie PI. VIIL fig. 2. Celle que nous voyons dépeinteici 
eft de la grande efpece, couleur de chair, & couverte de taches d’un 
brun-clair. On l’apelle le Chrifant gris, qui-fe diftingue du petit Chrifant, 
& de la Harpe noble, en ce qu’il n’a point de lignes noires en travers fur 
fes côtes, & qu’en general les deffeins dont il eft marqué font plus in- 
formes & moins rangez. C’eft ainfi que parmi les Coquilles notées on 
fait aufli une difference entre la Mufique fine, & la Mufique fauvage. 


Figure 2. n’eft que l’embouchure de la Coquille précèdente. Elleeft 
d’un brun-foncé au coté, où les Contours rentrent, mais le dedans de 
la Coquille eft olanchatre, tacheté de jaune. 


Figure 3. Entre les Manteaux bigarrez, dont nous avons déjà décrit 
plufieurs efieces, il y en a une trés-belle, qui nous vient des Indes occiden- 
tales. La Coquille inférieure en eft ventruë, mais fon Couvercle eft plat, & 
méme aflez fouvent un peu enfoncé comme aux Coquilles St. de faques, d’ail- 
leurs decoré des plus beaux deffeins. On donne aufli à ces Coquilles le 
nom de Tabatière de Neptune. Ce que nous voyons ici n’ eft qu’un Couvercle 
plat, mais nous produirons au Leéteur fur la Planche fuivante XX. fig. r. 
une trés-belle Coquille inférieure. Quant àla Conftruétion, ce Couver- 
cle eft, tout comme la Coquille inférieure, extrémement mince & fra- 
gile , & au lieu d’être tout plat, il eft enfoncé vers le milieu comme le 
{eroit le Couvercle mince d’une Tabatière d’argent, fur lequel on au- 
roit appuyé le pouce de force, & de cette façon les bords enfont élevez. 
Ce Couvercle a au dedans des cotes élevées, minces, un peu écartées : 
l'une de autre, qu’on y voit couchées, comme autant de fils d’ argent 
trait, tels que ceux qu’on trouve au couvercle de la Coquille à bouflo- 
le, (*) cependant du coté de la fermeture ces côtes font moins vifibles, 
& ne paroïflent bien exprimées que vers les bords. La Couleur de la 
Coquille eft au dedans fale & d’un blanc jaunatre, mais d’un brun-fon- 
cé aux oreilles & tout le tour des bords. Ce Couvercle n’eft attaché à 
la Coquilie inferieure au milieu des deux oreilles que par un feul point, 
au moyen d’un nerf rond. Son coté fupérieur eft garni de Sillons fort 
fins, qui vont de la fermeture aux bords, & ce font ces mêmes Sillons } 
qui paroifient au coté intérieur fous la figure de cotes fubtiles. Les par- 
ties élevées entre les Sillons, font marquées par des lignes noires cour- 
bes, garnics d’anneaux en travers , & peintes çà & là de belles flammes, 
& taches blanchatres & jaunatres , fur un fond brun-foncé, qui tire fux 
le rouge. L'on voit fortir du miliéu de la fermeture entreies deux oreil- 
les un efpace rouge à cette Coquille ci, mais blanche ou jaunatre à d’ 

autres 


ÉxC Hujeo Hchadeloocdiano. 


CN Xleemann àa0 nat pirait. 


. 


 ” 
NN. 
SNA 


(| 


ÉæX Museo CMulleriano 


ZX + 2x , 


autres , toujours cependant d’une même couleur, qui fe termine parune 
ligne en zig-zac, comme fi on avoit eu deflein de peindre là une forti- 
fication. Cependant il ne faut regarder cela que comme une variation; 
car tous les Couverclesde cette efpèce ne font pas marquez de même ; 
ils different au contraire tellement entre eux, quant au deffein, qu’on 
n’en trouve jamais deux d’abfolument pareils, On rencontre quelque 
fois , mais rarement, de ces coquilles entièrement blanches, ou aufli un 
peu verdatres, fur lesquelles on ne remarque aucun deffein du tout. 


Figure 4. Voici un Manteau bigarré, à larges rayons, ventru égale- 
ment, uni fur les cotes, blanc par dehors, à flammes rougés, mouche- 
té de couleur d'orange, & blanchâtre au dedans. Les oreilles font ici, 
comme à bien d’autres coquilles, un peu rondes , comme fi elles 6- 
toient ufées. 


Figure 5. Ceci eft encore un Manteau bigarré , qui a à la verité auf 
des rayons larges, mais fur les côtes duquel on obferve par tout de 
fines entailiures, ce qui rend cette coquille un peu rude à l'attouche- 
ment. Ce qu’on y remarque, quant au deflein, ce font des flammes ou 
ondes d’un beau rouge, ou jaunes, pofées en travers fur un fond blanc 
& jaunitre, Les Orcilles font en angle, rougeatres de couleur & mou- 
chetces de blanc. 


PESA;N:CHLEXX, 


Figure 1. Cette Figure repréfente le côté extérieur de la Coquille 
inferieure de la méme efpèce de Moules, qu’on nomme Tabatières de Nep- 
tune, dont nous avons examiné le Couvercle, à la figure 3. de la Planche 
précèdente. Celle-ci eft fort ventruë , unie & brillante, & a non feule- 
ment des Sillons très-peu profonds, écartez l’un de l’autre & un peu 
plus larges que ceux qu’on remarque fur le Couvercle, mais on y obfer- 
ve encore des anneaux tres-fins, là où la Coquille a continué fuccefli- 
vement fon crü, La Couleur en eft d’un brun rougeitre , quelquefois 
brun de Café , marquée ça & là de trés-belles taches blanches; ou quel- 
quefois de vertes, ou de jaunatres, qui le plus ordinairement font 
quarrées. Au dedans cette Coquille, d’ailleursextrèmement mince, eft 
d’un blanc jaunatre, terminée au bord par un large anneau, qui eft ab 
folument blanc comme neige, Les Sillons larges, qui paroiflent au de- 
hors, font tellement élevez au dedans , qu’ils y forment deux côtes fi- 
nes, l’une à coté de l’autre , & aufli fubtiles qu’un fil d’argent trait. 
Au milieu de la fermeture entre les deux oreilles, il y a un crochet dur, 
où le nerf, qui affermit le Couvercle, placé vis-à-vis, {e trouve attaché. 
Ces Coquilles peuvent être garnies foit en or, foit en argent, & fervir 
de tabaticre , mais fi l Ouvrier qui les met en œuvre p’eft pas habile 


E'3 Ar- 


38 EX +  2S 


Artifte, il court rifque de les brifer au milieu de fon travail, au lieuque 
quand la garniture y eft une fois heureufement mife , on peut en faire 
ufage journellement pendant plufieurs années , & méme pendant toute 
fa vie, fauf les accidens. 

Figure 2. Ceci eft une Came, apartenant à l’efpèce des Moules beau- 
tes dont nous avons donné la defcription cy-deffus PI. XVII. fig. 4. 
Nous en avions déjà dit quelque chofe dans la prémiére Partie, PI. XKI. 
fig 3. La Coquille en eftépaffe, blanche par dedans & par dehors, 
mais extérieurement marquée de taches d’un brun-fonce , faites en for- 
me de Tentes. C’eft la Chama optica de RumrH , qu’on apelle aufli 
Moule en A grec, où la Moule aperfpettive, ou par fois le Camp turc. Mais ily 
a aufli parmi les Efcargots en rouleaux une autre efpeèce rare, que les 
Amateurs apellent également le Camp Turc, ce que nous ne rapellons ici, 
que parce qu’à la prémière Partie, PI. XV. fig. r. où il étoit queftion 
de cette coquille-là, nous n'avons fait aucune mention de cette dénomi- 
nation. Pour ce qui concerne la Moule préfente, ce que nous avons à 
endire encore, c’eft que ces Coquilles fe joignent & fe ferrent l’une à 
l'autre près du fommet , au moyen de trois élevations particulières, qui 
s’ajuftent dans autant de foflettes. 


| Figure 3. Il y a parmi les Petfinites à coquilles epaiffes (*) des pièces, 
Ggermanice qui n’ont point d’orcilles, & qui par cette raifon ne peuvent point être 
PA 2 mifes au rang des Mautearx, on ne leur donne que le nom de Pettiites, 
fheln. ou de coquilles en peigne ; foit parce qu’ils font faits comme la partie fupe- 
rieure d'une Perruque peignée, foit parceque leurs côtes élevées & 
leurs entaillures les font refiembler à un peigne. On ena plufieurs efpé- 
ces trés-belles a côtes larges & étroites, grofliéres & fines , bafles &ele- 
vées, unies, raboteufes, garnies d’entailles, ou d’aiguillons, Celle 
que la figure prefente dépeint, à des côtes largès, décorées de taches 
brunes, claires & foncees, fur un fond blanc. Ces côtes font épaifles, 
ridées & entailléesen travers, & au dedans la Coquille eftblanche, unie, 
& fans Sillons. Le fommet fe termine par un pivot unique , qui entre 

dans une fofiette oblongue. 

Figure 4. Ceci eft encore une Came, où Moule beante à coquille mince. 
Elle eft unie, jaune de citron dedans & dehors, & bordée au coté le plus 
long d’une bande couleur d'orange. Du côté court jes coquilles font 
un peu dentelées & au Sommet elles fe joignent au moven de trois cro- 
chets fort écartez | un de l’autre , qui entrent & s’ajuftent dans autant 
de follettes placées vis-à-vis. Outre cela elles font liées enfemble par 
dehors par une Courroye forte. 

Figure s. A l'occafion de la quatrième figure de la Planche XVII. 
nous avons dit qu’on met au rang des Moules beantes unies | certaines Co- 
quilles, qui font finement rayées. : En voici une dépeéinte dans Ia Hs 

© en 


XXI° 


AR Ge) 1 Z 4 
CME Huseo OSeh ct ELOOCICLILO. 


AR 2. rertetiiés”, fe: 


ER + LS 39 


fente figure. On l’apelle le Dowblet à rayons, qu'il ne faut cependant pas 
confondre avec la Moule en afjiette, ou Telline mince, à laquelle on donne le 
nom de Rayon du Soleil ; car celle-ci eft moins oblongue, & aune Coquil- 
le beaucoup plus épaifle. Celle de la figure préfente eft garnie par tout 
de côtes fines & de Sillons pareils, depuis la fermeture jufques aux bords. 
Les côtes vont toutes un peu en ferpentant, & font entailiées en tra- 
vers par quantité de Sillons. La fermeture elt bleuë tirant fur le rouge, 
& l’on voit partir de là des rayons de même couleur fur un fond blanc 
jaunâtre, qui vont fe terminer au bord. Les deux Coquilles font join- 
tes l’une à l’autfe par üne articulation , cutre une pellicule qui les atta- 
che l’une à l’autre. Quand l'animal meurt da pellicule feretire, &alors 
les deux Coquilies font entièrement ouvertes. 


PLANCHE XXI 


Figure 1. Le Mauteaubivarré, quife préfenteici, a la coquille épaiffe & 
raboteufe ou dentelée , à en juger par l’attouchement. Cela provient 
de ce que les côtes, aufli bien que les Sillons , ont beaucoup d’entaiiiu- 
res, ou pour mieux dire qu’ilsfont grainez. La Couleur eit d’orange 
à flammes, & les grains, qui rendent la fuperficie fi raboteufe, font 
blancs. L’une des deux oreilles eft fort avancée en long & en large. 


Figure 2. C’eft le coté intérieur de la même coquille, fur lequel 
il n’y a d'autre remarque à faire, fi ce n’eft que les côtes larges, qu’on 
voit au dehors, produifent au dedans quelques Sillons , ce qui fait pa- 
roître le bord comme s’il étoit cavé, ou dentelé. La Couleur eft un 
blanc rougeitre, & on obferve à l’extrèmité une bordure jaunitre. 


Figure 3. Nous avons vü cy deffus Part. I. PL. X. fig. 1. une Crache 
à huile qu’ on apelle l’oreille du Geant. L’efcargot que voici n’eft qu'une 
feconde efpèce plus petite de la même forte. On y peut encore obfer- 
ver que cette coquille tient de la nacre, dont elle a le brillants; & qu’el- 
le eft mouchetée de noir comme le Tigre. 


Figure 4. Nos Leéteurs ont déjà vü Part. I. PI. VI. fig. 5. le rayon 
du Soleil violet & encore P. I. à la Planche XIX. fig. 1. le rayon du Soleil cou- 
leur de pourpre , tirez de la Claffe des Tellines, où Moules en aflietre minces € 
oblongues. Ici nous voyons le rayon du Soleil rouge de la Clafe des Moulesen 
affiette ou Tellises. Mais cette pièce-ci diffère des autres Moules enaffiette, en ce 
que d’un côté elle eft large & ronde, et que de l’autre elle fe termineun peu 
en pointe,& qu’elle paroït commeun peuéchancrée. Ces Coquilies portent 
en particulier lenom de fambons, mais ilne faut pasles confondre avec les 
autres Coquillesen Fambons quifuivront, & qu’on apelle Pine & non Telline. 
A cette efpèce-ci les Coquillesfont minces, jaunâtres, & garnies de‘quan- 
tité de rayons rouges, dont les uns font larges & les autres étroits, & 
quoi 


“ 


40 BK + LS 


quoi qu’on n’y remarque point de côtes, elles ne font pourtant pasbien 
unies, mais au contraire raboteules au toucher. La fermeture ou char- 
niere eft au milieu. 


Figure 5. La prèfente Coquille, dont le fond eft couleur d'orange 
a fur ce fond cinq côtes fortes élevées en boffe de couleur un peu fon- 
cée. Nous la tenons pour une fous-efpèce de ce qu’on nomme les Dou- 
blets de Corail. Elle à quelque reffemblance avec ce Manteau royal dont 
il a êté parlé Part. 1. PI. V. fig. r. Au dedans la Coquille eft un peu plus 
blanche, & les côtes aufli bien que les boffes font caves. 


PLANCHE. XXII. 


(*) aparem- Ficure 1. Les Coquilles, qui portent le nom de Mafau, (*) méri- 

ment à caufe tent aflurément un rang diftingué parmi les Efcargots en Lune, dont l’ ou- 

RC UE verture eft ronde comme la Lune , quand elleet dans fon Plein. Nous 

y domine. d avons déjà parlé de plufieurs pieces de cette efpèce dans la première Par- 
tie PI. TIL & X. La prémière & la feconde figure de la préfente Plan- 
che en dépeignent une de cette Catégorie. La Coquille en eft épaiffe 
& forte, & avec cela unie, & brillante comme un miroir. La Cou- 
leur en eft jaune, tirant fur le brun. On y voit autour des Contours 
deux bandes larges vertes & jaunes, quiont des taches blanches & ob- 
{cures, & entre ces bandes il en pafle encore une plus étroite. 


Figure 2. eft l” embouchuredu meme Efcargot. Elle eft ronde & de 
couleur argentine, ce qui lui fait aufli donner le nomde Bouche d'argent. 

Figure 3. Tout comme la riche Clafe des Manteaux bigarrez & des 
Coquilles de St, Faques nous en fournit une quantité, fur lesquelles on voit 
briller les plus beaux deffeins, & les plus magnifiques couleurs, avec 
une variete admirable, de même on en trouve auili , qui font toutes 
blanches comme neige , telle que celle ci, où feulement la partie fupé- 
rieure vers la Charnière eft un peu rougeâtre, Mais au dedans elle eft 
abfolument blanche, Ses oreilles fort égales & courtes. 


Figure 4. En donnant nos defcriptions des pièces contenues fur la 
Planche XVIII. & fpécialement de la Figure r. & 2. de la préfente fecon- 
de Partie nous avons parlé de certaines etes de becafe dentelées, & dit en- 
tre autres, que quelques unes ont des aiguillons extrèmement longs , 
& pointus. La préfente figure , & celle qui fuit, nous en produifent 
une de cette efpece. On en trouve quelquefois de blanches, dont les 
aiguillons font encore beaucoup plus longs, & plus pointus. Celle-ci 
eft gris de fouris, & garnie feulement par-ci par-là d’aiguillons plus 
longs. 


Figure 


; XXI 


> 7/ VER 2; VIRE 
Excufeo Ochadeloockiano. 
€ 


ENT JÂleemann ad nat pinæit. 
/ 


: . Mes Dur D Or JE /1 ue re Fig. 1.6. 7. & 
ee Museo furmeRererendiDn AM, fhadeloocks 19.2.5. 4.5. 
€ Le 


EX + LS 4x 


Figure 5. ne repréfente que l’embouchure de l’Efcargot précèdent, 
laquelle fe termine en un conduit long & cavé. 


PLANCHE XXIII. 


Figure 1. Cette Planche nous produit dans la prémière figure une 
Claffe toute nouvelle de pièces connues fous les noms de Coguilles fichées, 
ou Coquilles en Jambon, ou Coquilles en fourreau de Piftolet. (*) Elles font tou- ce 
tes largesen haut, & pointuesen bas , ce qui leur donneuneformetriangu- ff 4e 
laire. Ordinairement ces Coquilles font minces, un peutransparentes, & mination gé- 
(lorsqu'elles font encorejeunes)fubtiles &nettescommeletalctransparent, néralede Pin 
ou la pierre fpéculaire. Il yaaparence que leur figure triangulaire a donné +, en latin 
lieu au nom deCoguillesen Fambon. Leur Cavité ventrué a fourni l’occafion de PUR SES 
les comparer à des fourreaux de piftolet, & lenom de Coguilles fichées leur vi- mands font 
ent de ce qu'elles fe tiennenttoujours fichées par la pointe foit dans lefable, Steck-Au- 
foit dans le limon, de façon que la partie fupérieure large & ouverte, fe Jcbelr, Scbin- 
trouve en haut. On en rencontre des quantitez raffemblées fous l’eau AS Gr 
à environ cinq piéds de profondeur. Elles deviennent fort grandes , Fr “ 
& on y trouve un bon lambeau de Chair, qui eft un morceau friand pour ; 
les Indiens.  L’Habitant de cette Coquille a un autre animal pour Com- 
pagnon, qui lui fert de Garde. C’eft un Sylicot, autrement nommé 
Crevette, (efpéce de trés-petites écrevifles de mer) qu’on apelle en Hol- 
landois Pinne Wagter, & en allemand der Steck-Mufchel-Hiter, c'eft-à-dire, 
le Garde de la Coquille fichees | où Pinne. n° y a pas un grand nombre d' 
efpèces de cette Claffe; les variations les plusconfidérables qu’on y ren- 
contre quant à la figure, c’eft que ces Coquilles font longues , ou à é- 
paules quarrées , unies ou dentelces. On attribue la dernière qualité à 
leur viciliefle. Apres celà quant à la couleur elles font blanches, rou- 
ges, grifes, ou noires, ce qui pourroit bien aufli étre une marque de 
vieillefle. Du coté le plus long les Coquilles font toujours fermement 
ferrées. Du côté le plus court elles font ouvertes , & ne joignent pas 
bien. Cependant elles peuvent aufli fe fermer, mais en haut les coquil- 
les ne fe ferment jamais. | 


Celle qui eft produite dans la préfente figures’ apelle la Coguille enfam- 

Bon longue &5 unie. Sa Couleur eft un rouge de chair; au refte elle eft un 
peu transparente, trés-aiguë en haut, mince, & pale , un peu plus e- 
paille en bas, & marquée tout du long de diverfes rayes, quiindiquent 
fon accroifilement fucceilif. On aperçoit çà & là quelques taches bian- 
ches, qu’on ne peut regarder que comme le refidu d’un certain limon de 
nature de chaux, qui entoure toute cette coquille, fçavoir autant qu'el- 
le avance hors du fable ou du limon de a mer. Au dedans la Coquille 
a un brillant blanc argentin, fur lequel paroiflent quelques couleurs de l 
Seconde Partie. F Arc- 


@ Và l'éti- 
mologie il a 
falu forger le 
mot de Cuafla- 
tuféec , pour 
tenure celui 
de Duack:rque 
portele Tex- 
te allemand. 


"TA LE + LA 


Arc-en-ciel , qui y femblent mélées. Quelque fois on y trouve despe- 
tes Perles, dontle brillant eft ob{cur. 


On rencontre quelques coquilles de cette efpèce, dont le dos eftre- 
courbé en arriere comme celui d’un fabre. 

Figure 2. 3. 4.5. Le Leëteur eft déjà inftruit que l’on divife les Ca- 
mes, Où Moules beantes , en raboteufes & unies, & qu’on en a une efpèce 
à cotez égaux, & une autre à côtez inégaux, d’où il peut préfumer que 
les coquilles dépeintes par ces quatre figures, qui font toutes de lamème 
efpéce, doivent etre mifes au rang des Cames unies a côtez inégaux. On les 
nomme particulierement les Cames a rayons. Nous ne croyons pas exage- 
rer en difant qu'il y a vingt fous-efpèces de cette forte, fans compter di- 
verfes variations & anomalies. 11 y a beaucoup d’analogie entre ces co- 
quilies-ci, & l’efcece de Tellines que nous avons décrite cy-deffus, Part. 
I. PI. VIL Fig %. dont le coté le plus court n° eft pas coupé aufli net & 
en figure de cœur, comme à ces petites Moules béantes. LesCoquilles 
en font épailles, la charniére fe trouve placée toute d’un bout, & leco- 
té qui fembie coupé repréfente un cœur. On voit un cœur pareil en 
haut, mais il ef oblong & étroit. Les Coquilles font garnies par tout 
d’anneaux & de rayÿes, qui forment cependant une fuperficie unie. Quel- 
ques unes ont des anneaux de couleurs variées, pofez en travers, com- 
me à la figure 2, d’autres ont des ravons, qui defcendent tout du long, 
comme à la figure 3, encore d’autres n’ont qu’une feule & même cou- 
leur, comme la figure 5, auxquelles on remarque au côté coupé une fi- 
gure de Cœur en couleur exhauflée. Nous difons par là que de ces co- 
quilles ies blanches ont un cœur noir ou bleu , les jaunatres un cœur 
brun ou rouge, & quelques unes n’ont abfolument qu’une couleur uni- 
que, fans aucune figure de cœur. La plüpart font violettes en dedans, 
comme on le voit à la figure 4. quoiqu”à quelques unes il ne paroïfle in- 
térieurement que du blanc. Le bord en eft finement entaillé & dentelé, 
cependant les coquilles fe joignent d'une maniére trés-ferrée. On les 
trouve aux Les Antilles, auffi bien qu’en Terre ferme aux Indes occidentales. 

Figure 6. La Came, où Moule béante à cotez egaux repréfentée ici doit 
être mile au rang des Coaffateufes, (*) nom, qui ieur eft venu de cequ’en 
s’ouvrant, comme en fe fermant, elles coaffent à la façon des srenouil- 
les. Comme ies Coquiiles en ‘ont extraordinairementépaifles, on peut 
leur donner un poliment incomparable, à tel dégré, qu'un Miroir ne 
fçauroit être ni pius uni, ni plus brillant. Ure Couieur de Chatain- 
foncé entreméiée d’un reflex blanchatre jouë fur la fuperficie polie; ce- 
pendant on voit dans la cou'eur brune desrayes blanchatres, qui deicen- 
dent tout du long, & qui font coupées par des anneaux en travers, 
On feroit presque tenté par ces rayes de recoroître cescoquillés pourune 
efpece de Peigues ; ce qui empeche , c’eft qu’elles ne font jamais éle- 

vees 


RS L: ; : 1 ( L Le 
ne ART PET ei Cfhaoe OOUCRAAILO: 


ZX + ZX 43 


vées , & que cette coquille forttoujourstoute unie de la mer, & ne de- 
vient brillante que par le poliment. Cés rayes donc ne femblent étre 
dans la fubftance de la Coquilie que des fibres ou filamens, qui fe font 
pofez les uns contre les autres, & ont compofe ainfi l’ellence de la Co- 
quille. Au dedans elle eft blanche, tirant {ur le jaunatre. 


Figure 7. Ceci eft aufli une Came unie mais à côtez inegaux , qui, 
quant à la ftrutture, a beaucoup d’analogie avec les Conf1'mes marines , 
ou Mytules, auxqueiles elle reffemble entièrement par l’épaifleur de 
la coquille | par la couieur, par les rayes, & par le poliment. Ladif- 
férence git en ce qu’un des côtez eft oblique, & s’étend pres de lachar- 
nière en une aile large, qui paroîit être une oreille. Cette pièce fert à 
apuyer ce que nous avons déjà dit plus d’une fois, fçavoir , qu’infen- 
fiblement une efpèce pañle d’une ciaffe à l’autre, d’oùii refulte qu'à la 
fin il eft aflez difficile de déterminer les limites de chaque Ciafe. Le 
celébre Linneus diftingue les Cames des Mytules en ce que celles-là ont 
au fommet deux dens , qui entrent dans leurs foffettes, & que ceiles-ci 
fe repofent fimplement l’une fur l’autre au moyen d’une charnière toute 
unie. Ainfi en quelque façon la préfente Came peut être mife au rang 
des Mytules, non feuiement parce qu’elle leur reflemble par fa cour- 
bure & itrufture extérieure , mais aufli parce qu’au fommet épais elle 
n° a prefque ni dens ni foflettes, ou qu’au moins ces dens & foilettes 
font fort plattes. 


PLANCHE XXIV. 


Fisure 1. Nous avons déjà produit différentes fortes de la Claffe des 
Huitres, Voyez Part. I. PI. VI. fig. 3. PI. VIL fig. 1. PL. VIE fig. 1. PI. IX. 
He. PL XXL 66.2. PI. XXII, fig..2.-& 3. & PI XXIX. fig. 1. & 2. 
Mais (à la referve de la feuille de Laurier, Part. L PI. XXIIL fig. 2.) il n° y 
en a point qu’on tienne pour aufli rare , que celle qui eft dépeinte 
dans la préfente figure. Celle-ci, & un petit nombre d’autres fortes ra- 
res d’huitres, fe trouveront dans bien peu de Colleftions. Elle eft 
tout-a-fait mince & platte , un peu recourbée tout autour du bord & fi 
peu ventruë, qu’il n’eft presque pas croiable qu’ un animal puïfte y fai- 
re fon habitation, puis qu'entre les deux coquilles un morceau de cuir 
tant foit peu épais trouveroit à peine place. Sa figure platte , à peine 

 recourbée au bord, lui fait donner le nom de Selle à PAngloife. C*) La 
fubftance de la Coquiile tient de celle de la nacre de perle, & eft abfo- 
lument compofée d’écailles couchées les unes fur les autres, à l’inftar de 
la pierre fpeculaire, ou miroir d’äne, faciles à feparer , ce qui faitque 
les Chinois les recherchent avidement, pour les plaquer fur ieurs Ou- 
vrages vernis de menuiferie. Rarement les renContre-t-on avecles deux 
Coquilles entières , & non CLS parcequ’un certain ver “y 
2 atta- 


(*) enalle- 
mand der E2g- 


lifcbe-Sattel. 


(a) en allem. 
bandirte Por- 
ceilane. 


44 ES + LS 


attache, qui les perce. La figure qu’on voit ici eft le côté intérieur 
du Couvercle de cette Huitre en Selle , où l’on aperçoit les plus vives 
Couieurs de l’Arc-en-Ciel à travers un Luftre de nacre. En haut à la 
charnicre on remarque deux élévations, qui aboutiflent en un mémean- 
gle, & c’eft entre ces deux élevations que les Coquilles tiennent l’une 
à l’autre au moyen d’une pellicule fine. On trouve aflez fréquemment 
de petites perles dans cette efpece de coquilles. 

Figure 2. Il à été déjà parlé plus d’une fois des Efcargots de porcelaine 
& on en a trouvé pluiieurs figures cy deflus. Voyez. Part.I. PI. V. fig. 
a. & à. PI. XIIL fig. 1. &2. PI. XXVE fig. 3. & 4. PL XXVIL fig. 2. & 
3. & Part. IL. Pi. XVL fig. 1. Nous ajoutons ici fimplement que l’Efcar- 
got aufli brillant que beau, chatain de couleur, que voici, eft le véri- 
table Arous , qu’il faut cependant bien diftinguer de l” Argus double ; qui 
eft plus jaunatre, plus pale en couleur, & qui outre les taches blanches 
a encore un anneau brunet. La plupart des efcargots, quand on les pé- 
che, font envelapez en fortant de la mer d’une peau, dont il faut les 
dépouiller fur le champ ; mais ceux qu’on nomme Porcelaines font natu- 
rellement, au moins pour la plus grande partie, unis & brillans comme 
un miroir, quand onles tire de l’eau, de forte qu’on n’a point la peine 
de les nettoyer. 


Figure 3. Cette Coguille Porcelaine, qui n° eft ni moins belle ni moins 
unie que la précedente, & qui a un brillant extraordinaire, eft à la ve- 
rité de la ciañle des Taupes, mais fa couleur eft moins foncée, & on y 
remarque quatre bandes cendrées fur un fond brun-clair, cc qui lui a 
fait donner par les Amateurs le nom de Porcelaine à bandes, (*) Elle eft à 
la façon des Taupes plus longue & moins groffe que ies autres Porcelaines. 


Figure :. Comme nous avons parlé amplement de la Claffe entié- 
re des Efcargots en cone , Ou expiramide, ou en cornèts dans plufieurs endroits 
de cet ouvrage , & fpécialement en décrivant les pièces contenues fur la 
prémiere planche de cette feconde Partie, nous n’en dirons rien deplus, 
nous contentant d'indiquer le nom qu’on donne au beau cornet quenous 
voyons ici. On j’apelle le Cornet des Mennonites. Difficilement nos Lec- 
teurs devinero'ent-ils la raifon d’ure dénominationfiparticulière. Nous 
allons les en informer. Les Mennorites en Hollande font des Citoiens pai- 
fibles: qui vivent d’une façon trés retirée. Quoi qu’ils foient pour l 
ordinaire trés riches , ils ne donnent point dans la vanité des habits, ni 
pe portent des couleurs trop voyantes. Mais ils fe piquent en revanche 
d’une extreme propreté, & en f habillant modefement, la nettete & 
Je bon gout diftinguent totjours le choix de ce qu’on voit fur eux. Ea 
chofe eft fi vraie qu’eile a pañlé en Proverbe en Hollande, car quand un 
objet eft modefte & en même tems jrojre & d’une beauté exquite, on dit 
ceia eft à la Mennouite. 1} y a meme une efpece de fleurs qu’on apelle 

par 


D RL | 


J XXV* 


nr 2.5. Does LI. a hors 
a | 
Fig 4. Ce Museo CMibrian 0. 


«7. Céder ad nat: prrait-. : GARTraitne jus. 


RX + ZL<S 45 


par la même raiïfon la Propreté Mennonite, en Hollandois Menifie Rindelykheit. 
Voila nos Leéteurs au fait par raport au nom de cette coquille, qui fur 
un fond blanc comme neige, uni de tout point, & brillant, à l’égal de 
la plus belle Porcelaine ; a en partie à l'embouchure ; & en partie à 
la pointe la plus bafle une teinture pompeufe de violet. Quelques fois 
elle eft entourée d’unebande violette jusques vers le milieu, Cette 
Couleur violettefemble étre une couche, fous le blanc éclatant d’une 
Envelope de Porcelaine à travers laquelle elle brille admirablement. 
Les Contours qui s’avancent un peu en haut , & dont la fuperficie eft 
unie, font quelques fois abfolument blancs, & quelques fois on y obfer- 
ve des anneaux violets, tirant fur le rougeatre , qui s’y entreméient, 
de façon que cette Coquille fe diftingue par fa beauté frapante , quand 
elle feroit mêlée dans un millier d’autres cornèts trés - beaux auffi. 


Il ne faut pas s’imaginer que cette pièce forte, telle que nous ve- 
nons de la dépeindre, du fein de la mer. On fetromperoit, car quand 
on latire de l’eau, elleeft couverte d’une méchanté peau jaune, & ou- 
tre cela de quelques cercles élevez de forte qu’excepté à la partie infe- 
rieure de l’embouchüre, on voit à peine quelque chofe de la couleur 
violette. Mais quand on a ôté cette peau, & poii la coquille , ce qui 
n’eft pas une petite occupation pour les Amateurs, alors eile paroît 
telle que nous venons de la décrire, & que la figure la repréfente. Au 
refte elle eft épaiffe, & on peut , en la polifflant, en émouler une bonne 
partie fans l’endommager. 


Figure 5. La Claffe des Cafques dont nous avons déjà parlé cy-delTus 
Part. I. PI.-X VIT Fig. 1. & 5. & Part. IL. PI. IX. fig. 2. eft fortriche, & 
fe divife en plufieurs efpèces ; 1ly en a de boflus, detuberculez, à aiguil- 
lons, à côtes, & d'unis. Celui qu'on voit ici & dont on trouvera peu 
de pareils, eft diftingué par fa Struéture particuliere. Son nom eft : 
le Cafque a Sillons profonds & cûtes élevees. Cette coquille eft en dehors 
couleur de chair, & garnie de pois ou filamens au fond des Sillons. 
Les côtes, ou cercles, font fort élevez, un peu noueux, larges , & 
cavez au dedans. Les Contours fe fuccedent en ligne oblique, & fe 
terminent en une pointe obtuie. Le dedans reffemble affez à de la Por- 
celaine blanche, 


PLANCHE XXV. 


Ficure 1. Voici encore une pièce qui apartient a Ja Claffe des Hri- 
tres. C’eft la veritable Moule de Nacre deperle, oula Matrice des Perles, puis- 
que c’ eft dans fes coquilles qu’on trouve cet ornement fi connu des Da- 
mes & des Perfonnes de difiinétion. Çuandon en a ôté l’écorce exté- 
rieure rude, écaillée, & pleine de RDS , alors cette Coquiile devient 

3 unie 


46 LE + LA 


unie & brillante, épaife, & elie eft grande au point qu’on en peut fcier en lar- 
ge & en travers des pieces entieres, qu’on polit de nouveau, & dont 
l’on fe fert foit pour en faire des Tabaticres, foit en les employant à tou- 
tes fortes d'ouvrages de beile marqueterie, Les deux coquilies font éga- 
lement ventruës, cependant toujours l’une un peu plus petite que l’au- 
tre , & attachées l’une à l’autre en haut par une peau. Elles n’ont qu’ 
une oreille, & fe terminent de l’autre côté en extremitéronde, qui for- 
me enfuite prés de la charniere un petit efpace plat. On tient pour les 
plus belies celles, qui ont un brillant blanc argentin, fur lequel on voit 
jouër quelques couleurs d4 l’ Arc-en-ciel, & qui, quoiqu’elles parois- 
fent pieines de boiles à la fuperficie, en n’en jugeant que parles yeux, 
ne jaifient pas d’étreunies, vu qu’au toucher on n’ y trouve pasle moin- 
dre veltige d’'éievation. 


Quant aux Perles même, c’ eft le fuc digeftif de l’animal qui les pré- 
pare, & les detache de la coquiile en figure ronde, comme cela arrive 
auili à l'égard des pierres, reflemblantes aux Perles, qu’on trouve dans 
les Cames, & dans d’autres coquilles. C’eit ici le lieu de dire quelque 
chofe des particuiaritez de la Peche des Perles, que les Hollandois exer- 
cent à l’Isle de Ceÿlon. On commande, lorsque la faifon de cette Pêche 
aproche, les Judieus, qui arriventen grandnombre dans leurs Canots au 
rivage, & aménent avec eux leurs femmes & leurs Enfans. Quand on 
leur a donnele Signal, les Canots avancent dans la Mer, jusques à une 
certaine hauteur. Al y a dans chaque Canot deux Judiens , dont l’un eft 
deftiné à plonger, & l’autre à gouverner le Canot, & à prendre garde 
au Piongeur. Le Plongeur eft tout nud. On lui met devant la bouche 
une éponge imbibée d’üuie, il a les oreilles bouchées, on lui lie au- 
tour du corps une corde dont l’un des bouts eft attaché au Canot, & un 
Sac lui pend fur la poitrine, qui tient par une corde autour du col, & 
fous l’une des aïifeiles. Ainfi équipé il faute hors du Canot, plonge au 
fond de l'eau, & ramaffe avec promptitude autant de Coquiiles qu’il 
peut. A peine a-t-il eté 7. ou 8. minutes fous l’eau, qu’il donne unfig- 
nal au moyen dela corde, qui tient par un bout au Canot. Alors lefe- 
cond fudien {e hate de retirer le Piongeur, qui arrive fouvent fur l’eau le 
nez faignant, & les oreilles aufli, ce qui ne l’empéche pas après avoir 
vuidé fon fac, & pris un peu haleine, de replonger de nouveau, jus- 
ques à ce que la Péche foit finie. 


On enterre dans le fable du rivage les Moules pêchées, pour qu’el- 
les y pourrifient. Car il eftà obferver qu'au moment où l’animal fe fent 
pris, il retire fes coquilles, & s’y renferme fi fortement que rien au 
monde n’eft capable de les rouvrir, queiqu'effort qu’on y employe. 
Mais quand l'animal meurt les Coquilles s'ouvrent & fe feparent d’el- 
les memes. Alors la pourriture de tant de miliers d’huitres excite une 

puan- 


EX + ZX 47 


puanteur infuportable. Tout cela pañlé, on trie les perles, qu’ on ferre, 
& on procède aprés à nettoyer les Coquilles, qu'on vend pour l'ufage 
dont nous avons fait mention. 

Pour quelques écus on peut acheter àtout hazard, lorsqu'on fe trou- 
ve fur les lieux, une grande quantité de ces coquilles, dans l’efpéran- 
ce de faire quelque profit fur les perles qu'on y trouvera. Muis ii fe 
rencontre fouvent que fur cent coquilles 1l ne s’en trouve pas une, qui 
fournifie une feule Perle paflable, & fuffifante pour dedommager | Ache- 
teur de fes frais. Aïnfi ce Commerce reffemble fort àune Lotterie; car 
quantité de perles font informes , ou de couleur chetive, ou vereufes, 
où trop fortement attachées encore àla coquille, de laquelle on ne peut 
les détacher qu’en les rompant, ce qui produit toujours un côté endom- 
magé. Il faut qu’ une Perle pour étre de mife, foit bonne d’origine, 
car il n°eft pas poflible de la polir, & de lui donner par art la beauté que 
la nature lui a refufé. 


Figure 2. Toutes les plages de la mer ne fourniflent pas la même 
efpéèce d’efcargots ou de moules , & lors-même qu’on en trouve d’une 
méme forte en deux endroits differens, on y remarquera toujours quel- 
que variation, quiles fait divifer en fous-efpéces. Les Climats de la Ter- 
re produifent diverfes Plantes felon leurs differentes fituations, quine 
laïifent pas d’apartenir à une feule & même Clafle générale; l’on fçait 
aufli que des païs eloignez les uns des autres il nous vient des animaux 
differens entre eux, qui ne laiffent pas d’être au fonds de la même efpé- 
ce: il en eft de même des Animaux à coquilles qui fe trouvent dans di- 
verfes plages de la mer. La figure préfente en fournit un exemple. 
La Moule précedente étoit une Macre de Perle des-Indes orientales & fpéciale- 
ment de la pêche de Ceyÿlon. Celle-ci eft aufli une Mucre de Perle mais elle 
nous vient des Judes occidentales, nommément des Iles Antilles. La derniére 
n’aquiertjamais la méme Grandeur & épaifleur, àlaquelle ja prémiére par- 
vient , delaquelle elle differe encore tant par raport à la ftruture, que 
relativement à la peau extérieure. Outre cela la dernièérene renferme jamais 
une Perle. On l’apelle la Selle 4 la Polonoife pour la diftinguer de celle qui porte 
le nom de Seile a l° Angloife. La peau exterieure écaillée, qu1 dépafïe debe- 
aucoub la Coquille dure proprement ainfi dite peut pañler pour la houle. 

Cette peau extérieure, qu’on trouve dépeinteici, confifte en écail- 
les fort femblables au Parchemin, difpofées en couches l’une fur l’autre 
& poufiées en partie l’une fous l’autre a la façon destuiles. Elles tien- 
nent ferme à la coquille, mais elles sé event & crèvent par l’ardeur du 
Soleil. On y remarque au bord des dens longues. Par fois cette croü- 
te extérieure eît blanche , ou verte comme l’herbe, ou aufli d’unrouge 
mélangé, décoré de flammes , mais elle eft aufli rude & fragile. 


Figure 


(a) en alle- 
mand Enten- 
Jchraebel. 

(b) Coquille 
bivalve,qu'on 
apelleen latin 
Solenes, en al- 
lemand, zwey- 
Jchaligte Robr- 
“Mujcheln. 

CC) Rae 
ewige Klaffer. 
(d) Texteal- 
lemand : emige 
daurende Gaf- 
fers. 


(*) enalle- 
mand Schis- 
cken- Mujchel , 
c'eft ce que 
Bertrand a- 
pelle Zambon- 
neau, enlatin 
Perna. 


48 EX + LI 


Figure 3. On voit ici la partie intérieure de la même coquille avec 
la peau qui la couvre. La Coquille proprement ainfi dite brille comme 
d’autres Nacres, mais quant à la couleur elle tire davantage fur le ver- 
dâtre. Le Lambeau qui fort de la peau extérieure femble étre enduit 
d'un vernis. 


Figure 4. Nous avons donné dans la prémière Partie PI. XVI. fig. 
1. & 2. PI. XXIIL fig. 3. & PI. XXIV. fig. 3. & 4. la Defcription de quel- 
ques Arches de Noë. Or il eft vrai qu’il y a de veritables Arches de Noé; & 
d’autres qu’on nomme Arches bâtardes , qui ont les unes & les autres une 
coquille épaifle, & apartiennent toutes a la Clafle des Peignes. Mais la 
préfente figure nous produit une efpèce particulière à coquille mince, que 
quelques Amateurs apellent l° Arche de Noe mince, & qu’on metaufliaurang 
des Peignes, d'autant plus qu’au dehors fes côtes font trés-fortes. Ce- 
pendant quoique cette Coquille ait beaucoup de refflémblance avec les 
arches, nous aimons mieux la regarder comme apartenant aux Becs du Ca- 
nard (a) qui font de la Claffe des Moules à tuyau à coquilles double, (b) & 
auxquels on donne'le nom de Bailleurs eternels (C) où de Moules toujours be- 
antes, (d) parceque les Coquilles ne peuvent jamais fe fermer. Comme 
elles vivent dans le fable à la façon des Pholades de la Clafle des Coufalmes 
marines, 1l arrive aufli qu’on leur donne le même nom. La Coquille en 
eft mince, la couleur gris de cendre, la mafle un peu transparente. Les 
Côtes hautes, dont cette Coquille eft pourvuë, font traveriées par des 
anneaux eélevez, & cela forme une efpécede griilage. Cette pièce aune 
forme toute particuliere pres-de la Charniere & pres-de l’embouchure, 
car à ces parties les babines fe replient tout-à-fait enarriére, & les co- 
quilles ne tiennent l’une à l’autre qu’au moyen d’un petit os long, fait 
en crochet, & d'une pellicule forte comme du parchemin. La Coquil- 
le nous vient des Indes occidentaies, & eftde !a plus grandeefpèce. Cel- 
les de la mème forte, que l’on trouve dans la Méditerranée, font beau- 
coup pius petites, 


“ 


PL AINCHE XXVL 


Ficure 1... On nomme l'original de la préfente figure la Moule en Fam- 
bon, (*) noire, dentelee, à epaule large. Sa Couleur eft noiratre, & la Co- 
quille épaiite & opaque, toute doublée au dedans d’un brillant de nacre, 
qui eft aufli noiratre, Au dehors fa ftruéture eft du tout femblable àcel- 
le de la Coquiile fuivante, que nous alions décrire. 

Figure 2. Ceci eft doncla Moule en Fambon où le Fambonneau rouge, den- 
tele ; a epaule large. Nous prions d’abord le Leéteur de fe rapeller ici la 
defcription que nous avons donnée de la premiere figure de la Planche 
XXII. La préfente Coquilie eft mince, transparente, & ne diffcre É 

celle 


XXVI* 


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ES + ZE 49 


celle de la Planche XXII, que nous venons d’alléguer, qu'en cecu'e'!'e 
a des dens, & qu’elle eît plus courte & plus large. Ces dens ce; en- 
dant ne font autre chofe que des Clous caves, qui naïfiert de la couuil- 
le dans une poiition oblique. On préfume que toutes les Coynilies en Jam- 
bon, quand elles font encore jeunes, ont de pareilles dens, mais qu'elles 
les perdent fucceflivement, à méfure qu’elles vieilliffent. Ce qui nous 
paroit pourtant douteux ; car ayant vü des Coquilles de cette efjece 
jeunes & petites encore, qui n’avoient point de ders, & d’autres vieil- 
les & grandes , qui en étoient pourvüës , nous fommes plütôt difpo- 
fez à croire qu’il en exifte réellement deux fortes differentes. 


Figure 3. Ila déjà ête dit que les Moules en plat, ou Patelles (a) (a) en aïle- 
fe fubdivifent en plufieurs fous-efpèces, voyez Part, L PI. XX. fig. 2. Mand Kipkle- 
PI. XXL fig. 1. & PI. XXX. fig. 2.& 2. La préfente figure nous en pro- AR En 
duitune de cette efpèce par fon côté intérieur, qu’on apeile le Cuillier. a es 
(b) La Coquille en eft trés-épaiffe, abfolument formée commeun Cuillier, miére Partie 
& cavée. La couieur au dehors en eft blanche, tirant fur le bleu, & Swcce- Rocher. 
le fond intérieur elt couvert d'un gros bourrelet , dont la Couleur eft CP) en alie- 

mand der Læfe 


bleu de Roi. fel. 


_ Figure 4. La figure nous préfente le côté intérieur d'une autre Pa- 
telle, qu’on a coùtume d’apeller le Bouclier. La Coquilie en eft aufi 
épaifle que le plus épais papier de Mufique , rougebrune de coueur, 
fort profonde ou cavée , & d’un blanc bleuitre vers le milieu, Au 
dehors la Coquille eft garnie de Sillons fins, & de cotes. Ici la couieur 
eft un gris-brun, 


PLANCHE XXWVII. 


Figure 1. Nous avons vû Part. 1. PI. VIIL fig. 6. & 7. & PI. XXL. 
fig. 4. & 5. quatre belles pieces de la Claffe des Strombes , où Cogriles à 
vis, Ou 4 aiguille. (c) Cette Claffe a un grand nombre d’elpeces & de (c) en alle- 
variations. Il eft à obferver que la ftruéture extérieure. les defleins mand Scirau- 
variez , & les couleurs diverfes, ne font pas les feules chofes remarqua- #e7-ou Nadel- 
bles relativement aux Coquilles & aux Efcargots. Leur Archite£ture 56#e6kes. 
intérieure, inçonuë encore a quantité d’ Amateurs, mérite aufli quelque 
attention. Pour s’en former une idée jufte , il faut fe refoudre àaoter 
a l’Efcargot, tel qu'il foit , une moitié en long , en l’émouiant avec 
précaution , pour ne pas l’endommager , fur une pierre fine : on peut 
fe fervir d’une fcie convenable pour faire la même opération fur les Co- 
quilles grandes & épaifles. Au moyen de cela l’on trouvera que tous 
G les 


(*) en latin. 
Nartilus. 
(##) en alle- 
mand Wirbel- 
Schneckene 


so RX + TX 
les efcargots d’une même Claffe ont toujours une Conftruétion pareille? 
quelle différence qu’on y rencontre d’ailleurs par raport à leur confor- 
mation exterieure, ou aux defleins divers dont les coquilles font mar- 
quées. lien eft de meme dans le Regne animal, où tous les individus: 
d’une même efpece font conftituez intérieurement l’un comme l’autre, 
quoiqu’ils different exterieurement fort les uns des autres par leur poil, 
par les plumes, & par d’autres parties. Il y a cependant quelque va- 
riation par raport à la couleur intérieure des efcargots, qui quoiquede 
la meme Clafie, font plus ou moins blancs, ou bleuatres , ou couleur 
e chair, ou rouges. Hl fuit donc pour une Colleétion, qu’on ait une 
feule piece de chaque Claffe, partagée ainfi par le milieu, & l’on peut 
prendre pour cet uiage ou un Efcargot de la moindre forte, ou quelque 
piece qui foit endommagée d’un côté , puisqu’ un feul individu fuffit 
pour qu’on puifle former un jugement fur tous les autres de la même 
Cialle. Cette Methode d’émouler les pièces a aufli fon utilité dans les 
cas douteux, c’ eft à-dire , quand il eft difficile de déterminer à quelle 
C afte principale tel ou tel individu apartient , ce qui devient facile à 
décider des qu’en l’ouvrant ainfi, on en a vü l’Architeéture intérieure, 
Concernant donc la Coquille dépeinte ici fous la prémiere figure, c’eft 
une Strombe ; ou Efcarvot a vis , Où en aiguille, coupé tout du long par le 
milieu, où l’on voit la marche de trus les Contours dans le plus belor- 
dre. Mais pour pouvoir juger net:ement de cette façon d’Architeétu: 
re, ilfera néceflaire de dire quelque chofe des diverfes Méthodes qu* 
employent les Efcargots pour conftruire l’intérieur de leurs habitations: 
Quelques uns r’ont en dedans point de Contours du tout, mais des 
Chambres, tels que le Nautile | ou le Voilier, (*) & quelques Cornes 
Ammon , d’autres comme les Cornets de pote, & les Efcargots formez en tour- 
nant (**) ont un conduit cave, qui s'eléve vers le haut en ligne fpira- 
le, ou d’autres encore n’ont qu’une paroi de féparation, comme les Zi- 
maçons a valvule & les Efcaïrgots formez en demi-Lune, Apres cela 1l y en a 
quantité, qui ont des Contours proprement ainfi dits, &itels font pres- 
que tousles autres Efcargots, qu’on divife encore en deux Clafles prin- 
ciiaies. Ceux de l’une ont au milieu un pivot fort, ou efpèce de Co- 
lonne, ceux de l’autre n’ont point ce pivot. Ceux, qui font pourvüs 
du pivot, varient encore entre eux à quelques égards. Le Pivot des 
uns eit uni & droit, à d’autres il eft tors & a un ou deux bourrelets, ou 
laccts, qui en font le tour ; il y en a encore une forte ou plufieurs Pi- 
vots Iéparez femblent s’etre piacez l’un fur l’autre, de façon que le pié 
pointu & mince du nouveau pivot fe trouve toüjours fur la tête large 
du pivot qui eft immédiatement au deflous, tout comme fi a chaque Con- 


tour une nouvelle articulation avoit lié l’un à l’autre, ou que l’un fut 
né de l'autre. - 
Les 


RK + SK st. 


Les autres, où il n’y a point de pivot, n’ont qu'un conduit de 
bas en haut en ligné fpirale , ou l’animal n’a d’autre apui que la co- 
quille même , & cette efpece fe fubdivife encore en deux fortes. A l' 
une le Conduit eft tellement fpacieux , qu’il prend aufli la place, où 
fe trouve le pivat dans les Efcargots de l’autre efpèce. A l’autre ce 
même Conduit eft étroit, & occupe à peine la moitié de la coquille, de 
forte qu’un pivot pourroit encore y trouver place ; d’où il refulte 
qu’en rompant la pointe de la coquille on peut en y portant l'oeil voir 
à travers tous les conduits & contours de l’Efcargot jusques à l'endroit 
où le pivot pourroit être, & y faire paller même une groffe épingle en 
guife de pivot , ce qu'on ne fçauroit faire à l’autre efpèce immédiate- 
ment précedente, quoiqu'’ elle foit aufli fans pivot. 


Cette explication rendra plus intelligible la defcription que nous 
allons donner de la préfente Figure. C’eft une Strombe où Efcargot à 
vis uen aiguille, fciée en deux en long, qui n’a point de pivot, ou de 
vis , (comme on l’apelle quand on parle d’un efcalier en caracol,) 
mais un Conduit qui s’ éleve en ligne fpirale , qui eft fpacieux au point 
qu’il occupe au milieu la place du pivot, ou de la vis. Les lignes 
qu’on voit en travers fur cette figure marquent le fond de chaque 
Contour tel qu'on le voit au dehors de la Coquille. La largeur du 
conduit diminue fucceflivement d’un Contour à l’autre, & s’ appetifle 
au point de devenir à la fin imperceptible. La Couleur eft un bleu 
blanchätre , & les parois intérieures de la Coquille font par tout plus 
unies, & beaucoup plus brillantes que la plus belle Porcelaine. Une 
Colleétion de pareilles moitiez de Coquilles émouluës avec foin , & ti- 
rée de toutes les Clafes , eft un fpeétacle magnifique à voir. 


Figure2. Nousavons vü deux efpèces de Coqguilles Sabotes où Buccins, en 
décrivant les figures 2.3. 4. & 5. de la Planche XVI. de cette feconde 
partie. Cette Claffe eft trés-nombreufe, ce qui fait qu’on y trouve di- 
verfes pièces d’une Architefture tout-a-fait particuliére. C’eft dequoi 
la préfente figure , & celle qui fuit, fournifient un exemple. Ceci eft 
le Sabot grenu , qui porte ce nom parceque fes Contours font chargez 
d’un nombre de gros Grains placez en rangées. L’Embouchure eft un. 
peu dentelée, & la Coquille eft forte & épaitte. 


Figure 3. Cecieft le Sabot grillé, denormination, qui lui vient de 
‘a quantité de rayes élerées, qui courent fur les Contours, & qui font 
-toutes traverfées du haut en bas par d’autres rayes, ce qui forme à 
tous.égards .un grillage. La Couleur en eft pareïlle à celle de la Cen- 


G 2 dre 


52 BY + LS 


dre du Tabac à fumer, qu'on nomme Canaîftre. L’écaille eft épaiffe 
& n’a aucun brillant. 


Figure 4. On met au rang des Efcargots à aiguillons | où aïlez, (a) 
(a) enalle- qu’on nomme Griffes du Diable, Harpons de Nacelle, & Scorpions ; dont il a 
mand Sahel été queftion Part. I. PL. XX VI fig. 1. item PL XXVIIL fig. 1. & Part. 
HE HE. PI. LL. fig. 1. encore une efpece non dentée, qu’on apelle Moignons, 
parceque ces coquilles font obtufes & fans dens, & qu'on regarde com- 
me une efpéce imparfaite des Efcaruots à aivuillons cy-deffus mentionnez. 
Tel eft celui qui fe préfente ici. Cependant la Conftruétion de cette 
Coquille a plus de conformité avec celle des Limaçons qu’on nomme 
Efcargots charnus | où Culotes de Suife; ou avec l’efpèce dont on verra une 
piece fciée fur la Planche fuivante XXIX. fig. 1. &de là on peut conjeétu- 
rer qu’elle en eft une fous-efpéce fans aiguillons. Cette Coquille eft 
mince , & les Contours avancent tout comme aux Efcargots ailez & à ai- 
guillons : au refte elle eft flammée de brun tout du long, garnie en tra- 
vers de quelques bandes brunes uniquement compofées de lignes bru- 
nes obifcures, au refte unie , fans ride ni boffe, & jaunâtre au dedans. 


Figure 5. Nous avons vü & décrit tant de Porcelaines, que nous 
pouvons nous difpenfer de nous arrêter long-tems à celle-ci. 
Elle a, quant à l’épaifleur , & à la Couleur beaucoup de reflemblance 
Latine avec la Porcelaine, Squelette de Tortue, (b) que nous avons vüë cy-deflus 
Conchatefludi- Part I. PI. XL. fig. 1. & 2. & elle n’en diffère que par des taches blan- 
maria en alle- ches éparfes fur fa fuperficie fur un fond brun , lesquelles y font le mé- 
mand Schild- | 1 ne y : 
Kroeten. Por. Me Effet que fi l’on avoit laé tomber des gouttes d’eau. fur un fond 
cellate: peint en brun, dont la couleur n’auroit pas encore été féche, & que 
ces gouttes auroient un peu effacée. De la vient que quelques Col- 
leéteurs apellent cette Coquilleles Gouttes d'eau & d’autres la Porcelaine de la 
çcyainfinom- Petite verole, (C) Au refte la Coquille eft fort épaifle, plate & large 
mée à caufe pres de l'embouchure, & prefque noire , ou tout au moins d’un brun 
quefestaches tres-fonce. 
reflemulent 
aux grains de 
la petite vero- 


jeenallemand PLANCHE XXVIIL 


Pockes - Mu- : 
“be! où Blar- 5 É. wi-e - ; | 
ue Figure 1. On voiticiun Limaçon trés-beau & peu commun qu’ on 


apelle le Sabot nomeux, & qui porte particuliérement le nom d’Hettor. 
Quant à la ftruéture c’eft un Sabot parfait, Les Contours font garnis 
d’une grande quantité de nœuds difpofez en ranrées réguicres.  Cha- 
que Contour en a deux, dontles nœuds font fort gros. Les autres ran- 

ges 


XX VIEIL” 


: 7 
Pig. 1.3.4. Ca € Museo ofk PA ue 20. 
Pig. 2. x LMuseo 2 Hobleia 120. 


Nr 54 5 > : ns 
ACTE ler ad aa. piraté 2 LA rautrer. fcudps 2 


Q Hitler: 10. 


a) 
EC 


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Ci & SL 


D, Traritiier 


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7 


rl Prix. 
LA 


4 


LA7 


CL. Areller 


q 


EX + LL 53 


gées placées entre deux n’ont que de petits nœuds, ou boffêttes. L’ 
embouchure eft frifée & bordée de pareïis petits nœuds, en guife de pe- 
tites dens. La Couleur eft jaune , tirant fur le brun, & les nœuds font 
blanchâtres. On aperçoit à chaque Contour ies reftes de l’ancienne em- 
bouchure , qu’ avoit la Coquille avant fon agrandiffement , puisqu’ on 
y voit le bord frifé fous lequel le Limaçon a continué la Conftruétion de 
ion habitation. 


Figure 2. L’on met au rang des Cames Où Moules beantes les Cogrilles 
de Venus. Nous en avons vu une veritable à aiguillons de cette forte Part. 
T2PI TV fig. 3: & 4. La Coquille de Venus dépeinte dans la préfente figure, 
qui n°eft pas des moins rares, & qu’on apelle la Vieille ridée apartient à 
la même efpèce. Elle a une conformation parfaitement femblable à 
celle de la Moule de Venus. Ce qui l’en diftingue c’eit qu’à celle-ci les ri- 
des font larges, la Coquille épaifle, & qu’on n’y trouve point de con- 
tinuations de rides , ou d’aiguillons. À l'égard du refte on y remar- 
que des flammes colorées ,; & que les rides unies ont du brillant, 


Figure 3. La préfente Moule de Venus commune, ou ordinaire, eft 
à peu prés pareille à la précédente. Elle en differe feulement en ce 
qu’à la place des rides larges qu’on voit à l’autre , il y a ici des an- 
neaux aigus, élevez,trés-minces, entrelesquels on remarque, comme 
aux autres Cames rayées, une coquille marquée de plufeurs lignes & 
décorée par fois de quelques taches, ou defléins d’un bleu un peu ef- 
facé. 


Figure 4. & 5. font de la Claffe des Cames. On les apelle les Co- 
quilles a Lettres, (*) qui ont quelque raport avec les Moules de XuLa. 
La figure 4. eft un peu oblongue & la figure 5. plus ronde. Elles font 
fouvent marquées de la Lettre #, mais quelques fois on n’y voit que 
des taches brunes, qui font comme un peu effacées. Les Coquilles 
font un peu plus épaifles, que celles dont nous avons déjà donné la de- 
{cription cy - deffus Part. 1. PI. VI fig. 4. & fufceptibies d’un poliment 
incomparable. 


C2 


PLANCHE XXIX. 


Figure 1. Nous avons vù fur la Planche précèdente XXVIL fig r. 
une Strombe, où Coquille a Aiguille coupée par le milieu & nous avons don- 
né au lieu cité une defcription plus détailiée de lArchiteéture intéri- 

G eure 


(*) en allem. 
Buchffaben. 
Mufchen. 


s4 EX +  2S. 


eure de cette efpèce. Icinous voyons un Efcargot charau ; où Culotte de 
Suiffe dentee, coupée de même par le milieu afin qu'on en puifle aufli 
voir la Conftruétion intérieure. Selon ce que nous avons dit fur la 
précédente il eft aifé de juger que ce Limaçon-ci aun pivot au milieu , 
divifé en differentes parties de façon que la pointe baffle du pivot fupé- 
rieur s’emboëte toujours fur la tête large du pivot inférieur. La Co- 
quille au dedans eft couleur de chair & trés-brillante. 


Figure 2. Jusques ici nous n'avons pü, à l'égard des Coguillesen peione, 
ou Peëlinites parler presque que de celles dont les rayons font larges, 
& les coquilles plates , qu’on dénote aufli parle nom de Manteaux a 


* plujieurs couleurs; mais on en trouve aufli dont les rayons font étroits, & 


(a) en latin 
Peélunculi. 
(b) enalle- 
rmand dieveif- 
le Erdbeere, en 
Jatin Frazum 
aibum. 


(c) en alle- 
mand die rothe 
E:dbeere, en 
‘latin Fragurs 
rubrum. 


(4) en alle- 
and das biu- 
ge} enusHerz. 


qui font ventruës. On les apelle ordinairement Petoncles ; où Peton- 
cules. (a) Hs ont une Coquille plus épailie. On en voit quatre fortes 
fur la préfente Planche. Cellequenotre figure dépeinteft la fraife blanche 
(b) La Coquille en eft blanche comme neige, auili bien que les cotes 
{ur lesquelles on voit s'élever quelques bourgeons rougeatres, qui in- 
diquent la raifon de la denomination. A l’un des côtez où les coquil- 
les avancent un peu, il y a une coupüre reétiligne. De l’autre coté 
les Coquilles fe terminent en arc rond. Elles ont au bord de longues 
dens avancées & des entaillures , qui s’ajuftent les unes dans les autres 
avec beaucoup d’exaétitude & d’élegance. 


Figure 3. eft une Peétinite femblable , mais plus ronde , dont la 
Coquille, rougeitre de couleur, & les côtes, font garnies de bourgeons 
blancs, ce qui la fait apeller la Fraife rouge. (c) 


Figure :. Cette Peétinite eft parfaitement à cotez egaux. Les Co- 
quilles en font blanches , également ventruës, marquées d’anneaux 
bruns entravers, & garnies de cotes aflez fortes, Ces cotes dépañlent 
ur peu le bord des coquilles, & s’ajuftent alternativement l’une dans 
l’autre avec beaucoup de netteté, quand on veut queles coquilles foient 


jointes. 


Figure s. Voici une Peéftinite trés -belle à côtes , qui apartient 
à celles qui font formées en cœur ,; car elle eft abfolument 
coupee d’un coté ,; -& a de ce coté là formé en cœur un bord 
élevé. La Coquillé en eft épaitle, les cotes un peu larges, fortes, & 
unies. La Couleur eft un peu jaunatre , & décorée en travers deflam- 
mes rouges fur les cotes. Son Nom elt le Coeur de Venus faigaant. (4) 


P LAN- 


Cr Clluseo halle . 


LR + 22 


PLANCHE XXXx.: 


Figure r. En décrivant dans la préfente Partie IN PI. IV. fig r. 
une Couronre d Ethiopie (a) nous avons eùû occafion de dire quelque chofe 


des Coguilles en baquet, où Gondoles. (b) Nous n’avons qu’à y renvoyer le 


Leéteur pour qu'il puifle fe former aifément une idéé de la préiente 
Gondole. Celle-ci eft précifément faite comme l’autre excepté qu’elle 
n’a point de couronne ni de bourgeon au milieu: Carelle eft naturelle: 
ment-aufli plate que fi l’on en avoit Ôté une partie expres. Onla nom: 
me par cette raïon le groin de Cochon. (c) Sa Coquiile n”’eft pas aütre: 
ment trop épaitle, d’un brun tirant fur le jaune en dedans comme en 
déhors , & parvient a une grandeur confidérable, mais on ne la trou- 
ve pas fouvent. 


Figure 2.3. Ces figures nous repréfentent une efpèce de Limaçons 
nageans, qui ont la ftruéture des Huiliers, ou Cruches à huile | que cependant 
les Auteurs regardent comme une fous-efpece du Nautile | & auxquels 
on donne réellement le nom de Mautile bleu. Mais leur véritable nom eft 
Carina Holothuriorum, (d ) ou la Caïeue des bolothures | (e) parceque |’ 
habitant de cette coquille eft en effet une holothure, c’eft à dire un ver- 
mifleau visqueux, qui fe tient droit & élevé comme une Pyramide , & 
nage dans fa coquille comme dans-une nacelle , de maniere que l’embou- 

_chure de la coquille eft toujours en haut. Ce Vermifleau, ou ce Li- 
maçon, comme on voudra, eft, tant qu’il vit transparent comme un 
Criftal, & a un brillant bleu qui eft fuperbe à voir. La Coquille en 
eft trés-mince, les Contours d'un bleu blanchatre, mais en bas à l’em- 
bouchure on obferve une couleur violette incomparable, dont le luftre 
eft pareil à celui du velours. L'intérieur de la coquille eft blanc com- 
me neige. | 


Figure 4. & 5. Nous allons conclure cette partie par une 
efpèce toute particulière de moules , qui font compofées de cinq co- 
quiiles. On donne à cette Moule le nom de Conque anatifere (f) qu’il ne 
faut cependant pas confondre avec une autre Moule bivalve qu’on apel- 
le de même. Pour diftinguer celle de nôtre figure, on la nomme le 
Limaçon à cou long. (g) Cette denomination vient de ce qu’on préten- 
doit jadis que de cet Infeéte fe formoïent les Oies d'Ecofle , tradition 
aufli fabuleufe que ridicule. Cette Moule eft compofée d’abord de 
deux coquilles couchées l’une vis-à-vis de l’autre, à laquelle fe joignent 
deux coquilles en cone , lesquelles font ferrées prés-de l embouchure 
par une feule coquille étroite oblongue formée en canal, Ces coquilles 

ne 


S5: 


(a) en alle- 
mand Zitzen- 
back. 

(b) en latin 
Cyril iuin , en 
almand Bac- 
ken Shnecken. 
(cc) germa- 
nice Schveins- 
Raffei. 


(d) en hol- 
landois Oual- 
le- Bootgen 

en alle-mand 
das Boot der 


del’efpèce des 
Molujques. 


(f) en alle- 
mand Enten- 
AMujchel. 
(g)germanice 
Lang - Has. 


sé EX + EX 


ne font point épaifles, leur couleur eft bleuître , & elles peuvent s’ou- 
vrir. Quandcela leurarrive, l'animal produit une barbe plumeufe, dont 
ii fe fert pour tirer à foi fa nourriture, & c'eft à ces piumes-là qu'il 
faut attribuer l’origine de la fable des oïes. On voit fortir de la partie 
fuperieure de la coquille un long nerf coriace , ou presque de la natu- 
re du cuir, qui reffemble aflez à un pédicu'e, & c’ eft au moyen de ce 
nerf que cette efpèce de moules s’attache en quantité aux pilotis, & 
au fond des vaifleaux, On les met au refte au rang des Moules multi- 
valves, dont nous en avons déjà décrit une dans cette feconde Partie, 


PI. IL fig. 6. fous le nom de Tulipe marine, qui eft le Gland de Mer, en la- 
tin Balanus. 


FIN. 


de la Seconde Partie. 


PL Pier inr'et-delin . 


Puf Phil. Frautner feat.1 708. 
€ * … 


men 


VTT . Ti has 
k 


.S.N. M. 
Lea Coijection. 


VUS ICL! 


a 


LES DELICES 
DES YEUX ET DE L'ESPRIT, 
OÙ 


COLLECTION GENERALE 


DES 
DIFFERENTES ESPECES 


COQUILLAGES 


QUE LA MER RENFERME, 


COMMUNIQUEE 


AU PUBLIC 


PAR 
LES HERITIERS 
GEORGE WOLFGANG KNORKK. 
A 
NUREMBERG 


III, PARTIE. 


176$. 


- 


4 À vs HQE ser as > Le Ke € 
CORSLRERE SAT Liu 2 


AVANT PROPOS 
POUR CETTE TROISIEME PARTIE. 


Ha fait d'Hiftoire naturelle l’heureux Succès des Ouvrages 
qu'on entreprend dans cette Carrière dépend abfolument des 
Secours & des encouragemens que l’on peut fe promettre de 
ceux qui aiment ce genre d'étude, & qui font portez a favori- 
fer les Recherches relatives aux beautez que la Nature renferme 
dans fon Sein. Nous avons été trés-heureux à cet égard, & 
nous reconoiflons dans le Sentiment de la plus vive gratitude 
la bonté avec laquelle quelques Amis ont fecondé nôtre entre- 
prife en l'étayant de tous les fecours poflibles. Cela nous a mis 
en état non feulement de finir il y a long-tems la feconde Par 
tie de ce Traité fur les Limacons & les Moules, mais encore d’en 
fournir à préfent une froifième. Quelques uns de nos Amis, en 
nous exhortant à continuer cet Ouvrage, nous ont flaté de l’idée 
_au'létoit sénèralement défiré. D’autres fe font offerts à nous 
communiquer les meilleures pièces de leurs Colleétions, quand 
elles nous manqueroient, pour les faire defliner , afin qu'on trou- 
vat dans la nôtre tous les Genres, toutesles Efpèces principales, 
Sousefpèces, & Variations, & que le préfent Ouvrage méritat à 
d'autant plus jufte titre d'etre confidéré comme une Colleétion 
uni- 


univerfelle de Limaçons & de Moules. Nous n'avons pü refifter 
à tant d’encouragemens flateurs, & nous n'avons crü pouvoir 
mieux marquer nôtre reconoifance à nos Amis, qu'en déferant 
à leurs confeils, & en complétant l'Ouvrage commencé. 


Nous obferverons dans cette Partie la même Varieté, qui 
dans les précèdentes paroit avoir mérité l'aprobation des Ama- 
teurs, & ne donnerons que des deiieins pris fur les originaux, 
parcequ'on peut rarement compter fur l'exactitude des copies. 
Nous aurons aufMfi l'attention de continuer la Table Siftémati- 
que des matières deja faite pour les deux Parties précédentes, 
& nous y joindrons encore deux autres Fables, qui mettent le 
Lecteur à même de fe pañer d’autres Auteurs. L'une fera des- 
tinée à une Spècification de toutes les figures de Limacons & 
de Moules felon le Siftème du celebre Chevalier Linneus, & Tau- 
tre renfermera tous les noms dans l'ordre alfabérique, afin 
qu'on puiflle, a tout moment trouver chaque dénomination, 
telle que l'ont donnée les meilleurs Auteurs à chaque piece, & 
s'en rendre ainfi la conoiflance familière, 


Selon cette Méthode cet Ouvrage fera un Guide génèral pour 
tout ce qui eft relatif a la Coucbiliologie, & nous croyons reparer & 
fupléer par la parfaitement & trés -utilementa ce qu'on pourroit 
peut - être nous reprocher fur la brièveté de nos Defcriptions. 


Muremberg, le 29. Avril, 1768. 
Les Heritiers de 


George Wolfoang Knorr, 


Editeurs, 


EL 
D 
. 
« 
- 
N 
- 


PITT: 


Érlaseo hab dovelane & Preyni 
Te MUSeO oJchaceloockiano & Drepnia PL 


I. C'Seller ad nat. pin. G.PIrautirer fulps 


DES LIMACONS ET DES MOULES. 


TROISIEME PARTIE, 
PLANCHE. I ++ 


F1c. 1. 


n Ami refpeétable, qui veut bien favorifer nôtre Ouvrage, a eu 
la bonté de nous communiquer quelques deffeins originaux de 
Limaçons & de Moules qu’on a trouvez à Damig dans le Cabinet 

de feu Monfr, le Doéteur BrEyN. Nous mettons ces pièces à la 

tête de cette troifième Partie, non feulement pour témoigner nôtre reco- 
noiffance à l'Ami, duquel nous les tenons, maïs aufli pour rendre hom- 
mage à la memoire d’un auffi grand Naturalifte, que l'étoit Mr. BREYN, & 
contribuer, autant qu’en nous eft, à la gloire qu'il a aquife à fi jufte titre. 
Dailleurs ces pièces méritent par elles-mêmes d’être placées au prémier 


rang. 


Cette Figure reprefente un Limaçon en Core, Cornet, ou Cylindre, La 
gauté de cette pièce l’a faite mettre par tous les Curieux au rang des 4mi- 
raux, L'on a déjà vû dans les deux Parties précèdentes, ce que c’eft que 
les Amiraux & les façons d’ Amiral, & comme nous avons donné dans la fe- 
conde Partie fes figures des Limaçons de même Genre, nous nous difpenferons 
d’en repeter ici les Defcriptions. Tous nos Leéteurs ont entre les mains 
À 3 la 


6 Vs Æ JE 


ja Table des matières fur les deux prémières Parties, à laquelle îls peuvent 
recourir, pour favoir quels font jes Limaçons de genre & efpèce femblable, 
qui ont déjà été décrits. Nous donnons cet avis une fois pour toutes, ce 
qui peut fufire aux Curieux, jusques à ce que les trois Tables complettes 
faflent la clôture de tout l'Ouvrage, En nous épargnant par cette voie la 


peine d’allècuer les Defcriptions précèdentes, nous évitons l'inconvénient de 
groffir l'Ouvrage fans néceflité. 


Pour revenir à nôtre préfente Figure, on nomme cette Coquille le 

CORNET DE GUINEE, vraifemblablement parce qu'on la trouve aux Côtes de 

Guinée en Afrique, ou en Afie à la Nouvelle Guinée, d'où on la transporte en 

Europe. Au moins eft.ce fa plus ancienne dénomination , adoptée encore 
aujourdhui par le plus grand nombre. Mais comme dans la Conchiliologie 

(:) GE R- l'imagination fe donne toûjours carrière, des Auteurs françois (a) ont donné 


ce auffi un autre nom à cette Coquille, & l’apellent l'Aile de Papillon, (b) peut- 
re à être à caufe de la beauté des deflèins dont elle eft marquée, 

(b) en al- 

lemand : Quant à fa Struéture, cette Coquille à proportion de fa longueur, a en 
Schmetter- 


lings-Flügel , haut plus de largeur qu'aucun des autres Amiraux. Ses Contours font avan- 

R cez, la pointe émouflée, & la Coquille raifonnablement épaife. La longueur 

gel. des plus grandes pañle fouvent deux, & même trois pouces. Elles varient 
beaucoup à l'égard des couleurs, tant par raport au fonds qu'à l’égard des 
defeins qui diftinguent les bandes, Ce en quoi elles fe reflemblent, c’eft 
qu’elles font toutes garnies de beaucoup de bandes, & que ces bandes al. 
ternent entre elles, c'eft-a-dire, que la plus large eft toûjours fuivie d’une 
plus étroite, & que chaque bande eft marquée de taches quarrées exprimées 
trés-nettement. Le fonds de celle- ci eft incarnat, ou couleur de chair, les 
bandes blanches, & les taches d’un rougeitre qui tire fur le brun. A d’au- 
tres le fonds eft pourpre, les bandes blanches & les taches noirâtres. Il y 
en a aufli, dont le fond eft couleur de plomb, les bandes blanches, & les 
taches violettes. Et encore d'autres dont le fond eft blanchâtre, les ban. 
des jaunâtres, & les taches d'un brun foncé, ou noires, 


Fig. 2.3. Les Cornets d'Olive à bandes, & le Cornet de filet d'Arracan, ont 
tant de Sous-espèces, qu'on a befoin de toute fon attention pour n'y pas éta- 


blir 


SL + JE 7 


blir mal-à- propos des genres particuliers, parceque des defins, où un coloris 
plus ou moins Giftinétement exprimez occafonnent quelquefois une autre 
dénomination toute diférente. (Hy a des Curieux , & même des Auteurs, 
qui donnent à cette Coquille le nom de Cornet de bois de chêne, aufüi bien 
qu’au véritable Cornet de bois de chéne, que nous verrons plus bas {ur une 
autre Planche.) Les deux figures qu'on voit ici en fournifient un exemple 
parlant. Ce font deux Cornets ou Cylindres de meme genre &à de meme 
efpèce, mais dont les couleurs font diverfes. L'un & l’autre apartiennent 
aux Cornets d'olive à bandes, & ne diférent du Cornet de filet d'Arracan, qu'en 
ce que l’on n’y remarque point ces lignes couibes fines, qui defcendent aux 
autres en figure oblongue & repréfentent le filet d'Arracan. On les nomme 
fimplement les corNETS JAUNES. Quelques Curieux cependant les mettent 
auffi au nombre des Gateaux au Beurre à caufe de leur couleur jaune. Il y a 
plufieurs obfervations à faire à ce fuièt: D'abord il eft de fait que la nature 
n'exprime pas toûjours les couleurs également fur chaque coquille. Quel- 
quefois l'Art s’en méle. Des Pofefleurs, qui font bien aifes de polir leurs 
coquilles, & de les rendre unies, en ôtant trop de la fuperficie, en effacent 
les couleurs. Il n’y refte alors que le fimple fond blanc, & de là vient 
qu’on voit quelque fois la même coquille dans un cabinet fous deux figures 
& dénominations diverfes. Dans le Cabinet de Monfr. &ReyN, la prémiére 
des deux dont il s'agit ici étoit appellée olute longue de couleur blanchätre, 
à taches d'un jaune de Safran €& à pointe fauve (c). On y tenoit l’autre pour 
une grande Volute d'olive à bandes de ruMmpPH. Ce ne font cependant au fonds 
que des Variations de la nature, dont on ne doit pas faire des Genres parti- 
culiers. Car lorsqu’en les poliffant on en ménage la fuperficie, enforte que 
la peau y foit confervée , alors elles paroïffent comme ici la figure 3. Quand 
on en ote davantage, il arrive trés-fouvent que la Coquille fe trouve être 
le Cornet de filet d'Arracan, tel qu'on le voit à la figure 4. Planche XV. de la 
prémière Partie, Si l’on pouffe la Politure encore plus avant, & qu'on ôte 
plus de la fuperficie dans un endroit que dans l’autre, il en refulte une pièce 
femblable alors à nôtre figure 2. 11 eft vrai que fouvent Ja nature elle mé- 
me produit ces trois fortes de variations, mais il n'en eft pas moins certain 
auf que bien des Curieux, à force de polir & de dépouiller leurs pièces, 

leur 


(c) en latis 
Voluta low= 
a , coloris 
altidi, mae 
culis luteis 
miucrone fuf, 
ço. 


8 % + 


leur donnent encore beaucoup plus de formes diférentes, & augmentent 
par là le nombre des efpèces de Limaçon, en faifant violence aux Loix de 
Ja nature, en quoi ils n'ont d'autre but que celui de donnner à leurs cabinets 
un dégré de confidération de plus. Il ya même des Colleéteurs, qui, quand 
ils voyent quelque efpèce nouvelle de cette catégorie, font aflez dupes pour 
l'acheter fort cher, s'imaginant d'avoir fait une trouvaille trés-rare. Il eft 
bon de remarquer à cet égard que les taches des Coquilles, qui au dedans 
ne forment qu'un point fubtil, vont toûjours en s’élargiflant, à méfure qu’el- 
les s'avancent vers la fuperficie. Aïnfi plus la tache aproche de la fuperficie, 
plus elle eft grande, ce qui rend la dernière peau extèrieure de la Coquille 
tellement chargée de couleurs, que quand on n’en dépouille que les dehors 
elle paroit déjà toute autre, changement, qui devient toûjours plus fenfible 
à mefure qu'on va plus avant, de forte qu’à la fin la Coquille paroiït toute 
blanche comme neige, ce qui, par raport à des coquilles, qui fe reflem. 
blent aflez par la Struëture & conformation , fait que fouvent toute diféren- 
ce difparoïit, même entre celles qui font originairement d’efpèce diverfe. Si; 
l'on nous demande pourquoi l’on donne auffi à ces Coquilles le nom de Gr- 
nets de bois de chène, nous n'en pouvons donner d'autre raïfon, fi ce n’eft 
qu’elles ont à peu près la même couleur qu’on remarque au bois de chêne, 
quand il a été bien frotté & imbibé d’huile. Au refte ces Coquilles font af. 
fez épaiñles, & l’on en trouve quelquefois qui font du double plus longues. 


Fig. 4. Le Genre des Nerites ou des Limaçons nageans, dont l'em. 
bouchure eft quelque fois abfolument ronde, & quelquefois formée en De- 
mi-Lune, peut être divifé en Coguilles Lunaires, dont l'embouchure eft toute 
ronde, & en Limaçons à Battant, dont l'embouchure eft faite én Demi-Lune, 
Ces derniers font ou unis, ou à côtes & ftriez. Les unis font ou d'une feu- 
le & même couleur, ou à bandes. On doit mettre dans ce dernier rang la 
Coquille , que cette figure dépeint, & qui eft le Zimaçon blanc a Battant à 


trois bandes rouges marbrées un peu tiré en rbombe. Les Hollandois l'apellent 
Poelerontjes. 


Fig. $. On place dans l’autre Clafle des Limagçons à battant, c'eft à 
dire desftriez, celui qu'on voitici. Cette coquille eft épaifle, & a de pro- 


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fondes cannelures, Les cotes en font noires comme charbon tachetées d'un 
beau blanc. Les taches font un peu entaillées. 


PLANCHE, Il" 


Fig. 1. Nous avons dejà préfenté à nos LeËteurs dans cet Ouvrage, en par- 
lant du Genre des casques, le Casque rouge, le Fourneau ardent, le Casque à 
bofféttes, & le Casque à profonds Sillons. 11 y en a encore plufieurs de cette 
efpèce, qui méritent d’être produits dans cette Partie. La préfente figure 
nous en montre un tout diférent de ceux dont nous venons de parler. Les 
Hollandois l'apellent Gebraide Kasket, c'eft-à-dire, le cAsQUE TricoTe. C'eft 
unCasque, qui apartient à l'efpèce principale des Cfides, puisqu'il eft de 
même Struéture. Et on l'apelle tricoré, parceque la fuperficie entre les ban- 
des femble être comme percée à jour, & couverte d'une infinité de foflettes, 
comme on en voit aux tricotages, particulièrement quand ils font travaillez en 
rêts & en petits Quarrez. Le premier Contour à l'extrèmité la plus large & la plus 
épaiffe eft garni de Crocs forts, élevez, & qui avancent beaucoup. Ceux 
des Contours fuivans s’appetifient proportionellement. Le dos de la Co- 
quille eft décoré de trois bandes aflez élevées à flammes, de couleur blanche 
& brune, entre lesquelles on aperçoit le Grillage, qui paroit tricoté. La 
coquille -même eft épaifle, & péfante; elle a une Levre ou babine fort re- 
tournée, & atteint jusques à la grandeur d’un pied. L'’Embouchure en eft 
faite comme au Casque rouge, mais la couleur en eft beaucoup plus pâle, 
& quelquefois jaunâtre. 11 eft à remarquer que ce qui femble être la partie 
poftérieure, ou la queuë de la coquille, doit étre eonfidéré ici, (comme à 
tous les Limaçons) comme étant la tête de l'animal, parceque c’eft par cette 
Queuë, un peu retournée en haut & béante de la coquille, qu'il alonge au 
dehors les membres ou organes que Ja nature lui a donné pour prendre fa 
nourriture. 


Fig. 2. Nous avons vû dans les Parties précèdentes plufieurs efpèces 
de ces Coquilles, qu'on nomme PoRCELAINES, & nous avons décrit leur 
Struéture, Nous ajouterons feulement ici que Te de nôtre figure s'apelle 
la Porcelaine d’agate ourlée, à nuages 85 dos violet. L'on remarque en bas tout 

B autour 


Le) So + JE 


autour un bourrelet épais & élevé de couleur jaunâtre, chargé de grandes 
taches noires; le dos eft à flammes, blanchâtre tirant fur lebrun, violet, bleu 
& rougeitre, mélange de couleurs qui fait un trés-bel effèr, Le fond uni 
de l'embouchure eft de couleur Isabelle, 


Fig. 3. Les RoULrAUx ou Limaçons en datte, dont nous avons aufi déjà 
donné quelques Defcriptions, varient relativement aux defiéins aufli bien 
que d’autres coquilles, & par cette raifon il eft presque impoflible que les 
Auteurs divers foient d'accord pour les dénominations & pour les figures, 
Ce Rouleau- ci eft une Variation du Cylindre de Poiphyre & de la Datte d’aga- 
te bigarrée de RUMPH. On y remarque des taches d’un jaune & brun mat, 
avec deux bandes brunettes. L'’embouchure de ce Rouleau eit jaunatre. 
Mais on en a auffi de la méme efpèce, dont l'embouchure eft blanche, cou- 
leur de pourpre, ou bleu de Roi, & violette, 


Fig. 4. Nous joindrons à la même Claffe la préfente BATTE D'AGATE 
BIGARREE, que quelques uns apellent l'OLIVE MARBREE. Cette efpéce 
varie auffi relativement à la couleur de l'embouchure. Quelques unes font 
blanches en dedans, d’autres tirent fur la couleur de chair, ou fur le jaune 
de citron; mais toutes ont en dedans le plus beau brillant, fembiable à ce- 
lui de l'Agate , du Porphyre, ou du marbre, quand il eft bien poli, ce qui 
eft fans doute l'origine de fes dénominations. 


Fig. $. Le Le£teur fe fouviendra d'avoir vû dans la Table des matiè. 
res de la prémiere & feconde Parties fous l’efpèce principale des BuccINS 
le quatrième Genre qui eft-celui des Harpes. Voici un Limaçon de la même 
catégorie, vû fa Struéture & trés-large embouchure. On le nomme le 11. 
MACON DE RUDOLPHUS, Où la CORNE DE RODOLPHE, OU aufli Ja 
GRANDE-GUEULE. Les Contours n’avancent gueres, & font d'un brun 
foncé, tachetez de blanc. Le prémier Contour qui compofe presque la Co 
quille entière, eft d'un brun clair, & finement canelé. Au deflus on aper- 
çoit à diftance ègale diverfes bandes ëtroites blanches comme neige, fur 
lesquelles paroïffent plufieurs taches d’un brun foncé, ou noires, de figure 
quarrée objongue. L'embouchure eft ample & un peu tirée en rhombe, 
Quant à la couleur du dedans c’eft un blanc qui tire fur le jaunätre. 


PLAN- 


1. 


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: PLANCHE. I.* 


Fig. 1. Ce BUCCIN MINCE A ONDES LARGES eft le plus ventru de 
tous, Le premier Contour a une belle vouflure. Le fond en eft blanc, & 
comme couvert d'une eau couleur de fleur de pomme, für laquelle defcen- 
dent de larges ondes d'un brun de chataigne, Les Contours fupèrieurs font 
d'un beau rouge. La Coquille en eft mince, transparente, & blanchitre en 
dedans. On peut apercevoir à travers les ondes brunes. On en a qui font 
grandes d'un demi-pied, mais il s'en trouve auffi une petite efpèce, qui 
n’a pas plus d’un pouce ou deux. 


Fig. 2. Ceci eft un Cylindre ou Cornet, connu dans le Cabinet de Mr. 
BREYN fous le nom de Loup cERVIER (a). C’eft proprement le TIGRE (a) en alle- 
BLANC, le LEOPARD, Où le CORNET DE MUSIQUE, & apartient à el 
l'efpèce des Cornets d'A. B, C. façon de Gateau au Beurre. La Coquille eft Schnecke, 
épaiffe, décorée tout autour de taches d’un brun-clair fur un fond tantôt blanc, 
tantôt Ifabelle; quelquefois ces taches font rouges, ou d’un brun-foncé.Elles {ont 
comme tirées à la ligne en rangées régulières. Cette efpèce a tant de Varia. 
tions relativement à fes lignes garnies de points, que c’eft une fatigue de les 
examiner, ce qui eft caufe qu'on donne à ce même Limaçon différens noms, 
felon les couleurs & les defleins, qui le diftinguent. Ainfi on l’apeile tantôt 
Livret d’A. B. C., Damier, Limaçon- Leopard, Coquille notée, Tigre, Gateau au 
beurre, quoiqu'il difère réellement d'une autre efpèce, dont nous avons don- 
né la figure dans la prémière Partie, PL. XVI. fig. 3. à laquelle on a affetté 
à-peu-près les mêmes noms. 


Fig. 3. On doit ranger les NassAU parmi les Coquilles en Lune, qu'on 
appelle auf Huiliers, où Alykruiken. Ceci en eft un de cette forte. La Co- 
quille en efttrés-belle. Le grand Contour, où les couleurs brune & bleue 
font entremélées, eft garni de bandes, comme à l'ordinaire, La Coquille 
eft affez épaifle, d'un blanc fale au dedans, & femblable d’ailleurs à celle 
des autres Waffau. 


Fig. 4. On a vüû Part. IL PI VL* fig. ç. la figure & la defcription 
d'une petite Tour tachetée, fort ventruë. La préfente piéce lui eft fembiable ; 
excepté qu'ici les taches font plus grandes & plus pâles, les contours plus 

B 3 éle- 


(a) en alle- 
mand:Spifz- 
born, 


b) cnalle. 
mand: das 
krunime 


Malo 


12 MW + JE 


élevez, & qu'on y remarque à la pointe un petit bouton violet. Ce que 
nous en dirons cependant, c'eft qu’on a trouvé cette Coquille dans le Cabinet 
de Mr.8rE v N fous le nom de Buccin ventru à Contours ferrez, On l’apelle auffi 
Corne pointué (a) & peut-être eft-ce par cette raifon qu'on la compte au 
nombre des petites Tours. 


Fig, 5. La préfente Coquille, que rRuMPH range parmi les Casques à 
verrues eft d’une Struéture toute particuliére. Les Contours s'environnent l'un 
l'autre d’une façon oblique & irrégulière. D'ailleurs cette conformation 
tient beaucoup plus du Buccin que du Casque. Tout le long de ja Coquilie 
eft garni de haut en bas de quantité de verrues en rangées, & les côtes dont 
elle eft couverte vont en travers. Au moment qu'on tire ces coquilles de 
la mer on les trouve garnies de poils courts, & comme l’efpèce de fraife, 
qui fait le tour de l'embouchure eft formée en orcille, on a pris de là oc- 
cafion d’apeller cette coquille l'Oreille veluë. Au reftelaCoquiile eft épaiffe & for- 
te, jaune aux futures & dans les fillons, mais blanche fur les côtes, fur 
les bofiès, verruës & fur toutes les élevations. La forme tirée de l'embou- 
chure 2 fait donner auffi à cette pièce le nom Ge Grünace. (b) 


PLANCHE, IV." 


Fig. 1. Entre les Moules rares on compte auffi une certaine Huitre qu'on 
nomme le Crucifix, la Moule en croix, le Marteau- Couteau, le Poignard, le 
Marteau de Pologne. Cette Pièce fe trouve trés-rarement dans les Cabinets 
des Particuliers. Nous avons d’autant plus de plaifir à communiquer celle-ci 
à nos Letteurs avec fes deux Coquilles couchées l’une fur l'autre. On peut 
fe figurer cette moule comme une huitre oblongue, qui ainfi que les Moules en 
peigne & quelques autres efpèces d'huitre , a à fa partie fupéricure des deux 
côtez des oreilles étroites, epaifles, & extraordinairement longues, l'une ce- 
pendant beaucoup plus courte que l'autre, lesquelles eu égard à la pofition 
de la moule s'élévent en ligne oblique. Ces deux oreilles forment la croix où 
le marteau, & la partie large qui s'étend de là en bas eft le fiége de l'ani- 
mal, C’eft ce qu'on compare à un Couteau, à un Poignard Indien, ou au 
Manche d’un marteau. I] faut pourtant obferver que ce manche n'eft jamais 
droit, mais toüjours formé en ligne courbe comme la figure le démontre. 

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Au refte les deux coquilles font cavées comme une rigole, l'une cependant 
beaucoup plus profondément que l'autre. Prés de l'ouverture où elles fe 
joignent exatement, elles font courbées & échancrées. La Couleur au de- 
hors cft entremèlée de brun, de noir, & de blanc, fans qu'on y voie au. 
cun deffein nettement exprimé. Le dedans eft auffi mêlé de blanc, de cou- 
leur de perle, de gris, & de bleu. Une imagination fuperftitieufe s'eft amu- 
fée à trouver dans cette figure l'image d’un corps humain pendu en croix, ce 
qui a rendu les Doublets de cette pièce ineftimables. 


Fig, 2, Cette Volute courte & de coquille épaifle fe tire de la mer 
rouge. On peut la regarder comme une Variation bâtarde de la MUSIQUE 
DES PAISANS, OU SAUVAGE, La véritable Mufique fauvage a des champs 
noirs difpofez en Quarrez reguliers , au lieu qu’ici l'on ne voit que de lon- 
gues rayes noires, qui defcendent du haut en bas. 


Fig. 3. Ce petit Limaçon en Lune eft tout-à-fait mignon. Le prémier 
Contour eft marbré de blanc & de noir, Les autres Contours & le fond 
font un peu rougeitres, & fe terminent en une pointe jaune: Outre cela 
cbaque Contour eft décoré de deux bandes blanches, fur lesquelles il y a 
des taches noires quarrées. L'intérieur de P embouchure brille comme de 
Ja Nacre & de l'argent poli, ce qui lui a fait donner le nom de sBouCcHE 


D'ARGENT MARBREE DE BLANCET DE NOIR. 


Fig, 4. Les Moules à lettres de Xulan, qui apartiennent au genre des 
Moules béantes unies, difèrent beaucoup entre elles, à l'égard des Defleins, 
de la grandeur, & de l’épaifieur dés coquilles. Cela fait qu'on y rencontre 
quantité de Sous-efpèces & de pièces bâtardes, Ceci en eft une à coquille 
épailte , fur laquelle on voit fur un fond blanc de beaux defleins en brun, 
qui imitent la forme des tentes, ce qui a fait nommer cette pièce la MOULE 


AU CAMP TURC. 


Fig. $. Les petites Moules en peigne, qu’on apelle Petoncles, fe divifent en 
plufieurs efpèces , toutes belles, toutes remarquables par la varieté des 
couleurs & l'élegance des defleins. L’ Arrangement des couleurs en fait fou- 


vent toute Ia diférence. On n’a qu’à comparer la Moule en Peigne, que 
B 3; nous 


14 W & JE 


nous avons donnée cy- deflus Part, I. PI. XX. * fig. 2. & à confulter la 
defcription que nous y avons jointe, pour fe convaincre que ceci n’eft 
qu'une Variation, où les couleurs fe font répanduës diféremment. Car 
d’ailleurs la forme eft la même; l’une & l’autre font profondément canelées, 
& tirées en figure oblique: celle - ci n’eft que la feconde coquille de la même 
efpèce. 


PLANCGHE.V." 


Fig. 1, Il a été parlé ci-deffüs Part. L PL XX. fig. 1. de Limaçons qu'on 
nomme FUSEAUX, & nous avons fait remarquer Part. IL PL VI. * fig. 2. les 
difèrences qui ont lieu dans ce genre, avertiffant en même tems que ce 
n'etoient pas là encore les véritables longs Fufeaux. En voici un de l’efpèce 
principale, fur lequel on peut fe règler relativement à tous les autres. C'eft 
le véritable FUSEAU LONG ET ETROIT, qu'on nomme aufli PIPE À TA- 
KaC, furtout quand il eft grand , & qu'il excède fa longueur d'un pied, 
comme on en trouve quelques fois. Nous lui donnons l'Epitète d’étroit 
pour le diftinguer, parcequ'il y en à un autre, qui à proportion de la lon- 
gueur eft beaucoup plus large , quoiqu'il fe pouroit bien que cette diférence 
ne feroit fondée que fur le plus ou le moins d’acroiffement, puisqu'il y a 
bien des animaux de la méme efpèce, qui deviennent en croiffant l'un long 
& mince, & l’autre court & épais. Quant à nôtre Fufeau, fa Coquille n'eft 
pas fort épaifle. Des Cercles élevez l'entourent de haut en bas en ligne 
Spirale en fuivant la marche de tous les Contours. Le prémier & princi- 
pal Contour fe trouve placé précifément au milieu entre les deux pointes. 
Ceux qui fuivent s’avancent à proportion, & l'embouchure fe termine en 
une longue cavité, qui eft dans le bec, ce qui a fait imaginer le nom de 
Pipe à Tabac. On peut obferver particulièrement que de ces Cercles, qui 
environnent tous les contours en ligne Spirale, un feul, qui entoure la piè- 
ce au milieu, eft beaucoup plus élevé que tous les autres, & a outre cela 
quantité d’élevations, qui le font paroître comme s’il étoit entaillé de toutes 
parts. Ces Contours étant fort ventrus, ils forment en diminuant de pro- 
fondes cavitez, Ordinairement la couleur de cette coquille eft blanche. 
On trouve feulement aux pointes & en bas un peu de jaune, ce que nous 

regar- 


PIII. L'éi 


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«7, C. Phcller ad nat. prurit. 


% € JE 16 


regardons comme des reftes de cette peau extérieure laineufe, dont cette 
efpèce de Limaçons eft couverte, quand on les tire de la mer. 


Fig. 2. & 3. Nous prions le Leéteur de fe rapeller ici un petit Buccin, 
Loue avons préfenté & décrit la figure des deux côtez dans la pré- 
mière Partie, PI XHE fig. 3. & 4. & qu'on trouvera dans la Table parmi les 
Buccins, fous le nom de PETIT NoEup. En voiciun, dépeint des deux 
côtez, qui ne difère de l'autre que par les couleurs, ce qui nous difpenfe 
d'en faire une defcription plus étenduë, Il fufira de remarquer que le pré- 
mier eft rouge-brun, & bleu, & que le dernier brille de couleur de cin- 
nabre, couverte de bandes blanches, & eft encore paré d agraffes blanchà- 
tres. rUuMPH met à la vérité cette coquile parmi les petits Verres à Bran- 
devin, ou les Casques a verruë, mais c'eft véritablement un Buccin, & fa for- 
me raboteufe feule ne fufit pas pour le faire mettre au rang des petits Ver- 
res à Brandevin, dont nous avons donné la Defcription cy-defñlus Part. IL, 


PL TL Gr, 3. 


Fig. 4. Parmi les Limaçons, qui apartiennent proprement à la catégorie 
des Amiraux, il n'y en a aucun qui difère davantage des autres, quant à la 
Struéture & à la forme, que le vice-AMIRAL dépeint ici, Les Amiraux 
en génèral n'ont pas de ces Contours formez à la façon des perités Tours, &s 
leurs bandes font par tout plus nettement marquées. Mais le Vice- Amiral 
étend vers la partie fupérieure fes contours, qui font couronnez en quel- 
que façon, & il eft rare que les bords de la bande blanche y foient expri- 
mez bien diftinétément. Cela n'empêche pas que cette pièce ne foit in. 
comparable, Les taches brunes qu’on y aperçoit font d’une trés. grande 
beauté; on y remarque auffi de trés- belles veines marbrées dans un champ 
blanc, & le milieu eft entouré d'une bande blanche tant foit peu tachetée 
de brun. Une bande pareille fait le tour de la pointe inferieure. 


Fig. ç. Le Burcin ftrié, où marqué de lignes, fait la clôture de cette 
Planche. Sa coquille, qui eft unie & mince eft en partie blanche & en par- 
tie couleur de chair. Les lignes mignonnes tantôt rouges, tantôt noires, 
dont elle eft marquée, la diflinguent beaucoup. Ces lignes font imprimées 


_ fi naturellement fur la coquille qu’on les prendroit aifément pour un fil qu'on 
auroit 


16 Se + JE 


auroit paffé tout autour, A l'embouchure l'Animal eft armé d'un aiguillon 
venimeux, duquel on doit fe garder au moment auquel on le tire de la mer. 
Au refte la Struéture de ce Limaçon refflémble à celle des Coquilles qu'on 
apeille Trompettes. 


PLANCHE VI. ** 


Fig. 1. En parlant du Genre des Huitres Part. I. PI, VIT fig. r, il a été 
queftion d’une Huitre pierreufe, qu’on apelle le sABOT D'ANE, où il a été 
remarqué que l’une des coquilles eft garnie d'aiguillons , & que l'infèrieure 
eft obliquement feuilletée. Nôtre Figure dépeint une de ces coquilles infè- 
rieures d'une autre pièce, La beauté de la couleur, & la pofition des feuil- 
les, qui fortant en travers de la coquille s’elèvent l’une fur l’autre a fourni 
Voccafon de lui donner encore un autre nom. On l'apelle le Foelydoublet, 
ou le Doublet de la Fleur de Mufcade, parceque fes feuilles avancées reflem- 
blerit fort à celles de cette fleur. Au refte ces Coquilles difèrent quelque- 
fois entre elles par la couleur. Car il y en a de plus rouges, & d'autres qui 
tirent fur le jaune de citron. Outre cela celle-ci eft garnie de côtes de- 
puis la fermeture jusques au bord, & munie çà & là d’aiguillons émousfez, 
ou de boffettes pointues. Elle eft blanche en dedans; cependant la couleur 
d'orange paroït à travers, & le bord eft orné d’un Ourlet large de trés- 
belle couleur. Quant à la fermeture elle à quelque convenance avec celle 
du Traquet de Lazare, (Spondyli). On les doit pourtant diftinguer, puisqu’en 
effèt ce font des efpèces diférentes. | 


Fig. 2. Tous les Cornets, où Volutes, où les deffeins confiftent en ran- 
gées regulières de points, ou de taches , portent le nom de liferate, ou Co. 
quilles à Lettres; mais on leur donne auffi plufieurs autres Epitètes difèren- 
tes. Ces Epitètes cependant ont été tellement confondues par les Auteurs, 
auff - bien que par les Colleéteurs, qu'à peine chaque Limaçon a püû garder 
un nom diftinétif Cela eft arrivé en particulier à la préfente pièce, que 
quelques Ecrivains & quelques Curieux apellent la Coquille aux Lettres bebraï- 
ques, parceque fes taches noires font quarrées, tandis que d’autres lui don- 
nent {on vrai nom de Mufique des Paifans, ou d’A4. B. C. des Paifans,  C'eft 
la véritable; ainfi on la doit bien diftinguer de la Mujique des Paifans bâtar- 


de, 


PI. VI. 


Ce Museo Reel P.PL. A. Hilleri, Philos Docr. er Brofifs 
ord. Cr eg . AE 


I LC AHler ad nat. pénætt-. ac.Andreas Éfenmann fait 


au 1110, A L 


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de, dont nous venons de parler PI, VL** fig, 2. La Coquille en eft blan. 
che de couleur calcaire, les grofles taches de figure quarrée oblongue ti- 
rant un peu fur le rhombe, noires comme du jaïet. A d’autres la couleur 
eft moins blanche & les taches tirent plus fur le brun. 


Fig. 3. Ceci eft un @inet ou une Volute d Amérique, qu'il faut mettre 
aurang DES AMIRAUX DES INDES OCCIDENTALES. On leur donne le nom 
d'Amiraux à caufe de leurs Bandes & de la Regularité de leurs taches. Mais 
ils ne font pas à beaucoup près aufli beaux que ceux des Zndes orientales. 
On voit à celui de nôtre figure fur un fonds blanc deux bandes d’un jaune 
pile, dans lesquelles font trois rangées de lignes ou de Stries brunes & en- 
trecoupées. Entre ces bandes jaunes il y à deux rayes de points bruns fur 
un fond blanc. Les Contours, qui le plus fouvent font plats, fe terminent 


au milieu en une pointe aigue. La couleur en eft brune à flammes. 


Fig.4. On a vû cy- deffus Planche. fig. 1. la Defcription d'un coRNET 
DE GUINEE. Comme ceci n’en eft qu'une Sous- efpèce, ou Efpèce bâtar- 
de, nous n'en dirons autre chofe fi ce n’eft que le fond en eft blanc, les 
taches brunes, & que les diflances entre les bandes n'en font pas fi regu- 
lières. 


Fig. $. I y a des Corncts connus en partie fous le nom de Barroir de 
Fonnelier, qui font un peu ventrus, & dont les Contours avancent afez, 
Quelques uns font entourez de pluficurs rangées d'élevations, qu'on arelle 
Barroirs de Tonnelier grainez, d'autres font munis de bandes, & portent par 
cette raifon le nom de Barroir de Tounelier a bandes, d’autres encore font 
garnis par tout D'ANNEAUX ELEVEZ, & c'en eft un de cette dernière 
efpèce que nôtre figure dépeint. Ce Linaçon vient des Indes occidentales, 
& particulièrement des Antilles, Sa Coquille a fouvent outre les anneaux 
élevez encore de larges bandes colorées, fur lesquelles des taches brunes 
& blanches font poffes alternativement, & fi avantageufement , que cela dis- 
pofe quelquefois les Curieux à placer cette pièce parmi les 4miraux.  Celle- 
ci eft de couleur de fleur de pomme; elle a deux bandes blanches, dont 
l'une, qui eft placée au milieu de la Coquille, eft parée de taches jaunes, 

Tioijieme Partie. C qui 


18 WW + JL 


qui tirent fur le brun, Cette Coquille eft épaiffe, & garnie de cercles éle- 
vez, pofez fort nrès l’un de l’autre. Entre ces Cercies il y a des canelu- 
res étroites, mais profondément entaillées. La où les Contours s’avancent, 
ils font voûtez en rond, & ornez de flammes d'un brun- clair. 


PLANÇGHE VIE** 


Fig. 1. L'on trouve dans le Genre des Limaçons ailez, dont l'embou- 
chure avancée confifte en certains lambeaux, les Grifes du Diable, les Har- 
pons de nacelle, les Efcargots gouteux , & les Crabes ou Scorpions, dont nous 
avons donné les defcriptions dans les Parties précèdentes, Ce que nous 
obferverons de plusici, c'eft que les Curieux diftinguent les Grifes du Diable 
en mâles & femelles. On ne prétend cependant nullement indiquer par là 
que les animaux qui habitent ces coquilles foient en efFèt mâles ou femelles, 
(car l'oeuvre de l'accouplement & de ja génèration des Limagons eft encore 
un profond miftère , quoiqu'on puifle en avoir écrit) mais purement parce- 
qu'il a plû aux Curieux d’y établir cette difèrence. Ils difent donc que les 
Grifes du Diable à cinq ou à fept raïons, dont les raïons ou crocs font foli- 
des ou remplis, font les mâles, & que celles dont les Crocs font ouverts ou 
formez en rigole doivent être regardées comme les femelles, Cela pofé la 
préfente figure dépeint une Grife du Diable femelle, à cinq raïons. Le 
Corps eft en partie fait comme celui des Limaçons en cylindre à contours 
fort avancez, la queuë un peu recourbée, & l'embouchure fort diftante du 
corps. Le prémier Contour a trois boffès aflez élevées, irrégulièrement 
placées; du refte la coquille eft garnie de quantité de canelures, qui vont 
en travers, & l'embouchure fe teræine en cinq Rigoles larges à bouts ob. 
tus, fans compter celle, où la tête & la queué aboutifent. Nous prions le 
Leëteur de fe tenir pour averti que quand nous parlons de tête, de queuë, 
& d'embouchure, ces termes doivent toûjours être entendus de la coquil. 
le, & non pas de l'animal qui l’habite, Cariln’en eft pas de l'animal com. 
me de fa coquille. La tête de celle-ci eft placée là où les contours s’avan- 
cent plus ou moins, & c’eft précifément au même endroit que fe trouve la 
queuë de l'animal, qui eft attachée par fon bout à l'extrèmité du plus petit 

des 


TC. Filler ad nat: Prat” 


ÉCMiner ON Mere 120. 


Nil 


Tac .. Andreas Éenmann fecit . 
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7 


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Des 


fl nn a L 


SO € JE 19 


des contours, qui eft au milieu des autres, au lieu que ce que nous apel. 
Jons la queuë de la coquille en eft la pointe infèrieure, où eft placée la tête 
de l'animal.  Ainli quand l'animal fort de fa coquille & marche, il emporte 
fon habitation de façon que la partie la plus étroite fe trouve placée fur le 
devant, & la plus large avec les contours fur le derrière. Enfin l'embou- 
chure de la coquille eft cette large fente béante, où la courbure des con- 
tours fe termine. Or ce n'eft pas là qu’eft la bouche de l’ Animal; mais fon 
ventre, fur lequel il rampe. Cette bouche fe trouve à la tête. immèdiate- 
ment au deflus de l’eftomac & des autres inteftins au dedans de ce qu'on 
apelle la queué de la coquille. 


Pour revenir à nôtre préfente figure, la coquille de ce Limaçon eft 
beaucoup plus mince que celle des autres Grifes du diable, & peut - être 
cette raïfon contribue - t-elle à faire tenir celle - ci pour femelle. La cou. 
leur en eft un jaune fale, couvert çà & lade taches d’un brun de chataigne, 
On en a auffi qui font toutes couvertes de taches brunes, & marbrées. 
D'autres encore font tachetées de noir fur un fond blanc. L'intérieur de 
toute l'embouchure de celle-ci eft de couleur ifabelle. 


Fig. 2. Ia été dit aflez fouvent qu'il y a nombre de coquilles de Li. 
maçon, qui quant à la réguluité de la Struéture difèrent de celle qui 
eft affeétée à leur Genre principal. On fera d'autant moins furpris de voir 
dans la préfente figure un Casque a côtes élevées, qui a des contours extrè- 
mement avancez. La Conformation du prémier contour décèle la raifon 
qu'on a euë de placer cette pièce parmi les casques. On peut l’aflocier au 
Casque à Sillons profonds, que nous avons vû ci deflüs P. II. PI. XXIV.* 
fig. . quoique les autres contours avancent beaucoup. Ces contours font 
garnis de deux anneaux élevez & épais, qui font cavez en dedans, & par 
conféquent femblables à des rigoles. La couleur au dehors eft cendrée, 
fans aucun luftre; un peu de brillant de nacre paroit au dedans à travers 
cette couleur cendrée. 


Fig. 3. Cecieft un PETIT CASQUE A AIGUILLONS. Chaque con- 
tour a au deflus & au deflous une rangée de grands aiguillons, & au mi- 
lieu une rangée de bofles peu élevées. Le fonds en eft plat, & les con- 

C 2 tours 


29 € JE 


tours peu avancez. La coquille eft un peu canelée. Dans les canelures ou 
fillons la couleur eft un brun- clair, mais les côtes ou rides font d’un brun- 
foncé. L'Enbouchure eft blanche, 


Fig. 4. On apelle PETITES Tours les Limaçons dont les Contours 
font fort élevez & fe terminent en pointe, Les Limaçons ailez font ceux 
qui aboutiflent en lambeaux ou en crocs. Lors donc qu'un Eimaçon réünit 
parfaitement les deux conformations, nous croïons qu'on peut auffi combiner 
les deux dénominations. Ainfi l'on peut donner à celui - ci le nom de pe- 
TITE TOUR AILEE, mais Comme on ne peut pas placer cette piéce dans 
deux endroits à la fois, nous croïons qu’on doit la ranger parmi les Lima- 
çons ailez, puisque fes ailes font ce qui la diftingue le plus. La ftrufture 
des Contours répond à celle des petites Tours à noeuds, puis qu'on y aperçoit 
deux côtes élevées garnies de noeuds, lesquelles à l'embouchure fe termi- 
nent en longues continuations , qui forment les ailes. BONANNI apelle ce 
Limaçon Turbo pentidathylus, LA TOUPIE À CINQ DoiGTs. Mais ces cinq 
doigts ou crocs n'avancent pas tous au dehors en longueur égele, Cette 
coquille eft trés épaifle. D'autres Limaçons de méme efpèce l'ont fort min. 
ce, dont les crocs, proportion gardée, ne font jamais aufli longs que ceux. 
ci. La couleur en eft fale au dehors & d’un jaune pâle, le dedans eft de 
couleur ifabelle. Ontrouve les mêmes Limaçons bleumourant, bleu de 
roi, & noirs, & on les prend fur des côtes Européennes, 


Fig $. RumMPH met au rang des Casques à verrué, une ccrtaine efpèce, 
qu'il défigne par le nom de Grapauds. Leur flruéture reffemble à celle des 
Buccins Ils ont de chaque côté un rebord tout herifië de pointes, & font 
garnis d’ailleurs par tout de boffes en aiguillons. Tel eft le Limaçon de n6- 
tre préfente figure, qui porte dans fa conformation tous les mêmes caraétè. 
res. L’unique diférence c'eft que cette pièce ci a de chaque côté deux 
aiguillons extrèmement longs, ce qui la pourroit faire apeller le craApauD 
A LONGS AIGUILLONS, Elle eft au dehors d'un blanc fale à taches jau- 
nâtres. Le dedans eft blanc de lait. Au refte on rencontre fouvent parmi 
ces Limaçons à aiguillons des jeux de la nature, s’y trouvant à l’ésard de 
la longueur, de la pofition, ou du nombre des aïguillons quelquefois des 

difé- 


PL 


Cx CHureo CA ul AT oo 


F. CPAcller ad nat. piird. oh. dam Torrinaer Jeulpsit. 
ST Ta 


WU + JE 21 


diférences, qui ne fufifent cependant pas pour en faire une efpèce particu- 
lière, Car dans fon acroiflement un Limaçon fe forme par fois mieux qu'un 


autre. 
PLANCHE VIE, ++ 


Fig. 1. Certains Limaçons, dont la Struéture tient le milieu entre les 
Casques & les Buccins, dont la coquille eit voûtée en rond, & mince, por- 
tent le nom D'ESCARGOTS EN BouLE (a), Celle que la préfente figure (a) Enlatin: 
dépeint s'apelle la pErDRIx. Sa Coquille, qui eft mince, eft compofée de nn 
Jarges côtes entre lesquelles paflent des lignes profondément entaïilées. lemand : 
Ces côtes font blanches, tachetées de brun, & comme ces couleurs ont #57 2" 
fait comparer cette piece au plumage d’une Perdrix, on l'apelle auffi la Schueken, 
COQUILLE EMPLUMEE (Cocblea pennata), Elle eft fort ventruë, légère 
comme une Coque d'oeuf, & parvient à une grandeur confidérable. L'ém- 
bouchure efl fort grande en dedans, unie, & de couleur brunette. 


Fig. 2. On apelle cette pièce le CASQUE À COTES ET À FLAMMES. 
Quelques Curieux la nomment LA ROBE D'ATTALE, Les côtes ne vont 
point en travers, mais en long & ne font guère élevées, ce qui fait placer 
cette Coquille parmi les Casques unis. Les couleurs y font arrangées com- 
me fur le papier marbré, La couleur en eft un brun -foncé fur un fonds 
rougeitre. L'embouchure eft bordée d’un ourlet épais blanc, fur lequel il 
y à des taches d'un brun - foncé, qui fe terminent en raies jaunes. Elle eft 
auf garnie des deux côtez depuis le haut jusques en bas de lignes élevées 
ou Ge petites dents à la façon des Limaçons qu'on nomme Porcelaines. 
Ele cft étroite. Sa couleur eft blanc de lait. La Coquille eft épaifle & 
péfante & elle parvient à une grandeur qui pafñle deux fois celle-ci. On 
en trouve où la couleur eft plus foncée, & d’autres où elle eft plus claire. 


Fig. 3. On apelle LIMAGÇON DE BEZOARD un Casque plus rond 
que le précèdent, & muni d'une embouchure plus large, La raifon de cet- 
- te dénomination eft qu'il reflémble par la couleur à la Poudre, qu'on 
conoit fous ce nom, ou peut . étre parcequ'il eft plus en boule, & a par là 
de la conformité avec la boule de Bezoard. Les contours font garnis en haut 

C 3 | de 


12 WW, € JE 


de petits noeuds. L'Embouchure eft munie d'une farge babine pofée à plat, 
laquelle, Jors- méme que l'animal étend fon habitation en globe, ne pañc 
jamais fi bien, qu’on n’en aperçoive toûjours quelque veflise. De là vien- 
nent ces bourrelets élevez qu'on voit quelquefois fur ces coquilles, & qui 
ne font autre chofe que les bords des anciennes embouchures qu’avoit la 
coquille, lorsqu'elle étoit encore petite. Cette pièce dévient grofle com 
me le poing, 


Fig. 4. Voici encore un LIMAÇON EN VESSIE qu'on apelle auf le 
LIMAGON EN GRELOT TACHETE, OUle LIMAGON EN GRELOT 
CERCLE, ou encore le LIMAGON A L'HUILE. Îl n'ya qu'à regarder 
la pièce pour étre au fait de la raifon des deux prémieres dénominations, 
puisque la coquille eft garnie de larges cercles élevez cloignez l'un de l'au- 
tre, & décorez alternativement de taches brunes & blanches fur un fond 
d'un blanc fale, qui tire fur le jaunâtre. La Coquille eft mince, l'Embou- 
chure large & la cavité des cercles extérieurs fe voit par les canelures pro- 
fondes qu'on aperçoit au dedans. A l'égard du nom de Zimaçon à l'huile, 
il vient de ce que les habitans d’Amboine fe fervent de la même coquille 
pour puifer l’Huile de Kalappus, quand ils la font bouillir. 


Fig. $. Nous venons de voir fig.3. un Limaçon de Bezoard d’une couleur 
uniforme. Ce Casque- ci eft diférent. Onlenommele LIMAÇON DE Be- 
ZOARD TACHETE, & quelquefois le pDAMIïIER. On lui laïfle le nom de 
Bezoard à caufe de la grande reffemblance qu'il y a entre cette piece & la 
coquille précédente , quoique la couleur en foit un peu plus blanche, & 
qu'il ny ait point de noeuds aux contours. Et on lui donne l’épitète de #4. 
chetée pour la diftinguer d'un autre Limaçon de Bezoard, qui a tout du long 
des flammes brunes, & qu'on apelle par cette raifon le Bezoard à flammes, 
Il n'y a perfonne qui ne voie que le nom de Damier lui vient des taches 
d'un brun pâle, dont elle eft marquée, qui cependant font à chaque rangée 
de couleur diférente, Au refte cette Caquille eft toute auffi forte que celle 
de la figure précèdente, Le bord de l'embouchure eft élevé, & l'embou- 
chure même dentée & blanche. L'intèrieur eft jaune tirant fur le brun, 


PLAN- 


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FA Sontnger feulps. 
< : « / T 


& + JE 23 
PLANCHE IK. ** 


Fig. 1. Les Coquilles à aiswllons, (Murices), compofent le quatrième 
Genre dans l'Efpèce principale des Casques. On donne indiféremment le 
nom de Murex, ou de Coquille à aiguions à celles qui font garnies ou de 
pointes, ou de noeuds, ou de frifures, ou qui font fort ridées. Celle que 
nôtre figure repréfente eft de la dernière forte. On l'apelle la QUEUE 
HAUTE, à caufe que f: queué eft en effèt relevée, LIMAGON DE MAR- 
re, vû fon épaifleur & fa péfanteur, & LIMAGÇON DE POURPRE €ù 
égard au fuc rouge que cet animalrend, ce qui lui eft commun avec quel. 
ques autres limaçons du même, genre, Sa coquille eft épaille & péfante, 
fort ridée fur les contours, & garnie du haut en bas de plufieurs côtes éle- 
vées. Ces côtes ne font autre chofe que le bord de embouchure préce» 
dente formé par l’animal même, toutes les fois qu'il ceffe pour quelque tems 
de travailler à l'agrandiflement de fa coquille par de nouvelles Continuations. 
La queué, comme nous l'avons dit eft relevée, & un bord fuccédant à l'au- 
tre cela forme cette quantité de rides, qui fe réüniflent à la queue, & y 
font élésamment couchées l'une fur l’autre, La couleur de chaque contour 
eft un brun de café, & en bas calcaire & cendrée, entremêlée d'un peu 
de brun, L'embouchure eft dentée dans fa ronde circonférence, & d'un 
bel incarnat. Cependant cette couleur varie quelquefois, car on en voit qui 
font au dedans couleur de pourpre, d'autres violettes, d’autres jaunes de 
citron, & d’autres tout - a-fait blanches. On trouve àtous ces animaux une 
petite vcefie renfermant quelques goutes d'un fuc, qui fournifloit la couleur 
de pourpre, quelquefois plus quelque fois moins chargée, mais toûjours la 
plus durable, & la plus magnifique. 


Fig. 2. Voici une des plus admirables & des plus mignonnes pièces du 
même genre, Elle porte le nom de Tison BLANC, foit à caufe du fonds, 
qui eft blanc, foit parceque fes crocs élégamment frifez, ont des pointes 
qui femblent avoir été brunies ou noircies au feu. La coquille eft un peu 
ridée en travers, & ces rides fe terminent en crocs à l'embouchure. Les 
quatre rangs de crocs, qui defcendent de haut en bas, font autant de ve. 
figes des embouchures, qui ont précèdé, & les crocs des reftes des rides 
transverfales, qui vont toûjours aboutir à l'embouchure par de pareilles lon- 

gues 


24 M + JE 


gues Continuations. La queuë eft un peu pliffée & relevée comme aux pré. 
cèdens. Au dedans l'embouchure eft blanche comme de la neige. 


Fig. 3. Cette petite Coquille à aiguillons eft femblable par fa flruéture 
& par la forme de fes frifures aux autres tifons, mais elle n’en a pas les cou- 
leurs. C’eft ce qui a fans doute déterminé RuMPH à l'apeller-IE Tis0N 
PALE, D'aileursles Crocs font plus diftans l'un de l'autre, & plus longs 
qu'aux pièces précèdentes. C’eft ce qu'on peut auffi remarquer à la queue 
qui fe termine en un canal plus long, garni de frifures. Quant aux rides 
transverfales, & aux crocs, il n’y a point d'autre difèrence. La couleur eft 
cendrée mêlée d’un rouge pâle. L'embouchure eft d'un blanc fale, & fe 
termine en une rigole étroite qui cft presque fermée. 


Fig. 4. Le petit PUISOIR, Ou la PETITE TETE DE BECASSE, que 
la préfente figure dépeint, nous vient du Golfe de Marcaibo en Amérique. 
C'eft une belle pièce. Elle, difère des autres du même genre par quelques 
petits aiguillons pointus, qui fortent de côtes élevées, dont la coquille eft 
garnie tout du long. Commeelle ne devient pas grande on l'apelle la PETITE 
TETE DE BECASSE DENTEE. Ordinairement elle eit à bandes, fes contours 
étant en haut d’un brun aprochant du noir, gris-cendrez au milieu, & en 
bas derechef d’un brun qui tire fur le noir, lesquelles couleurs femblenr 
avoir été tirées à Ja règle, tant elles font diftinétément féparées. On les re- 
marque en dedans à travers la coquille quoiqu’elle foit épaifle. La queué 
n'eft autre chofe qu’un canal étroit, 


Fig. $. La Famille des Bwccins fournit encore en petit bien des pièces 
d'une rare beauté, qu'on trouve principalement aux Indes orientales & oc- 
cidentales. Tel eft le petit Buccin qu'on voit dépeint ici, & qu'on tire auñfi 
du Golfe de Marcaibo. On y en trouve qui font tout au plus du double auffi 
grands, mais ils ne pañfent jamais cette méfure. (On nomme celui-ci le 
GATEAU A L'HUILE, peut-être à caufe de fa couleur. Sa Conformation eft 
exaétement celle d'un Buccin. La coquille eft trés- épaifle en travers, & 
fi finement ridée en long qu’elle eft toute couverte d’entailles fubtiles. La 
couleur en eft mêlée de brun-foncé & de brun-clair & entrecoupée de ta- 
ches blanches oblongues. L'embouchure en eft bordée d'un gros bourrelet, 

qui 


PR. 


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SEC ler 


* * 


AA. Éfinmann feulos 


M + JE 2$ 


qui fait paroître encore ici fur les contours des côtes élevées, qui font 
les anciens bords des embouchures précèdentes. Le bord intérieur de 
l'embouchure eft doublement denté & entaillé, & de couleur de chair. Ce- 
pendant en regardant plus avant, on s'aperçoit que des rayes noires, 


d’un brun-clair, & blanches, paroiflent à travers. La queuë eft un peu 
recourbée. 


BLANCHE. X."° 


Fig. 1. La prémière figure de cette Planche dépeint un casques 
EMPLUME NOUEUX DES INDES OCCIDENTALES. On } apelle noueux 
à caufe de fes bofles, & les deffeins à flammes dont il eft marqué & qui 
refflemblent à du papier marbré, lui ont fait donner l’epitète d’emplumé. 
Cette Coquille eft trés -épaiffe & devient quelquefois du double plus gran- 
de que ne l’eft nôtre figure. Les contours en font plus hauts, & plus en 
pointe, qu'aux Casques à noeuds. Les boffettes en font le tour en rangées, 
& les plus fortes fe trouvent en haut aux contours. L’embouchure en eft 
bordée d’un gros Ourlet jaunatre, qui fe replie au dehors, où il eft décoré 
de quatre belles taches brunes qui tirent fur le noir, 


La queuë fe replie vers le haut en deux babines béantes, & eft auf 
colorée en dedans de brun tirant fur le noir. On a lieu de juger que l’ani- 
mal quand il marche élève fon cou ou fa tête par ce conduit, 


Fig. 2. Nous voyons ici la païtie inférieure du même limaçon que nous 
venons de décrire. Elle en repréfente l'embouchure qui eft dentée des deux 
côtez, plufeurs bourrelcts élevez de couleur blanche en garniffant les bords 
intérieurs, entre lesquels on obferve une couleur de chataigne. Le refte 
de ja fuperficie large de la partie inférieure eft une nouvelle Continuation 
de la matière , qui fait la fubftance des coquilles, dont l'ancienne coquille au- 
paravant bigarrée a été couverte de nouveau. On trouve immédiatement 
derrière le bord extérieur de cette babine inférieure le vieux Ourlet qui 
faifoit le tour de l'embouchure de la coquille, lorsqu'elle étoit encore de la 
moitié plus petite. Car il paroit que cet Animal en croïffant s'agrandit toù- 
jours de la moitié de fa rondeur, & quil forme enfuite un nouvel ourlet à fon 

Troifieme Partie. D em- 


16 We + Jf 


embouchure, On fait que d’autres Limaçons en croiffant n’aquièrent cha. 
que fois de nouveau dégré de grandeur que la valeur du quart, du huitiè- 
me, ou du feizième de ce que comporte leur circonférence entière ; il y 
en a même, particulierement de ceux qui ne mettent point d’ourlet à leur 
embouchure, lesquels ne s’agrandiffent que par de courtes continuations, 
qui dans leur largeur n'excèdent pas l'épaifleur d'un ongle, comme on l'ob- 
ferve aux cylindres & à la plûpart des Moules. Ainfi felon que l'animal eft 
plus ou moins capable d’ajufter exaétement les Continuations à fon ancienne 
habitation, il en refulte que la fuperficie de la coquille demeure unie, ou qu'il 
s’y forme des rides, des fentes, ou d’autres inégalitez qui en détruifent tou- 
te la beauté, Telle efpéce de Limaçons a généralement le malheur de con- 
ftruire mal fon habitation, tandis que telle autre execute toûüjours fon plan 
fur les règles d’une Architefture jufte & elégante, ce qui dépend vraifem- 
blablement beaucoup ou de la conformation du corps de l’amimal, ou du 
fond plus ou moins uni ou raboteux de la mer où il vit. Il y a toute apa- 
rence que le fuc, qui fort des pores de ces bêtes fournit la matière qui en 
fe durciffant forme la coquille, fur la Struéture de laquelle la conformation 
du corps de l'animal, qui en eft l'Architeéte, a neceflairement le plus d'in. 
fluence, 


PLANCHE, XI,* 


Fig, 1. Dansie Genre des Limaçons aïlez dont l'embouchure n'eft pas sar. 
nie de dents, mais d'un rebord fort avancé, il fe trouve deux fortes de 
TIREURS D'ARMESs. Nous en avons dejà décrit un cy-deffus Part. I 
PL XV.* fig, 1, 2. où nous avons rendu raïfon en même tes de cette dé. 
nomination, L'autre a une babine plus large, & la pointe avancée qu'on voit 
fortir à l'embouchure, & qu'on apelle le doist, eft moins long qu’à la pré. 
mière forte, Une autre caraëtère, qui le diférencie, c’eft que fes boftes 
font moins exhauffées. C'eft une pièce de cette catégorie que la préfente 
figure dépeint. Les Curieux lanommentle LIMAGON À LAMBFAU BOSSu, 
OU RABOTEUX,OUŸINDEX Où l'OREILLE D'ANE, La coquille eft épaifle 
& forte, & garnie au prémier contour de quelques bofles, d'ailleurs un peu 
ridée. L'embouehure confifte en un large lambeau, qui a en haut une pointe 

avan- 


7 CPAiller ad nat. pérxite 


PR 
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GP Trautriesr 7 lp. 
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Se + JE 17 


avancée , & qui fe relève à la queuë par un pli recourbé. La couleur ef 
blanchätre , décorée d'ondes brunes. Au dedans elle eft toute blanche. 
On cn trouve pourtant dont la couleur intérieure eft un rouge. clair. 


Fir, 2. Sur la Planche L*% fig, 3. de la préfente Partie on a vû un 
Cylindre jaune, que quelques Curieux défignent par le nom de G@rnet de 
bois de chéne, parce que fa couleur répond à celle du bois de chêne qu'on 
auroit imbibé d'huile, mais nous avons averti au même endroit que cet. 
te dénomination étoit apliquée mal-à- propos à ce cylindre ou cornet jaune, 
La pièce que la préfente figure dépeint eft le VERITABLE CORNET DE 
BOIS DE CHENE, ainfi nommée , parceque prémièrement fa couleur eft la 
même que celle d’un morceau de bois de chêne fraichement coupé , & qu’en 
fecond lieu on obferve fur la coquille des lignes fines, fubtiles, & de cou- 
leur brune, contiguës l’une à l’autre, qui environnent les contours dans leur 
rondeur, & reflemblent aux veines du chêne, Du refte la coquille eft 
unie, peu épaifñle, blanche au dedans, & fa grandeur parvient à la longueur 


d'un doigt, 


Fig. 3. N eft connu, & nous l'avons déja dit autrepart, qu'il y a quan. 
tité d'efpèces de cornets d'olive, auxquels on affeéte plufieurs noms. Ce que 
nous voyons ici eft un CORNET D'OLIVE JAUNE A BANDES trés. beau, 
qu'on apelle aufi le cAPITAINE. La couleur en eft un jaune pâle, Une 
bande blanche comme neige, ornée de taches brunettes en forme de flam. 
mes , environne les contours en haut, & au milieu de la pièce & quelquefois 
auffi en bas à la pointe. Quand le jaune eft plus exhauñé, & foncé, alors 
les taches de la bande blanche font aufi trés-foncées, & fouvent brunes 


tirant fur le noir. 


Fig. 4. On a dejà parlé amplement des Augets Part. IL. PI. IV.* fig. r, 
Tout ce que nous ajouterons ici, c'eft que la préfente pièce apartient au 
même genre. On l’apellel AUGET A NUAGES, Où le LIMACON A NUAGES. 
La Coquille eft trés- mince & légère. Le fond de la couleur eft blanc, fur 
lequel on voit defcendre en long des Nuages jaunes tirant fur le brun, & en 
travers un trés- grand nombre de points, difpofez en rangées en font Je 


tour, L'embouchure qui eft affez large eft rougeitre, ou couleur de fleur 
D 2 de 


28 + JE 


de pomme. On en voit de la même forte, dont les contours font couron. 
nez ouentaillez. Ceux- ci diffèrent entre eux d’une manière étonnante re- 
lativement aux deffeins. Leur grandeur pañe quelqueicis quatre pouces. 


Fig. $. L’ Argus eft un nom qu’on donne à tous les Zimaçons - Porcelaines, 
dont la füperficie eft garnie de petits anneaux ronds, qui repréfentent au- 
tant d’yeux. Le plus fouvent ces anneaux font fimples. Quand ils font 
doubles, on donne à la pièce le nom de pougLe Ar&us, & telle eit celle 
que nous voyons ici. Le fond eft ifabelle, fur lequel pailent en travers 
trois bandes d’un brun pâle, On remarque par tout de doubles anneaux 
bruns de diférente grandeur, au milieu de chacun desquels eft une tache 
blanchâtre pareille à la couleur du fond. Il faut cependant obferver que ces 
doubles Argus difèrent auffi entre eux. Quelques uns ont le double anneau, & 
latache du milieu eft blanche, D’autres n'en ont qu’un anneau & une tache brune 
au milieu, ce qui n'empèche pas l’oeil de paroïitre double. D autres en- 
core ont la tache brune au milieu, entourée de deux anneaux bruns, très. 
diftinguez entre eux, & de la tache brune intèrieure par la couleur du fond 
qui remplit les intervalles. 


PLANCHE XIL** 


Fig. 1. On a coûtume de mettre les coquilles notées au rang des Har- 
pes en confidération de leur largeur. Ici nous en voyons une pièce ex- 
trèmement longue, dont la ftruéture a beaucoup de raport à celle des 
Strombes, où Eguilles, Nous l’apellons la LONGUE COQUILLE A NOTES 
Elle eft de couleur pâle, chargée en travers de fix lignes brunettes qui 
femblent y être burinées à diflance égale l’une de l’autre. Des taches & 
des rayes brunes foncées qu’on remarque au deflus, au deffous, & dans 
l'entredeux des lignes repréfentent les notes. Au refte la coquille eft de- 
corée de quantité de rangées de points trés-fins, L’embouchure-eft blanche. 
Cette pièce vient des Indes occidentales. 


Fig, 1. Ceci eft un Zimaçon- Porcelaine couvert tout du long de quantité 
de lignes brunes, entrecoupées par d’autres lignes & par des taches, où 
j'on remarque quelquefois la figure de quelque Lettre de jangues étrangè- 

s res 


PTIT. KIT" 


D ON 0) 
A Haba 


| NE DÉS AE 12 
TC Seller ad nat pi GP Trautner jf. up. 


< 


 + Je 29 


res. C'eft ce qui a fait imaginer le nom de PORCELAINE AUX LETTRES 
ARABES qu’on donne à cette pièce. Elle eft marquée en bas d’un bord 
bleuâtre, où l’on voit quelques petites taches rondes, les unes noires, les 
autres d’un brun foncé. 


Fig. 3. Le Golfe de Marcaibo en Amérique fournit encore uue efpèce 
toute particulière de Porcelaines, ce dont la prefente figure fert de preuve. 
Dans fa Strufture elle eft plus exhauflée vers le milieu, & fe termine en bas 
plus en pointe que les autres Porcelaines. La couleur en eft cendrée, couverte 
de taches rondes d’ün brun pâle, fur lesquelles pafle encore une peau, & 
tout le long du dos on voit un rang de taches rondes brunes tirant fur le 
noir, qui femblent fe perdre lune dans l’autre. L’embouchure n’a rien 
de particulier, étant à tous égards femblable à celle des autres coquilles 
du même genre. 


Fig. 4. L’on donne affez génèralement le nom de CORNETS D'AGATE 
à quantité de Corncte qui ne fe diftinguent ni par des bandes ni par d’au- 
tres caraëtères de façon qu'on puille les honorer d’une dénomination par- 
ticulière, & ce nom géneral s’aplique à tous les Cornets marquez de deffeins 
& de figures indéterminées {ur un fonds blanc brillant. Nous ne donnerons 
point d'autre nom à la préfente figure quoiqu'il en foit fait mention çà & là 
fous plufieurs autres dénominations, que nous fuprimons ici, foit parcequ'elles 
ne font pas affez déterminées, foit parceque les mêmes noms ont aufli été 
affe£tés à d’autres coquilles, ce qui ne peut qu'occafionner de la confufion. 
Cette piece eft blanche comme neige, & a des taches d’un brun-foncé, 
qui forment presque deux bandes, entrecoupées pourtant par quantité de 
points & d’autres petites taches, La coquille eft épaifle & un peu ven. 
truë. Les contours s’elèvent en pointe. 


Fr. $. Nous renvoyons ici le LeËteur à ce que nous avons dit Part. I. 
PL XVHL fig. 1. au fujèt de l'Æfcargot aux nuées où à nuages qui y a Été 
décrit. Ce que nous avons à ajouter ici, c’eft que la prefente COQUILLE 
ANUAGES reflemble parfaitement à l’autre relativement à la Struéture; 
il n'y a de difirence qu'aux defleins, & il eft de fait qu’on en trouve ra- 


rement deux où les deffeins foient pareils, On jes 2pelle auffi le LIMAÇON 
D 3 TIGRE; 


30 Lu + JE 


TIGRE, quand Îles couleurs paroiflent bien diftinétément, quoiqu'on donne 
auffi ce nom à une autre forte. 


PLANCHE XII. ** 


Fig. 1. Il a été queftion PI. IX. fig. r. d'une Queuë haute , dont les crocs 
n'étoient pas longs, & qui n'étoit caraétérifée que par des rides & par des 
plis, qui partent toûjours de l'embouchure aëtueille. La préfente coquille 
au contraire eft garnie fur {es plis de longs crocs ou dents, qui la font apel. 
ler LA QUEUE HAUTE À CROCS, Où DENTEE. Celle-ci eft du refte 
femblable à l'autre relativement à la Stru£ture, aux plis, & aux rides 
transverfales. La partie fupèrieure des contours eft brune. Plus bas on 
voit des bandes d'un brun pâle fur un fonds gris de cendres. L'embouchu. 
re eft tout - à. fait blanche, excepté qu'on y aperçoit la couleur brune des 
bandes à travers la coquille. 


(#) en allee Fig, 1. On donne à cet Efcargot ailé le nom'de LIMAGON AILE AUX. 

D. LENTILLES (*), à caufe de la convenance de fes taches avec celles qui vien- 

Ce font les nent à certaines perfonnes au vifage & aux mains. Quelques Ecrivains 

se ee l'apellent auffi GRENOUILLE. Sa coquille eft épaifle, & garnie d'une lar. 

prendquel- ge babine fur un bord épais. On voit fur le prémier contour un rang de 

Li boftes elevées & plus bas il y en a encore quelques unes plus petites, Outre 

nes ee cela la coquille eft un peu ridée. L'embouchure eft au dedans couleur de 
Fes, 7 chair. 

Fig. 3. Cette Figure reprefente une VOILE D'ARTIMOKN ROUGEA- 

TRE. Comme nous avons déjà expliqué cette denomination Part. I. PI. 

XVII fig. s. nous nous contenterors d’ajouter ici que la préfente voile 

n'eft ni fi haute, ni fi raboteufe que l’autre, & qu'elle a auffi, proportion 

gardée , une coquille moins épaifle. Sa grofle babine & l'embouchure font 


d'une couleur d'argent brillante. 


Fig. 4. On trouve auffi dans le genre des Limaçons ailez une pièce qu'on 
apelle le LIMAÇON DE CANARIE, tel qu'on le voit dans cette figure. 
Cette dénomination ne tire nullement fon origine de la couleur jaune des 
Serins de Canarie, comme quelques uns croient, mais de ce que ce Limaçon 

ref- 


EL, 
XII res 


D 
us Huseo CM ulleria 10. 


T. C. Filles ad naë. prit FAP. Tearttiie" Cudps. 


XIV*° 


PIE, 


ie 


"20 2A 7 


re dé) 
LT Mes e. 


fee pr. 


Paul. Aiiffrier 


. er : : 
Aller ad. nat. piraxitt : 


d 


d 


KL + JE 31 


reffemble felon RUuMPH à un certain fruit des Iles Canaries, quand ileft pé. 
lé. Commeily en a plufeurs efpèces, on diftingue celle- ci par le nom 
de LIMAGON DE CANARIE LARGE À BANDES JAUNES. Ces bandes 
fe trouvent fur un fond blanc & font entrecoupées çà & là. L'embouchure 


eft ridée en dedans, & de couleur blanche. 


Fig. s. On doit ranger à la même catégorie le préfent LIMAGÇON pe 
CANARIE RABOTEUXx, dont les contours font garnis de noeuds. La cou- 
leur au dehors eft cendrée, mais l'intérieur de l'embouchure eft noir. C’eft 
de là que vient à cette piece le nom de petite bouche noire. L’embou- 
chure en eft aufliun peu ridée en dedans. Cet animal doit étre compté par. 
miles Tireurs d'armes parce qu’il chaffe également les autres Limaçons. On 
trouve fouvent dans cette coquille un Cuman où Ecreviffe. 


PLANCHE XIV. ++ 


Fig, 1. La Figure 1. de la Planche V. ** de la préfente Partie nous a 
fourni l'occafion de décrire le Fufeau long €g étroit. Ceci nous met devant 
les veux le FUSEAU LONG ET LARGE. Comme celui-ci eft femblable 
à l’autre par fa ftruêture, nous n'en dirons autre chofe fi ce n’eft que fa 
coquille eft beaucoup plus épaifle, & toutes fes rides plus fortes, 


Fig. 2. La ToupPiE ROUGE A BANDES eft couleur de chair, mais 
elle 2 au fond de chaque contour un bord blanc tacheté de rouge, qui fait 
le tour du limason en forme de bande. L’embouchure reflemble à de la 
nacre de perle, 


Fig. 3. Voici encore une Toupie d'une grande beauté, Il eft presqu'im- 
poffible d'en décrire la couleur. On n’a qu'à fe repréfenter un brillant fon- 
cé de nacre de perle dans lequel éclatent tour-à tour en forme de flammes (2) ©n 
la couleur de feu, le verd de mer, & le bleu céleite fur un fond en partie is . 
violet & en partie bleu d'acier bruni (a), ce qui produit à chaque moment ait 


un efFèt varié, & ces couleurs font les mêmes au dedans de la coquille Nbre ” 
eomme au dehors. geantes 
Gorge de 


Fig. 4. pigeon, 


3 VW + JE 


Hg. 4. Ce qu'on voit ici eft un petit Buccin, qu'on peut apeller à jufte 
titre le BUCCIN 4 LIGNes, tous fes contours étant rayez en travers de 
quantté de Ignes brunes entrecoupées, qui en font le tour fur un fond 
gris-cendré. En long ce font des ondes brunes qui traverfent les lignes 
tout autour en defcendant, & à la partie inférieure des contours la couuil- 
le fe termine d'une manière particulière en un bord blanc tacheté de brun. 
L'Embouchure eft blanche. 


Hg. $. Le PETIT PAISAN eft un Limaçon dont on a vü la defcription 
Part. IL. PI XIV.* fig. 4, s. où il a été fait mention d'un individu de cette 
efpèce uni, & entouré de lignes. Celui-ci eft de la même ‘orte. La couleur 
du fond eft blanche tirant fur le rougeître, Les lignes transverfales qui 
l'entourent font d’un brun foncé. 


PLANCHE, XV.“ 


Fig. 1. Cette figure dépeint une longue oreille marine verte d'une efpè. 
ce particulière très- difèrente des oreilles marines larges dont ïl a été parlé 
dans les deux prémières Parties, Elle a à la verité la même coquille, la 
même Struéture & le même brillant de la nacre, mais elle eft étroite, & 
beaucoup plus longue, & l'on y voit jouër une couleur verte qui diftingue 
particulièrement cette pièce. Son écorce extèrieure, dont elle eft dépouil. 
lée dans cette figure, eft auffi verdâtre. Des trous que l’on voit à la co- 
quille, les fupèrieurs font fermez, & les inférieurs ouverts, & nous avons 
obfervé qu'en génèral les fix trous d'en bas font toùjours ouverts. Il eit 
vrai qu'originairement ils ont été tous ouverts. ‘Mais à mefure que l'ani- 
mal forme un trou nouveau, il en ferme toujours en haut un des vieux, de 
{forte qu'il n'en refte jamais que fix d'ouverts. 


Fig. 2. Ceci eft une PETITE TOUR JAUNE FACON D'FGUILLE, dont les 
contours ont quantité de rides qui defcendent du haut en bas. La couleur 
tire çà & là fur le brun-foncé. L’embouchure eft au dedans blanche & 
ridée. 


Fig. 3. Entre les Limaçons en Eguille où en poinçon tels qu'eft celui-ci 
on en trouve dont les contours font fort entaillez. On leur donne le nom 
de 


PAL. XV” 


_ 
Cr % areo LM 1 ano. 


T7. C. PAller ad nat. print. — alentin PBfEhofF feu dort. 


PA 


x Museo Sel, 1 Du Ur #20: 


TC. Picller ad nat VAL ES GP Trautner fe 


? 


D + JE 33 


de 7is, qui difèrent des Sfrombes où Eguilles. Comme les contours de celle. 
ci font garnis de grains, on l'apelle LA vis GRAINE, Chaque contour 
. a un double rang de ces grains, & il y en a un fimple dans chaque cane- 
lure, que les contours forment. La couleur en eft de tout point cendrée. 


Fig. 4. Le préfent Limaçon demi. Lunaire a des bandes elégantes. Elles 
font étroites, blanches, & pofées fur un fond jaune tirant fur le brun. Et 
comme la coquille eft couverte du haut en bas d'ondes brunes foncées, ces 
ondes traverfent les bandes de façon qu’elles s'y forment en pointe. L'Em- 
bouchure eft munie d’un Couvercle plat de couleur blanche, uni & brillant 
en bas comme de la Porcelaine, mais couvert en haut d’anneaux en demi- 
Lune & de rides qui vont vers la circonférence, Ce couvercle s'ouvre 
comme un Battant de Porte, ce qui peut faire nommer cette pièce un L1- 
MAGON À BATTANT. On obferve un Umbilic à coté de l'Embouchure. 


Fig. $. Nous trouvons enfin ici encore une BOUCHE D'ARGENT VER- 
TZ A CÔTES, qui apartient aux Coguilles en Lune. La Coquille en eft ver- 
dâtre & blanche, marbrée ou flammée d'un brun foncé. Les Contours font 
garnis de pluficurs côtes qui les environnent en travers, entre lesquelles 
1 y a toüjours un rarg de petits noeuds, ou de petits grains de façon que 
cette pièce eft en même temps grainée & à côtes. L'Embouchure a au de- 
dans un très-beau brillant de nacre de couleur argentine. 


PEANCHE XVL 7? 


Fig. 1. D'après quantité d’Obfervations que nous avons faites fur la 
ftruéture des Limaçons nous nous fommes convaincus que ce qu'on apelle 
jes Zimaçons ailez, dont l'Embouchure fe termine en un lambeau, n'ont pas 
eû toujours ce lambeau à l'embouchure depuis leur prémiere jeunefle, mais 
que plufieurs Individus de cette efpèce ne prennent ce lambeau, ou ce lar- 
ge bord avancé de l'embouchure, qu'après que le Limaçon eft parvenu à un 
‘ certain age, ce Lambeau faifant pour ainfi dire la Clôture du bâtiment, & 
de l'Architetture des contours. Nous rangeons dans cette efpèce du gen- 
re des Limaçons à Aiguillons principalement les Culotes de Suiffe, lesquelles 
n'ayant dans leurs prémières années point de bord à l'embouchure ne laiffent 
pas de devenir avec le tems de gros & larges Limaçons à lambeau, de forte 

Troijième Partie. E que, 


LA 


34 % + 


que, felon nous, ‘on devroit les placer parmi les ailez, & non parmi les 
Limaçons à aiguillons, quoiqu'ils n’ayent pas encore le lambeau lorsqu'on 
les trouve , tout comme RUMPH ne fait aucun fcrupule de mettre les Moig- 
nons au rang des Harpons de Nacelle. 


La figure nous produit un Limacon connu fous le nom de LIMAGON 
JAUNE À LAMBEAU, quoiqu'il ne foit pas toüjours pourvû du lambeau. Sa 
Struéture reflemble parfaitement à celle des Culures de Suifle dentées. Ce 
qui en difère ici, c'eft qu'à celui-ci qui n’eft qu'une fous - efpèce, & qui a 
outre cela une furcroiflance , l'embouchure fe termine en un lambeau , lequc, 
fans avancer beaucoup n’en eft pas moins épais & élevé & dailleurs plus 
gros & plus péfant que tout le refte de la coquille. La couleur en eft un 
rouge jaunâtre, cependant les contours fupérieurs font le plus fouvent blan- 
châtres. La coquille eft unie & brillante, cependant de façon qu’on y aper. 
çoit diftinétément les rayes, où l'animal a toûjours continué fon bâtiment, 
L'embouchure eft blanche, & tachetée de noir vers fon bord extérieur. 


Fig. 2. Que de certains Genres fe transforment quelquefois, & pren. 
nent fucceffivement la forme, qui carattérife un autre Genre, c'eift une 
Obfervation, dont il a fouvent été fait mention dans le préfent ouvrage. 
Mais comme la Nature n'opère jamais par bonds, & qu’elle procède par 
degrez dans toutes fes produétions, il refulte de là que les Limacons, 
qui pañent d'un Genre à un autre, ont d‘jà quelque conformité entre eux, 
même dans le tems où leur Strutture femble avoir le moins de convenan- 
ce. C’eift dequoi les Cornets & les Rouleaux fournifient un exemple. Ces 
deux Genres fe reflemblent en ce que les Coquilles de l’un & de l’autre 
font longues & étroites , larges en haut, fe terminant en pointe, pourvüés 
d'une embouchure longue & étroite. I] s’en trouve cependant dans les Va- 
riations qu'on ne peut nommer ni Cornets ni Rouleaux, ce qui eft caufe 
que ces pièces équivoques font rangées dans un genre par un Ecrivain, & 
par un autre dansun autre, La préfente Figure produit un de ces Limaconsde 
conformation équivoque qu'on apellele ROULEAU DE MARBRE. Il eft fait en 
quelque forte comme un Cone ventru, où comme un Barroir de Tonne- 
lier obtus. Deux raifons doivent le faire placer préfèrablement parmi les 
Rouleaux, La prémière eft qu'en bas le dedans de l'embouchure eft garni 

de 


% + JE 35 
de quelques côtes élevées, ce qui fe rencontre toüjours aux rouleaux, & jamais 
aux cones ? l'autre c’eft que l'embouchure eft entaillée tout-à-fait en bas à la 
pointe, caraétère qu'on ne remarque jamais aux cones, mais qui paroit 
toûjours aux rouleaux, & cela même trés - diftinétément. Quant à la cou. 
leur elle eft marbrée de bleu, de blanc, de brun, de noirtre, ou de 
brun-foncé , quelquefois un peu luftrée de verd. Il eft plus facile de di. 
ftüinguer les defleins de cette marbrûre à la figure même , que de la décrire, 
d'autant plus qu’il y a toûjours à cet égard quelque diférence à chaque In- 
dividu. 


Fig. 3° On doit mettre au méme rang un autrerourL eau de MARBRE 
que la préfente figure dépeint. La Struéture en eft la même qu'au précè. 
dent, mais il en difére beaucoup relativement aux couleurs & aux deffeins, 
en particulier par un trés- grand nombre de lignes transverfales fines pofées 
à diftance égale l'une de l’autre fur la peau de la coquille. 


Fig. 4. 1] faut aflocier à la Culote de Suiffe dentée une certaine efpèce 
bigarrée qu’ on nomme 2 CORNE FRANGOISE,OU|1 CORNE COURONNE, 
ou le CHAMEAU MAkBkE. La Struéture en eft la même qu’à la Culote 
de Suifle, mais ici les Contours s’élevent un peu plus à la façon des Tours, 
& les dents ou petits Crocs font moins longs, & placez plus près l'un de 
l'autre qu'à la Culote. Ce qui diftingue le plus cette pièce ce font les cou- 
leurs & les deffeins, où l'on voit une Marbrüre mélée de brun-foncé, de 
blanc & de bleuâtre. Quelquefois les taches en font un peu plus grandes & 
Plus jaunatres aux unes qu'aux autres, 


Fig. s. Au prémier coup d'oeil on voit que cette coquille apartient 
a l'efpèce des Æguilles, où des Pis. Mais comme au haut des contours elle 
eft munie de tous côtez d'un rang de crocs aigus & fort élevez on l’apelle 
la vis A BOSSES, OURABOTEVSE. Quelques Curieux la nomment auf 
l'os DUBEC GARNI D'EPINES, ou le BEC pu corBmau. Le fond de 
la couleur eft un blanc jaunâtre couvert ca & la de groffes taches, en par. 
tie noires & en partie bleuîtres, entre lesquelles on aperçoit une grande 
quantité de petits points bruns. L'embouchure fe termine en un bec courbe 
retrouffé. 


€ : PLAN- 


36 S% + JE 
PLANCHE. XVIL.** 


Fig. 1. Le LIMAGON À LAMBEAU DES INDES OCCIDENTALES 
GARNI DEBOSSES, qu'on voit ici, eft une pièce qu’on ne trouve que ra- 
rement dans toute fa beauté. Cette coquille n’eft pas fort épaifle & par 
conféquent affez légère à proportion de fa grandeur, Elle eft au refte 
blanche comme neige, & n’eft décorée que de deux bandes couleur de 
rofe, ou de fleur de pomme, dont l’une pañle en travers fur les bofles, & 
l'autre en fait le tour en bas. L’embouchure en eft rougeätre, du moins 
d'un côté. On remarque auffi fur la coquille quelques lignes brunettes, ou 
de couleur ebscure. Ce qu'on voit de jaune çà & là fur le fond blanc 
n’eft qu’un refte de la prémière peau, qu’on ne peut jamais lever entière- 
ment, quelque moyen que l’on employe, à moins qu'onne veuille émoudre 
& polir toute la coquille. Le lambeau de l’embouchure s avance tout feul, 
& eft fort large, ce qui élargit confidérablement l'embouchure même. Les 
crocs des contours font cavez en dedans. 


Fig. 2. Les Rouleaux font ou courts & larges, auquel cas on les 
apelle proprement Dattes où Olves, ou ils font oblongs & étroits, 
& alors on leur donne particulièrement le nom de Rouleaux, Mais ce nom 
eft accompagné aufi felon les Variations de difèrentes Epitètes. Ainf l’on 
a des Rouleaux de Porphyre, d'Agate, de Marbre &c, Les uns font à ban- 
des, d’autres en font privez. Quelques uns font remarquables par leur cou- 
leur, par la beauté des defleins, ou par une embouchure colorée d’une 
façon particuliére, comme par exemple de bleu, de jaune, de blanc ,de 
rouge, de pourpre, &c. Celui que l'on voit ici eft le LONG ROuLEAu 


MARBRE DE COULEUR JAUNE, & femblable par fa Strufture aux autres de 
la même Clafñe. 


Fig. 3. Nous voyons icila DATTE BRUNE A BANDES, Gliférente d'une 
autre Datte brune, qu’on apelle la féve de café. Cette couleur brune eft 
tantôt foncée & presque noire, tantôt claire & presque jaune. La bande 
du milieu en fait ja décoration la plus rare, Une bande pareille enjolive le 
prémier contour. L’embouchure en eft toüjours blanche. 


Hg. 


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Éx e Museo D PDR ER TO. 


«TS. C'Aller ad nat. prix LA 


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x — Huseo SAS 0 LD : 


7 LC PAiuler ad nat. pinax.. 


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SU + JE 37 


Fig. 4. Les Cornets qu'on défigne par les noms de Coufin à dentelles, 
Amiral des Indes occidentales, & Cornet au fromage verd, font des pièces qui 
fe refflemblent affez, relativement au deffein en génèral, & à la conforma- 
tion de la coquille. On a produit dans cet ouvrage pluñeurs Individus 
mignons de cette efpèce: (Voyez éntre autres Part. [. PI, VIL fig. 3. & 
Part. IL PI. V.* fig. 3.) Cependant comme il fe rencontre dans la même 
efpèce de grandes variations on a crû devoir offrir dans cette troifième Par- 
tie aux yeux du Leëteur plufieurs de ces pièces élègamment variées, d’au- 
tant plus que les Curieux tiennent la multiplicité des Cones à bandes pour 
la plus grande parure de leurs cabinets. Le coussin à BANDES BRuN dé. 
peint dans la figure , a trois bandes blanches qui l’ornentenhaut, en bas, & 
au milieu & font marquées de flammes brunes. Le refte du fond eft brun- 
foncé. 


1 
Fig, $. On range dans la même efpèce le CONF A BANDES DES INDES 
OCCIDENTALES qui fe préfenteici. Il difère pourtant du précedent, en ce 
que fon fond eft blanc, garni de flammes brunes, & que les deux bandes 
larges qui le décorent font d’un brun-foncé. Les contours aboutiffent en 
bas en une pointe aigue. 


PLANCHE XVII ** 


Fig. 1. Une des plus grandes pièces qu'on trouve dans l’Efpèce prin- 
cipale des Eguilles, c’eit celle - ci fans contredit. On la nomme l'EGUILTE 
Dr MARAÏ5, OU ]a COURONNE PAPALE BATARDE DES INDES OCCIDENTALES, 
Quelques Auteurs, eù égard à fa patrie, l’apellent le POINCON DE CFRAM, 
parcequ'on la trouve aux côtes de l'Ile de Ceram aux Indes orientales, On 
la trouve auffi aux Îles de Boero & de Celebes dans les buiflons marécageux CEA 
du Sagor (a), où on les cherche foigneufement, parceque l'animal eit bon Ségo, Zagos, 


agdu ; 


à manger, grandeher- 
be femblab. 
Cette Eguille difère au refte affez des autres, tant par fa largeur ex- ENT 

G 


traordinaire, que par fa vafte embouchure , qui eft munie d’un bord , & mier qui 
outre cela d’un couvercle, fans compter que fa pointe fe trouve rarement Sroit aux 


: : Pa ñ US ; . Moluques, 
entière, mais ordinairement comme rompuë. En génèral fa coquille paroit Elle porte 


fangeufe, & a des couleurs entremélées. Le contour inférieur eft le plus Mere 
n 


E 3 grand , ronde com- 


38 % + JE 


“ Use grand, & d’un brun qui tire fur le noir. Il eft ftrié de lignes fines en tra. 
taquelle on VETS à diftance égale , & un peu entaillé en haut, ce qui fait comparer cet- 
trouve une te pièce à la couromme papale. Les autres contours font de couleur mêlée, 
efpèce de . . À . 
farine, blanche, noire,brune, & jaune, & la pointe eft blanche & tachetée de verd, 
ete ou pour mieux dire, elle femble gâtée par l'air, & être couverte de vafe. 
Fi LES Fig. 2. Ce qui fe préfente ici eft la BRUNETTE ABANDES. C’eft un Co- 
peus d'ex- ne ventru à contours avancez, & à coquille épaifle. Le fond, qui eft un 
rai brun- clair, eft couvert d’une infinité de taches blanches formées en coeur. 
Trois larges bandes d'un brun-foncé , garnies de taches en coeur plus grandes 


que lesautres , environnent le prémier contour. 


Fig. 3. Nous avons vü fur la Planche précèdente fig. 4. un Coufin à den. 
telles brun. Voici une coquille tout-à-fait femblable , ne difèrant de la 
précedente que par la couleur d'orange qu’a celle-ci. Et peut-être cet. 
te diférence ne provient - elle que de ce que la dernière à été plus émoulué, 


Fig. 4. I en eft de même de ce Limaçon- ci relativement à la couleur, 
puisque nous avons vû à Ja fig. ç, de la Planche précèdente un Cone des 
Indes occidentales à bandes brunes, & que nous voyons ici la même coquille 
façon d' Amiral à bandes jaunes. 


Fig. $. L'on tire dela même plage de la Mer d'Amérique, fçavoir des 
Iles Antilles & du Golfe du Mexique cette Coquille - ci qu’ on apelle le CORNET 
aux LETTRES. On y obferve fur un fond blanc plufieurs rangs de points 
& taches jaunes, qui vont toutes en travers, & font placées alternativement, 
c'eft - à- dire qu'il y a dabord en haut deux rangs de points, & enfuite un 
rang de taches, puis derechef un rang de points & ainfi de fuite, Cepen- 
dant cet ordre n’eft pas obfervé ainfi fur toutes les coquilles, car on en 
trouve qui ont plus ou moins de rangs, de points, de taches, & de lignes. 
Cela peut auffi provenir de ce qu’une coquille à été plus où moins émoulue, 
ce qui produit de même une diférence dans les couleurs, puisque celles 
qu'on a émoulués le moins font d'un brun-foncé, & qu’elles ont le plus 
de points, de lignes, & de taches. Nous ne prétendons cependant pas nier 
qu'il ne puiflé y avoir quelque diférence «ans les efpèces, 


PLAN- 


«TC, Heller ad nat: pr vit. 


À / 0e) ” 4 . 
ES CE PAT DE 110. 


: re? 
rm. ac. Tyroff. fcuirs. 
LAIT 


SW & JE 39 
PLANCHE. XIX. 


Fig, 1. Le préfent Limacon porte plufieurs noms. Celui qui lui eft le 
plus propre eft La VERITABLE BKUNETTE , ou le CORNET JAUNE A RETS; les 
Hollandois lui donnent celui de Corne jaune à rêts , parce que le mot de Cr- 
ne, dont les Hollandois fe fervent pour exprimer un Limaçon, indique en 
général un corps de figure torfe, ce qui convient parfaitement à celle des 
Limaçons, dont les chambres font difpofées en ligne fpirale. Des autres 
noms qu'on donne à cette pièce nous n’en alleguerons que deux, qui font 
ja Dame bigarrée, & le Cornet de Porphyre. Sa Struéture a au refte beau. 
coup plus de raport à celle des Rouleaux qu’à celle des Cones. Elie eft 
d’un brun jaunâtre, parfemée de taches en forme de coeur, blanches come 
me de la neige, & brille comme de l'Agate. 


Fig. 2. On tire aufli des Indes occidentales une efpèce de petits Cones 
entourez de lignes fines, fur lesquelles font pofez de petits grains élevezs 
Ces piéces, comme on le voit à la figure, font munies d’une peau brune, 
qui couvre une coquille rougeitre. Les contours fupèrieurs font échan- 
crez de tous côtez, ce qui donne à la coquille un air couronné, On la 
met au rang des BARROIRS DE TONNELIER COURTS. 


Fig. 3. On divife, à l'exemple des Porcelaines , les Rouleaux le plus 
convenablement en grands & petits. {Le nombre des derniers eft fi grand, 
que malgré la varieté qui y regne, on les comprend encore tous fous une 
dénomination génèrale, parcequ’on n’a pas encore affeété des noms par. 
ticuliers à chaque efpéce. (On nomme cependant le petit Rouleau que 
nôtre figure repréfente le CHARBON ARDENT. La coquille en eft unie & 
trillante, Sa couleur eft blanche au fond , parfemée çà & là de points & 
de petites taches bleuës, Une large bande en entoure la partie fupèrieure. 
Tous les Individus de ce petit Rouleau ne font pas de couleur égale, Car 
il y en a ou les taches & la bande font brunes, jaunes, ou noires. Quel. 
quefois on y trouve deux bandes au lieu d’une. On en voit auffi qui font 
blanches comme neige, Mais toutes ces Variations ne font que des jeux 
de la nature, qui ne fufifent pas pour conftituer une efpèce. 


Fig. 


40 LU # JE 


Hg. 4. Nous avons expliqué dans les parties précèdentes ce que c’eft 
que les Barroirs de Tonnelier grainez.  Aïnfi pour ne tomber dans aucune re. 
pet tion inutile, nous nous contenterons de dire que la pièce dépeinte dans 
nôtre figure porte le nomde LONG BARROIR DE TONNELIER GRAINE. 


Les grains en font élevez, & la couleur blanche fur laquelle on voit des 
taches brunes de couleur ternie, 


Fig. ç. La Vis de Tambour longue &S étroite a été repréfentée & décrite 
cy- deffus Part. L. PL VIIL fig. 6. En voici encore une du Genre des Eguil- 
jes qu’on peut aflocier à celle -là. On l’apelle la vis DE TAMBOUR LAR- 
GE ET COURTE. Ses Canelures autour des contours ne font à beaucoup 
près ni fi nombreufes ni fi profondes que celles de l’autre, & elle en difère 
auffi par un bourrelet élevé qu'on aperçoit au milieu de chaque contour, 
Les couleurs qui la diftinguent font le jaune tirant fur le brun, le gris de 
cendre, & le blanc, | 


PLANCHE XX.+#+ 


Fig. 1. Le Genre des Limaçons en Lune, ou Coquilles Lunaires, eft très- 
riche en diférentes efpèces diflinguées entre elles d'une façon remarquable 
par la varieté de leur Struéture, On en trouve de rares dans cette quanti- 
té. Telle eft celle-ci qu'on nomime Ja COQUILLE LUNAIRE NOUEUSE DE 
NACRE DE PERLE. Elle a fur fes contours diverfes côtes transverfales, cou- 
pées tout le long par quantité de rides, qui pañlent dans les canelures d’une 
côte à l’autre. Les deux côtes d'en haut font garnies chacune d'un rang de 
noeuds, dont le rang fupérieur confifte en groffes élevations & l'inférieur en 
petits noeuds. Toute la coquille eft couverte d'une écorce rude, velou- 
tée, & de couleur brune, tirant fur le rougecître, à travers laquelle on 
aperçoit de toutes parts le brillant de la nacre. Au dedans on voit un 
brillant argentin, qui le dispute en beauté à la plus belle nacre, où les cou. 
leurs de l'arc-en-ciel, en particulier le bleu & le verd, jouent avec éclat. 
Cette pièce vient des Antilles. 


Fig. 2. Nous avons parlé dans la prémière , & dans cette troifième Par- 
tie d'une Voile d'artimon, & nous avons expliqué en même tems la raifon 
de cette dénomination, On peut lui aflocier une Sous-efpèce dont les 

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contours fe terminent en une longue pointe à la façon des Fguilles, & dont 
Je lambeau qui tient à l'embouchure n’eft pas fort large, à proportion de 
fa longueur, comme cela fe voit à la figure. On apelle cette VOILE D’AR- 
TIMON la ROULEE, ou la RETROUSSEE, Cette coquille eft jaunâtre 
au Cchors, blanche au dedans, & le lambeau de l'embouchure mince, au 
lieu que l’autre Voile d'artimon eft de coquille épaifle, & que le bord de 
fon embouchure fe termine en un gros bourrelet. 


Fig. 3. On a parmi les Buccins une efpèce à coquille mince qu'on 
apelle Buccins règlés, où marqués de lignes. Cette efpèce eft fujette À tant 
de variations, à l'égard de la longueur & de la largeur des pièces, qu'on en 
trouve même qui ne peuvent plus être mifes au rang des buccins, & qu'on 
fe trouve obligé de placer parmi les Eguilles, tant elles font longues & 
étroites. C'eft à cette catégorie qu’apartiert celle- ci, qu’on apelle l'EGUIL. 
LE REGLEE, OU A LIGNES, La coquille eft d’un blanc fale, marquée 
de lignes jaunes, qui environnent les contours. 


Fig. 4. Ï fe préfente ici un Limaçon à lambeau à bandes qu'on n’a qu'à 
comparer à celui que nous avons décrit PI XV, ** fig. 4. pour fe convain- 
cre que ceci n'en eft qu'une plus grande efpèce, avec quelque petite di- 
fèrence dans le deflein. Le refte répond parfaitement à la defcription que 
nous avons donnée de l’autre. 


PLANCHE XXI. ** 


T'g. 1. Quoique bien des Ecrivains placent le Limaçon dépeint dans cet- 
te figure parmi les eones ventrus, nous croions néanmoins qu’on doit le 
ranger plütôt au nombre des Rouleaux. Où qu'il plaife aux curieux de le 
placer, nous conviendrons de bonne foi que fa figure équivoque peut le 
faire aflocier indiféremment aux Macelles comme aux Augèts. De fait quel. 
ques Auteurs l’apellent lAuget d'Agate. Son nom le plus génèralement con. 


nuettle GRAND AUGET A NUAGES. Nous avons déjà expliqué ce que ‘ 


fignifie le mot d’Auget dans la feconde Partie, PLIV.* fig. 1. Ce qui nous 
empèche de l’agréger aux nacelles, (a) c’eft qu’elle eft péfante, & que fa 
coquille eft épaifle. On peut lui affigner une place intermédiaire entre les 
Cylindres & les Rouleaux, Le fond en eft couleur de fleur de pomme, & 

Troifième Partie, F le 


(a) Cymbis, 


43 5 + JE 


le brun dont elle eft marquée confifte en une infinité de lignes transverfales, 
qui femblent avoir été tirées à la règle l’une fous l'autre. L'embouchure eft 
blanche comme neige. 


Fig. 2. Ce limaçon- ci eft d'une qualité toute diférente quoiqu'au pré- 
mier coup d'oeil on pourroit le prendre pour être d’une efpece fer blabl?. 
Sa coquille eft extrèmement mince & legère, & fon embouchure beaucoup 
plus étenduë, deux qualitez qui fufifent pour le faire placer fans balancer 
parmi les Cymbia, où Nacelles. Outre cela les contours font entaillez en haut, 
ce qui fait appeller cette pièce la CORNE A NUAGES COURONNEE, Ou 
l'AUGET COURONNE. Elle a des taches brunes & de petits nuages fur un 
fond blanc tirant fur le rougeître. Les deffeins qui la parent lui font auffi 
donner le nom de BROCAR D. 


PLANCHE XXII. ** 


Fig. 1. On voit dans cette figure un Cone qui reflemble à de la cire 
d’un jaune pâle, On l'apelle le FLAMBBAU DE MER, Où la ROUGIE. 
I eft tout d’une couleur jusques à la pointe qui eft couverte d'un beau vio- 
let, ce qui lui donne quelque reflemblance avec une Bougie allumée. 
Quelquefois on l’apelle aufile CORNET DES MENNONITES eû égard 
à fa netteté, & à ce qu’il a de mignon. Ilyen a une autre efpèce, qui 
cache encore fous une écorce grainée deux bandes bleuës ou violettes, qui 
paroïffent quand on polit la coquille, comme nous en avons vü une pa- 
reille Part, IL PI, XXIV. * fig. 4. où l'on peut aufli enlire la defcription. 


Fig. 2. Les Balifes, où Tonnes de mer, ou les Telescopes, font fans con- 
tredit les coquilles les plus rares dans le genre des Toupies, & nous nous 
faifons un plaifir d'en communiquer ici au Leéteur deux difèrentes, qui 
apartiennent à la Clafle des Tomzes. Ce n'eft fans doute que parcequelles 
_font courtes & larges qu’on les met au nombre des Toupies; car fi elles 

étoient longues & étroites, rien n'empêcheroit de les ranger parmi les Eguil- 
jes, auquel cas celle-ci pourroit repréfenter un Tambour, & l'autre un 
Poincon, Mais comme tel Le£teur pourroit avoir de la peine à reconoître 
dans ces coquilles la figure d’une Tonne, il ne fera pas hors de propos d’ex- 

pliquer cette dénomination. 
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Les Holandois ont coûtume de placer dans la mer au deffus des bancs 
de fable, dont les Nautonniers doivent fe garder, des tonnes larges par le 
haut, pointues en bas, qu'on attache par le bout pointu au banc, au moyen 
d'une chaine & d'une ancre, de forte que le côté large de la tonne, qui 
eft ordinairement teint en blanc ou en noir, furnage, & paroit aux yeux des 
Nautonniers, qui reconoiffent à ce fignal quand ils font près d'un banc de 
Sable. Ces Tonnes font garnies de cercles de fer épais, & poiflées de gau. 
dron. Cette defcription fait fufifamment conoître la reflemblance qu'il ya 
entre ces Tonnes & la figure des Toupies. 


Quoique les Coquilles, qu'on apelle proprement Tonnes de mer foient 
plus longues & plus étroites, & qu'elles foient garnies auñffi de quantité de 
cercles étroits; nous ne trouvons cependant aucune difficulté à défigner 
cette Toupie, qu'on apelle auffi LA GRANDE PIRAMIDE, par le nom de 
TONNE DE MER BATARDE. Les contours, qui s'élèvent en piramide 
font un peu ventrus, la couleur en eft brune & blanche, & la coquille qu; 
eneft couverte eft une façon de nacre. 


Fig. 3. Ceci eft ia véritable ToNNE DE MER. Les contours en font 
environnez de cercles bruns élevez, entre lesquels on voit paroître la co- 
quille blanchâtre. Le fond en eft abfolument brun, fur lequel on aperçoit 
plufieurs anneaux enfoncez, qui s’entourent l'un l’autre en ligne fpirale, 
1 y en a qui font plus longues & plus étroites, Elles viennent des Jndes 
orientales. On ne les trouve pas en quantité, 


Fig. 4. Au lieu de faire ici une defcription du préfent AuGeT 4 Nu. 
GES, quine feroit qu'une repetition, nous renvoyons le Leéteur à ce que 
nous avons dit fur la prémière figure de la Planche qui precède immèdia- 
tement celle-ci, nous contentant de faire obferver que cetindividu-ci di. 
fére un peu du précèdent par les defeins dont il eft marqué. En génèra] 
on trouveroit dificilement deux pièces abfolument pareilles, relativement 
aux deffeins. 


PLANCHE. XXII, ** 


Fig. 1. La LONGUE FIGUE DES INDES OCCIDENTALES, qui pa- 


roit dans cette figure, fe range parmi les coquilles en grelot; parceque fa 
Fz co- 


44 % + 


coquille eft mince, que fes contours font ventrus, & qu'elle a une embou- 
chure large, qui fe termine en un bec long un peu recourbé. Elle difere 
de la Bouteille, de la Rave, & Ge la Figue d'Efpagne, laquelle dernière vient 
des Zndes orientales & eft marquée de taches bigarrées, Sa Struëture eft re_ 
marquable, & il y en a rarement de pareille. Toute la coquille ef garnie à di- 
ftance égale de pluficurs côtes transverfales à travers desquelles pafient quantité 
de lignes exhauflées, placées fort près l'une de l'autre, ce qui donne à la 
fuperficie entière de la coquille l'air d’un Grillage fin. Les autres coûtures, 
qui paroifent fur les defleins, marquent Gimplement les endroits où l’animai 
a ajouté à fa coquille & l’a étendue. Les contours font un peu enfoncez en 
haut, où l'on ne voit paroître que le prémier, qui fe termine en une peti- 
te pointe, La couleur en eft au dedans & au dehors blanche, & d un gris 
jaunâtre. Cette pièce fe trouve aux Antilles, 


Fig. 2. Cette coquille, quieft la GRANDE EGUILLE MARINE, porte 
auffi le nom GROSSE JAMBE de TIGRE your la diftinguer de ia Fambe de 
Tigre mince, qui a été décrite Part. L PI. XXHE. fig. 4, On aperçoit au haut 
de chaque contour un rang de groffes taches brunes au dclfious desquel 
les il y a en ligne parallèle un autre rang de taches plus petites. La coquit- 
le eft aflez forte, & d’un blanc jaunatre. 


Fig. 3. Ceci eft une Sous -efpèce de l’Eguille dont nous venons de par- 
ler. Ses taches font d’un deflein un peu varié & profondément cachées fous 
une peau épaifle. 


Fig. 4. Nous avons déjà produit & décrit tant de Wafaz, que nous ne 
dirons rien de ja coquille de même efpèce, qui fe préfente ici, fi ce n’eft 
qu’elle eft de couleur brune tirant fur le rouge, & garnie de bandes noi. 
res. Ces bandes font tantôt larges tantôt étroites tour - à -tour, & élègam- 
ment garnies de taches jaunes tirant fur le blanchâtre, ou de rayes pendan- 
tes du haut en bas. Il faut convenir en géneral que fur les Maffau la varie. 
té des deffeins eft infinie, Ù 


PLANCHE XXIV. ** 


Fig. 1. On apelle Doublets de Corail une certaine efpèce de Moules en 
peigne à oreilles inégales, qui portent fur leurs côtes élevées & finement ra- 
yées 


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yées tout du long diverfes groffes bofes. La raifon de cette dénomination 
ne git pas tant dans les noeuds qu’on voit fur cette coquille, comme fi on 
avoit voulu défigner par ce nom un Corail noueux, que dans la couleur 
rouge exhauflée, par où ces Moules reïlémblent au Corail. Cependant on 
doit favoir que toutes les Moules de ce genre n’ont pas le rouge du Co- 
rail. Car on en trouve auffi qui font jaunes de citron, couleur d'orange, 
grifes, pales, & même de blanches comme neige, (Celle-ci, dont nôtre 
figure ne depeint que le déhors, eft blanchâtre. On y remarque pourtant 
cà & là entre les flries une couleur rouge ternie. Soit que la nature ne 
l'ait pas aflez travaillée, foit que cette pièce ait foufert entre les mains de 
ceux qui l'ont nettoyée, il n’en eft pas moins certain que les boffes fur les 
côtes & les rayes aux oreilles n'ont d'autre origine que l’accroiffement de 
la coquille. 


Fig. 2. Les HUITRES ORDINAIRES, qu’on conoit en tout païs, ne font 
regardées que comme des Moules tres - communes, Cependant on ne doit 
pas les exclure abfolument & indiftinctément d’une Colleétion de coquil- 
les, non feulement parceque ce font réellement des coquilles, mais auffi 
parce qu’on trouve dans ce genre des efpèces trés-belles, qui parleur beau. 
té feule méritent place dans un cabinet. Car le Genre entier des Huitres 
ordinaires renferme une très-grande quantité d’efpèces variées entr’elles 
foit par leur Struiture, foit par leur couleur, foit par leur patrie, La 
Struéture eft divertifiée en plufeurs façons. On en a à bec pointu, d’au- 
tres l'ont large ; les unes ont la coquille épaiffe d’autres l'ont fort mince; 
les unes font de figure oblongue, & leur bec eft placé à l’un des bouts, 
d'autres font rondes: d’autres encore forment un quarré, & quelques unes 
font faites en rhombe oblique. A quelques unes la coquille eft presqu'unie, 
à d’autres elle eft feuilletée, fur d’autres on voit des côtes regulièrement 
rangées, & fur d’autres on ne voit que des rides. Et toutes ces diféren- 
ces ne font pas de fimples variations, car elles indiquent autant d’efpèces 
réellement diverfes, ce qu'on peut diftinguer même au goût des animaux 
qui habitent ces coquilles. Quant à la couleur, on en trouve de grifes, de 
blanches.de rougeâtres,de vertes, denoires, de mouchetées,de bleues,de façons 
de nacre & de bigarrées. Nous ne prétendons pas juftement foutenir que 
ces couleurs diférentes indiquent autant d’efpèces diverfes. Car on peut 

Fa Yes 


46 M + JL 


rencontrer diférentes couleurs dans la même efpèce, & cela ne doit pas 
furprendre, parceque quoique les couleurs foient toûjours formées par le 
fuc de l'animal, la moindre diférence dans l'operation peut produire des 
couleurs variées au dehors. Ilen eft commedeshommes, quiont le teint tan- 
tôt noirâtre, tantôt jaunâtre, tantôt pale, parceque le fang n’a pas le même dé- 
gré de couleur rouge dans tous les individus, Quelle varieté de couleurs ne 
trouve -t-on pas fur les vifages? & de même aux poils des animaux de même 
efpèce. 


La patrie des huitres eft auffi quelquefois la caufe d’une fi grande 
diverfité. Quelle diférence n’y a-t-il pas entre les huitres des Zndes, & 
celles d'Europe, & combien ces dernières ne difèrent -elles pas entre elles ? 
Ceux qui fe conoïffent en huitres n’ont pas befoin de nos defcriptions 
pour conoitre la difèrence marquée qu'il y a entre les huitres angloifes de 
Colchefter & celles de la Zelande, ou du Texel. 


L'HuITRE ORDINAIRE que nôtre figure dépeint eft d’une trés - belle 
efpèce, de coquille épaifle, laquelle confifte en quantité de larges écailles, 
couchées l’une fur l’autre, & ou l'on voit plufieurs rides & excrefcences. 
La couleur du fond eft un blanc fale, fur lequel on voit des taches jaunes 
& noires, de couleur ternie. 


PLANCHE XXV.* 


Fig. 1. La Planche précèdente nous a produit la partie extèrieure d'un 
Doublet de Corail; cette figure - ci préfente la partie intèrieure du même 
Doublet. Il eft facile d'y remarquer que non feulement les côtes, mais 
auffi en partie les boflès de cette Moule font un peu cavées en dedans. 
On y aperçoit auffi la couleur rouge jaunâtre, qui couvre entièrement les 
oreilles de la coquille. Au milieu, entre les deux oreilles, fe trouve une 
tache blanchître où les coquilles tiennent l’une à l’autre par une membrane, 


Fig. 2. Voici le coté intérieur de la même huitre qu'on a vüë für la 
Planche précèdente, & que nous avons décrite. On voit à la fermeture, 
où les coquilles font liées en dedans par une membrane l’une à l’autre, quan- 


tité de rides qui indiquent feulement les écailles qui forment l'épaifieur de 
la 


ET. 
XXV”* 


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ja coqtille, Du refie ia coquille eft unie au dedans, excepté le milieu, qui 
eft un peu enfoncé & ridé, & où l'animal eft ordinairement attaché par un 
bout de {a chair. On voit la même chofe à la coquille fupèrieure moins 
ventiue, où l'animal fe trouve auffi attaché au milieu par un nerf membra- 
reux. C’eft là l'organe dont fe fert l'animal pour ouvrir fa coquille ou pour 
s'y renfermer. La force extraordinaire que l animal montre dans cette opé- 
ration eft quelque chofe d'étonnant, perfonne n'étant capable d'ouvrir une 
huitre pareille, fi ce n'eft avec des outils & en ufant d’une violence extrè- 
me. Ce qu'il y a de plus remarquable eft une couleur bleué tirant fur le 
noir, qui femble avoir pénètré la coquille BsteRe, fur laquelle paroïfient 
auf dou taches jaunes. 


PLANCHE XXVI++* 


Fig. 1, Parmi les Coquilles en Lune qu'on apelle aufi Huiliers, les Oreilles 
de Géant doivent tenir le prémier rang, & entre ces Oreilles la plus diftin- 
guée eft celle qu'on nomme L'OREILLE DE GEANT NOUEUSE BIGAR- 
rEE, que cette figure nous préfente. On obierve au haut des contours, 
& quelquefois au milieu & en bas, des rangs de boucles élevées en ligne 
transverfale. Ces contours font un peu obliques, & l'embouchure eft fort 
avancée. Le fond a un charmant brillant de nacre marbrée de taches ver. 
tes & brunes. La coquille parvient quelquefois à la grandeur de deux 
poings joints. Elle vient des Indes orientales , où quelques côtes en font 
abondamment fournies. Les Indiens mangent l'animal qui l'habite. 


Fig. 2. On a parlé plus haut du LIMAGON A LAMBEAU NOUEUX, 
qu'on apelle aufñ la Grenouille, ou les Lentilles, Ceci en eft une petite ef- 
pèce. Les noeuds en font difpofez en rangées, La couleur eft blanche ti- 
rant fur le bleuâtre, fur laquelle on remarque ça & là quelques rayes d’un 
brun pâle, particulièrement au bord de l'embouchure, 


Fig. 3. Nous donnons ici en particulier la figure de l'embouchure du 
même limaçon qué nous venons de décrire. Elle eft en dedans d’un beau 
rouge-brun, au lieu que l'embouchure de la grande efpèce de la même 
coquille eft au dedans d’un rouge blanchâtre ou couleur de chair. 


Fig, 


48 Se & JE 


Fig. 4. Ceci eft une petite efpèce d'£guille, qu'on apelle Bec d'éguière, 
à quoi elle refñlemble effettivement; mais comme le haut de chaque con- 
tour eft garni de noeuds, on lui donne le nom de BEcNouEux. D'ail- 
leurs ces contours font finement canelez tout autour ouentravers. La couleur 


en eft brune par tout, excepté à l’extrèmité des noeuds, & à l'embouchu. 
re, où elle eft blanchätre. 


Fig. s. On voit par la reffemblance qu'il y a entre cette figure & la 
precèdente que celle-ci reprèfente auffi un sec Noueux & ne difère de 
j'autre que par la couleur, qui, comme on voit, eftà cette dernière un jaune 
fale, & par une bande obfcure ternie, qui environne les contours. Ily a 
pourtant encore deux diférences à obferver. L'une eft qu’à celle-ciles pe- 
tits noeuds font plus ronds & mieux formez en globe, au lieu qu'à lartre 
Us fe terminent en pointe aiguë, & l'autre diférence eft qu'à celle denôtrefigure 
onne remarque point de petites canelures entre les contours. 


PLANCHE XXVII ** 


Fig. 1. Après avoir décrit L'OREILLE DE GE'ANT NOUEUSE BIGARREE 
que nous avons vuë fur la Planche précédente, nous avons voulu produire 
ici la partie infèrieure, ou l'embouchure de la même Pièce. Il eft dificile 
de voir quelque chofe de plus beau, & de plus propre à charmer les yeux, 
L'embouchure eft diftinguée par un brillant dc nacre bigarré, où le verd, le 
rouge, & le jaune éclatent tour-à-tour, comme àl’Arc-en-ciel, & les 
mêmes couleurs couvrent jusques au fond toute la paroi intérieure de la co- 
quille. Les deuxlignestransverfales , qui paroïffent au dedans de l'embouchu- 
re, & qui en femblent divifer la paroi intérieure en trois champs, ne font au- 
tre chofe qu'une cavité, qui provient des côtes ou élevations qu’on voit au 
dehors fur les contours, & fur lesquelles les petits noeuds fe trouvent rangez. 
Lorsqu'on rompt la coquille, & quela nacre dont elle eft compoñée fe fépare 
enécaille, schaque écaille, même la plus petite, brille des mêmes couleurs. 


À cette occafion nous ne devons pas pañèr fous filence que cette co. 
quille eft ordinairement munie d'un couvercle qu'on apelle le! Wombril de Venus. 
Ce couvercle eft prémièrement rond, comme la Pleine -fune, ce quifait apeïler 


L ces 


PF ELL. XXVII"” 


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T. C.Filler ad nat. pinxtt 


TZ. LdToninorr fe . 
PT 


Se + Jé 49 


ces limaçons les Zumaires. Après cela il eft d’une fubftance blanche comme 
neige & très-dure, ce qui lui fait donner le nom d’Onix. Puis on y re- 
marque au côté intérieur de petits anneaux bruns, qui fe terminent au mi. 
ieu enligne fpirale, & c’eft de là que vient à ce couvercle la denomination de 
NOMBRIL DE VENUS. Ces couvercles font blancs au dehors, & garnis de 
foffettes. L'animal eft doûé d’une fi grande force, que l’homme le plus 
fort ne fauroit les lever, fans rompre la coquille, ou fans courir le risque de 


s'endommager lui-même, 


Fig. 2. Tel genre renferme un fi grand nombre de petits individus, 
& les Curieux leur ont donné tant de noms diférens en fuivant chacun fon 
imagination, qu’il n’eft pas poffible d’affeéter à chaque pièce une denomi- 
nation déterminée, & qui foit adoptée généralement. On fe contente donc 
de comprendre quantité de ces limaçons fous un nom géneral qui indique 
fimplement l'efpèce dont il font. Telles font les deux pièces repréfentées 
par cette figure & par celle qu'on verra ci- déflous fig. s, qui ne peuvent être 
regardées que comme des Variations du CHATON GRAINE, On les ape!. 
le cHaTonws à caufe des taches entremêlées dont elles font marqu<es, & 
grainez, à caufe des grains qui les parent. Celui-ci eft à fond bleu, à ta. 
ches d'un brun-clair. La coquille eft entourée de côtes fines élevées, com- 
me fi c’étoit un fil d’archal. Mais comme ces côtes font tantôt moins éle- 
vées, & quelque fois entrecoupées par plulieurs canelures, on peut plutôt 
donner l'épitète de grainée à cette pièce que l’apeller une coquille à côtes. 


Fig. 3. Plufieurs Figures & Defcriptions qu’on a vüës dans cet ouvra- 
ge prouvent que les Sérombes où Fguilles, es Pis, & les petites Tours for. 
ment trois fortes diférentes. Aux Strombes le prémier contour feul eft auffi 
Jong que tous les autres enfemble, desquels les limites ne font pas mar- 
quées d’une façon fort vifible. Les Eguilles qu’on nomme 74: ont nombre 
de contours, lesquels diminuent proportionellement, de forte que le prémier 
n'eft pas fort grand à proportion des autres. Mais les petites Tours, qui 
reffemblent aux Strombes, en ce que leur prémier contour eft feul auffi 
long que tous les autres, en difèrent en ce que les limites des derniers font 
mieux marquées. Cela fufit pour expliquer pourquoi nous nommons cette 
pièce - ci un ftrombe & la fuivante une petite Tour. Le mot de Strombe, (* 

Troifième Partie. G n'eft 


(* enaliem, 
Straube 
Schnecke, 


59 % + JE 


n’eft qu’une Expreffion renouvellée du latin par les Auteurs. Nous donnons 
à cette pièce encore une Epitéte & l’apellons le sTroMBE À GRILLE parce- 
qu’elle eft garnie en long & en travers de côtes fines & élevées, qui s’en- 
trecoupent, à peu près comme le Buccin à grilles, que nous avons vü cy- deffus 
CPL XXVIL *) fig. 3. La couleur en eft un blanc fale, & les contours 
font marquez de taches jaunes, qui forment une efpèce de bande, 


Fig. 4. Ceci eft donc une PETITE TOUR, comme nous venons de 
l'infinuer, à laquelle on joint l'Epitète À côTes, parcequ’elle a tout du 
long des côtes élevées, & qu'elle eft réellement de la méme efpèce que celle 
dont il a été queftion dans la prémière Partie, PL XV. fig. s,6. Nous y 
renvoyons le Lé£teur pour la Defcription. Il faut cependant obferver que 
celle-ci eft jaune, au lieu que l’autre eft brune. Il fe pourroït pourtant 
bien que la brune devint jaune, fi l'on s’avifoit de l'émoudre encore une 
fois. Au moins n'oferions nous pas avancer que ce font deux efpèces dife- 
rentes, comme s’il y en avoit une brune & une jaune, puisqu'il eft de fait 
qu'une même pièce brune, à force d’être émoulue peut devenir d'abord 
d'un brun clair, & être enfuite renduë toute jaune. 


Fig. ç. Ce que nous v'nons de dire relativement à la couleur, peut 


auffi être apliqué à la préfente pièce, qui eft un CHATON GRAINE PLUS 
GARND que le précèdent, & dont les taches brunes font auffi plus foncées 


que celles que nous avons vüës & décrites fig. 2. 


PLANCELE XX VIIL ** 


Fig. 1. Le CASQUE UNI DE COULEUR CENDRE'E qui fe préfente ici 
porte le nom de LIMAGON De BEZOARD COMMUN, OU ORDINAIRE. 
Nous avons déjà donné de cette efpèce plufeurs defcriptions, auxquelles 
nous renvoyons le Leéteur. Quoique ce Limaçon ait au haut de fon 
prémier contour un rang de noeuds, lequel fe termine en côtes un peu 
alongées, on ne laifle pas de lui donner l’èpitète d’uni, pour le diftinguer 
des Casques fricotez, nouëux, Où à cotes fines, qui ont tous été décrits dans 
cet Ouvrage. La fuperficie de celui-ci eft couverte de taches fauves pres- 


que effacées, qui paroifient plus diftinétement au bord de l'embouchure. Ce. 
Ja 


PL. XXVIH*” 


ee Des She DAT De 20. 


PS CPEdler ad nat. pPurxit. Zzz. Pifhoff. 7. 


SO + JE fi 


la pourroit conduire à juger, que cette pièce apartient au Genre des Cas. 
ques tachetez, qu'on apelle Damiers, où petits Carreaux de Jardin. Au refte 
on peut apercevoir à cet individu, que l'animal en continuant l'édifice de fa 
coquille l’agrandit d’une moitié complette; car on voit vis-à-vis de l’em- 
bouchure, & à l'autre périphérie de la coquille, un Ourlet femblable tache- 
té, qui eft le bord de la vieille embouchure, 


Fig. 2, 3,4, 5. Ce font quatre belles Coquilles en Lune, conuës fous le 
nom des NAssAU, dont nous avons déja donné diverfes defcriptions, La 
raifon qui nous a déterminé à préfenter à la fois quatre coquilles de même 
efpèce fur une feule & même Planche, quoiqu'on ait vû plus d’un Maffau 
déjà décrit dans cet Ouvrage, c'eft que nous avons été bien aife de met- 
tre devant les yeux du Leëteur, en produifant ces Nafau, qui dans leur 
Genre & efpèce font des plus beaux qu’on puifle voir, les differentes va- 
riations dont la Nature embellit ces Produétions d’un même Genre, &, qui 
plus eft, d'une même efpèce. 

Ceci feroit fans doute un vafte champ pour nous, fi nous voulions nous 
étendre fur la qualité, fur l'origine , & fur la formation des defleins & des 
couleurs de chaque figure, & une difcuffion pareille rempliroit bien des pa. 
ges. Peut - être même éviterions - nous par là d’encourir de la part de cer- 
tains Le€teurs le reproche, que nos Defcriptions font trop concifes. Mais 
à quoi bon nous fatiguer fans néceffité, & fatiguer le plus grand nombre de 
ceux, à quice Livre tombera entre les mains, par la leéture de plufeurs 
pages fur les defleins & les couleurs, pendant qu'ils peuvent occuper leurs 
.yeux plus agréablement, & fe fatisfaire à tous ces égards, en regardant les 
figures- même, ce qui leur en fournit une idée bien plus vive. Tel Curieux, 
en voyant les deffeins & les Enluminures que nous devons à l’élegant Pin- 
ceau du Sr.KELLER, dont l'habileté eft connue, pourroit nous dire avec 
raifon qu'après avoir vu l'ouvrage de cet habile Peintre, des defcriptions 
étenduës ne font bonnes qu'à ennuyer. Elles ne peuvent convenir qu'a des 
Ouvrages , où les figures manquent tout-a- fait, ou font mal faites ; car dans 
ce cas il eft fans doute néceflaire que la defcription fuplée au défaut de la 
figure. Hors de là les defcriptions trop amples font non-feulement fafti- 

G 2 dieu: 


52 S + JE 


dieufes, mais auffi trés-fuperfluës. L'on ne doit décrire en détail que les 
objèts que le pinceau du Peintre ne fauroit repréfenter, comme la déromina- 
tion, le genre, l'efpèce, & chofes pareïlles , ce qu’on peut faire en peu de pa- 
roles, à quoi l’on peut quelquefois joindre des obfervations utiles, quand 
l'occafion s'en préfente, comme nous allons faire ici par une remarque gé- 
nèrale fur la diverfité des couleurs qui diftinguent les coquilles, puisque le 


fujet nous y conduit. 


Les couleurs font des rayons de lumière dont la refra£tion fe fait en 
diverfes façons, & qui, renvoyez d'une fuperficie, reflèchifient diférem- 
ment, felon que les écailles qui couvrent cette fuperficie forment certains 
angles. La coquille fe forme du fuc de l'animal, par conféquent c'eft dans 
ce fuc qu'on doit chercher la raifon des diferentes qualitez, & de la pof. 
tion de ces petites écailles imperceptibles à nos yeux. Or la diférence des 
qualitez des fucs dépend de la manière diverfe qu'emploie la nature en les 
formant, en quoi les vaifleaux dont l'animal eft compofé influent le plus. 
Nous concluons de là que les defieins qu’on voit fur la coquille répondent 
exaétement à la tifiüre fine & délicate des vaifleaux placez dans les parties 
tupèrieures du corps, par lesquels les fucs pénetrent au dehors. Nous n'in- 
fèrons cependant pas de là que la diverfité des defleins indique toûjours des 
efpèces diférentes, puisque cette raïfon ne feroit pas fufifante, & que trés- 
rarement l’on trouvera foit parmi ces Wafjiu foit parmi d’autres coquilles de 
couleur variée, deux pièces marquées des mêmes deffeins. L'on ne doit 
donc regarder ces variations dans les defieins & dans les couleurs, qui di- 
férencient les coquilles, que comme des jeux de la nature, tels que l'on en 
voit à la diverfité de la ‘couleur du poil des bêtes, ou à celle des traits fur 
Jes phifionomies humaines, ou à d’autres difèrences, qui diftinguent d'au. 
tres créatures de même genre & de même efpèce. Comme nous avons 
établi plufieurs autres remarques à ce fujèt fur le même principe, il s'enfuit 
que nous ne regardons pas toûjours la defcription des points, des couleurs, 
& des defféins, qu'on voit fur les coquilles, comme quelque chofe d'eflen- 
tiel, mais feulement dans les cas, où quelqu'une de ces marques conti: 
tuë un cara£tère diftinétif du Genre. 


PLAN- 


PTLE: 


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2 


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- 17) Op ( À 
É LA uiren ON, de 0 re 10. 
Val Bifhof fe. 


FC PAiller ad rat pit. 


SW & 53 
PLANCHE XXIX.* 


Fig. 1, La préfente efpèce de roupies PLATES ET RIDEES eft 
aflez rare; mais on n’en rencontre presque jamais, qui ayent encore leurs 
couleurs naturelles dans tout leur eclat. Celles qui pofiédent encore toute 
jeur beauté fe tiennent vraifemblablement au fond de la Mer, & sil arrive 
que l'animal periffe & que les ondes en jettent la coquille fur le rivage, on 
ne l'y trouve que toute blanche, & couverte d’une écorce calcaire, ou au- 
trement gâtée par l'air. Cette efpèce, & d’autres femblables fe rencontrent 
fur les rivages des les Antilles, où on les tire du fable, au fortir duquel el- 
les font de peu d’aparence, & reffémblent presque à une Pétrification. Les 
contours font ridez du haut en bas, ou garnis de côtes, qui vont en fer- 
pentant, entre lesquelles on aperçoit dans les enfoncemens encore quelques 
vefliges d’une peau jaune tirant fur le brunet, 


Fig. 2. La partie inferieure du même limaçon nous en fait voir Pem- 
bouchure, aflez femblable au fond des autres Toupies, & toute blanche. 
Cependant la qualité intérieure de Ja coquille paroit à travers la fuperficie, 
qui a un air de craie, & fait conoître que cette pièce eft une efpèce de 


Nacre. 


Fig. 3. Les Suceurs de rocher, & les Patelles, où Moules en Plat, coniti- 
tuent le fecond Genre des coquilles univalves, qui ne font pas torfes. Ily 
en a peu à qui on donne un nom particulier. Cependant celle- c1 porte ce- 
Jui de PATELLE ETOILEE, ou de PLAT EN ETOILE. On a déjà dit au. 
grepart ce que c'eft que ces Patelles. Cette efpèce eft garnie de dix côtes 
éevées, dont cinq dépañlent le bord de beaucoup, & cinq qui avancent 
moins, font placées entre les cinq prémières. La couleur en eft brune avec 
des anneaux blanchâtres, qui font le tour du centre. Ce centre ne paroit 
blanc, que parceque le fable en a mangé la couleur. L'intérieur de la co- 


quille eft blanc & de nature calcaire. 


Fig. 4. Le Plat en moule, qu'on voit ici, eft la PATELLE ETOILE 
DougLe, ainfi apellée parce qu'elle a deux fois autant de côtes que I: 
précèdente, où il faut cependant obferver qu'il ny en a que cinq , qui foient 
plus grandes que les autres, Le refte a confifte qu'en rayes élevées Fe 

3 à 


4 % + 


La coquille en eft colorée comme de l’écaille de Tortuë, au refte mince 


& transparente comme de la corne; le dedans eft jaune tirant fur le brunet, 
ou il eft brun.foncé, 


Fig. $. Nous voyons ici un petit Limaçon qui apartient à l’efpèce des 

: COQUILLES A AIGUILLONS SANS FRISURE, que les Auteurs apellent 

Re mise Murices, qu'il eft très-facile de diftinguer des Toupies, (*). La ftruêture en 
la parce. ft affez femblable à celle du Sabot, ou de la Poire sèche. Sa fubftance tient 


qu'ilya des de Ja craië, & eft couverte d'un brun terni. 

Coquilles a 

aiguillons 

frifées ou Fig. 6. On apelle petits Païfans les Buccins à large ventre & courts, qui 


Curices, font de figure baroque. C’eft de cette efpèce qu’eft le préfent limaçon, & 
“- en “F7 comme fon prémier grand contour eft couvert de bofles de tous cotez on 


ro jui donne le nom de PETIT PAÏSAN NOUEUXx. La coquille en eft jaune, 
CIE 
cken, à cau- & les boffes rougeitres. 


fe de leurs 

frifures, & : PLANCHE XXX."°° 

que les Tou- 

À 4 voi Fig. 1. On voit diverfes efpèces de PATELLES DOUBLES ETOILERS, 
qu'on pro- dont nous avons dépeint un Individu fur la Planche précedente. C'eft ce 
de, quoi- UE démontre entre autres la préfente pièce. Elle a quantité de côtes éle- 


qu'il s’'écri- vées qui vont fe terminer au bord, & le dépañlent les unes plus les autres 


ares moins. La coquille eft épaifle, & marquée tout autour de flammes brunes 
fel - Scbne- femblables à peu près aux figures du papier marbré. Vers le bout des cô- 
de PéT- tes on aperçoit plufieurs efpèces de coupüres, qui indiquent l’accroifiement 
mot Kreifel fucceffif de la coquille, qui eft au reite en dedans d’un blanc fale. 

exprime 


me Fig. 2. Ceci eft un SUCEUR DE ROCHERS UNI, couleur de chair, 
n ‘ 
Toupie. A TACHES BRUNES. En regardant à travers cette pièce à la faveur 


d'une lumière, on remarque tout autour de la coquille des raïons, qui par- 
tent du centre, & quantité d'anneaux, qui font le tour du même centre. 


Fig. 3, Voiciun autre Suceur de rochers dont la coquille femble être 
compofée de plufieurs pièces, en forte que quatre en conftituent le corps 
ou le milieu, & que fix autres, faites en ecuflons, & qui paroifient liées 
l'une à l’autre par autant de côtes élevées, en forment la circonférence. 
La coquille - même eft blanchäâtre, mais les coûtures, où les pièces fe joi- 

gnent 


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gnent, font brunettes. Comme on trouve fouvent ces Patelles fur les écail. 
les de Tortues vivantes, on leur donne le nom de PoUx DE TORTUE, 
Quelques Ecrivains rangent cette pièce, parce qu'elle eft Multivalve, parmi 
les Balanus où Glands de Mer, qu'on rencontre auñffi fréquemment fur le dos 
des Tortuës & des Ecrevifles 4 poche. 


Fig. 4. On découvreici la figure intérieure de la Patelle multivalve, que 
nous venons de décrire, Le milieu eft l'endroit où l'animal eft ataché. Le 
bord ridé s’eft probablement formé du lambeau ridé que cet animal a com- 
me les huitres, & qu’on a coûtume de nommer la barbe. 


Fig. $. Ceci enfin eft auffi la figure intérieure du Suceur de rochers uni, 
dont il a été queftion cy- deflus, fig. 2. où l'on a vû fa partie fupèrieure. La 
coquille en eft jaune, mais les taches paroiffent à travers. La tache blanche 
du milieu indique ici, comme à tous les Suceurs de rochers, l’endroit où 
l'animal eft ataché, & où il eft naturel qu'il y ait une affluence plus abon- 
dante de fucs, ce qui eft caufe que la couleur n’y paroit pas à travers com- 
me aux autres endroits. 


FIN 


de la ‘Troifième Partie. 


À N ER TEÉSSEME NT. 


L'accueil favorable & presqu’inattendu que le Public a fait à cet Ouvrage, & les 
encouragemens que nous avons reçü de quelques Curieux, qui fouhaitent de le voir 
completé autant qu’il fera poflible, nous ont déterminé à en donner encore une Qua- 
trième Partie, au bout de laquelle paroitront la Continuation de la Table Siftématique 
des matières qu’on a déjà fur les deux prémières Parties, & les deux autres Tables qne 


nous avons promis & que nous efpèrons de livrer dans peu de tems, 


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